“Marquise vos beaux yeux d’amour me font…”

Tout à l’heure, à la radio, je les entendais faire des contorsions verbales et jouer les Marquises-vos-beaux-yeux pour savoir si, pour le prochain budget, ils devaient dire : “plan de rigueur” ou “mesures d’austérité” ou bien “mesures d’économie” ou peut-être “tenue ferme des dépenses” ou encore “mesures volontaristes” à moins que ça ne soit “effort ambitieux”…. Décidément les politiques ont vraiment un problème pour appeler un chat un chat. Heureusement, parait-il ces…. allez, disons “mesures”, ont pour objectif de – ne riez pas – réduire la pauvreté.

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Photo prise aujourd’hui même, au coin de l’avenue, juste en bas de chez moi. J’ai honte pour les hommes politiques.

Ah la langue de bois !

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Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose

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Dans la vie professionnelle – mais pas seulement – on rencontre parfois des gens pour qui le mensonge n’est pas un problème : juste un moyen comme un autre de parvenir à une fin. Ils vous trahissent alors qu’on les a aidés. Pour moi qui, depuis l’École du dimanche, a été élevé dans le respect scrupuleux des Dix Commandements *, c’est un réel problème éthique et moral. Et c’est même tellement énorme que je ne sais pas très bien comment me défendre quand on m’accuse en mentant. Voilà ce que j’avais à dire aujourd’hui à ceux qui savent qu’ils mentent. Il y a vraiment des moments où c’est Tu ne tueras point qu’on a envie d’enfreindre !


* Mais si, rappelez-vous : Exode 20 ou Deutéronome 5 : Honore ton père et ta mère ; Tu ne commettras point d’adultère ; 19 Tu ne déroberas point. Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain…


Ci-dessous, quelques liens juste pour se ballader dans se blog et continuer à radoter :

A propos d’HONNETETE :
et la vie serait belle ! [j’en ai déjà parlé à l’époque, en 2004 et donc je fais juste un lien]
Et le Décalogue, c’est pour les chiens ?
Adam et Eve me tapent sur le système !

A propos de MENSONGES :
La République ment depuis tellement longtemps
Cahuzac, Bernheim etc
Mentez il en restera toujours quelque chose

A propos de CONFIANCE :
C’est beau la confiance…
Je suis complètement idiot de faire confiance !
Je (ne) fais (pas/plus) confiance à la justice de mon pays

Et si je cassais carrément les aiguilles ?

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.
Dans la course à la montre contre Alzheimer, c’est évidemment alzheimer qui va gagner. C’est une course terrible où, avec chaque jour qui passe, le temps devient de plus en plus court, de plus en plus serré, de plus en plus stressant. Du coup je repense souvent au temps où j’avais le TEMPS de profiter de la vie, au temps où la vie s’écoulait lentement… Au temps où j’étais heureux en fait.

A Sienne, dans cette sublime petite ville italienne où j’aimais tant aller, il y a sur l’inoubliable Piazza del Campo, l’imposante Torre de la Mangia. Et, à mi-hauteur, une horloge qui a la particularité rare de ne pas avoir d’aiguille pour les minutes. Juste celle des heures, qui ne bouge donc pratiquement pas. Le temps sans les minutes s’écoule lentement et vous donne le temps de vivre : on se lève le matin pour prendre un premier café à un bout de la place ovale, le soleil est doux et doré comme un croissant; dès qu’il tourne, on change de café pour suivre ses rayons et on prend un autre capuccino. Vers l’heure de l’apéritif
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Agrandir à 200% et sauter dans une autre dimension du temps

Bon, je sais bien que ce n’est pas normal et que je dois être un peu cinglé mais grâce aux musées virtuels, je me ballade de plus en plus dans les peintures des vieux maîtres des XIV ou XVe siècles. J’agrandis à 200% sur un petit point au fin fond de l’arrière-plan qu’on ne voit généralement pas à l’oeil nu, je zoome sur une petit zone de peinture lumineuse, je vise ce détail en me concentrant avec ce qui me reste de neurones cérébraux, et tout à coup, pof, ça bascule et je me retrouve de l’autre-côté du tableau, carrément DANS la toile…
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Je glisse sur quelques aplats de lumière, et pof, j’atterris pile sur le petit pont où je me stabilise sur une écaille de peinture. Ensuite, fastoche, je me joins à la foule des badauds et je me ballade incognito avec les autres petits personnages qui passent d’une rive à l’autre… J’entends la rumeur de la foule qui va au marché (parfois j’ai du mal avec la langue), les sabots des chevaux, les cris des marins, les clapotis des barques sur l’eau, les cloches qui sonnent joyeusement dans l’air argenté du matin… C’est midi, j’ai faim, je vais traverser le pont et me trouver une bonne rôtisserie dans la première ruelle à droite après la place de l’Eglise… Vous savez quoi ? Je peux rester des heures à me promener comme ça, à errer sur des particules de peinture zoomées à 200%… Parfois je pars entre deux cyprès sur un petit chemin de terre qui se perd au loin dans un sfumato vaporeux de la renaissance italienne. Parfois – comme avant hier – c’est
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Tenir ! Facile à dire !

