Ils me pompent avec leur histoire de verre à moitié plein…

Vous savez quoi ? J’en ai un peu marre d’entendre leurs rengaines sur les “optimistes” contre les “pessimistes” (vous savez le truc où EUX sont optimistes et, manque de bol, c’est toujours VOUS, le grincheux, qui êtes pessimiste). Donc j’essaye de leur expliquer, avec une image, c’est plus facile pour les enfants et les idéologues …

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• Vous voyez le verre de gauche ? Bon, il est à rempli à moité. Donc en bon progressiste, vous dites “moitié plein”. ! Youpi, super cool, vous êtes du bon côté du Progrès : 20 sur 20 en langue de bois et en conformisme. Vous pouvez déposer votre candidature pour le poste de prochain Porte-parole du Gouvernement ou d’un grand parti politique ;-)

• Vous voyez le verre de droite ? Pouah, le verre est à moitié vide ! Vous êtes négatif. C’est horrible d’être aussi perssimiste et de voir les choses de façon aussi sombres. Vous êtes tellement négatif que ça leur rappelle les HLPSNH – (mais si vous savez bien : les heures les plus sombres de notre histoire)…

Pour vous dire la vérité, je me contre tape totalement que les deux verres soient à moitié-vides ou à moitié-pleins. Car cela n’a strictement aucune importance ! Ce qui est important c’est de savoir si le verre se remplit ou s’il se vide ! Ce n’est pas une question d’état mais une question de flux !

Si le verre se vide, on dit qu’il est à moitié vide. S’il se remplit on dit qu’il est à moitié plein. C’est aussi bête que ça et donc ça n’a rien à voir avec votre psychologie (“optimiste” versus “pessimiste”) comme ils essayent de vous le faire croire pour vous donner mauvaise conscience (naturellement, vous l’avez compris, eux sont toujours résolument optimistes et c’est d’ailleurs pour ça qu’ils klaxonnent quand ils foncent dans le mur. L’optimiste adepte du progrès est toujours joyeux).

Autre exemple : une baignoire est à moitié pleine, et comme vous voyez qu’ils ont oublié de fermer le robinet en partant en week-end, vous pressentez qu’elle va déborder. Et donc donc vous allez chercher des cuvettes et des serpillières. Donc vous êtes un sale pessimiste !

Autre exemple : vous voyez que les chômeurs continuent à remplir le Pôle Emploi et vous êtes à juste titre pessimiste. Si les entreprises embauchaient et vidaient le Pôle emploi vous seriez optimiste. Forcément parce que c’est une question de flux et pas d’état.

Et donc, quand je vois l’évolution de la dette publique, l’évolution des impôts et des taxes et l’évolution du chômage, je ne dis pas “le verre est à moitié plein”, je dis : sauve qui peut, ils sont carrément fous et ça va mal se terminer.

Est ce que moi y en avoir été clair ? :-)

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Attention à la méthode coué
Attention aux mensonges
Attention au syndrome de “l’objectif”
Attention aux promesses
Attention la crédulité
Attention aux hommes politiques qui sont des Shadoks
Attention au conformisme et à la servilité
Attention si le capitaine du Titanic est optimiste
Attention : les hommes politiques n’aiment pas la critique
Attention à la déception
Attention à la résignation

Marre de dire que le capitaine du Titanic était “positif”. C’était un crétin !

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Cette histoire d’être “positif” ou “négatif” est ridicule et exaspérante. Il faut savoir si on a la main sur les situations ou pas.

Quand c’est juste une question de “psychologie”, je préfère évidemment vivre avec des optimistes !

Le temps, par exemple. S’il pleut en Bretagne, on ne peut évidemment pas y faire grand chose. Le pessimiste qui dira : “merde, y en a marre, on rentre à Paris” est idiot et gâchera tout le séjour. L’optimiste qui dira : “allez, on va manger des huîtres et quand on en sera au café le soleil sera revenu !” a bien raison et je pense comme lui !

Il y a aussi les exercices mentaux où il est bon de s’exercer à “penser positif” pour se mettre en condition psychique de réussir : par exemple Virginie qui joue au tennis me dit qu’elle pense mentalement “je vais mettre la balle dans le carré” quand elle lève sa raquette pour le service. Et elle accompagne même cette attitude “positive” d’un “oui…” retentissant au moment où elle frappe la balle pour être sûre que ça marche encore mieux ! C’est un bon exercice mental et ça aide à gagner : le négatif qui dirait “je ne vais jamais y arriver” n’y arriverait effectivement jamais. Et il casserait l’optimisme des autres, donc nul.

Bon, tout ça c’est évident — c’est de la basse psychologie — et on ne va pas perdre plus de temps avec ça. Ça n’a rien à voir avec certaines critiques que je fais au bureau et où je me fais accuser de ne pas être positif. Ou celles qu’on fait au Gouvernement et où il nous accuse de ne pas partager son “optimisme” !

Je ne critique pas parce que je suis négatif. Mais parce que leur truc est tordu !

Ce qui me fait enrager, c’est que je ne critique pas parce que je serais congénitalement ronchon, foncièrement grognon ou délibérément négatif. Mais parce qu’il y a un truc tordu qu’il faudrait absolument corriger très en amont des projets, un problème de méthode, ou d’organisation, ou de bon sens, quelque chose dans la structure de construction qui fait que si on ne critique pas (sous prétexte d’être impérativement positif), le truc ne marchera jamais à l’arrivée. Ou nous fera perdre énormément de temps à faire, défaire, refaire…

Ce n’est pas une question de psychologie. C’est un problème de fond et de méthode !

Ce n’est pas une question de psychologie. Le problème n’est évidemment pas de savoir si, psychologiquement, vous voyez la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. C’est un problème de fond et de méthode qui ne peut pas être résolu si on doit absolument dire que c’est bien quand c’est mal barré. Prenez un architecte qui vous proposerait un plan sur lequel il mettrait le garage au premier étage et la cuisine à la cave. Vous le critiqueriez et il vous répondrait : “mais arrêtez de critiquer, soyez donc positif” …. Vous ne laisseriez pas construire la maison comme ça sans réagir sous prétexte qu’il faut absolument être positif ou en extase devant des plans mal foutus ?

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L’image ci-dessus représente très bien les circonstances dans lesquelles, au bureau, j’ose émettre une petite critique sur les plans et la méthode. Et où on me vole dans les plumes en me disant “mais ne sois donc pas négatif Eric, fais comme nous : sois positif !” ! Devant un truc aussi mal conçu, comment ne pas émettre une légère critique sur la méthode de construction ? Mais si je critique, on me dit que je ne suis pas “positif” et on me jette dans les orties comme si j’avais une pathologie qui me faisait tout voir de façon négative ! Singulier non ?

Quand c’est bien conçu ça se voit. Et je suis le premier à applaudir !

Quand les choses tournent bien comme des fugues de Bach, je ne critique pas. Quand les gens de la NASA arrivent – par des tours de force d’organisation et de logique – à envoyer des sondes dans le système solaire, je ne critique pas. Mais quand le Titanic fonce sur un iceberg et qu’on me dit qu’il faut que je sois “positif”, là, c’est vrai, j’ai du mal à me retenir ! Il devait y avoir également autour du capitaine des gens qui critiquaient la direction. Et on a du leur répondre : “mais ne soyez donc pas négatifs ! Soyez positifs” ! [arrrghhh].

Ceci était évidemment un petit post-scriptum au post précédent :-)
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Titanic !
Vous avez dit Titanic ?
Ils me pompent avec leur histoire de verre à moitié plein


Autres aspects de la vie au bureau…
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