«L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement. L’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir.»

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(La phrase du titre est de Victor Hugo). Je ne sais pas bien si c’est à cause du bleu du ciel qui a disparu, ou toutes ces histoires de glaucome et de rétrécissement du champ de vision, mais l’idée du noir devient de plus en plus présente dans ma vie…

J’écoutais récemment Peter Szendy parler de son livre “L’Apocalypse cinéma” et il racontait qu’en sortant du film Melancholia de Lars van Trier, il ne savait plus très bien où il était, s’il faisait jour, s’il faisait nuit … Continue reading

Les hommes ont failli. Il faudrait maintenant des anges pour sauver le monde.

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Je n’aurais peut-être pas du finir le Journal de Junger aujoud’hui. C’était encore une magnifique journée d’été, une belle lumière dorée descendait lentement sur les grands rudbeckias jaunes du Luco et je l’aurais carrément passée en 1944 avec des bombardiers vrombissant dans le ciel comme des rateaux mortels, des déflagrations secouant les maisons, le terrible roulement des bombes incendiaires, des nuages de fumée noire s’élèvant au-dessus de villes en flammes, des vies qui se désagrègent au milieu de décombres fumant qui assombrissent le ciel comme pendant une éclipse…

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Des gens habitaient là, qui devaient se regarder dans ce miroir…

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C’est bizarre la vie… Ce grand miroir doré devait certainement être au-dessus d’une belle cheminée dans un grand appartement de la rue Cassette… Il y avait sans doute un bouquet de fleurs devant ? des pivoines roses peut-être ou des iris bleus ? Des personnes élégantes devaient passer devant, se regarder, ajuster leur coiffure ou leur cravate ? Et puis ils sortaient dîner par de belles soirées d’août… Et là aujourd’hui le grand miroir doré est sur le trottoir… C’est bizarre la vie…

Une fenêtre où des gens habitaient
La chambre jaune

In Memoriam…

Hier soir, réunion importante pour mon avenir professionnel. En sortant, au coin de la rue, j’ai vu, senti, imaginé, ressenti, cru voir ma tête comme ça :


Mais, curieusement, ça ne me faisait pas mal du tout ; je veux dire que voir ma tête posée comme ça, par terre, me procurait comme une sorte de détachement (c’est le cas de le dire) et de soulagement d’ordre spirituel. C’était indolore tellement ma tête était fatiguée d’avoir eu, ces derniers mois, à affronter tant et tant d’inertie bureaucratique et de mauvaise foi. Là, ce combat au moins est terminé. Je pense que Van Gogh a du ressentir quelque chose de similaire lorsqu’il s’est coupé l’oreille gauche après une violente dispute avec Paul Gauguin le 24 décembre 1888 (*). Couper l’oreille… couper la tête… même sentiment, comment dire ? d’immense soulagement intérieur et existentiel …

J’ai déjà connu ce sentiment

© PaulAlmasy

(*) Je vois que j’ai aussi un problème avec le 24 décembre : mort de switchie ; et dernière petite fenêtre des calendriers de l’Avent
Clac, clac, je vais te couper la tête !

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