Parfumer les ragoût avec les lauriers de la Légion d’Honneur ?

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[Aujourd’hui on a remis les palmes Académiques à C@t. Je remonte donc ici ce vieux post de mars 2004 qui aura ainsi servi à quelque chose en permettant au moins de célébrer l’événement ;-]

Chaque fois que quelqu’un m’annonce sa nomination dans l’ordre de la Légion d’Honneur je ne peux pas m’empêcher de penser à Nikos Kazantzaki (que j’adore) et à ce magnifique texte :

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Je vais arrêter d’écouter les médias

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Bon vous je ne sais pas, mais moi je commence à en avoir sérieusement marre, sur pratiquement tous les sujets – mais surtout sur les sujets économiques – d’écouter les absurdités des journalistes. Quand j’écoute le matin je risque de me couper avec mon rasoir tellement je m’énerve. Quand j’écoute à midi ça me donne envie de laisser le gaz ouvert. Et quand j’écoute le soir je n’arrive plus à dormir et je rêve que je les démolis tous avec ma kalashnikov. Donc faut que j’arrête d’écouter ces abrutis, ils me rendent dingue. Et d’ailleurs on ne peut même pas les critiquer car ils crient immédiatement au complot d’extrême droite ! (forcément si on n’est pas en extase devant leur conformisme, leur inculture, leur langue de bois, on est ipso-faco fasciste. C’est la méthode qu’ils ont trouvée pour être inattaquables. Ils finiront bien par se réveiller un jour mais bon, en attendant faut pas les critiquer, c’est mal vu, presque nauséabond comme ils disent…).
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NB : Parfois les gens ne comprennent pas de quoi je parle et pourquoi j’attaque les gentils médias bisounours. Alors je précise : quand on a une dette qui fait plus de 90% du PIB et plus de 3 millions de chômeurs (chez nous et 19 millions en europe), on ne s’occupe pas de savoir si Carla Bruni fait une chanson sur son “Raymond” ou sur un “pingouin”. Ces journalistes sont débiles, incultes et dérisoires. Et je me moque de ce que les ministres ont comme patrimoine : je veux juste qu’ils soient intègres et surtout efficaces. Voilà, c’est dit.
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J’avais déjà parlé de ça à l’époque à propos de Nikos Kazantzaki.
Conformisme, servilité et décadence (vieux post de 2004)
Mon autoportrait face aux médias …
Si j’étais Président…

Gouverner un pays comme on fait frire de petits poissons
– Et il n’y a pas que les gens des médias qui me tapent sur le système

“Toutefois je vous assure” …. etc


Hier au Luxembourg, je relisais des textes de Nikos Kazantzaki qui me bouleversent toujours tellement ils sont beaux… Et je suis tombé sur un passage où, à la fin des années 1920, il visite la Russie communiste en compagnie de Panaït Istrati : Kiev, Leningrad, Vladivostok… et il donne sa recette pour déjouer la propagande des autorités.

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Il y a des textes que je trouve renversants

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Dans sa magnifique Lettre du Greco, Nikos Kazantzaki écrit :

“Quand mon pèlerinage fut achevé, je suis resté quelques jours à Boukhara pour me reposer, j’ai senti, après tant de gel inhumain en Sibérie, le soleil bien-aimé tomber sur moi et réchauffer mes os et mon âme. J’étais arrivé un peu avant midi, il faisait très chaud mais on avait arrosé les rues, et l’air sentait le jasmin. Des musulmans, portant des turbans multicolores, étaient assis sous des tonnelles de chaume et sirotaient des sorbets rafraîchissants. Des enfants joufflus, la poitrine découverte,trônant sur des hauts escabeaux, dans les cafés, chantaient de passifs amanés orientaux. J’ai acheté un melon, je me suis assis à l’ombre de la célèbre mosquée de Kok-Kouba, j’ai posé le melon sur mes genoux; j’avais très faim et très soif, je l’ai coupé, tranche par tranche, et je me suis mis à manger; son parfum, sa douceur, arrivaient jusqu’à la moelle de mes os. J’étais comme une rose de Jéricho fanée; je m’étais plongé dans la fraîcheur du melon, j’avais ressuscité. Une fillette est passée, qui devait avoir sept ans; son dos était couvert d’une foule de tresses minuscules et à chaque tresse pendait un coquillage ou une pierre bleue, ou un croissant de bronze pour chasser le mauvais oeil; et tandis qu’elle passait devant moi ses hanches se balançaient comme celles d’une femme adulte et l’air a embaumé le musc. A midi le muezzin est monté sur le minaret qui me faisait face; il avait une barbe toute blanche, un turban vert; il a posé la paume de ses mains sur ses oreilles et s’est mis, en regardant le ciel, à appeler les fidèles à la prière; et tandis qu’il criait, une cigogne a plané dans l’air embrasé et est venue se poser, sur un pied, au sommet du minaret. J’ouvrais les oreilles et j’écoutais, ouvrais les yeux et regardait. Je savourais le fruit très doux et parfumé, j’étais heureux. J’ai fermé les yeux; mais j’ai craint de tomber dans le sommeil et de perdre tout ce bonheur, je les ai rouvert…(…)

Moi, que voulez vous, des textes comme ça, ça me renverse !

Toutefois, je vous assure que…
Parfumer les ragoûts à la Légion d’honneur
L’escargot archange

“Ma tête était une mappemonde et un canari assis sur le sommet de ma tête chantait !”

“Je devais avoir quatre ans lorsque, un jour de Nouvel An, mon père m’offrit un canari et une mappemonde comme cadeau de bonne année. Après avoir soigneusement refermé les portes et les fenêtres de ma chambre à coucher, j’ouvrais grand la cage et laissais le canari voler librement… Il avait pris l’habitude de s’asseoir au sommet du globe et chantait pendant des heures et des heures pendant que je l’écoutais en retenant mon souffle… Je pense que cet événement extrêmement simple a influencé ma vie bien davantage que tous les livres et tous les gens que j’ai été amené à rencontrer ultérieurement. Parcourant inlassablement le monde pendant des années, accueillant tout et renonçant à tout, j’ai senti que ma tête était une mappemonde et qu’un canari était perché au sommet de ma pensée et chantait”.
Nikos Kazantzaki

Un texte de Kazantzaki que je trouve renversant de beauté
Toutefois, je vous assure que…
Parfumer les ragoûts à la Légion d’honneur
L’escargot archange

Le canari de Milosz s’est envolé !

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