Ma parole, ces hirondelles ont l’air de bien s’amuser !

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Je ne connaissais pas ce détail du Jardin des Délices de Bosch qui est au Prado. Les hirondelles et les martinets ont vraiment l’air de se payer du bon temps : j’entends leurs cris joyeux et printaniers et, que voulez vous, ça me fait plaisir.

Et surtout leur espièglerie fraîche et légère me nettoie les oreilles de cette crasse d’abrutis politisés et incultes que j’entendais encore tout à l’heure sur France-inter (et qui me rappellent qu’il faut que j’achète des cotons tige et que je me lave les pieds) : confucius_SMS_2 pour eux “les nouvelles” c’est faire jacasser interminablement les mêmes 35 personnes du tout petit monde politique qu’ils interrogent, en boucle, depuis des décennies… Tragique.

Mes petites soeurs les hirondelles..

BOSCH, Hieronymus, Triptych of Garden of Earthly Delights (detail), c. 1500, Oil on panel, Museo del Prado, Madrid

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Et si je cassais carrément les aiguilles ?

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Dans la course à la montre contre Alzheimer, c’est évidemment alzheimer qui va gagner. C’est une course terrible où, avec chaque jour qui passe, le temps devient de plus en plus court, de plus en plus serré, de plus en plus stressant. Du coup je repense souvent au temps où j’avais le TEMPS de profiter de la vie, au temps où la vie s’écoulait lentement… Au temps où j’étais heureux en fait.

A Sienne, dans cette sublime petite ville italienne où j’aimais tant aller, il y a sur l’inoubliable Piazza del Campo, l’imposante Torre de la Mangia. Et, à mi-hauteur, une horloge qui a la particularité rare de ne pas avoir d’aiguille pour les minutes. Juste celle des heures, qui ne bouge donc pratiquement pas. Le temps sans les minutes s’écoule lentement et vous donne le temps de vivre : on se lève le matin pour prendre un premier café à un bout de la place ovale, le soleil est doux et doré comme un croissant; dès qu’il tourne, on change de café pour suivre ses rayons et on prend un autre capuccino. Vers l’heure de l’apéritif
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Question : pourquoi Fra Angélico a t-il peint ce trou ?

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Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé mais avant-hier j’ai fait un rêve bizarre.

Je volais très haut dans le ciel [allez, soyez gentils, ne me tapotez pas tout de suite sur l’épaule pour me dire que je devrais peut-être consulter un psychiatre…] je disais donc que je volais très haut dans le ciel comme une hirondelle planant sur les courants d’air chauds et tout à coup, paf, un énorme trou dans l’aile droite : je tombais en vrille comme les avions japonais au-dessus de Pearl Harbour ou dans je ne sais plus quelle BD de Buck Danny ou de la collection Biggles où les avions se fracassent sur des porte-avions en explosant en d’énormes boules de feu.

Je ne sais pas si vous l’avez vu à Florence, mais le trou était exactement comme sur l’aile de l’ange de l’Annonciation qui est au Musée San Marco. Ce trou bien découpé m’a toujours sidéré et je n’ai jamais bien compris ce qu’il signifiait, ni pourquoi Fra Angélico l’avait peint ainsi [je vous jure que ce n’est pas fait dans Photoshop]. Donc j’avais un trou identique dans l’aile droite et je tombais en vrille dans l’immensité du ciel. Mais ce qui était plutôt jouissif c’était que la chute n’en finissait pas : l’air était printanier, ça sentait bon la jacinthe, je planais doucement entre les galaxies et tombais dans le vide en tournoyant lentement dans la lumière éblouissante de la voie lactée … Mais je ne m’écrasais pas, ce qui – par rapport à ma vie diurne où je m’écrabouille lamentablement comme un oeuf qui vous échappe des doigts et tombe sur le carrelage de la cuisine – était plutôt agréable.

