Switchie s’arrête vraiment (post scriptum)

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Switchie s’arrête vraiment mais je ne voulais pas finir sur l’image de l’entrée précédente. Donc j’ajoute encore ce petit post-scriptum. Il y a un an, j’étais tombé sur le témoignage d’une personne qui évoquait son pélerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. Enumérant ses souffrances sur le chemin – celle de ses pieds et celle du maudit sac qui lui sciait les épaules – elle disait : “Je ne demandais jamais à Dieu de soulager mon sac ! mais de me donner le courage de le porter.” Souvent, dans la vie, on demande de réduire le poids que l’on doit porter ; elle, demandait à Dieu davantage de forces pour le porter. C’est différent et beau et cela m’avait frappé. Aujourd’hui, je m’en souviens et c’est ce que je demande aussi à Dieu : me donner la force de porter ce que je porte !

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Switchie s’arrête…

rideaux01.jpg Depuis dix ans je n’avais rien trouvé de particulier aux petits motifs des rideaux de la cuisine de maman. Et aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, c’est bizarre, je n’ai vu que des petites têtes de mort. Donc c’est clair, je dois fatiguer grave et j’arrête ce blog qui n’a plus de sens avec alzheimer si les idées deviennent noires à ce point. Tout est devenu trop compliqué : la vie professionnelle, la vie personnelle, la vie affective, la vie intellectielle… et aussi la vie tout court qui prend des allures de bilan de faillite.

Donc j’arrête. Cela m’évitera de chercher désespérément des trucs positifs à mettre dans ce foutu blog. Que je ne trouve plus d’ailleurs… Vaut mieux arrêter.

Youpi, tout va mal !

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.
Je ne sais plus très bien où j’en suis de l’évolution de la catastrophe (voir entrée du dictionnaire ci-dessous) mais je me suis rappelé aujourd’hui ce vieux conte taoïste :

Un modeste paysan vivait au nord de la Chine, aux confins des steppes hantées par des hordes nomades. Il rentra un jour en sifflotant avec un superbe cheval qu’il avait acheté à prix d’or au marché de la grande ville voisine. Quelques jours plus tard, son unique cheval s’échappe et disparait vers la frontière.

L’événement fait le tour du village et les voisins viennent tour à tour le plaindre pour sa malchance. Le vieux paysan hausse les épaules et répond imperturbablement :
– Les nuages cachent le soleil mais apportent la pluie. D’un malheur naît parfois un bienfait. Nous verrons…

Trois mois plus tard, le cheval réapparait avec à ses côtés une magnifique pouliche et son petit. Les voisins vienent à nouveau le féliciter :
– Vous aviez raison d’être optimiste, disent-ils. Vous perdez un cheval et vous en gagnez trois !
– Les nuages apportent la pluie nourricière, répond le vieux paysan, mais parfois aussi l’orage dévastateur. Le malheur se cache dans les plis du bonheur. Attendons !

Le fils aîné du paysan dressa l’étalon fougueux, prit plaisir à le monter tous les matins et ne tarda pas à faire une chute. Il failli se rompre le cou mais s’en tira avec une jambe cassée. Aux voisins qui venaient à nouveau le plaindre, le vieux paysan répondit :
– bonheur ou malheur, qui peut savoir ? Les changements n’ont pas de fin en ce monde impermanent.

Quelques jours plus tard, la guerre éclata et la mobilisation générale fut décrétée dans le tout district pour repousser l’invasion ennemie. Tous les jeunes gens valides partirent pour le front et bien peu en revinrent.
Mais, grâce à sa jambe cassée, le fils unique du vieux paysan échappa aux massacres…

