Mon imagination me sauve. Parfois…

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Quand j’étais petit, à cette époque (fin juin-début juillet) il faisait chaud et beau, on s’allongait sur le dos dans l’herbe avec un épi dans la bouche et on regardait passer les nuages en leur cherchant des formes genre tests de Rorschach. Les nuits d’été on comptait les étoiles filantes… Aujourd’hui il fait moche et froid, le temps est pourri, il y a des bagnoles, des motos et de la pollution… Heureusement j’ai encore de l’imagination… Ça me sauve… encore pour combien de temps ?

Aujourd’hui je passais là :
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Parfois il faut beaucoup d’imagination…

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Parfois j’y arrive : je me concentre très fort ….
et j’oublie que je suis dans ce monde de laideur :

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Mon imagination me perdra ! (suite)

J’ai un vrai problème dans la vie : je ne vois jamais ce que je dois voir. Par exemple, aujourd’hui, je travaille dans un logiciel où il y a des petits markers rose. Je les vois sous la tête de lecture, pas le moindre problème. Et, tout à coup, pof, je vois des cabines de plage ; et hop je suis à Dauville ou dans une station balnéaire… J’entends les mouettes, ça sent bon les embruns et je n’arrive plus à me concentrer. Pas croyable de ne pas pouvoir contrôler son imagination. Et en plus il fait un froid de canard : vraiment pas un temps à se baigner !


Mon imagination me perdra (1)
Mon imagination me perdra (2)
Les voyages imaginaires dans mon assiette
Au moins ça me fait des vacances au bord de la mer

Imaginer ce qu’imaginent les aveugles…

Oui, je sais, c’est complètement idiot. Mais souvent, à cause de ma vue qui baissait, j’ai pensé aux aveugles et à ce qu’ils voyaient et pouvaient imaginer de la Création et de la beauté du monde…
Là c’est juste une pub pour le site Porn for the blind qui permet le téléchargement gratuit, spécialement pour les aveugles, de descriptions audio de séquences de films pornographiques. Assez bizarre tout de même ; mais pourquoi pas ?

Ecrire l’automne en braille

Vous allez voir qu’ils vont bientôt me casser Platon !

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Je sais que j’en avais déjà parlé il y a plus de trois ans (ce qui prouve que ce blog ne date pas d’hier et que je radote sérieusement). Mais il y a, le long de l’avenue, deux petites maisons quasiment identiques. La première était en ravalement et ils ont tout repeint et mis d’horribles volets neufs. La deuxième petite maison, carrément la petite soeur tellement elles se ressemblent, est encore brinquebalante et j’ai bien peur qu’ils ne décident de la ravaler elle aussi en détruisant les vieux volets que j’aimais bien. D’autant que j’ai vu tout à l’heure en allant acheter mes brocolis qu’ils allaient ouvrir dans quelques jours un resto cher juste à côté. S’ils cassent mon cher Platon je ne leur pardonnerai pas. Peut-être faut-il que je crée une association de défense des taquets de volets ? (je ne sais d’ailleurs pas comment ça s’appelle ces trucs qui servent à bloquer les volets pour qu’ils ne claquent pas dans le vent) mais on ne serait sans doute que deux dans l’association : Platon et moi. En tout cas, à force de tout ravaler et tout moderniser pour les riches qui roulent en 4×4, ils cassent tout les vieux trucs que j’aimais. S’ils continuent, je n’aurais plus qu’à prendre le maquis. Si je le trouve.

Mon imagination me perdra ! (ou me sauvera ?)

Franck et Michèle sont en Corse où il neige. Les autres sont en vacances à la montagne (“à la neige” comme disent les enfants). Belles montagnes, air pur, neige sur les sommets, fondue valaisane le soir dans un beau chalet en bois… Moi je reste ici et je tiens compagnie à Alzheimer. Pas de vacances et des journées la tête dans Final Cut Pro et Photoshop où mon imagination me fait escalader d’autres montagnes qui ne sont pas mal non plus.
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Dans ses Cahiers, Cioran écrivait : “Par ma lucarne, je vois un bout de nuage éclairé par le soleil, sur un fond d’azur. Le Mont-Blanc n’est pas plus beau”. Je pourrais dire la même chose avec mes montagnes de Photoshop – surtout dans la couche alpha du bleu : le mont blanc n’est pas plus beau ! Finalement mon imagination me sauvera peut-être un jour.

