Il faut repousser le despotisme marshmallow de l’Etat

MarshmB2

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Plus le temps passe et plus je me dis qu’on y est presque : un État despotique mais cool – genre marshmallow – et des citoyens soumis ayant renoncé à leur liberté et, ce qui est pire encore, souriant béatement devant leur servilité volontaire. Ce texte, qui date de… 1840, gagne à être relu inlassablement aujourd’hui.

“… au dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

“…que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?”

Magnifique description de l’État moderne et de la soumission méprisable de citoyens courbés. Tragique.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840, Gallimard, collection « Folio histoire », 1961, t II, Quatrième partie, chapitre 4, p.434

L’interventionnisme va régler le chômage, cette fois c’est sûr !
La bureaucratie occupe 90% de nos vie !
Au contraire, il faut qu’ils prennent des vacances !
La bétise crasse de l’Etat pendant la canicule de 2004

Petits bouts de servitude volontaire :
Finalement la crédulité de ce Peuple est sans limite
Il faut leur décerner la médaille
La terrifiante servilité des médias

“… leur ôter entièrement le trouble de penser”

pingoin.jpg Bon, je sais que ça part d’un bon sentiment (canicule etc) mais tout de même, il faudrait qu’ils arrêtent de nous prendre pour des débiles mentaux ! Ce matin, dans ma boite aux lettres, je trouve un prospectus que la Mairie de Paris vient d’adresser à des millions de citoyens – si on peut encore appeler ça des citoyens – et que vous avez du recevoir comme moi. Entre autres conneries ahurissantes (il y en a une bonne quinzaine), je lis qu’en cas de chaleur il faut “que je mette un chapeau”, que je ferme mes rideaux “côté soleil” et que, si je dois sortir, il faut que je “marche à l’ombre” ! Ils nous prennent vraiment pour des cons ! Je dois aussi “boire de l’eau” mais ils ne disent pas si je dois aller faire pipi. Ils disent aussi que je dois “acheter un brumisateur” et “mettre en marche mon ventilateur” : mais ils ne précisent pas si je dois l’arrêter ni à quelle heure ! Tout cela est bête à pleurer et je pense qu’il n’y a désormais plus rien à faire pour sauver ce peuple d’assistés dirigé par des nuls. Ce soir, il y a un match de foot France-Suisse mais comme la Mairie n’a pas envoyé de consignes, je me demande bien comment ils vont penser à allumer leur poste de télé ? Pathétique de vivre dans un pays qui fait régresser l’homme à cette vitesse.

Relire Tocqueville (De la démocratie en Amérique, 1840)

“Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. (tiens, ce soir, c’est la Fête de la musique, donc ils vont faire de la musique mais pas demain, forcément, ce ne sera plus la fête de la musique). En plus il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

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