Dans mon histoire, je ne sais pas très bien où j’en suis de la déroute alzheimer et peut-être qu’un jour je me réjouirai de tout ce qui me tombe sur la tête en ce moment… mais bon, pour l’instant c’est : youpi, tout va mal !
.
Tenir, facile à dire !
.
D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Le cheval à l’intérieur du bloc de marbre
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Je deviens traducteur de ce qui n’a pas été dit…

dictionnaire.jpg A cause d’alzheimer, Maman ne parle presque plus. Elle oublie tous les mots qui disparaissent les uns après les autres… Alors j’essaye de comprendre ce qu’elle veut dire, de trouver les mots oubliés, de remettre un peu de sens et de logique là où il n’y a en déjà presque plus. Je suis devenu une sorte de …. traducteur de ce qui n’est pas dit…. Une histoire hassidique raconte qu’un juif illéttré ne sachant pas lire les prières pour le jour de kippour quitta la synagogue et alla en plein champ pour crier une à une les lettres de l’alphabet, demandant à Dieu de bien vouloir les ordonner à sa guise. Les lettes montèrent au ciel et la prière plut à Dieu…. J’essaye de faire pareil avec ce que maman ne dit plus : inventer les mots et remettre sa pensée dans l’odre… C’est difficile. On vit tous les deux avec une petite poignée de mots qu’on garde précieusement pour cet hiver comme les écureuils le font avec leurs noisettes. Je ne sais pas ce qyu nous restera en janvier…

Lord Polonius: What do you read, my lord?
Hamlet: Words, words, words.
Lord Polonius: What is the matter, my lord?
Hamlet: Between who?
Lord Polonius: I mean, the matter that you read, my lord.
(Hamlet II, 2, 191-195)

Le silence lorsque les mots ont disparu

Les plaisirs de la conversation

Switchie revient …

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Bon, j’ai changé le bandeau du site Switchie 1 …. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien. Peu importe d’ailleurs … Oui, je sais, les photos ne sont pas très nettes ; mais je n’ai pas eu le temps de rescanner. Plus tard…

PS. Ce vieux post est évidemment devenu incompréhensible : je faisais allusion à mon blog précédent, (switchie1), qui était publié chez Free. Il n’existe plus.

Petit haïku de saison …

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C’est marrant, l’année dernière (comme aujourd’hui le vent était froid et les feuilles commençaient à tomber), j’avais mis ce haïku d’Issa :

Dans le champ près du portail,
Agaçant le chat
Tombent les feuilles mortes

Et ce soir je tombe sur une lettre dans la Correspondance de Rainer-Maria Rilke disant ;

“ce chat que j’ai observé hier boulvard Montparnasse une feuille tombait, le chat commençait à jouer avec, puis il restait assis coquettement, plein d’attente en quétant l’arbre de son rond regard vert pour qu’il lui envoie d’autres feuilles, tout disposé de jouer avec l’automne même”.

J’aime ce “jouer avec l’automne même”…

[R-M. Rilke, lettre du 21 oct 1913, Paris 17 rue Campagne Première)

Et puisque je suis dans l’automne – et les citations – voici ce que dit Cioran dans ses Carnets à la date du 29 octobre 1964 :

“Brouillard légèrement doré, et ces feuilles couleur de cuivre, au Luxembourg. Mais l’automne en moi est plus avancé encore”.

J’aime ce “l’automne en moi est plus avancé encore”… J’ai la même impression.

Wer wenn ich schriee …

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Wer wenn ich schriee,
hörte mich denn aus der Engel Ordnungen ?

(Si je criais, qui donc entendrait mon cri parmi les hiérarchies des anges ?) Première phrase de la première Elégie de Rainer Maria Rilke. En ce moment, je pense la même chose. Dieu m’a abandonné.

[pour les impatients, la petite anim rejoue toutes les dix secondes] ;-)

Les ultra rayonnement violets de détressee

It’s a hard rain…

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.
En rentrant tout à l’heure, j’ai fait sous mon parapluie une photo de ces deux personnes … Et m’est revenue en tête cette chanson de Bob Dylan que j’écoutais à l’époque… Pas vraiment de raison ; à part la pluie.

“Oh, where have you been, my blue – eyed son ?
And where have you been my darling young one ?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, what did you see, my blue eyed son ?
And what did you see, my darling young one ?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a – bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand takers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall”.

dylanfreewheelin.jpg

Le poème en entier …

Oh, where have you been, my blue – eyed son ?
And where have you been my darling young one ?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, what did you see, my blue eyed son ?
And what did you see, my darling young one ?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a – bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand takers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

And what did you hear, my blue – eyed son ?
And what did you hear, my darling young one ?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a – blazin’
I heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’
I heard one person starve, I heard many people laughin’
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, who did you meet my blue – eyed son ?
Who did you meet, my darling young one ?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded and hatred
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a – gonna fall.

