Voir l’invisible…

chapVisuel_REEL-et-BOSCH

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C@t me dit :

“Ce n’est pas parce que les choses sont invisibles qu’elles n’existent pas…”

Et, effectivement, depuis que je suis né, je crois que je n’ai été bien qu’avec des trucs abstraits, qui n’existent pas vraiment : le Paradis, les licornes (ou plutôt la disucussion des petits lapins) qui broutent du serpolet dans la tapisserie de la Dame à la Licorne au musée de Cluny, ou le chat de Schroëdinger, les maisons en pain d’épice, me ballader dans les calendriers de l’avent ou dans des petites villes du moyen-âge … ; ou des choses invisibles : l’art de la fugue de Bach, les dernières sonates de Haydn , les souvenirs, les étoiles (qu’on ne voit d’ailleurs même plus dans le ciel de Paris), le vent, les langues au nord de l’avenir, les les trucs en fa mineur…etc)… Ou des choses infimes et minuscules : des haikus de trois lignes, des pièces de clavecin de Louis Couperin de trois minutes, des herbes et des brindilles. Bref que des trucs abstraits, des préoccupations totalement débiles…

Et le rétrécissement de mon champ de vison n’arrange évidemment pas vraiment les choses : plus il diminue et plus je m’éloigne du monde réel, me balladant dans l’inexistant ou l’invisible. Moins je vois et plus j’invente, ce qui me perdra … Bon faut parfois réajuster mais pour l’instant j’y arrive.

Ce qu’il faut que j’arrête surtout c’est de mettre des liens à chaque mot. C’est super agaçant, je sais. Désolé mais je tourne en rond comme un derviche tourneur. Le syndrome du blog fou qui tourne en rond doit avoir un nom, faut que je me renseigne à Sainte-Anne. Peut-être ça s’appelle simplement le syndrome du fou qui s’est planté un clou dans le cerveau gauche et qui fait tourner son cerveau droit autour ? En tout cas j’aime bien ce qui tourne, c’est clair. Aille, encore un lien.


Et si vous pensez que je suis le seul cinglé à aimer les licornes : allez aux Cloisters voir l’expo.

Et l’ascension des âmes auParadis de J. Bosch est tout de même bien étonnante (détail):
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“L’essentiel est invisible pour les yeux…”

Entre ce post et le précédent, plus de deux ans se seront écoulés

Je reviens juste quelques secondes sur ce blog (commencé en juin 2003 et abandonné en mai 2008) et je repars aussitôt. Mais je voulais juste dire encore une dernière chose simple qui servira peut-être à ceux qu’Alzheimer frappera un jour ; eux ou leurs proches. Dans la vie, les choses essentielles sont invisibles. Certaines maladies aussi. Donc si vous vous cassez la jambe au ski et qu’on vous met un beau plâtre et des béquilles, les gens vous plaindront et vous aideront à traverser la rue parce qu’ils VOIENT les conséquences de l’accident. C’est pourtant un accident banal, minuscule, mais à visibilité surlignée et (à cause des béquilles et du plâtre) à compassion amplifiée. Les gens adorent la grande déploration sur le dérisoire. Mais si c’est surper grave mais que c’est dans le cerveau, personne ne voit rien parce qu’il n’y a rien à voir précisément (sauf, à l’hôpital, l’hypocampe vu en imagerie par résonance magnétique). Et donc on a : invisible = indifférence (ou “circulez, il n’y a rien à voir” !). Et non seulement il n’y a rien à voir mais en plus les gens vous assènent des phrases du genre : “tu sais j’ai trouvé ta mère vraiment très bien…” (évidemment la maladie d’alzheimer ne fait pas pousser des cornes ni surgir d’énormes boutons verts sur les joues). Tout ça pour dire que l’indifférence des gens (en plus de l’égoïsme qui est encore une autre histoire) vient souvent de cette invisibilité ou de cette incapacité à voir ce qui est invisible… J’ai beaucoup expérimenté cette situation et voulais donc la noter ici pour qu’elle serve peut-être un jour à d’autres. Quand un aveugle arrive avec sa canne blanche, Continue reading

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