On me cache tout, on ne me dit rien !

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Bon, que les chiffres aient une ombre, je m’en doutais un petit peu. Mais qu’il n’y ait pas toutes les lettres dans l’alphabet italien, ça me tue ! J’imagine que je me couvre de ridicule en l’avouant, mais je ne savais pas qu’il n’y avait ni d’X ni d’Y ni même de J,X,K et W dans l’alphabet italien ! C’est en écoutant Sandro Veronesi cet après-midi que je l’ai appris. Bon, je n’insiste pas davantage sur ma nullité… Continue reading

L’ombre des zèbres est-elle rayée aussi ?

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Oui, oui, je sais, il fait chaud et je fatigue. Mais en traversant la rue d’Assas tout à l’heure je me suis demandé si l’ombre des zèbres aussi était hachurée ? Sûrement j’imagine… (Sainte-Anne n’est pas loin…)

Autres zèbres :
J’aime bien ce code barre…
ça c’est du maquillage

Le poids des pensées…

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Pour me calmer les nerfs, j’ai recherché un passage de la Divine Comédie où Dante et Virgile montent l’un après l’autre dans la barque de Phlégyas, le nocher du Styx. Je l’ai retrouvé : c’est dans l’Enfer au au Huitième chant.

Ce que j’aime bien c’est que, pour expliquer que l’ombre de Virgile mort ne pèse plus d’aucun poids – alors que le corps de Dante appartient encore à la pesanteur du monde des vivants – d’autres écrivains auraient utilisé des comparaisons laborieuses ; Dante nous dit juste que Virgile entre dans la barque mais que ce n’est qu’au moment où lui-même entre dans la barque qu’elle s’enfonce dans l’eau (“e sol quand’io fui dentro parve carca”) :

“Mon guide, cependant, descendit dans la barque,
Puis il m’y fit entrer derrière lui ;
Quand j’y fus seulement, elle parut chargée”.

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Les moineaux ont disparus

Le soleil est revenu. La cabane est toujours là. Mais les moineaux n’y sont plus. Sans doute tués par toutes ces merdes de désherbants dans le jardin. Perte immense et cruelle alors que les politiciens pullulent. Si les moineaux sont au Paradis, j’irai bientôt les retrouver.

L’ombre, un instant, le temps d’un court rayon de soleil


Tout à l’heure, dans le vent frais, la lumière jouait avec l’ombre des feuilles de l’arbre sur la petite maison que j’aime bien… Au bout de l’avenue, ils vendaient du muguet et moi je regardais cette ombre en mouvement sur la pierre : aucun musée n’arrivera jamais à me procurer autant de joie intérieure que la beauté de la lumière qui tombe sur le monde…
Chaque fois j’entends intérieurement la phrase de la Bible où, aux premiers jours de la Genèse, il est dit : Il y eut un soir, puis il eut un matin… Et Dieu vit que c’était bon.


Quelques ombres…
L’arbre aussi fait du tai-chi
Feather of a raven
Ombres et briques
Ombres superposées…
Si c’est mon ombre qui décide…
Si c’est mon ombre qui décide maintenant…
L’ombre du bel arbre de Willy Ronis


Quelques autres arbres…
L’arbre parle. Approche, tu l’entends ?
J’aime bien cet honneur fait à l’arbre
Voir des poissons dans les arbres, ça me rassure en fait !
Comme quoi, quand ils veulent ils peuvent
Et le petit rameau cria : “pourquoi me mutiles-tu ?”
Le vieil arbre du Luxembourg en soins palliatifs
Arbres et arbres peints

L’arbre aussi fait du tai-chi

chinois-taichi.jpg

Le vieux chinois fait du tai chi.
Son ombre fait du tai chi.
L’ombre de l’arbre fait du tai chi.
L’arbre fait donc aussi du tai chi …

J’aime beaucoup cette photo que j’avais trouvée à l’époque dans Le Monde. Je ne sais plus quand et donc je ne peux pas mettre le crédit photo… Que l’auteur (que j’admire beaucoup) ne m’en veuille pas. C’est trop beau :-)


Ci-dessous, quelques ombres, et quelques arbres…
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“Et l’ombre recula de dix degrés”…

ombre2.jpg Maman parle de moins en moins à cause d’alzheimer mais on continue à se ballader main dans la main sous les platanes de l’avenue. En rentrant, j’écoute l’Historia di Ezechia de Giaccomo Carissimi (1605-1674), tirée du livre d’Isaïe (ch. 38). Le prophète vient annoncer sa mort prochaine au roi Ezechias qui implore Dieu pour obtenir sa guérison ; ce qui lui est promis par la bouche d’Isaïe. Le roi sollicite alors un signe de Dieu qui lui accorde un prodige, témoin de sa toute puissance : l’ombre projetée sur la cadran solaire du palais recula de dix marches sur celles qu’il venait de descendre, comme si le temps remontait en arrière… Moi aussi j’aimerais bien que le temps remonte de quelques marches !

