Message de Pâques d’Odile…

Odile_Paques_4

“Le Programme en quelques siècles”…

Robin2
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“On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l’homme ;
On supprimera le nom de l’homme ;
Il n’y aura plus de nom ;
Nous y sommes”.

Armand Robin, Le programme en quelques siècles, © Gallimard

Le pouvoir de la foi…

lebel_glycine-2.jpg C’était un laïc qui avait une confiance totale en un moine d’un monastère de la montagne. Il le consultait en toutes choses et s’en remettait à lui aussi bien pour les affaires d’ici-bas que pour celles de l’au-delà. Ainsi, quand il était souffrant, il montait au monastère solliciter quelque remède pour se soigner. Le moine qui ignorait la médecine lui répondait invariablement: “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Comme sa foi était sans faille, il observait scrupuleusement la prescription et aucun de ses maux ne résista jamais au remède.
Un jour qu’il avait perdu son cheval, il alla demander conseil au moine. Comme toujours, le moine lui répondit : “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Son coeur était trop confiant pour que ces paroles éveillent en lui un soupçon d’impertinence de la part du saint homme. Les glycines aux alentours de sa demeure ayant fini par disparaître au cours des années, il dut aller jusqu’au pied de la montagne pour s’approvisionner et c’est là qu’il aperçut au loin, dans un champ de luzerne à petites fleurs violettes, son cheval égaré. Tel est le pouvoir merveilleux de la foi.”

Ichien Mujû (1226-1312) – Peinture (Ibéria Lebel “Théière et glycine”)

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