Mon imagination me perdra (2)
Mon imagination me perdra (3)
Les voyages imaginaires dans mon assiette
Au moins ça me fait des vacances au bord de la mer

Entre le rêve et la réalité : quelques millimètres à peine

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Je ne dis pas que je m’attendais vraiment à ce que l’oiseau sorte de l’image et saute sur la fleur que je lui tendais… Mais bon, j’ai tout de même attendu un long moment. Juste au cas où ! Et le plus drôle est que s’il s’était vraiment envolé pour venir sur ma fleur, je n’aurais pas été vraiment surpris. Mais peut-être je fatigue grave à cause d’Alzheimer… Ou bien l’oiseau a vu que c’était un oeillet ? La prochaine fois j’essayerai avec un bouton de rose :-)

Voir des poissons dans les arbres, ça me rassure en fait !

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“Qui regarde le ciel dans l’eau voit les poissons dans les arbres”

Je trouve ce proverbe chinois carrément magnifique ! (Pardon à son auteur de l’avoir un peu japonisé et à Hokusai de l’avoir outrageusement bidouillé dans photoshop).
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Flaque, le monde à l’envers
Flaque
Flaque
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L’arbre fait du T’ai chi ch’uan

La taille de mon univers…

Eudes est marrant. Il vient de passer une semaine à Montréal pour des conférences et me dit:

“j’espère que la vie va te permettre de voyager car il y a tant de notations intéressantes à faire, à partir de la rue, à New York, comme dans les autres villes nord-américaines, que ton blog exploserait…”.

Ben oui, mon cher Eudes, si je bougeais un peu plus, j’aurais sans doute des choses à raconter ; mais, avec maman et alzheimer, je ne peux pas m’éloigner et j’ai donc la laisse un peu trop courte ! Je fais du surplace et cela ne fait évidemment pas “exploser” un blog forcément de plus en plus indigent et de plus en plus nul. Mais que raconter de sa vie quand, précisément, il ne se passe plus rien et que c’est plutôt la tête qui explose ?

Mon univers a des dimensions extrêmement réduites en ce moment. Je le sais car, avant d’écrire ces lignes, je viens de le mesurer: c’est la distance qu’il y a entre mes deux tempes : 18 cm ! (en fait je n’ai pas calculé exactement, j’ai mis 18 cm au pif mais je crois que ce genre de trucs ça se calcule en cm3… Trop compliqué pour moi ces calculs).


Tout se rétrécit dans ma vie

Voyager dans un plat à oeuf …


Ce soir je me suis fait des oeufs. Au dos de mes plats en aluminium, il y a de jolies petites cigognes qui m’ont donné envie de me tirer. Si je n’étais pas bloqué à Paris avec maman et alzheimer, et si j’étais une cigogne, je m’envolerai immédiatement vers le soleil. Peut-être vers le bosphore : planer au-dessus de Sainte-Sophie … atterrir au bout de la Corne d’or ? … Ou plutôt vers l’Espagne : voir miroiter la méditerrannée de haut, survoler des immensités de champs de blé, entendre Albéniz et Granados tout là bas en bas dans les petites villes blanches ? … Peut-être même allonger le cou jusqu’au sud marocain : Erfoud … les flamands roses aux portes du désert ? … Ce qui est bizarre, c’est que moins je bouge et plus le détail le plus infime m’est une invitation au voyage : un simple plat à oeuf et hop, je suis parti !
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La cigogne n’a pas seulement un long bec rouge. Elle a une âme !
Je voyage aussi dans mon assiette et dans le temps

Nostalgie des temps heureux…

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Quand j’étais petit, pendant les grandes vacances, je me balladais dans les chemins… il y avait d’immenses gerbes dans les champs de blés, des bleuets, des coquelicots… on taillait des branches de noisetiers, ça sentait bon les soirs d’été. On croisait des troupeaux de vaches et de moutons dont les clochettes tintaient. L’air était chaud et plein du crissement des sauterelles et des cigales…Aujourd’hui, [ce post date d’août 2004] je suis à Paris avec maman qui ne dit presque plus rien à cause d’alzheimer, il y a des manifestations dans l’avenue et les seules petites bêtes des champs que je vois sont celles qui se balladent dans les assiettes en porcelaine qu’on utilise tous les soir pour le déjeuner et le dîner… En fait, ça me fait plaisir de les voir : elles me rappellent les soirées d’août où on s’étendait sur le dos dans l’herbe fraîche, un épi entre les dents ; cherchant les étoiles filantes pour faire un voeu… Tous les jours, en quelques secondes, cette minuscule petite bête se promenant sur une assiette m’ouvre sur l’infini : je pense à Rimbaud, je pense aux champs d’orge de Boaz dans la Bible, dans le livre de Ruth… et aussi à ce haïku de Osaki Hôsai :

