Liste des petits bonheurs certains

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Premier bonheur absolu : écouter la conversation entre le petit lapin et le chien de la Dame à la Licorne ! Depuis des années, je ne m’en lasse pas.

En automne quand on met de la cire d’abeille sur les vieux meubles et que ça sent bon l’encaustique…

En automne, quand il commence à faire froid et qu’on sent la bonne odeur des feux que les jardiniers allument pour brûler les feuilles mortes…

A Venise, les Bellini de l’Akademia…

Les chiens qui se roulent sur le dos dans l’herbe. Et aussi la façon qu’ils ont de s’essorer en vous éclaboussant qand ils sortent de l’eau ravis alors qu’on leur avait bien dit de ne pas s’y jeter !

En automne, les matins frisquets qui sentent bon le four du boulanger…

Entendre le bruit des rateaux des jardiniers qui passent dans les graviers…

Au printemps être assis sur une chaise au jardin du Luxembourg et regarder les merles sautiller sur le gazon

Entendre, en juin, le bruit des balles de tennis à Roland Garros

Le cliquetis régulier et rafraichissant des petits tourniquets qui arrosent les gazons quand il fait chaud : tchic – tchic – tchic…

Chercher pendant une heure un livre sur sa bibliothèque et, tout à coup, le trouver

Quand on est dans un endroit pas agréable ou une situation ennuyeuse, dérouler l’Aria des variations Goldberg dans sa tête

Quand le médecin approche une radio d’un écran lumineux, qu’il semble regarder une tache bizarre et dit tout à coup après un long silence : “bon, tout est parfait, on se revoit dans cinq ans !”

Quand au lieu de dire : “le président appelle les français à une élection nationale” le speaker de la radio se trompe et dit : “le président appelle les français à une érection nationale”

Quand on habite près d’une école et que le matin on entend les cris d’enfants dans la cour

Quand le présent est immobile et parfait à l’image d’une buse presque immobile à la verticale du ciel bleu

Quand je tombe sur une phrase comme celle-ci (de Claude Roy)
“Après la fin du monde, j’aimerais, dans la liquidation du stock, être chargé simplement de me souvenir de l’odeur des foins juste fauchés, en juin à cinq heure du matin”.

Quand je passe le soir devant la loge de ma concierge qui fait frire des sardines et des patates à l’ail

La lumière des fins de journées d’été quand elle est dorée et rasante. Rembrandt dit qu’il peut y avoir des fins de vies éclairées de cette lumière là. J’espère.

Tomber par hasard sur une phrase qui dit ce qu’on pensait sans savoir l’exprimer. Celle-ci par exemple de Ruskin : “Venise n’est pas construite sur le sable de la mer mais sur le sable du sablier”.

Certaines rues de Paris bordées d’arbre où, certains jours d’été, baignées de soleil, on a l’impression qu’au bout il y a la mer…

Les vieilles maisons où les meubles sentent bon la cire d’abeille et l’encaustique…

Le parfum des grosses pivoines au printemps…

Le beauté des vieille glycines, le parfum des chèvrefeuilles et la blancheur des seringas (ou seryngas ?)

Au déjeuner, tout à l’heure, il y avait un type avec une très jolie noire qui prenaient un café. Lui avait fait des tas de voyages dans les pays lointains : népal, viet-nam etc. Elle, sans doute pour le convaincre qu’elle n’était pas nulle, lui racontait qu’elle avait visité beaucoup de pays en europe : “l’Italie, l’Espagne et l’Autruche“… C’est bète mais des trucs comme ça, moi ça me met de bonne humeur pendant des heures ! Oui, oui, je sais ce n’est pas bien d’écouter ce que disent les gens à la table voisine.

Hier, ciel bleu et tout à coup déluge de pluie. Sorte de giboulée, presque une raffarinade. J’attends devant l’entrée du boucher pour ne pas être trempé. Arrive une maman avec son enfant qui chante à tue tête : “ohé – ohé – matelot !” – Je ne savais pas qu’on chantait encore cette chanson au troisième millénaire. J’ai oublié la pluie et j’étais presque heureux.

Liste à continuer…

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