Les pourparlers d’Oslo et le syndrome généralisé du manque de préparation

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La semaine prochaine, à l’occasion des 20 ans des accords d’Oslo de septembre 1993, les médias vont nous reparler de cette conférence et vont tartiner à l’infini sur cette “promesse de paix non tenue et le fol espoir qu’avait fait naître la poignée de main entre Itzhak Rabin, premier ministre israélien, et Yasser Arafat, président de l’OLP”, etc…

Je vous ressort donc ce vieux post de 2007 car, depuis des années, je me casse la tête pour essayer de comprendre pourquoi, non seulement à mon bureau mais partout en France, les choses merdent et n’avancent pas. Et je crois que j’ai trouvé la réponse dans une explication passionnante faite en avril 2006 à la BBC par Daniel Barenboim, intitulée “In the Beginning was Sound”.

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The sound of silence

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Parfois on n’a plus grand chose à dire… Les mots tombent par terre et on n’a même pas vraiment envie de se baisser pour les ramasser…

Source : urhajos, via froghair

Quelques petits bouts de silence, en vrac… Continue reading

J’appartiens au monde d’avant la pomme !

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Bon, vous allez dire que je radote parce que j’en parle tout le temps ( mais Adam et Eve me tapent effectivement sur le système) et j’ai un problème avec la Chute ; vous savez, celle de la pomme et du serpent…

J’appartiens au monde d’avant ! Et c’est justement ce que j’adore dans la Création de Haydn ; je peux l’écouter en paix parce que d’abord elle traite de tout ce que j’aime dans la vie et ensuite que tout se passe AVANT la Chute.

La première partie correspond aux quatre premiers jours : création de la lumière, du ciel et de la terre, de la terre et de la mer, du soleil, de la lune et des étoiles (je vous l’ai dit, exactement tout ce que j’aime !). La deuxième partie concerne les cinquième et sixième jours (création des animaux et de l’Homme). La dernière dépeint Adam et Eve dans le jardin d’Eden, juste avant la Chute…

Je ne vous raconte pas le bonheur que ça s’arrête AVANT la cata ! Avant que ces deux abrutis ne nous foutent dans une merde noire. La suite vous la connaissez, vous l’avez tous les jours à la radio ou dans les journaux : des drames et des abominations sans fin, une vraie catastrophe qui donne envie de se tirer (ailleurs ou une balle).

C’est pour ça que je me réfugie dans la Création de Haydn. C’est ma patrie ! Clair que j’appartiens au monde d’avant la pomme !
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Onze petites minutes d’extraits sur YouTube sous la direction de William Christie

Pour le duo d’Eve et d’Adam placez le curseur à 6:17 (c’est à la fin de la vidéo). Il est magnifique de fraîcheur et de beauté :

– Adam : Der tauende Morgen, o wie ermuntert er !
– Eve : Die Kühle des Abends, o wie erquicket sie !
– Adam : Wie labent ist der runden Früchte Saft !
– Eve : Wie reizend ist der Blumen süsser Saft !
– Eve et Adam : Doch ohne dich, was wäre mir
– Adam : der Morgentau
– Eve : der Abendhauch…
La rosée du matin, la fraîcheur du soir, les fruits ronds, le parfum des fleurs… que voulez-vous, je suis peut-être un peu fleur bleue mais plus ça va et plus je me dis qu’il n’y a rien de mieux dans ce monde de cinglés dans lequel nous vivons. Comme le dit Uriel dans le dernier récitatif, “les hommes seraient heureux à tous jamais si de fausses chimères ne les incitaient pas à désirer davantage que ce qu’ils ont”.
Je n’ai strictement rien à ajouter !
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Le curriculum de Dieu…
Dieu est grand
Adam et Eve me tapent sur le système
La main de Dieu
Peut-être que Dieu en a marre
Les horaires que j’aime…
j’aimerai bien que Dieu m’accorde 3 secondes
On ne tourne pas le dos à Dieu
Les “installations” de Dieu
La Création (Ghiberti)
Dieu surveille les pommes depuis le début de la Création ?
Texte de la Genèse
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Musiques…
Haydn, Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
Haydn, Ariana a Naxos
Heureusement que ça existe … (BWV170)
Structure et organisation le week-end (BWV 63)

L’ADSL devrait être remboursée par la Sécu !

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Avant, quand j’avais mal au crâne, je prenais du Doliprane ; maintenant je vais sur YouTube et j’écoute Cristobal de Morales en regardant la partition défiler tout doucement… Cet affichage de la partition est une belle idée de Lorena Margot, une jeune argentine de trente ans qui met plein de musique en ligne sur YouTube.
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PS. je pense que l’Etat comblerait très vite le trou de la Sécu en offrant l’ADS plutôt qu’en accumulant les remboursements d’antidépresseurs, de tranquillisants, de neuroleptiques, de psychostimulants ou autres hypnotiques qui creusent le déficit de la Sécu. Il suffirait d’instituer un sytème de bonus-malus dans le genre : “vous renoncez à vous faire prescrire un arrêt-maladie pour une déprime bidon et la Sécu vous offre l’ADSL !” Et vous verriez que, comme par miracle, les Français ne seraient plus malades !