Sur la pointe d’une herbe
devant l’infini du ciel
une fourmi

Bonheurs…
Je ne voyage pas seulement dans les assiettes mais aussi dans mon plat à oeuf et aussi dans le temps


Quelques bouts de nostalgie

Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Mesurer le temps et sa vie en matins
Nostalgie des temps heureux
Nostalgie des petits villages
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

Faut que je vous présente mon voisin de volet…

volets2.jpg Parfois, je dois l’avouer, je rentre chez moi assez fatigué par des journées de travail un peu bizarres où je fais un peu plus que le compteur derrière mon écran. Et le soir, en allant chercher du pain pour le dîner, je passe devant une maison avec de vieux volets en bois et des petits personnages en métal peint qui se rabattent pour que les volets ne claquent pas dans le vent. Parfois, comme ce soir, j’envie ces petits personnages d’être aussi tranquilles et contemplatifs… Pouvoir regarder passer les gens dans la rue sans s’en faire… Que du bonheur comme ils disent maintenant à la télé. En fait j’ai raté ma vocation, c’est ça que j’aurais du faire dans la vie : regarder passer les gens en empêchant les volets de claquer. C’est pas plus bête que d’être un héros de la classe ouvrière ! et de se bousiller les yeux derrière un écran d’ordinateur à faire des sites web. Et avec Photoshop je peux facilement réaliser ce rêve ;-)

PS. Je trouve que mon voisin de volet a un petit quelque chose d’un Platon des villes. Peut-être le nez ? Demain je lui demanderai ce qu’il fait dans la vie.

Juste une étiquette sur la bouteille….

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A midi, déjeûner dans la cabanes oux moineaux au Luxembourg avec Mom et Julia de passage à Paris en revenant de Cornouailles. Sur la bouteille de Côtes-du-Rhône, une étiquette avec des petits personnages au bord d’une rivière, un pont (celui d’Avignon ?), un grand ciel où volent des corneilles, une jolie ville fortifiée avec des tours… Ma tête bascule carrément ; pas à cause du vin qui n’est pas très bon, mais à cause de la petite étiquette dans laquelle j’aimerais bien pouvoir sauter, et hop, dans la vieille ville où j’irais bien passer quelques jours d’été au moyen-âge….


Voyager dans mon assiette

En fait, J’AIME BIEN RENTRER DANS LES IMAGES ou les étiquettes…

rentrer dans les détails

Agrandir à 200% et sauter dans une autre dimension

Tomber dans un calendrier de l’Avent et y rester

Tellement de trucs que je ne vois pas dans la vie …

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J’ai lu la semaine dernière dans La Recherche que le canard-lapin est une figure réversible qui offre deux interprétations. La première stockée dans l’hémisphère droit du cerveau, et la seconde dans l’hémisphère gauche. Grâce à un “interrupteur” entre les deux hémisphères, parait qu’elles sont alternativement perçues consciemment… Bon, vous je ne sais pas mais moi c’est un lapin que je vois immédiatement ; qui détale vers la droite avec ses oreilles dans le vent à gauche. Le canard avec son bec à gauche faut vraiment que je fasse un effort pour le voir. Mais y a tellement d’autres trucs que je ne vois pas dans la vie quotidienne, qu’il ne faut peut-être pas que je m’en fasse trop ? D’ailleurs depuis dix minutes que je regarde cette image, l’interrupteur de mon cerveau a déjà du disjoncter : canard-lapin-canard-lapin-canard lapin-canard lapin-BOUM ! kaput l’interrupteur !

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Peut-être que, dans le choix “canard versus lapin”, je suis influencé par ce “Mola du grand lapin qui a mangé le petit” (37×50 cm, 1989). Les molas ce sont des tissus rectangulaires que les indiennes Kuna composent au Panama pour s’en faire des corsages et qui revêtent des significations symboliques. A droite on voit très bien le petit lapin dans un plus gros lapin, non ? Si vous ne le voyez pas, faut rapporter l’interrupteur de votre cerveau à réparer

Et si vous voyez un poisson, ce n’est pas grave : le Mola s’appelle aussi “Mola du grand poisson qui a mangé le petit” !

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