Une joie qui a explosé un jour comme une étoile intérieure…

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Encore un texte magnifique de Philippe Jaccottet que je trouve ce soir :

Je pense quelquefois que si j’écris encore, c’est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d’une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. (…)

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Une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel…

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Je suis en train de lire ce poème de Philippe Jaccottet…

Tout à la fin de l’hiver
il y a ceci encore de fidèle
autant que les premières fleurs :

une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel,
une espèce de bannière
(la seule sous laquelle on accepterait de s’enrôler),

une espèce de fraîche étoffe qui se déplierait
au plus haut, comment dire ?
indubitable ! bien qu’invisible dans le bleu du ciel,
aussi sûre que chose au monde que l’on touche.

Je ne sais pas, je ne sais pas quoi dire
sinon que cela semble, un soir, se déplier très haut,

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Comme on voudrait que le fassent le temps, notre pensée, nos vies


Il y a sur la cheminée du salon un énorme bouquet de pivoines. Et, curieusement, ces derniers jours, je lisais un texte de Philippe Jaccottet qui exprime ce que je pense des pivoines et dont je laisse tomber ici quelques pétales (dans un désordre qui n’est pas le sien et en coupant quelques tiges qui dénaturent évidemment son bouquet).

Parce qu’elles s’inclinent sous leur propre poids, certaines jusqu’à terre, on dirait qu’elles vous saluent, quand on voudrait les avoir soi-même, le premier, saluées”.
“Opulentes et légères, ainsi que certains nuages…”
“Une explosion relativement lente et parfaitement silencieuse”.
“Elles s’ouvrent, elles se déploient, comme on voudrait que le fassent le temps, notre pensée, nos vies”.
J’aime cette phrase et la répète pour ceux qui lisent trop vite : “Elles s’ouvrent, elles se déploient, comme on voudrait que le fassent le temps, notre pensée, nos vies”.
“Je ne sais quoi, qui n’est pas seulement un souvenir d’enfance, les accorde avec la pluie. Avec une voûte, une arche de verdure. Elles vont ensemble : est-ce à cause des nuages ?”
“Avant que n’approche la pluie, je vais à la rencontre des pivoines”.
“Elles n’auront pas duré”.

(Extraits) Philippe Jaccottet – Cahier de verdure, Gallimard.
Photo : Domi F.

On dit “fleuriste” mais on devrait dire “galerie d’art”

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