Je me souviens des bonds joyeux que faisait Switchie !

C’est marrant, mais je me suis rappelé cette nuit les bonds joyeux que faisait Switchie quand elle était contente, c’est à dire tout le temps : quand on sortait, quand on rentrait ou quand il y avait du pot au feu ou un gigot ! Nostalgie du bon vieux temps… Et de la joie permanente et ostensible

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La mémoire de certains soirs de Noël …

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Switchie c’était ma petite chienne… morte il y a quatorze ans un soir de Noël. Même avec ma mémoire totalement pulvérisée, le coeur se serre comme si c’était hier… C’est curieux la mémoire… il y a des moments qui ne s’effacent pas ; et d’autres qui sont totalement pulvérisés…

Switchie in memoriam
Disparaitre dans un calendrier de l’Avent

Switchie (in memoriam)

Switchie était ma petite chienne morte un soir de noël…

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24 décembre 1993…

Il y a sur le devant de mon visage
deux petites fenêtres rondes
derrière lesquelles, assis au balcon,
j’ai vu des choses étonnantes.
J’ai vu des oies cendrées s’envoler de la page blanche d’un haïku
et des corneilles tournoyer à la cime des grands platanes,
J’ai vu l’immensité de la voie lactée au-dessus de ma tête
et des coccinnelles se poser sur le bout de mon doigt
J’ai vu la pluie briller sur les vieilles pivoines du jardin
et détaler les petits lapins de la Dame à la Licorne
J’ai vu la neige tomber à gros flocons en hiver
et les pattes des oiseaux dans la neige
et des palais de brique rouge sur des piazzas de toscane
et et des coquelicots dans les champs de blé
et des milliers d’étoiles dans les grands ciels d’été
et la lumière sur la pierre chaude des petites églises romanes
et la couleur du basilic, et celle des carottes
J’ai vu le ciel des matins de printemps
quand il est à l’orient tout rose et bordé de bel azur limpide
J’ai vu le vert tendre des petits pois qu’on écosse
et le jaune d’or du parmezan à Sienne
J’ai vu les petits copeaux de bois qui tombaient de la table de mon luthier
J’ai vu s’ouvrir une à une les petites fenêtres des calendriers de l’Avent
et tomber les marrons en automne
et le vent courber les champs d’avoine
J’ai vu trembler l’épaule des chevaux et leurs grands yeux marrons,
J’ai vu passer des hirondelles
et aussi de très jolies femmes et à chaque fois j’ai pensé que le ciel descendait sur la terre,
J’ai vu sourire ma mère et passer les nuages dans le ciel
J’ai suivi les enseignements de maîtres tibétains
et vu leurs robes pourpres et orangées
et le jaune de l’automne quand les feuilles ont la couleur des dernières sonates de Haydn
J’ai vu des petits personnages dans des lointains des miniatures du XVe siècle
et la brume argentée des petits matins d’hiver
J’ai vu des merles les soirs de printemps
et quelques belles étudiantes sur les chaises du Luxembourg
J’ai vu les lapins d’Albrecht Dürer
et les Annonciations de Fra Angelico
et les abeilles sur les fleurs des champs
et le Dôme de Florence dans la brume des petits matins d’été
J’ai vu la joie des chiens quand on va les promener
et les doux yeux marrons d’un petit griffon
qui s’appelait Switchie
et qui m’a quittée un soir de noël
et puis
… je n’ai plus rien vu.
Les larmes
ont tout brouillé.

Texte provisoire. Commencé en novembre 1996, abandonné depuis et mis là, ce soir …

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“Le Petit Herbier de l’Eveil”

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Ci-dessus, le Tome VII/3 du “Petit Herbier de l’Eveil” datant du XVIe siècle, actuellement la propriété insaisissable des Archives de l’Arche (sous la cote n°7-7-83-24-12-93). Le folio 6, à gauche, représente une espèce de nos jours disparue, qui fleurissait, croit-on, dans une région située à quelques kilomètres après Noël, au nord-est de ré mineur. Le folio 7, à droite, est très certainement la rarissime Ciaconna de la Comète, bien connue des lamas tibétains pour favoriser la méditation et l’éveil. La couleur brun-rouille qui apparaît sur le cliché ne doit pas induire en erreur : à l’aube, lorsque le ciel est à l’orient tout rose et que l’horizon se couvre de bel azur limpide, la Ciaconna apparaît dans toute sa splendeur, pourpre bordée de beaux reflets verts nacrés. L’espèce, également disparue, refleurirait actuellement, dit-on, en Dordogne, au lieu dit Dhagpo Kagyu Ling, au-dessus de Saint-Léon de Vézère.

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