And what’ll you do now, my blue – eyed son ?
And what’ll you do now my darling young one ?
I’m a – goin’ back out ‘fore the rain starts a – fallin’
I’ll walk to the deepths of the deepest black forest
Where the people are a many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
Where the executioner’s face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I’ll tell and think it and speak it and breathe it
And reflect it from the mountain so all souls can see it
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’
But I’ll know my songs well before I start singin’
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

BOB DYLAN
It’s a hard rain’s a gonna fall
Freewheelin’
Avril 1963

Tao-Zwi-Chi

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Zwi-Chi plus connu sous le nom de Tao Zwi Chi est mort en 866 ou 867 dans la chine du nord où il était né. Il fut une des grandes figures de l’école bouddhique dite du Tch’an sous la forme très paticulière que cette école avait prise vers la fin des T’ang (618-907). Zwi Chi passa sa jeunesse en pérégrination avant de se fixer auprès d’un grand maître du Tao auquel il doit sa formation. Ses peintures – dont deux sont la propriété du musée Guimet à Paris – sont une patiente capture de la vibration des choses. Une réceptivité totale le rendait attentif aux moindres nuances de l’aube et aux brumes du soir. Les chroniques rapportent que, pour dompter sa nature fougueuse, Tao-Zwi-Chi pouvait rester assis en méditation pendant des heures pour faire le vide en lui. Ensuite, il préparait le thé et, ce rituel terminé, il commençait à peindre durant toute la nuit jusqu’aux petites heures de l’aube, lorsque le ciel est à l’orient tout rose et bordé de bel azur limpide. Il parlait alors aux oiseaux puis allait se coucher en souriant. L’œuvre que nous présentons ci-dessus est l’une des deux peintures exposées au Musée Guimet.

——–

En réalité cette œuvre de Tao-Zwi-Chi n’existe pas. C’est uniquement une tache sur un vieux mur qui longe les douves des Invalides. Je passais devant tout à l’heure et ai trouvé que cela ferait une belle toile. J’ai donc pris la photo et fais ce petit montage. Mais ce n’est pas parce que la peinture n’est pas la propriété du Musée Guimet qu’il ne faut pas la trouver belle ! Ouvrons les yeux, rendons grâce à la beauté du monde et remercions …Zwi-Chi pour cet émerveillement devant la banalité des choses.

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J’espère que les 23 platanes prendront leur revanche !

platanes2.jpg Voilà, c’est fait. Sous prétexte qu’ils étaient devenus “dangereux“, les sauvages de la municipalité ont coupé 23 platanes en bas dans l’avenue. Ils ne l’étaient évidemment pas (en tout cas pas encore et sûrement pas tous) et aucun (j’y passe deux fois par jour) ne menaçait de tomber dans les mois à venir ! Seulement les gens de la Mairie pétochent à mort depuis qu’ils ont entendu parler du “principe de précaution” : une branche qui tombe sur un passant et hop, c’est un procès ! Donc ils coupent à tour de bras. De manière préventive et de façon acharnée (23 d’un coup, je les ai comptés). Personne ne me fera croire que ces 23 platanes étaient devenus tout à coup dangereux : tous, subitement et en même temps ! Ils y vont en plus à la tronçonneuse : en une heure tout est coupé. S’ils devaient abattre ces 23 grands platanes à la hache, ils n’en couperaient pas autant (trop fatiguant et avec les 35h, dès le troisième ils s’arrêteraient…). Et si encore ils faisaient de grands feux avec ces beaux rondins et toutes ces feuilles, au moins ça sentirait bon l’automne; Mais pas du tout, ils coupent tout comme des vandales et embarquent tout comme des voleurs. 23 platanes en moins, pas de beaux feux d’automne… Lamentable. J’espère que ces grands platanes prendront leur revanche un jour. Et les oiseaux des nids aussi ! (et les vaches)