Surtout les étoiles : les étoiles qui tournaient à toute vitesse autour de moi en traçant de grandes orbes brillantes autour de mes bras écartés. C’était totalement hallucinant. Pourquoi est ce que je vous raconte ce rêve totalement perso ? Ah oui, parce que j’aimerais bien que quelqu’un de cultivé me dise enfin pourquoi Fra Angélico a peint ce trou sur l’aile de l’ange.

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D’autres anges…
L’ange de l’histoire de Klee
J’aime bien ces anges…
L’ange voleur d’étoiles,
Sûrement j’exagère
Wer wenn ich schreiee
L’ange des ruines de Dresden…
J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes !
Des ailes (d’ange?) pour planer au-dessus de la mort …

J’ai tellement sommeil !

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Quand les hirondelles veulent dormir, elles montent à deux mille mètres et se laissent descendre lentement en planant sur les ailes du ciel… J’aimerais être une hirondelle : monter très haut à la verticale de ma tête et me laisser porter sur l’air frais en planant pendant deux mille ans…

© Hirondelles andalouses. Bernnard Plossu.

Des nuits de 14h24…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie

Je dois avoir l’âme franciscaine

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Aujoud’hui c’est la Saint-François…. On devrait avoir moins de ministres, moins de députés, moins de journalistes, moins de laïcs obligatoires et beaucoup plus de Saints – comme ce François qui parlait aux oiseaux et que j’aime bien (je dois avoir l’âme franciscaine)… A propos d’oiseaux, la vieille dame avec qui j’étais assis sur un banc tout à l’heure m’a dit : “c’est curieux, les hirondelles sont parties très tôt cette année. D’habitude elles ne partent que fin septembre. Cette année elles avaient déjà filé le 10 septembre. C’est mauvais signe”. Va faire froid cet hiver. Brrrrrrrrr.

Mes petites soeurs les hirondelles…

assise_anim.gif Si vous avez de la patience, regardez très attentivement cette image…. attendez, et peut-être vous verez quelque chose de miraculeux. Mais il faut attendre…14 secondes exactement… donc un peu de patience :-)

Magnifique exposition, à la Chapelle de la Sorbonne, du célébrissime cycle franciscain peint à fresque par Giotto à Assise. Sur 62 mètres de long, 28 photographies de 2 mètres de haut transportent l’Ombrie à Paris. Et aussi “l’humilité radieuse” de François et de la vieille chrétienté du moyen âge qui est désormais la seule lumière dans laquelle je me sente à peu près bien dans le monde de cinglés d’aujourd’hui.

Cela m’a rappelé ce beau texte de Nikos Kazantsaki :

François prêchait, mais, tout autour de lui et jusqu’à ses pieds, s’était amassé tout un petit peuple d’hirondelles qui, prêtes à partir en voyage, voletaient de-ci de-là en pépiant si fort qu’elles l’empêchaient de se faire entendre. Il avait beau élever la voix, il ne parvenait pas à couvrir leurs cris. – Mes frères, reprit-il…. mais les hirondelles ne se taisaient point et il en venait toujours de nouvelles. Alors il s’adressa aux oiseaux d’une voix infiniment douce et suppliante : Mes petites soeurs les hirondelles, je vous en prie, taisez-vous, laissez-moi parler ! Charmants petits messagers de Dieu qui amenez le printemps sur la terre, repliez vos ailes un instant, rangez vous tranquillement sur les toits et écoutez. Nous parlons de Dieu qui a créé les hirondelles et les hommes, nous parlons de notre Père à tous. Si vous L’aimez, si vous m’aimez moi, votre frère, taisez-vous ! Je vois que vous vous préparez à partir pour l’Afrique. Que Dieu vous assiste ! Mais avant de vous mettre en route, il est bon que vous écoutiez sa parole.
A ces mots, les oiseaux replièrent leurs ailes et se posèrent aux pieds et sur les épaules de François, gardant leurs petits yeux ronds fixés sur le crieur de Dieu. De temps en temps, seulement, ils battaient des ailes car leur joie était si grande qu’ils ne pouvaient maîtriser leur désir de s’élancer dans le ciel. (…).

(Le pauvre d’Assise, Nikos Kazantsaki).

