Je propose une “journée nationale” pour les chiens d’aveugles

chiens_aveugles

Je ne supporte carrément plus les “Journées nationales” qu’ils nous fourguent tout au long de l’année et qui nous plombent la tête. Mais j’ai vu ce matin un chien d’aveugle rue de l’Université en allant prendre un café avec Sekouna, et je peux vous dire que ces chiens sont totalement admirables. On leur doit notre reconnaissance – avec tous ceux qui aident les autres – (ce qui exclut dès lors les politiciens) et je propose donc qu’on fasse une exception pour les chiens et qu’on leur offre une belle “journée nationale” où on leur donnerait des os à moëlle, des gigots d’agneaux, des côtes de bœuf… et tout ce qui leur ferait plaisir. Ils le méritent vraiment.

Et toutes les autres journées nationales on les supprime. J’ai fait le récapitulatif et voici la liste ; c’est groteste et ça donne le vertige.

Journées nationales …. de la mer / des malades / de la femme / du timbre / de l’Internet / de la Francophonie / de la recherche sur le cerveau / / de la Terre / de la déportation / de la liberté de la presse / de l’Europe / de l’agriculture / du mélanome / de la bicyclette / des transports / sans tabac / du vélo / de l’air / de l’aide à domicile / de la conservation de la nature / du don d’organes / des sapeurs-pompiers / du patrimoine / de la protection des baleines / des victimes des crimes racistes et antisémites du régime de Vichy / de la presse / de solidarité / du patrimoine / d’Alzheimer / du bénévolat / sans voiture / de l’enfance maltraitée / de lla prévention du suicide / de la sécurité civile / des infirmières anesthésistes / des quartiers / des aveugles / de l’abolition universelle de le peine de mort / de l’amitié / du goût / de dépistage de l’Hépatite C / de solidarité du handicap mental / de la culture / de la publicité / de la qualité / de l’emploi des personnes handicapées / du Secours Catholique / des droits de l’enfant / des groupements régionaux d’observation des grippes / contre l’herpès / sans achat / de collecte des banques alimentaires / de l’autisme en France / pour l’allaitement / sans essence

…. Bon, ce n’est pas fini mais j’arrête car la liste continue jusqu’à plus soif. Il ne manque que la Journée nationale sans médias, celle sans politiciens, celle sans pub et surtout celle où on arrêterait de nous prendre pour des cons.

Je vais apprendre le braille
Ecrire l’automne en braille !
Imaginer ce qu’imaginent les aveugles…
Des lunettes pour aveugles ou malvoyants …
Et si on écoutait enfin les sourds-muets ?
La Journée du Travail.

LISTE COMPLETE DES JOURNEES NATIONALES avec les dates…
Liste ci-dessous
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Travailler ses états d’âme ? Fastoche :-)

smiley_anim2 Travailler ses états d’âme. Fastoche : il suffit de trouver les mots qui correspondent à ses états d’âme et d’essayer tous les jours un mot différent. Par exemple, le lundi, on se lève et on essaye d’être joyeux. Le mardi, d’être paisible. Le mercredi serein. Le jeudi imperturbable. Le vendredi impassible. Le samedi guilleret. Le dimanche pacifié. Et puis le lundi d’après on essaye d’être inspiré, le mardi placide; le mercredi enjoué, le jeudi chaleureux, le vendredi rieur; le samedi enthousiaste et le dimanche reconnaissant… Et on continue au fil des semaines…

Première liste : joyeux, gai, content, radieux, rayonnant, de belle humeur, jovial, en fête, en liesse, allégre, gaillard, réjoui, folâtre, badin, enjoué, enchanté, ravi, drôle, plaisant, satisfait, rieur, guilleret, facétieux, folichon, enjoué, plaisant, amusé, réjoui, calme, tranquille, doux, paisible, serein, placide, imperturbable, impassible, flegmatique, indifférent, sans-souci, insouciant, pacifié, inspiré, mystique, illuminé, ivre, emporté, transporté, ravi, extatique, lyrique, épique, ardent, chaleureux, enflammé, fanatique, enthousiaste

Deuxième liste : morne, morose, désolé, navré, abattu, accablé, affligé, peiné, affecté, attristé, soucieux, aigri, maussade, lugubre, préoccupé, mélancolique, pessimiste, trouble-fête, rabat-joie, désanchanté, mélodramatique, tragique, funèbre, lugubre, lamentable, poignant, déchirant, pénible, maussade, crève-cœur, mélancolique…

Le tout est évidemment de piocher dans la bonne liste : ceux qui me connaissent savent que, parfois, je me trompe de pioche, surtout en ce moment.
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Jusqu’ici tout va bien