Les gens de la Ville marchent sur la tête

Un émetteur radio caché sous la veste du Président ?

bush.jpg Une rumeur se développe actuellement sur le web selon laquelle, lors de son premier débat télévisé avec John Kerry, le 30 septembre, Georges Bush aurait dissimulé sous son costume un récepteur radio lui permettant, grâce à une oreillette bien camouflée, de recevoir les idées de ses conseillers… Faux pli dans le costume, répond la Maison Blanche. Sûrement pas car le renflement est beaucoup trop visible sous la veste du président américain… Mon interprétation est cependant qu’il ne s’agit pas d’un récepteur-radio mais d’une banale balise Argos, bien connue des scientifiques. Il s’agit, comme chacun sait, d’un émetteur placé sur l’animal qui émet des signaux captés par un satellite. Conçu sur mesure afin d’éviter de déranger l’animal, chaque émetteur doit se faire le plus discret possible pour ne pas gêner l’animal (contrainte parfaitement respectée dans le cas du président américain). Tributaire de ses batteries, la balise Argos, a une durée de vie très limitée : il importe donc d’en débarrasser l’animal dès qu’elle ne fonctionne plus. Ce qui, nous assure-t-on, a été fait aussitôt le débat télévisé terminé. Mais alors, pourquoi de telles balises sur un président américain ? parce que ces animaux sont menacés de disparition prochaine: le recensement et le suivi des populations concernées est donc un moyen de constituer des archives sur leur mode de vie – parfois extrêmement rude dans le cas de certains prédateurs – et qui recèle encore bien des mystères. Les balises ont donc pour objectif d’acquérir des données sur leurs comportements, leurs zones d’intervention et leurs déplacements. Et de déterminer leurs périodes de reproduction ainsi que leur durée d’existence. Voilà tout. Beaucoup de bruit pour rien donc.

“Si tout ce qui est proche vous semble loin” …

msn_solitude.jpg Je reconnais qu’il y a des solitudes plus graves que la solitude numérique mais bon, depuis qu’on a mis mes petits copains derrière un firewall gouvernemental, je n’arrive plus à les joindre ; plus de MSN, plus de contact : sorte de Guantanamo numérique, quartier de haute sécurité avec isolement maximum. Ah, c’est dur la vie numérique… Marshall McLUHAN a écrit quelque part que “le raz de marée d’information électronique, instantanée et planétaire, isolait les individus.” – Possible. Mais le contraire est aussi vrai : l’absence d’information électronique isole aussi. Mais je ne désespére pas : ils ont réussi à faire tomber le mur de Berlin, ils finiront bien par faire tomber les FireWalls du gouvernement ! Y a pas que les murs de briques dans la vie. Peut-être ils vendent même des pieds de biche numériques au Bazar de l’Hôtel de Ville ?

A propos de solitude, cette belle phrase de R-M. Rilke : “Aussi, cher Monsieur, aimez votre solitude, supportez-en la peine : et que la plainte qui vous en vient soit belle. Vous dites que vos proches vous sont lointains ; c’est qu’il se fait un espace autour de vous. Si tout ce qui est proche vous semble loin, c’est que cet espace touche les étoiles, qu’il est déjà très étendu”. .

La taille de mon univers…

Eudes est marrant. Il vient de passer une semaine à Montréal pour des conférences et me dit:

“j’espère que la vie va te permettre de voyager car il y a tant de notations intéressantes à faire, à partir de la rue, à New York, comme dans les autres villes nord-américaines, que ton blog exploserait…”.

Ben oui, mon cher Eudes, si je bougeais un peu plus, j’aurais sans doute des choses à raconter ; mais, avec maman et alzheimer, je ne peux pas m’éloigner et j’ai donc la laisse un peu trop courte ! Je fais du surplace et cela ne fait évidemment pas “exploser” un blog forcément de plus en plus indigent et de plus en plus nul. Mais que raconter de sa vie quand, précisément, il ne se passe plus rien et que c’est plutôt la tête qui explose ?

