Retour de séminaire en chien de berger !

berger_echasses.jpg Au bureau (mais pas seulement), c’est comme partout, il faut des bergers qui conduisent le troupeau. Je prends cette image des moutons, mais n’y voyez là aucun mépris : d’abord je les adore, ensuite j’en suis un, et enfin je dirais exactement la même chose pour des soldats de troupe s’il n’y avait pas de généraux, des abeilles sans reine, des ouvriers sans contre-maîtres ou des ministres sans premier ministre… S’il n’y a pas de chef d’orchestre ayant une vision claire de l’oeuvre et de son interprétation, les musiciens ne sont pas dirigés et la musique tourne carrément à l’eau de boudin. S’il n’y a pas de berger, les moutons se dispersent, chacun allant brouter là où ça lui convient le mieux… On peut naturellement interroger chaque petit groupe de moutons pour savoir dans quel sens ils préférerait aller, c’est sympathique, je ne dis pas, mais le troupeau n’existe plus et généralement l’absence de berger tourne mal pour les pauvres brebis ! En musique en tout cas, ou dans les entreprises, impossible d’avoir un projet cohérent s’il n’y a pas de ligne directrice clairement énoncée. Il peut d’ailleurs y avoir plusieurs sortes de bergers. Ceux qui guident et ceux qui, montés sur leurs échasses, observent de loin où sont les moutons qui divaguent… Le système en fait repose donc sur les chiens de bergers qui peuvent remettre les égarés dans la boucle et reformer inlassablement le troupeau. Si le berger qui est sur ses échasses n’a pas de chiens de bergers, il est quasiment impuissant : il voit que les moutons se dispersent mais ce n’est pas suffisant (regardez l’image : courir aux quatre coins du troupeau avec de telles échasses, ce n’est pas facile !). Oui, je sais, vous allez encore me dire que je suis autoritaire. Pas grave : je préfère un troupeau guidé qui rentre à la bergerie sain et sauf plutôt qu’un troupeau qui se disperse et se paume dans la nature parce qu’il ne sait pas bien où il va. A mon bureau ils disent que j’aboie tout le temps. Tiens c’est vrai ça : peut-être je suis déjà un chien de berger ? Va falloir que je regarde dans le Zagat où est le restaurant de canigou le plus proche : je me ferais bien un bon os de gigot à midi !

Autres aspects de la vie au bureau…
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Mode d’emploi pour désamorcer les critiques

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A mon bureau (mais pas seulement) j’ai eu l’occasion de réfléchir ces derniers temps à la question du désamorçage de la critique. Donc voici, en avant-première mondiale, ce qu’il faut faire en cas de problème quand vous avez un projet planté et que vous ne voulez surtout pas qu’on vous critique.
Phase 1 : vous prenez d’abord un air décontracté (pour vous, le problème n’est pas un problème, c’est juste un sujet.) et vous refusez de reconnaître la prétendue gravité de la situation en changeant les mots qui la qualifient. Par exemple si le truc est planté et ne bouge plus, vous dites qu’il est en pleine phase de “redéploiement” ou de “montée en régime”… N’importe quoi mais qui désamorcera les premières critiques sémantiques. Vous savez, le genre “c’est à moitié plein et pas à moitié vide” (ça marche encore). Ne sous-estimez pas l’importance de cette phase 1 qui évite la dispersion des premières rumeurs malveillantes (et d’ailleurs ne dites surtout pas que le truc est planté : il est évidemment “en phase active de déploiement”.
Phase 2 : vous brandissez des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Vous lâchez un peu de lest sur le fait que votre truc met certes du temps à démarrer mais vous donnez aussitôt trois coups de massue en disant (a) Que de tout temps les choses ont pris du temps, donc pas d’affolement, on est seulement dans la première phase d’un processus (insistez bien sur le mot “processus” qui vous donnera un peu de mou sur la durée)… (b) Que c’est bien pire ailleurs (vous trouverez bien un exemple avec des gens nuls dans une autre boite, une autre administration ou un autre pays. Et vous conclurez en disant: “mon pauvre ami, tu ne critiquerais pas autant si tu voyais ce qui se passe ailleurs …” (sous-entendu: à côté d’eux on est des génies). (c) Et enfin vous annoncez qu’on a déjà bien avancé (et que donc ce n’est pas le moment de critiquer puisque ça va bientôt (re)démarrer). D’ailleurs si j’étais vous je n’utiliserais pas le verbe “démarrer” parce que les gens voient tout de même assez vite si ça démarre ou non. Utilisez de préférence le verbe “redéployer”. ça fait aussi bien et les gens ne voient pas de quoi vous parlez. Ouf, fin de l’étape 2 (accrochez-vous car j’en ai 9 comme ça !).
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