La taille de mon univers…

Eudes est marrant. Il vient de passer une semaine à Montréal pour des conférences et me dit:

“j’espère que la vie va te permettre de voyager car il y a tant de notations intéressantes à faire, à partir de la rue, à New York, comme dans les autres villes nord-américaines, que ton blog exploserait…”.

Ben oui, mon cher Eudes, si je bougeais un peu plus, j’aurais sans doute des choses à raconter ; mais, avec maman et alzheimer, je ne peux pas m’éloigner et j’ai donc la laisse un peu trop courte ! Je fais du surplace et cela ne fait évidemment pas “exploser” un blog forcément de plus en plus indigent et de plus en plus nul. Mais que raconter de sa vie quand, précisément, il ne se passe plus rien et que c’est plutôt la tête qui explose ?

Mon univers a des dimensions extrêmement réduites en ce moment. Je le sais car, avant d’écrire ces lignes, je viens de le mesurer: c’est la distance qu’il y a entre mes deux tempes : 18 cm ! (en fait je n’ai pas calculé exactement, j’ai mis 18 cm au pif mais je crois que ce genre de trucs ça se calcule en cm3… Trop compliqué pour moi ces calculs).


Tout se rétrécit dans ma vie

Tout se rétrécit de plus en plus dans ma vie

Quand j’étais petit, on habitait dans une très grande propriété qui était un vrai paradis. Il y avait des vieux arbres immenses, des hérissons, des montagnes de neige l’hiver, des fleurs partout – surtout une vieille glycine qui sentait si bon…
Et puis le temps a passé et j’ai vécu dans très un grand appartement – (pas parce que j’avais beaucoup d’argent mais parce que le propriétaire avait fait un truc illégal et que pendant six ans j’ai bénéficié d’un tarif genre “loi de 1948” avec un loyer dérisoire).
Et puis le temps a passé et j’ai eu un appartement beaucoup plus petit. Mais il y avait beaucoup de lumière et un arbre incroyable dans la cour. Années de bonheur avec switchie ma petite chienne.
Et puis quand Maman a eu alzheimer, j’ai habité dans son grand appartement mais un canapé dans le salon, juste quelques mètres carrés – le minimum vital, la taille de mon univers.
Et puis ensuite c’est mon champ de vision qui est devenu minuscule…
Et puis un de ces jours je finirai dans un cercueil… Donc, en fait, j’aurais tout fait à l’envers question espace vital : généralement les gens commencent petit et puis, la vie passant, ils s’installent dans des espaces de plus en plus grands. Moi, ça a été exactement l’inverse : j’ai commencé au Paradis, carrément. Et puis ça n’a cessé de se réduire. Comme mon champ de vision. Bizarre !

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