Mon univers a des dimensions extrêmement réduites en ce moment. Je le sais car, avant d’écrire ces lignes, je viens de le mesurer: c’est la distance qu’il y a entre mes deux tempes : 18 cm ! (en fait je n’ai pas calculé exactement, j’ai mis 18 cm au pif mais je crois que ce genre de trucs ça se calcule en cm3… Trop compliqué pour moi ces calculs).


Tout se rétrécit dans ma vie

Et si Hitler avait été beau ?

hitler2.jpg Depuis quelques jours, tous les médias me parlent du prochain débat télévisé entre Dick Cheney et John Edwards et tous me disent que John Edwards est beau et que c’est bien qu’il soit beau et qu’il est vraiment très beau etc….. Je suis d’accord qu’il vaut mieux avoir des gens beaux et démocrates que voter pour des gens laids et fascistes mais tout de même, faut pas en rajouter : qu’auraient dit tous ces journalistes débiles si Hitler avait été beau ? Et si Kennedy avait été plus laid que Nixon ? Je veux bien que John Edwards soit beau (encore que les golden boys ne soient pas du tout mon genre de beauté), mais faut pas pousser. Beau ou laid, je voterai toujours pour Socrate (qui comme chacun sait était laid) ! Mais, peut-être, je ne suis pas démocrate ! ,-)

Dans l’Idiot, Dostoïevski disait : “La beauté sauvera le monde.”. Aujourd’hui, ce qui sauvera le monde, c’est la fin du crétinisme journalistique et politique.

Revenir d’urgence au Wou-wei…

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De retour de Chine, Jacques B. m’écrit : “On va surement bientôt entendre parler des réalisations françaises à Pékin où le fâcheusement célèbre architecte d’aéroport, Paul Andreu, est en train de s’illustrer… Pendant que CDG 2E s’effondrait, il mettait la dernière main à une verrue géante: l’opéra de Pekin. La vue de droite a été prise dans l’avenue ChangAn, pratiquement depuis la place Tien An Men. Le panorama, qui montre le désastre, a été pris de la Colline de Charbon, au dessus de la Cité interdite (elle même en travaux pour préparer la visite d’un autre génie de la culture française d’aéroport, Jean Michel Jarre) d’où la verrue apparait dans toute sa splendeur brillante. Si Ieoh Ming Pei a pu se payer l’audace d’une pyramide de verre dans la cour du Louvre, la réciproque est consternante”.

Il faudrait imposer aux architectes français la lecture des grands maîtres du Taoisme et la pratique du Wou-wei…

Le Curé lit-il la bible… ou les programmes de télé ?

eglise_tv.jpg Je ne m’en suis rendu compte qu’en rentrant de vacances et peut-être l’antenne de télé était-elle déjà là avant l’été ? Toujours est-il que je viens de remarquer que le curé de l’église juste en bas de chez maman avait fait installer une antenne et regardait donc la télé ! Vous, je ne sais pas, mais pour moi c’est carrément incompréhensible… Oui, je sais, il faut vivre avec son temps et vous allez me dire que si le Christ vivait aujourd’hui, il regarderait sûrement Star Académie le soir ? Peut-être, mais moi ça me tue. Déjà les paratonnerres sur les églises, je trouve que c’est un affront à Dieu (en tout cas le signe d’un manque de foi manifeste), alors une antenne de télé, vous pensez ! Sur l’église, j’ai d’aiileurs observé qu’il y avait les deux : paratonnerre et antenne de télé. En fait, je pense que ces gens n’ont carrément plus la foi. Et qu’ils vont finir comme aux Pays-bas où j’ai vu qu’ils vendaient les églises pour les transformer en Supermarchés avec caddies, caissières et musique d’ambiance… Bizarre tout de même cette dégringolade d’une civilisation qui avait bâti des cathédrales, couvert l’europe de monastères et d’églises, produit la plus belle musique religieuse imaginable et inspiré les plus grandes oeuvres d’art de tous les temps… Maintenant les curés regardent la télé : pour Saint-Matthieu, tapez 1. Pour Saint-Luc, tapez 2… Pour Saint-Jean, tapez 3…..