Et vous, qu’effaceriez vous de la planète ?

touristremoval.gif Je tombe par hasard sur un site qui vous explique comment effacer des touristes indésirables sur vos photos de vacances (évidemment pas “vous-le-touriste” qui prend la photo, mais “l’autre-touriste”, celui d’en face, celui qui est indésirable et qui fait tache sur vos photos touristiques). Bon, ce sont de banales astuces photoshop que tout le monde connait mais l’idée est plutôt marrante. Qu’effacer d’autre dans la vie ? Les imbéciles ? peut-être ça ferait donnerait trop de travail ! Mais quoi d’autre ? Les voitures, les gens qui font du bruit, les cafards, les pesticides, les banlieues, les supermarchés, les migales, les terroristes, les fanatiques, les sites porno, la poussière, les trucs visqueux ou gluants, l’arrogance et la prétention, les cancers, la méchanceté, la cruauté …
Et vous qu’effaceriez-vous ?

Le ciel dans le caniveau

balayeur.jpg Ce matin, eau fraîche dans le caniveau. Inventaire de quelques secondes : mégots (jaunâtres) feuille de salade (verte), bouts de kleenex (blancs), épluchures (brunes), ticket de métro (violet), paquet de cigarettes (doré), des soucis (non pardon, ça c’est dans ma tête), un prospectus (jaune) pour ne pas rester célibataire, des plumes de pigeon (grises), de la tristesse (non, ça c’est encore dans ma tête), des capsules de bierre, des branches de platanes… Je les regarde s’en aller et soudain, reflet dans l’eau : le ciel (bleu) dans le caniveau, emporté par l’eau joyeuse. Il y a parfois des petits miracles dans la vie…

Autres bouts de ciels …
Le ciel comme … issue de secours !
Un petit balcon dans le ciel…
Penser à mettre le ciel dans une enveloppe
L’art quand il nous tombe directement du ciel
Qu’est ce qui nous ouvre le ciel
A riveder le stelle…
Il faut que le hasard renverse la fourmi…
Regarder le ciel en bas…
J’aime les nuages qui passent
Le jour n’est pas plus beau…

Switchie (in memoriam)

Switchie était ma petite chienne morte un soir de noël…

switchie_oeil.jpg

24 décembre 1993…

Il y a sur le devant de mon visage
deux petites fenêtres rondes
derrière lesquelles, assis au balcon,
j’ai vu des choses étonnantes.
J’ai vu des oies cendrées s’envoler de la page blanche d’un haïku
et des corneilles tournoyer à la cime des grands platanes,
J’ai vu l’immensité de la voie lactée au-dessus de ma tête
et des coccinnelles se poser sur le bout de mon doigt
J’ai vu la pluie briller sur les vieilles pivoines du jardin
et détaler les petits lapins de la Dame à la Licorne
J’ai vu la neige tomber à gros flocons en hiver
et les pattes des oiseaux dans la neige
et des palais de brique rouge sur des piazzas de toscane
et et des coquelicots dans les champs de blé
et des milliers d’étoiles dans les grands ciels d’été
et la lumière sur la pierre chaude des petites églises romanes
et la couleur du basilic, et celle des carottes
J’ai vu le ciel des matins de printemps
quand il est à l’orient tout rose et bordé de bel azur limpide
J’ai vu le vert tendre des petits pois qu’on écosse
et le jaune d’or du parmezan à Sienne
J’ai vu les petits copeaux de bois qui tombaient de la table de mon luthier
J’ai vu s’ouvrir une à une les petites fenêtres des calendriers de l’Avent
et tomber les marrons en automne
et le vent courber les champs d’avoine
J’ai vu trembler l’épaule des chevaux et leurs grands yeux marrons,
J’ai vu passer des hirondelles
et aussi de très jolies femmes et à chaque fois j’ai pensé que le ciel descendait sur la terre,
J’ai vu sourire ma mère et passer les nuages dans le ciel
J’ai suivi les enseignements de maîtres tibétains
et vu leurs robes pourpres et orangées
et le jaune de l’automne quand les feuilles ont la couleur des dernières sonates de Haydn
J’ai vu des petits personnages dans des lointains des miniatures du XVe siècle
et la brume argentée des petits matins d’hiver
J’ai vu des merles les soirs de printemps
et quelques belles étudiantes sur les chaises du Luxembourg
J’ai vu les lapins d’Albrecht Dürer
et les Annonciations de Fra Angelico
et les abeilles sur les fleurs des champs
et le Dôme de Florence dans la brume des petits matins d’été
J’ai vu la joie des chiens quand on va les promener
et les doux yeux marrons d’un petit griffon
qui s’appelait Switchie
et qui m’a quittée un soir de noël
et puis
… je n’ai plus rien vu.
Les larmes
ont tout brouillé.

