Fabienne Verdier et Jan van Eyck

Verdier_Vierge_VanEyck

Ce post n’a aucune actualité, mais comme je parlais récemment à Odile C. du travail de Fabienne Verdier, je me dis que le plus simple est peut-être de mettre ici une courte vidéo où elle parle de son travail sur La Vierge au chanoine van der Paele de Jan van Eyck (un court extrait de 3’48”). Comme ça ceux qui ne la connaissent pas verront et comprendront ce qu’elle fait. Mais le mieux est évidemment d’aller sur son site

Sur Fabienne Verdier et la transmission du Silence

La Vierge au chanoine Van der Paele est une huile sur panneau en chêne de Jan van Eyck dont la réalisation débute à l’automne 1434 et qui est achevé en 1436.

On exige du sanglier, de la loutre et du blaireau dans Photoshop !

pinceaux.gif Dans son livre “Passagère du silence”, Fabienne Verdier, décrit ses pinceaux de calligraphe: “certains utilsent la barbe de rat ou le poil de renard… Le langhao est souvent choisi pour la peinture de paysages. Le poil de lièvre est aussi le plus raide et le plus nerveux pour les traits vifs. Le poil de mouton est très robuste mais l’un des plus difficiles à manier à cause de son excessive souplesse. Le yanghao ou chèvre grise se prête à la peinture des fleurs et des oiseaux. Le poil de sanglier, de loutre et le shihuanbi, blaireau au poil dur, la martre, de préférence celle d’hiver, sont également prisés pour leur touche vigoureuse. Du cochon, mais aussi du crin de cheval, plus rude, permettent un fort encrage pour les grandes toiles. Je trouvais aussi des pinceaux en plumes de coq, de faisan ou de duvet de canard, appréciés pour les lavis. Les manches étaient de différents diamètres et longueur. Ainsi, avec un long manche, est-il plus facile de peindre le coeur des iris ! Il en existait en corne de buffle, en bois vernis, en tige de bambou aux nœuds bien choisis”.
J’ai l’air de quoi, moi, avec mon pauvre pinceau de Photoshop ! Ma grand mère disait : “on n’a que ce qu’on mérite”

pinceaux

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La tranmission du silence
Les pigeons musiciens de Pékin
Exposition le 4 novembre

Fabienne Verdier, c’est aujourd’hui mardi 4 novembre…

fab_verdier21.jpg N’oubliez pas d’aller voir Fabienne Verdier aujourd’hui 4 novembre 2003 à la Galerie Ariane Dandois. Je vous en avait parlé il y a quelques jours (blog d’octobre). De 16h à 18h, elle dédicace, son dernier livre Passagère du Silence et son précédent livre d’art “L’unique trait de pinceau”. Egalement expo de photographies de Philippe Chancel présentant l’artiste dans son atelier et exposition de plus de 80 œuvres prêtées à cette occasion par le Musée Cernuschi.

Galerie Ariane Dandois, place Beauvau, 92 rue du Fbg St Honoré. Exposition jusqu’au 14 novembre de 10h à 19h sauf le dimanche.

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La tranmission du silence

Les pigeons musiciens de Pékin

On exige du sanglier, de la loutre et du blaireau

Les pigeons musiciens de Pékin

‘>pigeons_chine01.jpg “La grande récréation de ma vie à Pékin était d’aller retrouver mon ami Lan pendant les week-ends. Nous nous promenions, un dimanche matin, quand il me demanda: “Entends-tu ?”. Je ne percevais que le brouhaha des embouteillages. “N’entends-tu pas les pigeons musiciens dans le ciel ?”. Je levai la tête et ne vis rien. “Allons prendre une tasse de thé et je te raconterai”. On trouve à Pekin, des amateurs qui élèvent des pigeons musiciens et leur attachent aux pattes de minuscules sifflets. Quand les cages sont ouvertes, ils s’envolent et, selon la forme des sifflets et les arabesques qu’ils dessinent dans le ciel, se crée une véritable symphonie où chacun joue sa partition ; chaque sifflet est comme un instrument de musique différent. Ces chefs d’orchestre-éleveurs de pigeons organisent des concours récompensant celui qui possède la formation d’oiseaux capable de produire les plus jolies mélodies.” Par la suite, j’ai reconnu ces sons particuliers parmi le bruits de la ville et, chaque fois que je les entendais, je m’arrêtais pour les écouter.
Lorsque je visitai la maison-musée du grand acteur d’opéra Mei Lanfang, j’appris que lui aussi élevait des pigeons, mais dans un autre but : il suivait leurs évolutions dans l’air pour entraîner les muscles de ses yeux car un acteur doit exprimer les sentiments avant tout par les jeux du regard”.

Extrait de “Passagère du Silence” de Fabienne Verdier.