La magnifique musique de Cristobal de Morales
Les partitions de Margot Lorena (mozart, haendel, purcell etc

Virevoltant comme deux petits papillons…

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Hier soir pour me dénouer les nerfs, j’ai regardé longtemps les mains de Grigory Sokolov jouant “les Maillotins” de François Couperin. Regardez-les : on dirait deux petits papillons virevoltant d’une touche à l’autre ! Deux minutes vingt-deux secondes de pur bonheur !
Merci Lydie et Enes pour le DVD !


2′:22″ sur YouTube

Mahler-Bernstein : un profond choc spirituel

mahler_bernstein.jpg Encore un cadeau inoubliable de Lydie et Enes ; et encore une révélation et un immense bonheur que “The Little Drummer Boy” – An Essay on Gustav Mahler by and with Leonard Bernstein. Le DVD de la BBC date de 1985 et j’ai donc encore plus de vingt ans de retard ! Il est impossible d’écrire quoi que ce soit tellement cet essai de Bernstein est beau, riche et sensible. Pas seulement captivant et passionnant, ce qui serait déjà pas mal mais bouleversant et, pour moi, un quasi choc spirituel. Bernstein fait, avec beaucoup d’intelligence et de délicatesse, une psychanalyse passionnée de la musique de Mahler et révèle, partition à l’appui – des premiers lieder du Wunderhorn au cycle du Chant de la Terre – le refoulement, profondément enfoui dans ses symphonies, de la sensibilité juive de Mahler, ainsi que les tensions et le conflit de toute une vie entre le judaïsme et le christianisme. Dit comme cela, ça paraît sans doute idiot (je ne suis pas très bon, vous le voyez, dans la critique de disque). Mais faites confiance à Bernstein : c’est beaucoup plus subtil, profond et magnifique que je ne le dis avec mes pauvres mots. Et puis il y a les voix inoubliables de Janet Baker, Christa Ludwig, Lucia Popp, Edith Mathis… Rarement j’ai été boulversé et ému à ce point par un dvd. J’espère que vous le serez aussi – si vous aimez Mahler évidemment.

Le DVD à la FNAC

Gustav Mahler (Wikipedia)

Leonard Berstein (Wikipedia)

Enfin de l’air dans les suites de Bach !

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Je n’ai pas l’habitude, dans ce blog, de faire de la publicité pour des disques. Surtout des Six Suites pour violoncelle seul de J-S.Bach que j’adore depuis que je suis tout petit et que je n’avais jamais entendues jouer de façon aussi inspirée. Ni par Fournier, ni par Casals, ni par Rostropovich, ni par Maisky, ni par Yo-Yo Ma (bon, ça fait pas mal de ni-ni célèbres mais, c’est vrai, à part Bylsma, je n’écoutais plus ces versions des grands maîtres). Et puis là, j’ai découvert l’interprétation lumineuse de Jean-Guilhen Queyras et c’est tout simplement magnifique de phrasé, de musicalité, de rythmes, de respirations, d’articulations.. Enfin il y a de l’air, de la respiration et de l’élgance joyeuse dans ces magnfiques suites. Et l’instrument (un Gioffredo Cappa de 1696) sonne et chante comme une viole de gambe. C’est souple, ça ondule… Ondulatoire et jubilatoire… J’avais entendu Queyras rapidement sur Radio Classique et me disais que son disque allait être difficile à trouver ; mais en allant à la FNAC hier, j’ai vu qu’il y en avait des piles et que c’est un disque archi connu et semble t-il massivement acheté. Tant mieux. Cela ne me gène pas d’arriver en retard quand c’est pour avoir un petit moment de bonheur.

Ecouter la Suite n°3 sur YouTube (8 minutes)
Le site de J-G. Queyras
A la FNAC pour 20 euros (trois CD dont un DVD documentaire sur l’enregistrement de la 3e suite)

Les petits sparadraps d’Alfred Brendel…

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Hier soir j’ai relu quelques “Je me souviens….” de George Pérec.
Moi je me souviendrai … des doigts totalement recouverts de sparadrap d’Alfred Brendel… J’aurais passé les meilleurs moments de ma vie à écouter les deuxièmes mouvements des dernières sonates de Joseph Haydn (surtout les n°34, n°48, n°49, n°50 et n°52, n°20…) que j’avais mis bout à bout sur des CD pour pouvoir les écouter littéralement en boucle. Elles ont défilé dans ma tête pendant des années. Et encore aujourd’hui (où j’ai moi aussi des petits bouts de sparadrap partout dans le cerveau à cause d’alzheimer) je ne me lasse pas de les écouter (sur un iPod maintenant). Et parfois même, quand il y a du soleil le matin au Jardin du Luxembourg, je les confonds avec l’automne…

J’appartiens au monde d’avant la pomme
Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur
Musiques…
Haydn, Ariana a Naxos
Heureusement que ça existe … (BWV170)
Structure et organisation le week-end (BWV 63)

La tête qui pivote

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Expérience très bizarre récemment avec mon iPod. J’écoutais la cantate de Bach “Wie Schön Leuchtet Der Morgenstern” et je m’étais trompé d’oreillette. J’avais mis celle de droite dans l’oreille gauche et celle de gauche dans l’oreille droite. … Et tout à coup panique, l’église avait pivoté dans ma tête, je n’étais plus assis face au choeur mais face au narthex…. Bon, vous me direz que ce n’est peut-être pas grave que les haubois soient à gauche ou à droite, mais panique musicale et architecturale tout de même. J’aime pas les torticolis musicaux.

