Un haïku suffit aussi…

heron
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Je disais plus bas que les contes m’aidaient à me catapulter hors de la réalité.
Mais un petit haïku suffit aussi. Largement :-)

Dans la brise du soir
l’eau du lac clapote
contre ses pattes : le héron

Héron ⓒ elaarn

D’autres haïkus ici

La lune est belle ce soir à 23:21

La lune est vraiment belle ce soir à 23:21. Oui, bon, c’est sur mon iPhone, mais tout de même, elle est belle :-) J’écoute la Saint Matthieu en attendant d’avoir sommeil. Demain je serai mort – c’est la vie …

LuneMoon
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ce qui me fait penser à cet haïku de Ryôkan :

Le voleur a tout emporté
sauf la lune
qui était à ma fenêtre

D’autres haikus ici

Peut-être je ne devrais même pas en parler mais bon, mon problème avec la lune c’est que quand j’étais petit, je pensais Continue reading

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Mes haïkus préférés

Je dépose quelques Haikus ici, à la queue leu leu, mais s’il vous plait, n’en lisez qu’un seul à la fois ! Sinon ça n’a pas de sens.
Faire un vrai haïku, dit Bashô, c’est rare ;
en faire dix au cours d’une vie, c’est être un maître.

chat_01.jpg

“Dans le champ près du portail,
Agaçant le chat
Tombent les feuilles mortes”

(Issa)

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L’automne est bien là
Ce qui me le fit comprendre
C’est l’éternuement !

Buson

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Dessiné d’un doit
sur la vite givrée
ah ! le mont Fuji !

Anon.

——-

Martin-pêcheur
Sur tes plumes mouillées
Le reflet du couchant

Tôri

——-

Brise du soir
Le ruisseau se divise
Autour des pattes du héron bleu

Buson

——-

Ne possédant rien
comme mon coeur est léger
comme l’air est frais.

Issa

——-

Sur la grosse cloche
un papillon dort
profondément

Buson

——-

Même mon ombre
est en pleine forme
premier matin de printemps

Issa

——-

Délice
de traverser la rivière d’été
sandales à la main !

Buson

——-

Oh une luciole qui vole
je voulais crier “regarde!”
mais j’étais seul.

Taïgi

——-

Les montagnes lointaines
se reflètent dans les prunelles
de la libellule

Issa

——-

Le voleur a tout emporté
sauf la lune
qui était à ma fenête.

Ryôkan

——-

A force de contempler
les fleurs du cerisier
torticolis

Sôin

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Le saule
peint le vent
sans pinceaux

Saryû

——-

Le corbeau d’habitude je le hais
mais tout de même… ce matin
sur la neige… !

Basho

——-

Autres poèmes

“Vous qui revenez du pays natal
vous devez avoir des nouvelles fraîches !
Est-ce que le prunier, quand vous étiez là,
était en fleur, à la fenêtre de chez moi ?”

Wang-Wei 701-761 Peintre, calligraphe, poète, musicien, bouddhiste et économe de mots.

——-

Autres réflexions poétiques

“Parmi les époques, j’aime le premier mois, le troisième mois, les quatrième et cinquième mois, le septième mois, les huitième et neuvième mois, le douzième mois ; tous ont leur charme dans le cours des saisons. Toute l’année est jolie”. Voilà, Sei Shônagon a dit ce que je pense et je n’ai pas un mot à ajouter. Rien. Ou peut-être juste ceci : le deuxième mois, le sixième et le dizième mois !

(Sei Shônagon, dame d’honneur, attachée à la princesse Sadako qui mourut en l’an 1000. Ses Notes de chevet ont été composées dans les premières années du XIe siècle japonais, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian.


Quelques bonheurs
J’aimerais bien
Percevoir la polyphonie du monde

Qu’est ce qui nous ouvre le ciel ?

dante.jpg

Hier soir, encore les moustiques. Comme je ne vois pas bien, je n’arrive plus à les écrabouiller. Alors j’écoute France-Culture la nuit et tombe sur un entretien entre Richard Millet et Pascale Lismonde (dont j’aime beaucoup la voix joyeuse). Richard Millet pose cette question très belle:

“qu’est ce qui nous ouvre le ciel ?”

Et il parle de la Neuvième symphonie de Anton Bruckner dédiée à Dieu (Dem lieben Gott). Importante cette question de savoir “ce qui nous ouvre le ciel” ? Moi je mettrais, dans l’ordre : la musique (dont les mouvements lents des dernières sonates de J. Haydn que j’écoute carrément en boucle !), la beauté de la Création (presque tout ce que Dieu a créé sauf les moustiques), la peinture (certaines toiles dont il faut d’ailleurs que je fasse la liste mais des Annonciations pour l’essentiel) la philosophie (taoiste), la littérature ? (oui bien sûr mais peu de livres m’ont finalement vraiment “ouvert le ciel” à part deux ou trois dont la Divine Comédie, les Haïku de Basho et le Tao te king (*), certains lieux magiques (en italie notamment mais peut-être aussi n’importe où), les saisons (toutes), la physique, les mathématiques, l’astrophysique (auxquelles je ne comprends rien mais qui sans doute ouvrent aussi le ciel à ceux qui les maîtrisent), certains parfums (les pivoines surtout), la beauté de certaines femmes (bien-sûr), la lumière (ah oui, je devrais la placer en tout premier tellement elle est belle le matin sur les croissants dorés mais aussi le soir, au printemps et aussi en été, et l’hiver quand il y a de la neige et en automne surtout)…. bon j’arrête c’est impossible de faire cette liste de ce “qui ouvre le ciel”. D’ailleurs il faut que j’ajoute les moineaux qui piaillent dans la cour ce matin pendant que je tape ces lignes. C’est sans fin… J’arrête pour ce matin. Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum ! Amen.

* quelques autres évidemment dont ceux de Jorge Luis Borgès, Hermann Hesse, Kazantzaki (etc) Mais si je ne les mets pas dans la liste du haut, c’est qu’ils ne m’ont pas exactement ouvert le ciel – comme une secousse spirituelle et un coup de tonnerre existentiel.
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A quoi ça sert ?

Autres bouts de ciels …
Un job parfait pour moi : dérouleur du ciel !
Le ciel comme … issue de secours !
Un petit balcon dans le ciel…
Penser à mettre le ciel dans une enveloppe
L’art quand il nous tombe directement du ciel
A riveder le stelle…
Il faut que le hasard renverse la fourmi…
Le ciel dans le caniveau
Regarder le ciel en bas…
J’aime les nuages qui passent
Le jour n’est pas plus beau…

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