La tranmission du silence
On exige du sanglier, de la loutre et du blaireau
Exposition le 4 novembre

La transmission du silence…

fab_verdier2.jpg Beau livre de Fabienne Verdier qui raconte la folie qui, au début des années 80, l’a poussée à tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher seule, au fin fond de la Chine, auprès des derniers maîtres de la calligraphie, les secrets oubliés de cet art dévasté par la Révolution culturelle communiste. Après des mois et des mois de refus de lui enseigner ses secrets, le maître Huang Yuan finit par frapper un matin à sa porte avec, sous le bras, les rouleaux de papier calligraphiés qu’elle déposait elle-même, inlassablement, tous les jours, devant la porte du maître pour obtenir enfin son enseignement. “Je te préviens, lui dit-il, si tu commences avec moi, c’est dix ans d’apprentissage à mes côtés ou rien du tout.”. Fabienne restera dix ans… Magnifique récit qui conduit sans bruit d’une rive à l’autre de la vie.

Fabienne Verdier dédicacera ses livres mardi 4 novembre de 16h à 18h à la Galerie Ariane Dandois, place Beauvau, 92 rue du Fbg St Honoré.

verdier1.jpg

Le vieux maître calligraphe et le mainate …

Dans “Passagère du silence”, son dernier livre, Fabienne Verdier raconte comment, pour rompre sa solitude, elle décide un jour d’acheter un oiseau qui lui tiendrait compagnie.

” Il te faut un oiseau qui parle” lui dit le marchand. J’en ai un qui sait déjà dire “entrez”, “qu’est ce que tu fous, espèce d’abruti” car il a une fâcheuse tendance à préférer l’argot..

Quand il m’annonça la somme – l’équivalent de ma bourse du mois – je lui ai répondu que c’était trop cher. Il finit par me consentir une réduction et je suis repartie avec mon mainate. (…)

Je ne voulais pas laisser mon oiseau toujours enfermé dans sa cage et, le soir, tandis que je faisais mes exercices, je le laissais sortir. J’avais remplacé le bureau par une longue planche sur trétaux, un bout était réservé à la calligraphie, l’autre à la gravure sur bois. J’avais installé des tas de ficelles au plafond pour faire sécher mon linge et mes exercices sur papier. C’est au milieu de ce capharnaüm que s’ébattait mon oiseau.

Au début, il ne parlait pas mais, au bout de trois semaines, un jour que quelqu’un frappait à ma porte, il lança : “Entrez !”. J’étais folle de joie ! J’ai commencé à lui parler, je le chouchoutais. Un soir, tandis que je copiais une estampe, il se mit à marcher sur ma pierre à encre, pris de l’encre dans son bec et la projeta sur ma table de travail en me traitant d’imbécile. Je faillis tomber à la renverse. Ce fut le plus beau jour de ma vie !

Il marchait sur la table, les ailes légèrement déployées, croisées dans le dos comme s’il faisait les cent pas pour réfléchir, puis, tout à coup, me regardait et lançait : “espèce d’abrutie !”. Il était très fort en insultes. Du tac au tac je lui répondait en l’appelant : Bendan, (Tête d’oeuf), une expression chinoise qui veut dire idiot. Je me promenais avec lui dans le jardin. Le dimanche, je retrouvais le vieux cuisinier qui venait lui aussi sortir son mainate. Chacun accrochait son mainate à l’ombre, puis nous bavardions.

J’ai aussi piqué de grosses colères contre lui. Son grand plaisir était de prendre son envol et de percer en ligne droite les calligraphies sur papier suspendues au plafond. Ou bien il trempait ses petites pattes dans l’encre et allait signer mes oeuvres de son empreinte. C’était un oiseau extraordinaire. Il m’a fait énormément de bien et nous avons vécu des jours heureux ensemble.

Un matin que j’étais en train de travailler avec l’oiseau, on frappa à la porte. L’oiseau cria : “Entrez !”

Comme il trouvait sans doute que je n’allais pas assez vite ouvrir ou que le visiteur restait sourd à son invitation, il insista en répétant : “Entrez, idiot, entrez !”.

J’ouvris la porte : c’était le maître Huang Yuan avec mes rouleaux de papier calligraphiés sous le bras”.

C’est ainsi, triomphalement accueilli par le mainate, qu’après des mois et des mois de refus de lui enseigner ses secrets, le maître Huang Yuan entra chez Fabienne Verdier avec, sous le bras, les rouleaux de papier calligraphiés qu’elle-même avait déposés, inlassablement, tous les jours, pendant des mois et des mois, devant la porte du maître pour obtenir enfin son enseignement.

“Je te préviens, lui dit-il, si tu commences avec moi, c’est dix ans d’apprentissage à mes côtés ou rien du tout…”. Elle resta dix ans !

Fabienne Verdier. “Passagère du Silence”. Albin Michel.
292 p. 21,50 euros.

Les pigeons musiciens de Pékin
On exige du sanglier, de la loutre et du blaireau
Exposition le 4 novembre

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