Moment de totale intemporalité…

beethoven_buste .jpg Moment d’éternité absolue tout à l’heure sur radio classique avec le quatuor n°15 en la mineur, Op. 132 par les Takàcs. Troisième mouvement carrément à couper le souffle que j’écoute totalement sidéré dans une impression de complète intemporalité… Du coup (merci Franckie pour le coffret), je ressort l’interprétation par le quatuor Végh et j’écoute en boucle depuis une heure ! De temps en temps, après des journées de merde, ça fait du bien d’avoir un électrochoc musical de cette nature. Sur les autres radios, ils doivent parler de meurtres, de crimes, de prises d’otages, d’assassinats, de voitures piégées, de terroristes, de meurtres d’enfants, de viols, de chaos en irak …

Contrepoint, contre-ordre, contre performance …

charpentier.jpg Je rentre d’un concert Marc-Antoine Charpentier à Saint Roch. Le Judicium Salomonis et le Te Deum sous la direction (superbe) de Jean Tubéry qui pulse littéralement de choeur de chambre de Namur. Comme à chaque fois après une journée de bureau dominée par l’incohérence et le système D, je suis émerveillé par la rigueur et la précision de la direction des choeurs. D’un côté, harmonie et maîtrise du contrepoint portés à leur point d’incandescence par un chef imaginatif. De l’autre, incohérence, contre-ordres incessants, manque de méthode… C’est épuisant et pathétique de vivre ce contraste entre ces deux univers : travail d’équipe rigoureux d’un côté (avec le succès, l’émotion et la reconnaissance à la clé); incohérence et désordre de l’autre (avec l’échec au bout). Tragique manque de rigueur et de discipline. Et il ne faut surtout rien dire, au risque de passer pour un esprit négatif !

Le résultat magnifique de tous les échecs !

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Pour me remonter le moral après une journée déprimante, j’écoute Sophie Koch, éblouissante de beauté et d’intelligence musicale… Alors qu’elle fait une carrière internationale reconnue à Londres, Vienne ou Berlin où elle incarne régulièrement des rôles de premier plan, elle est méconnue dans notre pauvre France qui sent le moisi et n’arrivera décidément jamais à reconnaitre les siens, sauf s’ils sont nuls et/ou font de l’audience dans des stupidités en prime time. Elle est marrante et avoue que c’est une série d’échecs qui l’ont conduite au chant. “Une hypokhâgne, une tentative ratée pour entrer à Sciences Po, un DEUG de communication, une tentative ratée pour intégrer les choeurs de la Sorbonne, un DEUG de musicologie, un passage par l’Ecole de l’Opéra mais un échec au concours, et je me retrouve au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe Jane Berbié. C’est elle qui m’a tout appris depuis et m’a donné la sécurité de la technique. Le résultat de tous ces échecs est stupéfiant de beauté et de pureté (Richard Strauss, Mozart, Rossini, Thomas…). Ce soir je déprimais. Elle m’a remonté le moral ! Merci

“La France manque d’enthousiasme”

boulez2.jpg Dans le Figaro d’hier, interview de Boulez sous le titre : “Il n’y a plus d’enthousiasme en France !”. Plus d’argent non plus : à propos de l’oeuvre de Leos Janacek qu’il vient diriger à Paris, Boulez sort sa calculette et déclare : “la Sinfonietta coûte cher car il faut 12 trompettes!” Rendez-vous compte, une oeuvre pour 12 trompettes dont le grand chef français dit qu’elle “coûte cher” parce qu’il y a… 12 trompettes ! On croit rêver. Bientôt on dira que la Venus de Milo coûtait cher parce qu’elle avait deux bras ! Va-t-on arrêter de jouer le Requiem de Berlioz ou la Huitième Symphonie de Mahler parce qu’elle comprend 1.015 personnes ? (850 choristes avec un orchestre de 146 musiciens + 8 solistes vocaux + 8 trompettes et 3 trombones). Boulez a raison, si ça continue nous ne pourrons bientôt plus nous payer que des Sinfonietta à 2 trompettes ou des orchestres avec 1 harmonica ! Ce qui ne change pas : l’Etat-mauvais-payeur ! A propos de son Requiem (autre ensemble massif), Berlioz écrivait dans ses Mémoires : “M. de Gasparin (le Sarkozy de l’époque) me commande une messe de Requiem… On ne me paye pas ! Ma fureur, mes menaces. On me paye !”. Et vous voulez savoir ce que devient la nouvelle salle de concert à Paris? “C’est affligeant”, dit Boulez, voilà 20 ans qu’on en parle : toujours rien !”. Eh oui mon brave, plus d’argent, plus d’enthousiasme !

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