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Vu ce qui s’est passé ces derniers jours, le sale dragon Alzheimer ne me laissera sans doute pas le temps d’arriver sain et sauf sur l’autre rive …

Arriver sur l’autre rive… (déjà en 2004…)

Dans les pattes du destin…

Ma chute d’Icare

Le vieil arbre en soins palliatifs

Ecrabouiller le Mal

Hans Memling (c. 1440-1494)
Détail d’une huile sur panneau de chêne 1474-79
Memlingmuseum, Sint-Janshospitaal, Bruges

En ce moment tout part en charpie

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C’est bizarre, en ce moment tout se déglingue à toute vitesse… Alzheimer et maman je n’en parle même pas. Mais mes chemises, mes chaussures, mon cerveau, mes nerfs, ma patience, ma santé : tout est usé, fusé, troué et tombe en charpie. Ma vie elle aussi tombe en quenouille. Il doit y avoir des moments comme ça dans une existence où tout arrive au bout du bout. Ma chemise verte, j’aurais peut-être encore pu la garder quelque temps. Mais mon cerveau et mes nerfs sont usés jusqu’à la corde et sont en train de craquer. Je tombe en miettes et serai bientôt bon à jeter aux moineaux. Alzheimer, c’est vraiment une maladie de merde !

Giboulées de mars

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A mouse ! my kingdom for a mouse !

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En fait, ne cherchez même pas. J’ai essayé pendant toute une semaine (voir post précédent) et vivre sans souris est carrément impossible. Je suis allé à la FNAC m’acheter un tapis de souris spécialement conçu pour éviter les tendinites mais je n’y crois pas trop… Et comme le Voltarène prescrit par mon médecin ne fait pas d’effet et que ça continue à me faire un mal de chien, je ne vois pas comment je vais m’en sortir avec mon index qui ne peut plus cliquer… La souris c’est mon outil de travail et mon gagne-pain : si je ne peux plus cliquer, je perds mon travail et mon pain ! Tout ça pour une saloperie de tendinite. J’enrage. (1)


CATESBY:
Rescue, my Lord of Norfolk, rescue, rescue!
The king enacts more wonders than a man,
Daring an opposite to every danger:
His horse is slain, and all on foot he fights,
Seeking for Richmond in the throat of death.
Rescue, fair lord, or else the day is lost!

KING RICHARD III:

A horse! a horse! my kingdom for a horse!

CATESBY:
Withdraw, my lord; I’ll help you to a horse.

Shakespeare, Richard III, 1591/2

—-
(1) Post scriptum
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“Tendinite aiguë invalidante” !

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ça ne m’était jamais arrivé de ma vie. Jamais : une tendinite dans le coude sur le nerf qui mène exactement jusqu’à l’index qui est exactement prévu pour cliquer sur la souris… Depuis deux semaines c’était difficile mais j’y arrivais encore. Mais là, crac, je ne peux carrément plus bouger l’index tellement c’est douloureux. Plus de souris, plus de clic… ça ne m’était jamais arrivé. Le médecin a dit: “tendinite aiguë, vous arrêtez tout pendant une semaine; le temps que le nerf se calme avec du Voltarène”
Plus de souris, plus d’ordi. Je n’arrive pas à le croire !

On dit “fleuriste” mais on devrait dire “galerie d’art”…

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Pendant que je suis enfermé à m’occuper d’Alzheimer, mes amis visitent des musées ou vont voir des expos… Pendant qu’ils regardent les Jardins de Babylone au Louvre, je contemple des renoncules qui se déploient et s’épanouissent dans un vase sur la cheminée du salon… C’est carrément sublime et mon cerveau tourne en spirale comme celui d’un derviche tourneur… Je suis atteint d’une maladie bizarreContinue reading

Le paradis est un état, tapez 1… Le paradis est un lieu, tapez 2…

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.
Avec Alzheimer qui gagne du terrain tous les jours [post de 2008], j’essaye désespérément de faire entrer dans ma petite tête d’oiseau que le Paradis n’est pas un lieu mais un état ; et qu’il suffirait parfois, ici et maintenant, de pousser la porte du Jardin pour y entrer et s’y reposer un peu (mais la porte est trop lourde en ce moment, je n’arrive plus à la pousser).