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Autres oiseaux…
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les hirondelles gribouillent le ciel au fusain
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

J’aurais l’air de quoi si j’étais un oiseau ?
Je dois avoir l’âme franciscaine
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Nostalgie de la vieille Chrétienté du Moyen-âge…

Autres anges…
J’aime bien ces anges…
j’aime tellement cette Annonciation…
L’ange voleur d’étoiles,
Sûrement j’exagère, et encore Wer wenn ich schreiee
L’ange des ruines de Dresden…
J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes !
Pourquoi Fra Angélico a t-il peint ce trou ?
Des ailes (d’ange?) pour planer au-dessus de la mort …

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Des ailes pour planer au-dessus de la vie

martinet2Bon, je dors super mal en ce moment. Je meurs de sommeil mais je n’arrive pas à fermer l’oeil. Faudrait que je puisse dormir le jour, comme les martinets qui dorment en volant.

Tiens, voilà, c’est exactement ça : faudrait que je sois un martinet ! Je profiterais des courants d’air chauds ascendants, mon vol serait rapide et vif, je montrais jusqu’à quatre mille mètres, je pourrais parcourir 900 km en une seule journée, je partirais fin juillet pour traverser la méditerrannée – ah le beau miroitement bleu et les minuscules petits voiliers blancs tout là bas en bas – je dormirais en volant et je ne reviendrais qu’à la fin du mois d’avril… J’habiterais sous le toit d’une jolie maison, ou dans un beau clocher, mon nid serait construit avec des plumes… et surtout, je dormirais en volant !

Quand je pense que les hippopotames dorment debout dans l’eau. Beurk.
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Des nuits de 14h24…
J’ai tellement sommeil !
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Autres oiseaux…
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

Quelle est la durée de vie des oiseaux ?

medaille.jpg Je me demande bien combien de temps vivent les oiseaux. Les chiens, je sais, c’est beaucoup trop court. Mais j’ai lu à la Bibliothèque Nationale que le 30 juin 1843, un habitant de l’Ile Saint-Louis à Paris avait trouvé une hirondelle qui portait autour du cou une petite chaine d’argent avec une plaque sur laquelle était écrit “1724”. Cette hirondelle avait donc alors au moins 129 ans… J’aime bien les hirondelles ! (t’as raison Jamie, j’aurais du être ornithologue ! comme mon grand père paternel).

Les étourneaux de la Bibliothèque Nationale

Ce soir les hirondelles gribouillent le ciel au fusain

Cécile, qui est une grande artiste, m’écrit: “…lorsque je ne pourrai plus graver…”.

et je pense aux hirondelles qui ce soir s’amusent comme des folles dans le ciel au-dessus de la cour. “Quand vous ne graverez plus, Cécile, vous regarderez les oiseaux graver le ciel et tracer au fusain des lignes d’une précision et d’une finesse étonnantes”. C’est drôle mais il y a quelque chose dans la Création qui me submerge tellement elle est belle. Quand je rentre le soir, il y a ce ciel immence qui surplombe l’Esplanade, les oiseaux qui font des conférences bruyantes dans les platanes le long des Invalides, le parfum ennivrant des tilleuls vers le métro Latour-Laubourg, et parfois des cols verts qui foncent droit en direction du musée Rodin…. Si un jour la lumière disparaissait, je ne sais pas si nous serions capables – pour essayer de la recréer – de la décrire à des hommes venus d’une autre planète ? Comment leur dire que c’était lumineux mais pas épais puisque les oiseaux volaient dedans, que la lumière du matin était bordée de bel azur limpide, que celle du soir était à l’orient tout rose, et que celle qui tombe certains soirs sur les tilleuls de la cour est tellement parfumée qu’on est presque heureux de vivre encore pour voir cela et y entendre jouer les hirondelles… Nous n’aurions même pas les mots pour dire qu’on avançait dans la lumière avec une ombre à nos côtés et que l’air parfois miroitait comme sur une toile de Monet. Dieu est grand !

Mes petites soeurs les hirondelles

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