Texte provisoire. Commencé en novembre 1996, abandonné depuis et mis là, ce soir …

switchiegal.jpg

Liste des choses que j’aimerais bien…

J’aimerais bien avoir une baguette magique et arranger les choses dans tous les domaines. A l’insu des gens, en passant comme ça, et hop, et leurs problèmes seraient règlés !

………………..

J’aimerais bien être avant l’opération de ma cataracte et que mon chirurgien ne loupe pas le positionnement de l’implant de droite…

………………..

J’aimerais bien être très fort en physique et comprendre quelque chose à la mécanique quantique

………………..

J’aimerais bien avoir de l’admiration pour les dirigeants de mon pays.[Depuis 30 ans j’ai carrément honte pour eux].

………………..

J’aimerais bien que certaines durées soient modifiées : que la durée de vie des gens qu’on aime soit plus longue, celle des chiens aussi… Et que les nuit soient plus longues. J’ai tellement sommeil en ce moment !

………………..

J’aimerais bien que la vie se déroule dans l’autre sens. On sortirait de la tombe, puis on retrouverait ses grands-parents, ses amis, on retomberait amoureux, on reviendrait à l’université, on serait de plus en plus jeune… Quoi ? faudrait aussi recommencer à boire des biberons et à marcher à quatre pattes ? Ah ça non !

………………..

J’aimerais bien, dans les musées, on puisse rentrer dans les tableaux et faire partie des petits personnages de certaines toiles du XVe ou XVIe siècles italien. Rentrer dans un coin d’une annonciation de Fra Angelico ?

………………..

J’aimerais bien qu’on ne perde pas la mémoire en vieillissant !

………………..

J’aimerais bien comprendre pourquoi, si la terre tourne autour du soleil à une elle vitesse, quand je mets le bras dehors je ne sens pas le vent. Oui, bon, je connais la translation uniforme de Galilée mais je ne demande pas grand chose : juste un petit souffle. A la vitesse où tourne la terre, c’est possible, non ?

………………..

J’aimerais bien savoir jouer les 48 préludes et fugues du clavecin bien tempéré. Et les Variations Goldberg pendant qu’on y est !

………………..

J’aimerais bien connaître tous les mots du dictionnaire et arrêter de dire bêtement “rouge” quand il y a des nuances subtiles : carmin, pourpre, cramoisi, rubis, garance, incarnat, rutilant, vermillon, écarlate, cinabre, corallin, nacarat, grenat etc… J’suis vraiment trop nul. Qu’est ce qu’on a bien pu m’apprendre à l’école ?

L’Inventaire de la Voie Lactée et le petit ange voleur d’étoiles

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“C’était bien la huitième fois qu’ils refaisaient l’Inventaire et il manquait toujours une étoile…

Malgré leur fatigue, les ailes usées par le rayonnement cosmique, les anges s’assirent une nouvelle fois et recomptèrent les étoiles une à une. Sur le grand Livre à tranche d’argent s’alignaient les minuscules croix dorées :

neuf étoiles et un trait pour barrer les dizaines…

Encore essoufflés par leur troisième voyage aux confins de l’univers, les Séraphins se posaient les uns après les autres, époussetant sur leurs épaules des nuages de poudre d’étoile : Cassiopée: 6, le Centaure : 13, Andromède: 6. Les anges s’affairaient, comptant et recomptant :

vingt-cinq et neuf, 34, je pose 4 et je retiens trois…

Il restait à peine mille heures avant l’aube du Jeudi-Saint et il fallait impérativement terminer l’Inventaire pour l’octave de la Sainte Madeleine.

291 et 9 qui font 300…

Quand les anges de la Voie Lactée revinrent, innondés d’une lumière fraîche et joyeuse comme une giboulée de mars, on en était à 392,32 milliards. On retrancha Saturne, Jupiter, Vénus et Mercure et on ajouta Orion, Pégase et les mille-vingt-trois étoiles de la galaxie du Tigre. Les Archanges envoyés au-delà de la Couronne Boréale se posèrent les plumes paillettées de neige : 2561 pour le Baudrier du Griffon… Les anges du septième ciel revenaient les cheveux couverts de brins d’or arrachés aux galaxies spirales :

et 6782 pour le Triangle Austral…

Cela faisait encore 495,357 milliards et il manquait toujours une étoile..

