“Motus et bouche cousue” et l’ours de Tiphaine Samoyault

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J’écoutais tout à l’heure une rediffusion consacrée à Maurice Nadeau où Laure Adler lisait cet extrait de Tiphaine Samoyault :

“Ma grand-Mère qui était couturière m’a réparé des ours. Ce qui était frappant sur ces ours, les ours qu’elle cousait, c’était que la bouche était figurée par une croix ou plutôt un croisillon. L’air que cela donnait à l’ours était très expressif mais triste, comme si l’animal regrettait de ne pouvoir ouvrir la bouche, ou qu’il fit de son silence un silence contraint. Oui, sa bouche était doublement cousue parce qu’elle était en fils, et parce qu’un fil la lui fermait. J’ai toujours pris à la lettre les expressions “motus et bouche cousue”, “ourler les lèvres”, ou les phrases telles que : “si tu parles trop, on va être obligé de te coudre la bouche”.

Ces hommes silencieux…

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