Il faut gouverner un pays comme on fait frire des petits poissons

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Tout ce que j’entends à la radio en ce moment commence à me prendre sérieusement la tête. Parfois ce sont de telles bétises que ce ne sont pas les cheveux ou les pieds qu’il faudrait se laver mais les oreilles !

En fait, je pense comme Lao Tseu,

“il faut gouverner un pays comme on fait frire de petits poissons” !

C’est à dire arrêter de les remuer toutes les trente secondes. Que les politiques arrêtent de remuer le peuple en nous inventant tous les jours un nouveau texte, une nouvelle loi, une nouvelle taxe, un nouveau plan, une nouvelle feuille de route, une nouvelle mesure, un nouveau truc idéologique qui transforme toute friture de petits poissons en purée.

Et on pourra enfin faire ce qu’on a à faire : nous concentrer, travailler, jouer, s’aimer, s’amuser, se promener, lire, jouer de la musique, réfléchir, construire, bâtir, inventer… n’importe quoi mais sans tomber dans le panneau des médias et le filet des idéologies qui ont assez polluées le XXe siècle. On est au XXIe merde, marre de l’idéologie.
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Faut que l’Etat nous lâche un peu les baskets !
Les politiques commencent sérieusement à me plomber la tête…
Je vais arrêter d’écouter les médias
Ne pas trop énerver le Peuple !

Conformisme, servilité et décadence…

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Dans le Tao Tö King – xxxviii, Lao Tseu dit :

“Lorsque la Voie est perdue, il reste la vertu;
La vertu perdue, il reste l’éthique;
l’éthique perdue, il reste le droit;
Le droit perdu, il reste le conformisme.
Le conformisme – qui n’est que l’apparence de l’éthique – indique le commencement de la décadence”.

Je n’arrive évidemment pas à la cheville de Lao Tseu mais je suis très honoré de constater que je partage son jugement sur l’évolution de la société française : les médias barbotent dans la servilité et le conformisme le plus méprisable; les laquets de journalistes ne s’estiment assez respectueux qu’à plat ventre devant ceux qu’ils croient être grands. Et les hommes politiques se livrent avec et les journalistes à des rites indignes d’une démocratie vivante. Je parle de ce que j’entends aux nouvelles à la télé ou à la radio, de ce que je lis dans les journaux… Si vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, laissez-tomber, ce n’est pas grave, c’est que le conformisme est encore plus fort que je ne le pensais. Avec la proximité des élections et la montée concomitante du crétinisme collectif, ce n’est d’ailleurs même plus le commencement de la décadence, c’est la décadence elle-même et même bien avancée. Pour raconter la chute de l’empire romain il avait fallu plusieurs tomes. Pour nous, un petit livre de poche suffira. Peut-être même quelques feuillets dans un hebdo… Ils ne mériteront pas plus. Je vais relire le Discours de la servitude volontaire de La Boétie…

Il y a évidemment bien d’autres traductions du Tao Tö King, notamment celles de Liou Kia-Hway et celle de François Houang et Pierre Leyris.

Traduction de Liou Kia-Hway.

Après la perte du Täo vient la vertu
Après la perte de la vertu vient la bonté
Après la perte de la bonté vient la justice
Après la perte de la justice vient le rite.
Le rite est l’écorce de la fidélité et de la confiance, mais il est aussi la source du désordre”

Traduction de François Houang et Pierre Leyris:

Après la perte de la Voie vient la Vertu
Après la perte de la Vertu vient l’Amour
Après la perte de l’Amour vient la justice
Après la perte de la Justice viennent les rites
Le rite est l’écorce de la sincérité et de la fidélité,
mais aussi la source du désordre”.

Attention à la résignation
Attention à la méthode coué
Attention au mensonge
Attention à la déception

Tao de la communication gouvernementale

Adieu René et merci pour le trésor japonais !

larme.jpg Dans le Monde de ce soir, j’apprends avec tristesse la mort de René Sieffert. C’est grâce à lui que j’avais découvert l’oeuvre de Bashô, les haïkus, le cycle épique des Taïra, la poésie japonaise… J’avais pourtant fait des études de Lettres mais jamais, à aucun moment, durant tout mon enseignement secondaire, on ne m’avait parlé de Bashô ni fait lire un seul de ses poèmes qui ont pourtant fait basculer ma vie. Ce n’était pas franco-français donc ce n’était pas au programme. Ensuite j’ai fait Philo et jamais, à aucun moment, durant tout mon enseignement supérieur, on ne m’a fait lire une seule page des philosophes asiatiques (Lao-tseu, Tchouang-tseu, Lie-Tseu) qui, eux aussi, ont bouleversé ma vie. Ce n’était pas franco-français donc ce n’était pas non plus au programme de philo. Quand j’y pense maintenant, je me dis que la France est décidément un tout petit pays dirigé par des petits nains de jardin sans curiosité et sans ouverture sur le monde. Fondateur des Publications Orientalistes de France (dont j’achetais avec émerveillement presque tout ce qui sortait), René Sieffert aura fait, dans l’ombre – pour mon bonheur – plus que tous les ministres qui se seront succédés à l’éducation nationale. Adieu René et merci pour le trésor !

Entre autre : Journaux de voyage de Bashô ; Le haïkaï selon Bashô ; L’Ermitage d’illusion, Le Manteau de pluie du singe ; Jours d’hiver ; Le Dit de Hôgen et le Dit de Heiji ; Contes de la pluie et de la lune ; Eloge de l’ombre; Journal de Sarashina ; Journal de Murasaki-shikibu… etc etc…

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