Les pommes de terre d’alzheimer

Le problème avec alzheimer, c’est qu’il est de plus en plus difficile d’occuper la personne dont on s’occupe… Et donc tout est bon, y compris peler des pommes de terre : j’en achète donc des montagnes, et Maman les pèle pendant que je travaille.

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Quand je reviens, non seulement elles sont pelées (épluchures normales) mais Maman a continué à peler (deuxième couche d’épluchures) et si je n’interviens pas à temps, elle pèle encore une troisième fois jusqu’à ce qu’il ne reste plus, à côté une montagne d’épluchures, que quelques petits dés d’un vestige de pommes de terre. Avant j’essayais d’intervenir, d’expliquer, d’empêcher… Maintenant je ne cherche même plus à comprendre : j’achète encore plus de pommes de terre, des montagnes de pommes de terre, des Golgothas de pommes de terres… L’inconvenient c’est évidemment qu’il faut bien les manger ces foutues patates et que je deviens carrément obèse. C’est aussi ça alzheimer. Le reste je n’ose même pas le dire ici tellement c’est triste. Heureusement de Frank et Marielle sont là pour me donner, de temps en temps, quelques heures de leur temps… Sinon je serais déjà devenu un Sumo !

Les mensonges (sur Alzheimer) par omission

Je deviens carrément obèse !

rene2.jpgA déjeuner, René (ci-contre) me dit : “il faut manger le matin comme un Roi ; à midi comme un Prince et le soir comme un mendiant”. Parfait, mais il commence royalement par m’offrir des huîtres, ensuite des tartares etc… Bref le Prince a été couronné Roi très vite et comme le soir maman n’avait pas prévu que je dîne comme un mendiant, j’ai du prendre vingt kilos dans la journée. Mais cela m’a fait plaisir, merci René ! Bon, l’information n’est pas intéressante et ne relève sans doute pas d’un blog de haut niveau mais c’est comme ça: je mange beaucoup trop. Quand je suis tendu, je mange pour me calmer les nerfs. Et quand je suis calmé je mange encore plus mais j’ai moins de scrupules. Bref, je mange tout le temps pour ne pas trop déprimer; c’est ma façon de calmer l’angoisse existentielle en ce moment. En allemand c’est d’ailleurs le même son qui exprime d’un homme qu’il mange et qu’il existe : er is(s)t. Comme si en anglais on disait : to be(eat) or not to be.

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