L’homme est peut-être fondamentalement mauvais ?

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J’enrage et je suis heureux à la fois… J’enrage parce que j’ai égaré l’URL du site où ils annonçaient qu’ils avaient enfin mis au point un magnifique logiciel 3D de dissection “virtuelle” des grenouilles. Dans des milliers de salles de classes du monde entier, on va enfin pouvoir arrêter le génocide indigne de millions de batraciens en ne leur découpant plus l’estomac qu’avec un scalpel numérique. Bravo la science. Finies les souffrances de ces pauvres petites bêtes sur les paillasses des classes de sciences nat. Pourquoi est ce qu’on m’a forcé à disséquer des grenouilles quand j’étais petit ? Je n’en sais rien et il aurait suffit qu’on me montre des planches détaillées pour que je comprenne. On m’a fait les mêmes planches pour me ballader à l’intérieur de la grande pyramide et on ne m’a jamais donné une truelle pour y aller réellement farfouiller dans le sable. Pareil pour l’atome : les planches ont suffi. Donc pourquoi exiger ce réalisme indigne pour les grenouilles ou les rats ? Dégueulasse. Je ne me fais d’ailleurs pas d’illusion : ce logiciel ne sera sans doute pas acheté par l’Education nationale : les tortionnaires y sont encore trop nombreux et il y a peu de chance qu’ils renoncent à leur activité criminelle et scandaleuse. L’homme est sans doute fondamentalement mauvais et l’hécatombe va sans doute encore continuer. J’espère que les grenouilles – comme les vaches et les abeilles et aussi les platanes – nous le feront payer lors du Jugement Dernier !

Que les scientifiques arrêtent d’emmerder les souris
Que les scientifiques arrêtent d’emmerder les araignées
Que les ministres s’occupent des poules !
Marre des souris transgéniques !

Image : grenouille tirée d’une planche de Gheyn (dont les dessins seront exposés du 27 mars au 4 mai 2008 à l’institut Néerlandais, 121 rue de Lille, 75007. (“Dessins nordiques” des collections Jean Bonna & Frits Lugt).

Beau site de grenouilles
Grenouille alzheimer

“Comment allez-vous” ou “How do you do” ?

Incroyable le nombre de gens qui tous les matins me demandent comment ça va. C’est le grand truc en France. Peuvent pas vous rencontrer sans vous demander comment ça va ; avec un point d’interrogation et une insistance qui en fait une vraie question. Alors qu’il faudrait précisément ne pas le demander mais au contraire le dire comme les anglais le font, très vite, discrètement ; avec juste une formule n’appellant pas de réponse. Moi je leur dit “bonjour” et ne leur demande jamais comment ils vont, parce que je trouve que c’est indiscret et totalement déplacé. Mais bon, c’est comme ça.

Je préfère de loin la formule des anglais : ils vous demandent effectivement How do you do mais ils n’attendent pas de réponse. Vous n’êtes pas supposé répondre mais renvoyer immédiatement, comme un boomerang, un même “how do you do”. L’avantage c’est que les deux demandes s’annulent en plein milieu et que personne n’a le temps de répondre. La classe. Alors qu’en France c’est la poisse : faut répondre. Ils vous laissent même le temps de répondre les vaches !

Bon, tout ça pour dire que ma réponse à la question c’est : “San Sebastian, Andrea Mantégna, c. 1506, Oil on canvas, 213 x 95 cm, Galleria Franchetti, Ca’ d’Oro, Venice”.
Voilà, ma réponse. Et comme ça c’est clair. Moi, si jamais je croisais un jour Saint Sébastian dans la rue ou au bureau, jamais je n’oserais lui demander “comment ça va” !

Mort de fatigue
“Accompagnant Alzheimer”

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