Fabienne Verdier et Jan van Eyck

Verdier_Vierge_VanEyck

Ce post n’a aucune actualité, mais comme je parlais récemment à Odile C. du travail de Fabienne Verdier, je me dis que le plus simple est peut-être de mettre ici une courte vidéo où elle parle de son travail sur La Vierge au chanoine van der Paele de Jan van Eyck (un court extrait de 3’48”). Comme ça ceux qui ne la connaissent pas verront et comprendront ce qu’elle fait. Mais le mieux est évidemment d’aller sur son site

Sur Fabienne Verdier et la transmission du Silence

La Vierge au chanoine Van der Paele est une huile sur panneau en chêne de Jan van Eyck dont la réalisation débute à l’automne 1434 et qui est achevé en 1436.

Bon, encore un dernier à 200% et après, promis, j’arrête !


L’original à la National Gallery à Londres fait exactement 82 x 60 cm. Pouvoir zoomer à ce point dans la partie centrale du miroir et les voir de dos avec le personnage en bleu qui apparaît, moi, que voulez-vous, je trouve cela tout simplement renversant. Cette toile est archi connue mais renversante. Même avec une loupe à la National Gallery, je ne verrais pas cela.

Jan van EYCK
Portrait des Epoux Arnolfini
(Giovanni Arnolfini et sa femme)
1434 – huile sur chêne

La petite pomme à gauche sur le rebord de la fenêtre des époux Arnolfini

La petite pomme sur la fenêtre des époux Arnolfini

Je ne sais pas pourquoi ce sont toujours les infimes petits détails qui attirent mon regard : quelques petits millimètres à peine sur une toile où l’oeil ne les voit pratiquement pas…

pomme_arnolfini.jpg

Remarquez bien, je ne suis pas le seul à agrandir à 200%. Mon urologue a semble-t-il le même défaut : il regarde les infimes petits détail sur une échographie et à la fin il dit : adénome de la prostate. Gloups, mon horloge biologique qui est détraquée.

La manie d’agrandir les détails (les deux pommes de Rilke)

Agrandir à 200% et sauter dans une autre dimension du temps

Bon, je sais bien que ce n’est pas normal et que je dois être un peu cinglé mais grâce aux musées virtuels, je me ballade de plus en plus dans les peintures des vieux maîtres des XIV ou XVe siècles. J’agrandis à 200% sur un petit point au fin fond de l’arrière-plan qu’on ne voit généralement pas à l’oeil nu, je zoome sur une petit zone de peinture lumineuse, je vise ce détail en me concentrant avec ce qui me reste de neurones cérébraux, et tout à coup, pof, ça bascule et je me retrouve de l’autre-côté du tableau, carrément DANS la toile…
vaneyck_pont.jpg
Je glisse sur quelques aplats de lumière, et pof, j’atterris pile sur le petit pont où je me stabilise sur une écaille de peinture. Ensuite, fastoche, je me joins à la foule des badauds et je me ballade incognito avec les autres petits personnages qui passent d’une rive à l’autre… J’entends la rumeur de la foule qui va au marché (parfois j’ai du mal avec la langue), les sabots des chevaux, les cris des marins, les clapotis des barques sur l’eau, les cloches qui sonnent joyeusement dans l’air argenté du matin… C’est midi, j’ai faim, je vais traverser le pont et me trouver une bonne rôtisserie dans la première ruelle à droite après la place de l’Eglise… Vous savez quoi ? Je peux rester des heures à me promener comme ça, à errer sur des particules de peinture zoomées à 200%… Parfois je pars entre deux cyprès sur un petit chemin de terre qui se perd au loin dans un sfumato vaporeux de la renaissance italienne. Parfois – comme avant hier – c’est
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