Bon, encore un dernier à 200% et après, promis, j’arrête !


L’original à la National Gallery à Londres fait exactement 82 x 60 cm. Pouvoir zoomer à ce point dans la partie centrale du miroir et les voir de dos avec le personnage en bleu qui apparaît, moi, que voulez-vous, je trouve cela tout simplement renversant. Cette toile est archi connue mais renversante. Même avec une loupe à la National Gallery, je ne verrais pas cela.

Jan van EYCK
Portrait des Epoux Arnolfini
(Giovanni Arnolfini et sa femme)
1434 – huile sur chêne

La petite pomme à gauche sur le rebord de la fenêtre des époux Arnolfini

Le souci de discrétion existentielle poussé à l’extrême…

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A propos de ma réflexion d’avant-hier sur mon voisin de volet, une amie me dit que je pousse un peu loin la tentation de disparition. Je ne le voyais pas comme ça mais comme un immense besoin de me reposer un peu ! Mais bon, cela me fait penser à ce texte où Rainer maria Rilke pousse lui l’ambition existentielle jusqu’à n’être même pas une petite pomme, mais l’ombre imperceptible de cette petite pomme ! Voici ce qu’il écrit :

(…)” Je m’absorbais dans la contemplation de la planche étalée sous mes yeux. C’était la Vierge de Lucques de Jean Van Eyck, la gracieuse Vierge au manteau rouge tendant à l’enfant assis, très droit, et qui téte avec gravité le sein le plus charmant.

Et tout à coup je désirais, je désirais, oh ! désirais de toute la ferveur dont mon cœur a jamais été capable, désirais d’être – non pas l’une des petites pommes du tableau, non pas l’une de ces pommes peintes sur la tablette peinte de la fenêtre – même cela me semblait trop de destin… Non :

devenir la douce, l’infime, l’imperceptible ombre de l’une de ces pommes

Tel fût le désir en lequel tout mon être se rassembla. Et comme si un exaucement était possible, ou comme si ce souhait à lui seul accordait à l’esprit une pénétration miraculeusement sûre, des larmes de reconnaissance me vinrent aux yeux” (…)

Madonne de Lucques, Jan van Eyck. (détail), 1436. Huile sur bois. Stedelsches Kunstintitut, Frankfurt am Main.

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Autres disparitions…
Disparitions des boites aux lettres…
The Alphabet Fades Away
La disparition de l’écureuil
Disparition du peintre
Disparition des abeilles

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