Ésaïe 38
4 – Puis la parole de l’Éternel fut adressée à Ésaïe, en ces mots:
5 – Va, et dis à Ézéchias: Ainsi parle l’Éternel, le Dieu de David, ton père: J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, j’ajouterai à tes jours quinze années.
6 – Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d’Assyrie; je protégerai cette ville.
7 – Et voici, de la part de l’Éternel, le signe auquel tu connaîtras que l’Éternel accomplira la parole qu’il a prononcée.
8 – Je ferai reculer de dix degrés en arrière avec le soleil l’ombre des degrés qui est descendue sur les degrés d’Achaz. Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés où il était descendu.

Si c’est mon ombre qui décide maintenant, où est qu’on va


Aujourd’hui, je me suis rendu compte d’un truc plutôt bizarre : ce matin mon ombre était dans mon dos, genre plutôt discrête, enfin pas emmerdante. Mais cet après-midi, elle était passée devant et je me traînais carrément derrière elle. En fait j’ai eu de la peine à la suivre. Je me suis donc arrêté, ai regardé mes pieds et j’ai vu le moment où elle allait me dire : “alors tu te grouilles ou quoi ?”. C’était la première fois que je sentais que je me traînais derrière elle et que je la suivais comme si elle était une autre personne.
Peut-être je n’avais pas vraiment envie d’aller là où allait mon ombre ? Possible. Faudra qu’on en parle tous les deux un de ces jours : si c’est elle qui décide maintenant, où est ce qu’on va ? Semblerait que ce soit l’ombre d’alzheimer qui rôde dans ma tête…


Quelques ombres…
L’arbre aussi fait du tai-chi
Feather of a raven
Ombres et briques
Ombres superposées…
Si c’est mon ombre qui décide…
L’ombre, un instant, le temps d’un court rayon de soleil
Et l’ombre recula de 1I dergrés

Le souci de discrétion existentielle poussé à l’extrême…

vaneyckpommesrilke.jpg

A propos de ma réflexion d’avant-hier sur mon voisin de volet, une amie me dit que je pousse un peu loin la tentation de disparition. Je ne le voyais pas comme ça mais comme un immense besoin de me reposer un peu ! Mais bon, cela me fait penser à ce texte où Rainer maria Rilke pousse lui l’ambition existentielle jusqu’à n’être même pas une petite pomme, mais l’ombre imperceptible de cette petite pomme ! Voici ce qu’il écrit :

(…)” Je m’absorbais dans la contemplation de la planche étalée sous mes yeux. C’était la Vierge de Lucques de Jean Van Eyck, la gracieuse Vierge au manteau rouge tendant à l’enfant assis, très droit, et qui téte avec gravité le sein le plus charmant.

Et tout à coup je désirais, je désirais, oh ! désirais de toute la ferveur dont mon cœur a jamais été capable, désirais d’être – non pas l’une des petites pommes du tableau, non pas l’une de ces pommes peintes sur la tablette peinte de la fenêtre – même cela me semblait trop de destin… Non :

devenir la douce, l’infime, l’imperceptible ombre de l’une de ces pommes

Tel fût le désir en lequel tout mon être se rassembla. Et comme si un exaucement était possible, ou comme si ce souhait à lui seul accordait à l’esprit une pénétration miraculeusement sûre, des larmes de reconnaissance me vinrent aux yeux” (…)

Madonne de Lucques, Jan van Eyck. (détail), 1436. Huile sur bois. Stedelsches Kunstintitut, Frankfurt am Main.

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Autres disparitions…
Disparitions des boites aux lettres…
The Alphabet Fades Away
La disparition de l’écureuil
Disparition du peintre
Disparition des abeilles

Black monday

cailloux.jpgIl y a des jours à marquer d’une pierre noire. Cet après-midi en tout cas. La maladie qui progresse chez les personnes qu’on aime peut rendre littéralement cinglé. Ne rien pouvoir faire, sentir les choses se défaire et la personne s’en aller doucement me rend carrément malade. Je n’arrive plus à rien tellement ça me déprime. Ce soir pourtant j’étais à un concert à Saint-Séverin pour écouter Gérard Lesne et je n’ai strictement rien entendu tellement ma tête était ailleurs. Il a chanté le magnifique Omba mai fu de G.F. Haendel… Voilà c’est dit. Je regarde cette pierre noire et me dis que, comme ça, avec son ombre, elle parait un peu plus légère qu’elle n’est en réalité. Tiens, demain matin s’il y a du soleil, je regarderai mon ombre pour voir si je parais plus léger que je ne suis. On peut toujours rêver…

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