Quand j’étais petit, on me répétait que le Paradis était un lieu, et comme je voyais bien que je n’y étais pas, je vivais donc dans les deux seules autres boites disponibles qui restaient : le Purgatoire ou l’Enfer ! Le Paradis c’était forcément pour plus tard … Dieu sait quand… en tout cas plus tard.

Plus tard, ayant vu dans les musées trop de peintures avec des Jardins d’Eden magnifiques, j’ai mis un temps fou à admettre que le Paradis puisse n’être pas un lieu mais un état : un état de l’âme ou de la conscience. Et qu’il fallait carrément décider d’y être pour sentir sur sa vie comme une petite brise fraîche passant sur les pivoines d’un jardin au printemps …

Parfois des merles au mois de juin, et la musique surtout, m’ont indiqué des raccourcis et fait aimer la belle phrase de Novalis sur “le Paradis qui est pour ainsi dire dispersé sur toute la terre” (1)… Mais bon, ce que savent tous les merles, les philosophes, les mystiques, les sages, les saints, les taoïstes, les chiens, les bouddhistes, les gens simples et même les coccinelles… moi, comme un âne, il m’aura fallu une vie pour le comprendre ; et encore. Si vous saviez le temps que j’ai perdu dans la vie ; et que je perds encore ! Faut vite que je révise ma géographie de l’Au-delà et de l’être-là…

“Le paradis est pour ainsi dire dispersé sur toute la terre (…) Ses traits épars doivent être rassemblés”

Novalis

– Les petits bonheurs ce ne sont donc pas seulement des petits détails dérisoires mais des fragments dispersés du Paradis tout entier ! De magnifiques morceaux du Paradis !
– Comme souvent, il faut juste arriver à ne pas voir le détail mais l’ensemble !
ça m’a toujours déprimé d”avoir été chassé du Paradis…

Hieronymus Bosch. Paradis. Détail du panneau gauche du triptyque du Jugement Dernier, Vienne.

La belle phrase de Novalis : “Le paradis est pour ainsi dire dispersé sur toute la terre, c’est pourquoi il est devenu si difficile à reconnaître, etc. – Ses traits épars doivent être rassemblés – son squelette doit être rempli. Régénération du paradis”.

[“Das Paradies ist gleichsam über die ganze Erde verstreut und daher so unkenntlich etc. geworden – Seine zerstreuten Züge sollen vereinigt – sein Skelett soll ausgefüllt werden. Regeneration des Paradieses”].
Novalis, Schriften, t.3, das philosophische Werk II/ hrsg. Richard Samuel (Stuttgart, Kohlhammer, 1983, 3. Aufl.), p.446-447

Les étourneaux sont de retour à la BNF !

Josué vient de me signaler que les étourneaux étaient revenus à la Bibliothèque François Mitterrand…

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C’est une veille histoire dont j’avais déjà parlé il y a quatre ans en janvier et février… 2004 :
Il va y avoir du rififi dans les rues de Paris
La mauvaise monnaie chasse toujours la bonne

Et vous Monsieur, quel est votre corps d’origine ?

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Un de mes plus vieux amis (René B.) a travaillé très longtemps dans des cabinets ministériels avec des gens de la haute Fonction publique qui se glorifient toujours d’appartenir à des “grands corps” (Inspection des finances, Cour des comptes, Conseil d’Etat, Mines, Ponts et Chaussées etc). Depuis des décennies, tous ces corps se bouffent le nez et ont littéralement gangrené la France en polluant la décision politique mais ils continuent inlassablement de se vanter en se drapent orgueilleusement dans la gloire de leur “Corps”…

Un jour, à un cocktail lors d’une réunion à l’ONU où il le voyait discuter avec le Directeur exécutif, un ambassadeur s’approche de mon ami et, le toisant du regard, lui demande :

“Mais Monsieur, quel est donc votre corps d’origine ?”…

Et mon copain de lui répondre :

“Mon corps d’origine Monsieur l’Ambassadeur ? Connaissez-vous L’origine du monde de Courbet ?

Et pan sur le museau ! Bravo René !

