Et d’après vous, pourquoi les gens ne dansent-ils plus ?

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En regardant ce dessin de Hansi tout à l’heure en prenant mon café, je me suis posé une question toute simple :
est ce qu’aujourd’hui les gens ne dansent plus sur les places parce qu’ils sont tristes et n’ont plus envie de danser ? Ou bien parce qu’on leur a carrément détruit ces petites places où ils dansaient précisément, dans leurs petits villages fleuris où ils vivaient tranquilles, sans voitures, sans feux rouges, où ils mangeaient tous ensemble d’énormes choucroutes sur de grands tréteaux en bois en cognant leur chopes de bière et en trinquant au Riesling ?

Là, ça sent bon la saucisse qu’on trempe dans la moutarde et j’entend le claquement des sabots sur les planches en bois… S’ils faisaient ça au coin de ma rue, juste là en bas, à l’angle de l’église, les flics arriveraient avec leurs gyrophares et hop, circulez ou au poste ! Bon, OK j’arrête sinon vous allez encore dire que je suis nostalgique (vous n’auriez pas tort d’ailleurs) !

Et puis il parait qu’on a des jours pour danser, quand l’Etat le décide : le 14 juillet ou la fête de la musique. Hors de ces dates fixées par l’Etat, circulez citoyens, y a rien à voir ! Manquerait plus que ça qu’on se mette à danser sur les places hein ! Non mais ! Mais peut-être qu’ils dansent sur Facebook et que je ne les sais même pas ?

La fête ou la vie parfois, c’est comme un mât de cocagne…
L’Alsace, un tout petit copeau de France…

Quand on a raison trente ans avant les autres on passe pour avoir tort pendant trente ans

hunawihr2.jpg A la radio, je les entend jacasser [on est en 2007] sur le Grenelle de l’Environnement et je pense avec nostalgie aux petits villages qu’il y avait quand j’étais haut comme trois pommes.

Des petits villages alsaciens pas plus grands que des maisons de poupées et où il faisait bon vivre. Il n’y avait pas de pollution, pas d’OGM, pas de pesticides et pas de centrales nucléaires. Mais il y avait des coquelicots et des bleuets dans les champs de blé. Et il y avait des oiseaux et des abeilles, des renards et des hérissons et aussi des hannetons dans les marronniers. La vie était douce et ça sentait bon le vignoble ensoleillé et les animaux dans les cours de ferme. Le pain ne séchait pas en une journée et il n’y avait pas de date de fraîcheur sur les oeufs. Les poulets qu’on mangeait n’étaient pas élevés hors sol, il y avait des cigognes sur le toit de l’église et il faisait beau et chaud en juin.

Il n’y avait pas de RER, pas de banlieues, pas de tag, pas de violence et pas de chômeurs. L’hiver, tout était recouvert de neige, mais il n’y avait pas de Plan grand froid ni de SDF. Il y avait des corbeaux noirs sur le blanc des champs comme dans les toiles de Breughel et on faisait des bonshommes de neige avec deux charbons pour les yeux et une carotte pour le nez. C’étaient des petits villages qui tenaient dans la paume de la main, il n’y avait pas de grands médias mais les enfants pouvaient faire de la luge et nos oncles jouaient des quatuors à corde dans des pièces qui sentaient bon la cire d’abeille et la colophane. Le dimanche il y avait des kugelhopf, à Pâques on cachait des oeufs peints dans les arbres, à Noël les gens chantaient minuit chrétien dans des petites églises où on se les gelait.

C’était avant que n’arrivent ceux qui ont tout détraqué. Ceux-là même qui, quarante ans après, nous font le coup du Grenelle de l’Environnement avec des trémolos écologistes dans la voix. La vraie question est : si c’est pour dire maintenant que ce n’était pas bien de le faire, pourquoi est ce qu’ils l’ont fait ? J’aurais pu leur dire, s’ils me l’avaient demandé, qu’ils abimaient la planète de façon irrémédiable. Mais ils ricanaient en se moquant des petits villages fleuris et ont tout recouvert de supermarchés, d’hypermarchés, de conforama, de pompes à essences et de centres commerciaux hideux. Ils ont construit des tours qui sont de vrais clapiers où ils ont entassé les gens en défigurant les villes jusqu’à avoir envie de vomir tellement c’est laid. Maintenant quand on quitte une banlieue de merde on rentre sans transition dans la banlieue de merde de la ville suivante. Et les cigognes n’ont plus de grenouilles à manger et comme les églises ne sont plus chauffées, elles se gèlent les fesses.

Voilà, c’était mon petit couplet nostalgique et réactionnaire. Vous me connaissez maintenant : vous savez que j’exagère toujours un peu ! Mais eux aussi ont éxagéré en massacrant la planète. Vous savez quoi ? Je les hais !


Quelques bouts de nostalgie

Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Mesurer le temps et sa vie en matins
Nostalgie des temps heureux
Remonter le temps en rentrant dans les tableaux
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

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