Une joie qui a explosé un jour comme une étoile intérieure…

etoiles_jaccottet.jpg

Encore un texte magnifique de Philippe Jaccottet que je trouve ce soir :

Je pense quelquefois que si j’écris encore, c’est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d’une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. (…)

Continue reading

Une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel…

ciel.jpg
Je suis en train de lire ce poème de Philippe Jaccottet…

Tout à la fin de l’hiver
il y a ceci encore de fidèle
autant que les premières fleurs :

une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel,
une espèce de bannière
(la seule sous laquelle on accepterait de s’enrôler),

une espèce de fraîche étoffe qui se déplierait
au plus haut, comment dire ?
indubitable ! bien qu’invisible dans le bleu du ciel,
aussi sûre que chose au monde que l’on touche.

Je ne sais pas, je ne sais pas quoi dire
sinon que cela semble, un soir, se déplier très haut,

Continue reading

Je dois avoir l’âme Suisse…

swissarmyknife4
.
Un commentaire d’Eudes sur un de mes derniers posts (“ Mesurer sa vie en matins“) me fait penser que je dois avoir l’âme suisse.

Je n’aime pas seulement C.F. Ramuz mais aussi Gustave Roud. Nicolas Bouvier et Ella Maillart. Et Blaise Cendrars et Charles-Albert Cingria. Et Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet. Et Jean-Luc Godard (mais pas Le Corbusier). Et René Groebli, et Max Miedinger et Eduard Hoffmann et Maria Stader…

En fait, comme sur le couteau de l’armée suisse, je trouve en suisse tout ce que j’aime et dont j’ai besoin : tous ces écrivains évidemment, tous ces inventeurs (de typos que j’utilise tout le temps en particulier) mais aussi de l’air pur, des cîmes enneigées, des lacs de montagne, des alpages où tintent les sonnailles, des gentianes fraîches et bleues, des mazots noirs, des trolles* jaunes, des alpenhorns, des jodel, des fondues valaisanes, le Rans des vaches, la fête des vignerons, des petits villages vivant au ralenti. Du chocolat, beaucoup de chocolat. Et des vaches, beaucoup de vaches.

A l’ombre du Mechthal, à l’ombre du Mont-Rose,
Le Suisse trait sa vache, et vit paisiblement”

Victor Hugo

* le trolle dont je parle n’est pas la créature de la mythologie nordique mais une sorte de gros bouton d’or qui pousse dans les Alpes entre mai et juillet. Je ne sais pas pourquoi je les ai toujours bien aimés… Peut-être parce qu’ils poussent dans les alpages, tout là-haut où l’air est encore pur et où le crétinisme des vallées ne monte pas. Ceci est un troll :
Continue reading

Le manque de cuirasse mentale…

armure.jpg

Dans leurs batailles, les hommes d’autrefois portaient des cuirasses ; pas nous (on n’en supporterait même plus le poids). Il y avait aussi pour leur esprit une armure de pensées ; de surcroît, dès l’enfance, on les avait, judicieusement, aguerris. Notre cuirasse n’a plus que des défauts par lesquels tous les coups portent ; et nos pensées se retourneraient plutôt contre nous comme autant de flèches ou d’épieux.

Je lisais ce texte de Philippe Jaccotet cet après midi… Manque de cuirasse mentale, en effet… Et il faut pourtant se battre et ne pas y laisser sa peau. Contre Alzheimer… Et le reste… les dragons, le mal

%d bloggers like this: