Comment réveiller (ou changer) les présidents d’université français ?

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Et voilà, ça continue : pendant que nos étudiants gaulois font la grève sur les campus et que les présidents d’université dorment comme des marmottes en laissant pourrir un système éducatif qui tombe littéralement en ruine, l’Université de Yale vient de lancer (comme sa cousine de Berkeley), un projet technologique révolutionnaire intitulé “Open Yale Courses”. Qui consiste tout bonnement à mettre gratuitement sur internet tous les cours destinés aux étudiants. Les enseignements de l’élite deviennent donc accessibles, en podcast ou streaming vidéo, à n’importe qui dans le monde. Cool non ? La philosophie des responsables de Yale : “Nous voulons que tout le monde puisse voir et entendre chaque cours comme s’il était assis dans la même salle de classe que nos étudiants à Yale !” Bravo! En France – où on prétend donner des leçons au monde entier en se gargarisant d’égalitarisme et de démocratisation – on ne fait rien pour amorcer la démocratie technologique : les présidents d’université continuent à dormir dans leurs oreillers de lustrine : les podcasts de la Sorbonne sont tellement indigents que je ne les télécharge même plus : Sorbonne-Savoirs n’en compte que six, le dernier datant de février, dont deux sur l’islam et le Jihad… ; Et Sorbonne-Controverses n’en compte que sept, le dernier datant de plus de six mois, dont deux sur… le nazisme ! Si c’est comme ça qu’ils prétendent entrer dans le XXIe siècle, défendre la culture française ou promouvoir la francophonie, ils s’y prennent plutôt mal ! Et, dans moins de cinq ans, la Sorbonne sera un terrain vague que les marchands de jeans du boulevard Saint-Michel pourront s’approprier. Pathétique !

site de Yale
Open Yale courses
J’avais déjà parlé ici de l’initiative identique de Berkeley...

J’suis encore en rage, mais avec le froid ça tient chaud !

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Bon, je suis encore en rage. Toujours sur les problèmes d’éducation. Parce que nos ministres et parlementaires accumulent les lois, les décrets et les circulaires sans arriver à comprendre que, dans bien des cas, les solutions sont désormais technologiques. C’est ce qu’a compris Apple depuis longtemps, qui vient de créer – en collaboration avec toutes les grandes universités américaines – un système tout simplement révolutionnaire. Il y avait déjà iTunes Store (où on pouvait télécharger de la musique, des vidéos ou des film). Eh bien maintenant ils ont crée l’iTunes-U (avec un U comme Université) qui devient une rubrique spéciale au sein de l’iTune Store. Et qui propose gratuitement des cours magistraux, des travaux de labos scientifiques et autres contenus éducatifs, pédagogiques ou de recherche réalisés directement par les plus grandes universités américaines (Stanford, Berkeley, MIT, Yale etc). Ce n’est plus seulement une révolution multimédia numérique, c’est une révolution pédagogique et un vrai système de partage des connaissance dont on se gargarise en France sans parvenir à rien d’autre qu’à des comités théodule débouchant sur encore plus de paperasse bureaucratique ! Le contenu d’iTunes-U peut être téléchargé sur son iPod en un simple clic pour être écouté à tout moment et en tout lieu : dans le bus, dans son lit ou dans sa baignoire… il est désormais aussi simple de s’instruire en écoutant une conférence que d’écouter de la musique. Et tout ça grâce à des partenariats magnifiquement construits patiemment entre Apple et les doyens des plus grandes universités (déjà plus de la moitié des 500 plus grandes écoles américaines distribuent des contenus numériques à leurs étudiants). Et pendant ce temps là, vous savez ce qu’ils font nos gaulois de doyens français ? Et ce que font nos parlementaires ? Et ce que font nos ministres ? Ils se gargarisent de la devise républicaine et c’est tout. Pathétique. Et le pire, vous savez quoi ? C’est que le projet a déjà été étendu bien au-delà des universités : le Smithsonian Institute s’y est mis aussi, et le MoMa (musée d’art moderne) aussi et donc peu à peu la vague pédagogique s’étend bien au delà des campus ! (iTunes-I beyond campus”). Et tout ça dans votre poche, sur votre iPod. Et ça n’intéresse personne en France. Pendant que le monde bouge, nos gaulois font des réformes sur le papier. Et dans vingt ans, les étudiants américains seront largement devant.

Ce que les universités américaines font avec iTunes-U

Et rappel d’un post récent où j’avais déjà soulevé ce lièvre de la pédagogie numérique (qui m’avait d’ailleurs valu une volée de bois vert d’adeptes de la lustrine et du système des dinosaures)

“Exception française” vraiment ?

Je suis sur le cul : je viens de voir que l’université de Berkeley avait décidé de tourner ses cours en vidéo et de les basculer carrément sur YouTube.

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Donc imaginons que vous soyez berger en Lozère (ou jeune dans un quartier deshérité), eh bien vous pouvez suivre et voir les cours de tous ces grands professeurs d’université sur votre iPod en continuant à garder vos moutons (ou vos rollers dans votre ZEP). Des cours devant le tableau noir : de biologie, de physique, sur la relativité, la radioactivité, les atomes ou le corps humain, mais aussi la poésie, l’histoire ou le journalisme etc… Totalement géant. Mais bien sûr ce sont des cours de professeurs américains parce que, chez nous, rien de tout cela : le berger de Lozère (ou les jeunes des quartiers) peuvent rester incultes, le ministre de l’Education n’en a rien à faire ; ces nouvelles technologies d’éducation de masse, ce n’est pas son truc. Les présidents d’universités non plus, qui n’ont pas été foutus d’intégrer cette dimension de l’enseignement à distance dans leurs projets. La Sorbonne c’est encéphalogramme plat dans ce domaine. Il n’y a que le Collège de France (dont j’ai téléchargé tous les podcasts sur mon iPod) qui sauve l’honneur de l’université française. Le monde bouge et notre université reste inerte et dort comme un rat mort. Tout ce qui intéresse le ministre français de l’Education, en ce moment, alors que la bataille numérique fait rage, c’est de savoir si les enfants du primaire doivent travailler le samedi matin ou non… Et pendant que ces gaulois se gargarisent d’exception française et prétendent donner des leçons au monde entier, on passe à côté de la plus grande chance éducative du XXIe siècle. Shame !

Berkeley sur YouTube c’est ici

Le programme de cours de Berkeley c’est ici

Les podcasts audio du Collège de France c’est ici

Et pour ceux qui pensent que les universités françaises sont dans le top ten, c’est ici

Je parle du ministre de l’Education parce que, pour moi, il n’y a qu’une seule tuyauterie du début à la fin de la formation (si ça fuit au début, ça ne coule plus à la fin). Mais je sais bien qu’ils ont découpé le tuyau en morceaux et qu’il y a une ministre des Universités qui s’occupe de la fin du tuyau (où plus rien ne coule puisque c’est entartré par son collègue de l’amont). Et donc ça renvoie au lien ci-dessus qui montre qu’aucune de nos Zuniverités n’apparait dans le top ten mondial. Vraiment pas de quoi être fiers.

Et c’est encore beaucoup mieux à Yale !
Sans parler de iTunes-U (U pour Université)

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