A l’écart de l’immense tournoiement de plumes, emmitouflé dans une grande écharpe aux couleurs de l’aube, un petit ange était assis sur un imperceptibe rayon d’éternité. Songeur, les yeux perdu sur la courbure de l’univers, il accompagnait de son tambour la musique des sphères, pure et douce comme un filet d’orgue s’élevant dans le silence argenté du cosmos.

A son oreille gauche, pendait l’étoile qui manquait au grand Inventaire : petite boucle d’oreille corail qu’il avait volée la veille dans la constellation du Crabe….”.
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ange222mini

(Ange de Fra Angelico)


Quelques étoiles…

Sûrement j’exagère
Les ultra rayonnements violets de détresse
J’aime bien ces anges

Liste des petits bonheurs certains

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Premier bonheur absolu : écouter la conversation entre le petit lapin et le chien de la Dame à la Licorne ! Depuis des années, je ne m’en lasse pas.

En automne quand on met de la cire d’abeille sur les vieux meubles et que ça sent bon l’encaustique…

En automne, quand il commence à faire froid et qu’on sent la bonne odeur des feux que les jardiniers allument pour brûler les feuilles mortes…

A Venise, les Bellini de l’Akademia…

Les chiens qui se roulent sur le dos dans l’herbe. Et aussi la façon qu’ils ont de s’essorer en vous éclaboussant qand ils sortent de l’eau ravis alors qu’on leur avait bien dit de ne pas s’y jeter !

En automne, les matins frisquets qui sentent bon le four du boulanger…

Entendre le bruit des rateaux des jardiniers qui passent dans les graviers…

Au printemps être assis sur une chaise au jardin du Luxembourg et regarder les merles sautiller sur le gazon

Entendre, en juin, le bruit des balles de tennis à Roland Garros

Le cliquetis régulier et rafraichissant des petits tourniquets qui arrosent les gazons quand il fait chaud : tchic – tchic – tchic…

Chercher pendant une heure un livre sur sa bibliothèque et, tout à coup, le trouver

Quand on est dans un endroit pas agréable ou une situation ennuyeuse, dérouler l’Aria des variations Goldberg dans sa tête

Quand le médecin approche une radio d’un écran lumineux, qu’il semble regarder une tache bizarre et dit tout à coup après un long silence : “bon, tout est parfait, on se revoit dans cinq ans !”

Quand au lieu de dire : “le président appelle les français à une élection nationale” le speaker de la radio se trompe et dit : “le président appelle les français à une érection nationale”

Quand on habite près d’une école et que le matin on entend les cris d’enfants dans la cour

Quand le présent est immobile et parfait à l’image d’une buse presque immobile à la verticale du ciel bleu

Quand je tombe sur une phrase comme celle-ci (de Claude Roy)
“Après la fin du monde, j’aimerais, dans la liquidation du stock, être chargé simplement de me souvenir de l’odeur des foins juste fauchés, en juin à cinq heure du matin”.

Quand je passe le soir devant la loge de ma concierge qui fait frire des sardines et des patates à l’ail

La lumière des fins de journées d’été quand elle est dorée et rasante. Rembrandt dit qu’il peut y avoir des fins de vies éclairées de cette lumière là. J’espère.

Tomber par hasard sur une phrase qui dit ce qu’on pensait sans savoir l’exprimer. Celle-ci par exemple de Ruskin : “Venise n’est pas construite sur le sable de la mer mais sur le sable du sablier”.

Certaines rues de Paris bordées d’arbre où, certains jours d’été, baignées de soleil, on a l’impression qu’au bout il y a la mer…

Les vieilles maisons où les meubles sentent bon la cire d’abeille et l’encaustique…

Le parfum des grosses pivoines au printemps…

Le beauté des vieille glycines, le parfum des chèvrefeuilles et la blancheur des seringas (ou seryngas ?)

Au déjeuner, tout à l’heure, il y avait un type avec une très jolie noire qui prenaient un café. Lui avait fait des tas de voyages dans les pays lointains : népal, viet-nam etc. Elle, sans doute pour le convaincre qu’elle n’était pas nulle, lui racontait qu’elle avait visité beaucoup de pays en europe : “l’Italie, l’Espagne et l’Autruche“… C’est bète mais des trucs comme ça, moi ça me met de bonne humeur pendant des heures ! Oui, oui, je sais ce n’est pas bien d’écouter ce que disent les gens à la table voisine.

Hier, ciel bleu et tout à coup déluge de pluie. Sorte de giboulée, presque une raffarinade. J’attends devant l’entrée du boucher pour ne pas être trempé. Arrive une maman avec son enfant qui chante à tue tête : “ohé – ohé – matelot !” – Je ne savais pas qu’on chantait encore cette chanson au troisième millénaire. J’ai oublié la pluie et j’étais presque heureux.

Liste à continuer…

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