La com’ du Gouvernement c’est comme les toiles de Roman Opalka… En beaucoup moins bien.

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Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais la com’ Gouvernementale est devenue totalement blanche. Un peu comme les toiles de Roman Opalka : de plus en plus “blanc sur blanc”. Les mois passent et c’est de plus en plus incolore, plus rien ne s’imprime, on ne distingue plus rien, c’est devenu totalement illisible.

Roman Opalka est connu pour sa série de toiles “1965/1 à infini” sur lesquelles il peignait des chiffres en ordre croissant pour signifier la trace irréversible du temps. Parti avec le “1” en 1965, il arrive en 1972 au nombre «1 000 000» et décide alors de réduire sa palette au seuls noir et blanc. Continue reading

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En grand ici
© Marcin Ryczek

Un repère pour les anges…


En passant devant les grilles du Luxembourg, je suis tombé en arrêt devant cette magnifique photo de la tour Eiffel dans les nuages… Ma photo de la photo est nulle mais celle qui est présentée sur les grilles est superbe : donc toutes mes plus vives excuses à Elodie Grégoire. Et un grand merci pour cette image que je trouve très inspirante et qui est presque un autoportrait (être un repère désespéré pour les anges avant de couler et de disparaitre complètement dans les nuages, je connais bien !)

Peut-être qu’ils n’ont carrément plus d’idées ?
Parfois je peux être bon public avec la tour Eiffel

Ce week end je ne serai pas seul !

C’est marrant mais je n’y avais même pas pensé ! Et donc ce week end, plus de problème de solitude, je me fais une bonne partie d’échecs…

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© René Maltete

Encore une petite merveille en noir et blanc

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Grâce à Lydie et Enes qui me l’ont fait découvrir, je viens de voir le véritable petit bijou que sont Les derniers jours d’Emmanuel Kant de Philippe Collin. Comme toujours, je découvre tout très tardivement puisque le film date de 1993, et peut-être le connaissez vous déjà, auquel cas je passe pour un âne mais ce n’est pas grave. C’est un petit chef d’oeuvre d’intelligence : profond, drôle et léger comme fumée… 70 minutes de pur bonheur en noir et blanc sur les derniers jours de l’auteur de La Métaphysique des moeurs a Koenigsberg en 1804. Petits récit en tableaux magnifiques du vieux philosophe vieillissant mais à l’esprit encore vif, alerte, curieux de tout, de vie, de nature et d’amitiés. Adaptation étincelante du texte de Thomas de Quincey (dont j’ai découvert l’existence par la même occasion), le film retrace l’emploi du temps que Kant répète chaque jour jusqu’à ce que la vieillesse en trouble les promenades, les gestes et l’harmonie minutieuse … Mais ce que je peux vous dire n’a strictement aucun intérêt : c’est le film qui est beau et une petite perfection. On ne le raconte pas ; on le regarde ; émerveillé. Bravo à Philippe Collin qui force l’admiration. Et merci à Lydie et Enes qui sont des passeurs merveilleux.                          

Réalisation : Philippe Collin (1993). Avec: Roland Amstutz, David Warrilow, André Wilms. Les Films du Paradoxe. (à la FNAC)

Les derniers jours d’Emmanuel Kant, Thomas de Quincey traduit par Marcel Schwob (Wikipedia)

Un récit multimédia comme je les aime

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Vous faites un montage avec de magnifiques photos en noir et blanc, vous ajoutez une voix sublime, vous rythmez habilement avec un musique à tomber à la renverse et vous obtenez ce que je viens de voir, que je trouve renversant de simplicité et de beauté. Et que les gens ne font malheureusement plus, parce qu’ils pensent qu’il faut que ce soit compliqué, technologique, plein d’abus de transitions dans Final Cut Pro, plein de filtres et d’effets prétentieux dans AfterEffects… Là, rien de tout ça. Et c’est carrément beau !

Le procès de Conrad Black (Photographe : Lucas Oleniuk – Journaliste, script et voix: Jennifer Well). Edité par le Toronto Star de Chicago sur son site. Bravo !

Zut, ils l’ont retiré. Mais on le trouve encore sur YouTube. Ici.

Zut ils l’ont encore retiré mais je l’ai retrouvé ici 

– Si Le Monde ou Libé nous faisaient des trucs comme ça, ce serait bien. Mais on ne serait plus en France :-(

Oui, je sais… archi connu ! et alors ?

Je sais qu’on l’a vue partout mais la carte postale était sur un tourniquet du coin de la rue et je l’ai achetée pour occuper Maman qui passe maintenant des heures à la regarder et à la lire comme une histoire : la femme à l’enfant, le cordonnier, l’ouvrier de la ville qui répare les feux, le cheval, l’ombre de l’arbre ; c’est un vrai film cette photo et, avec Alzheimer, ça fait plein de choses à regarder et à raconter. Toutes ces vies simultanées (dont une seule – rien que le haut avec le cheval, ou rien que le bas avec la femme – aurait suffit à faire une photo inoubliable). Vies comme suspendues (la femme n’a pas encore posé le pied par terre …) et saisies en instantané au moment précis où il appuyait sur le déclencheur. On entend même l’écho des sabots sur les pavés… Trois secondes plus tard, il n’y avait plus rien… le cheval était passé, la femme avait tourné le coin… Immense !


© Willy Ronis évidemment – Belleville, Ménilmontant.
(Oui, je sais, les noirs et les blancs sont affligeants mais parce que c’est pris avec mon appareil numérique à partir d’une carte sépia mal reproduite. Désolé).

PS1 : C’est fou ce qu’on a perdu en voyant tout en couleur maintenant. Je vais me remettre à regarder en noir et blanc : comme mes nuits sont déjà blanches et que mes jours sont déjà noirs, je suis déjà presque un vieux Leica !

PS2 : Pour dire que je n’aime pas trop qu’on dise “oui, mais bon, c’est archi connu…” d’un air méprisant. Genre : “la Joconde c’est archi connu”.
Où est le problème
? C’est vraiment gênant que ce soit archi connu ? Plus ça va, et plus j’aime les chose archi connues justement ! Je crois même qu’un jour je vais en faire la liste. Genre catalogue exhaustif de la Création, depuis les premiers jours de la Genèse. ça va être long et je sens que ça va m’occuper un moment. Les coccinelles c’est archi connu, et les cerisiers en fleurs, et la Messen si mineur de Bach, et la lumière dorée des petits matins d’automne, et les moineaux du luxembourg… Archi connu ? Il n’y aurait pas de quoi s’étonner ? Vraiment ? Moi tout m’étonne !

La vie au 1/125e de seconde

errances.jpg Jamie me donne Errance de Raymond Depardon : bonheur du noir et blanc.
“Les photographes, écrit RD sont dans l’insatisfaction. Même si on fait 500 photos dans une journée, ça ne représente que 500 fois 1/125e de seconde, et ça ne fera peut-être au total que 2 secondes”.
C’est marrant, je n’aurais jamais
pensé à faire ce calcul et à mesurer la vie comme ça. Deux secondes et hop l’oeuvre est dans la boite ! (si je prends ma calculette j’obtiens d’ailleurs plutôt 4 secondes pour 500 photos, mais bon, je ne vais tout de même pas chipoter : quand je vois ce que Raymond Depardon a fait en 4 secondes et moi en plusieurs décennies… je me dis que je n’ai pas du lire le bon mode d’emploi !

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