On ne vire jamais un Procureur de la République ?

procureur.jpg Hier soir, ils avaient annoncé une émission sur Cécilia Bartoli. Donc j’attends… Et je tombe auparavant sur un documentaire retraçant cette incroyable opération policière dans une école maternelle du Var. J’avais entendu à la radio l’histoire de cette petite Charlotte dont les parents se disputaient la garde ; j’avais entendu que le Premier ministre avait exprimé son émotion et jugé inacceptable ce lamentable fiasco. Mais ce que je n’avais pas vu de mes propres yeux, c’est la nullité de cette intervention policière et surtout l’attitude du procureur de Draguignan : ahurissant ! Je n’imaginais pas qu’un Procureur de la République puisse être aussi lamentable. Carrément pitoyable de voir la république s’effondrer comme ça en direct à la télé. Encore deux ou trois affaires comme ça (*) et je crois que les gens finiront par refaire la révolution !

* En septembre, le gouvernement a annoncé la remise en cause des pensions de reversion des veuves. J’étais sur la plage quand j’ai lu cette information dans le journal local et j’ai failli avoir une crise d’apoplexie tellement cette provocation était idiote. Deux jours après, sous la pression, le gouvernement reculait et renonçait à cette mesure mais le mal avait été fait. Ce qui est clair, en tout cas, c’est que les conseillers dans les cabinets ministériels sont carrément coupés de la vie réelle des gens.

Ce que j’ai fait de mes vacances ?


[octobre 2004]
Pas fait grand chose justement.
1 – Trop mangé
2 – Marché sur la plage (pas assez)
3 – Lu Cioran (beaucoup)
4 – Trop mangé
5 – Ecrit à Jacqueline de Romilly
6 – Ramassé des coquillages (roses, striés et nacrés)
7 – Trop mangé (crabes)
8 – Promené Ruffle et Baba
9 – Réfléchi à l’avenir (trop)
10 – Pesté contre le Gouvernement (à propos du lamentable couac des pensions de reconversion des veuves. Pitoyable d’être aussi nul)
11 – Lu (Claude Roy)
12 – Pensé que Dieu est grand (la mer, les vagues, les mouettes, les coquillages, les ciels immenses… Carrément grand d’avoir créé tout ça)
13 – Trop mangé
14 – Regardé les vagues pendant des heures (on m’explique depuis que je suis pétit que les marées c’est la lune mais je ne le crois pas :-)
15 – Lu (des CSS pour le web)
16 – Trop mangé
17 – Pesté contre les hôtels sans bornes WiFi
18 – Réfléchi à une lubie financière de mon père
19 – Décidé de ne plus manger autant
20 – Regardé le ciel et les nuages pendant des heures
21 – Réfléchi à un scénario de film
22 – Trop mangé
23 – Lu
24 – Cherché partout un cordon USB pour mon appareil de photo
25 – Fait couler du sable entre mes doigts (jamais vu un sable aussi fin).
26 – Lu (Aragon)
27 – Pensé que les églises devraient être pleines de gens à genoux rendant grâce pour la beauté du monde et de la Création.
28 – Trop mangé
29 – Marché sur la plage (pas assez).
30 – Décidé d’écrire une nouvelle Antigone (ou un “Polynice & Etéocle”)
32 – Pensé que Dieu était grand (les bleus, les verts, les gris, les vagues, les ciels d’orage…)
32 – Lu (Philippe Jaccottet)
33 – Regardé les cerfs-volant et trouvé que le vent était immense lui aussi
34 – Trouvé que les curés parlaient trop mais pas assez de la Création
35 – Fait plein de photos nulles, dont (sais pas pourquoi) l’armoire et la fenêtre de la chambre d’hôtel…
36 – Trop mangé …
… da Capo

Ce que j’aurais aimé faire de mes vacances sans maman et sans alzheimer :
– marcher (beaucoup plus)
– courir (beaucoup)
– manger moins (beaucoup moins)
– ne penser à rien… (“retombe, retombe, ma tête, assez joué au bilboquet”)
… da Capo

Mon imagination me perdra (1)
Mon imagination me perdra (2)
Mon imagination me perdra (3)
Les voyages imaginaires dans mon assiette

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