Dormir la nuit …

jlllg44.jpg Jean-Louis t’as raison, ces derniers temps j’ai sans doute mis trop d’histoires à dominante “spirituelle” : anges, moines etc. Mais bon, il y a sans doute des raisons qui l’expliquent même si je ne peux pas trop en parler pour ne pas écrire le mot alzheimer trop souvent … En tout cas, j’étais content de ce bol d’oxygène avec toi et de ce petit vent frais de révolte que tu fais souffler (j’ai dans ma bibliothèque “La désobéissance civile” de H.D. Thoreau et vais le relire). Merci aussi pour l’histoire de ta montre ! Pour ceux qui n’étaient pas là : Jean-Louis a acheté très cher une belle montre, avec sonnerie et tout. Et comme il a perdu le mode d’emploi qui était d’ailleurs incompréhensible (genre japonais traduit du suisse en passant par le coréen du nord) il ne savait pas comment la règler. Et la montre sonnait toutes les heures. Toutes les heures du jour ça va encore mais toutes les heures de la nuit ! Tu as bien fait de t’en débarrasser Jean-Louis : t’as pas la vocation d’un moine appliquant la Règle de Saint Benoît et célébrant la louange de Dieu pendant les vigiles noctures ! (et encore la Règle de S.Benoit est moins dure que celle de S.Pacôme qui prévoyait un minimum de 36 psaumes par nuit !).

Le pouvoir de la foi…

lebel_glycine-2.jpg C’était un laïc qui avait une confiance totale en un moine d’un monastère de la montagne. Il le consultait en toutes choses et s’en remettait à lui aussi bien pour les affaires d’ici-bas que pour celles de l’au-delà. Ainsi, quand il était souffrant, il montait au monastère solliciter quelque remède pour se soigner. Le moine qui ignorait la médecine lui répondait invariablement: “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Comme sa foi était sans faille, il observait scrupuleusement la prescription et aucun de ses maux ne résista jamais au remède.
Un jour qu’il avait perdu son cheval, il alla demander conseil au moine. Comme toujours, le moine lui répondit : “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Son coeur était trop confiant pour que ces paroles éveillent en lui un soupçon d’impertinence de la part du saint homme. Les glycines aux alentours de sa demeure ayant fini par disparaître au cours des années, il dut aller jusqu’au pied de la montagne pour s’approvisionner et c’est là qu’il aperçut au loin, dans un champ de luzerne à petites fleurs violettes, son cheval égaré. Tel est le pouvoir merveilleux de la foi.”

Ichien Mujû (1226-1312) – Peinture (Ibéria Lebel “Théière et glycine”)

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