Les gens de la Ville marchent sur la tête

planates_avenue3.jpg La semaine dernière ils ont taillé-coupé les hautes branches des grands platanes de l’avenue de Breteuil. C’est leur grand truc : arriver avec des grosses machines bruyantes et tout couper à la tronçonneuse mécanique. Qu’ils coupent en haut ne me gène pas, c’est même recommandé ; mais qu’ils ne s’occupent jamais de ce qui est en-dessous me tue. Ces pauvres arbres sont en train de crever : depuis plus de cinquante ans ils n’ont plus rien à manger que des cailloux. En dessous il n’y a plus la moindre motte de bonne terre : juste le métro, des canalisations, du béton, du sable et des cailloux… Avant, les feuilles tombaient et faisaient du bon humus et du compost. Miam miam disaient les platanes. Mais aujourd’hui, dès que les feuilles tombent, des cinglés municipaux équipés de lunettes de ski et d’aspirateurs à mazout viennent tout enlever en faisant un boucan pas possible. Donc, ces pauvres arbres (et les platanes sont pourtant résistants) n’ont plus rien à bouffer. Et ils crèvent la dalle. En fait, ils crèvent tout court : il suffit de les regarder les pauvres – et leurs feuilles tchernobylisées – pour s’en rendre compte. Mais comme les politiciens qui gèrent la ville marchent sur la tête, ils ne le voient pas. Ils taillent en haut parce que ça se voit; mais ce qui est en dessous ils ne le voient pas, donc ça ne les intéresse pas… Peut-être j’aurais du me présenter aux élections ?


A propos de platanes (post de 2004)

A propos de terre et de microbiologie des sols

Je dois avoir l’âme Suisse…

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.
Un commentaire d’Eudes sur un de mes derniers posts (“ Mesurer sa vie en matins“) me fait penser que je dois avoir l’âme suisse.

Je n’aime pas seulement C.F. Ramuz mais aussi Gustave Roud. Nicolas Bouvier et Ella Maillart. Et Blaise Cendrars et Charles-Albert Cingria. Et Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet. Et Jean-Luc Godard (mais pas Le Corbusier). Et René Groebli, et Max Miedinger et Eduard Hoffmann et Maria Stader…

En fait, comme sur le couteau de l’armée suisse, je trouve en suisse tout ce que j’aime et dont j’ai besoin : tous ces écrivains évidemment, tous ces inventeurs (de typos que j’utilise tout le temps en particulier) mais aussi de l’air pur, des cîmes enneigées, des lacs de montagne, des alpages où tintent les sonnailles, des gentianes fraîches et bleues, des mazots noirs, des trolles* jaunes, des alpenhorns, des jodel, des fondues valaisanes, le Rans des vaches, la fête des vignerons, des petits villages vivant au ralenti. Du chocolat, beaucoup de chocolat. Et des vaches, beaucoup de vaches.

A l’ombre du Mechthal, à l’ombre du Mont-Rose,
Le Suisse trait sa vache, et vit paisiblement”

Victor Hugo

* le trolle dont je parle n’est pas la créature de la mythologie nordique mais une sorte de gros bouton d’or qui pousse dans les Alpes entre mai et juillet. Je ne sais pas pourquoi je les ai toujours bien aimés… Peut-être parce qu’ils poussent dans les alpages, tout là-haut où l’air est encore pur et où le crétinisme des vallées ne monte pas. Ceci est un troll :
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En fait, j’adore l’hiver !

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Bon, y a carrément plus de saisons et on se les gèle (*)… Mais je ne grogne pas parce qu’en fait j’adore l’hiver, et la neige et les pies en smoking, et corneilles et les feux de bois et la couleur des grands ciels nacrés quand il fait froid… Quand j’étais petit, je disais : “merde, fait un temps de cochon” et je râlais comme un âne. Ensuite j’ai dit : “Brrr, froid de canard mais temps de saison”. hiver_berry_detail2 Et maintenant je vois que je ne commente même plus : je suis tout simplement ravi intérieurement qu’il fasse un temps à se cabaner. Quand il fait trop beau j’ai un peu mauvaise conscience d’être enfermé. Là c’est parfait: il n’y a personne dehors et donc c’est le seul moment où Alzheimer ne me prive pas trop de ne pas pouvoir sortir comme les autres. Julia a envoyé un paquet d’Italie avec du riz et du Parmeggiano-Reggiano qu’on va râper en fins petits flocons… J’adore l’hiver !

(*) Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les deux types sur la gauche n’ont carrément pas de culotte :-) Ooops, pardon, ce n’est peut-être pas très correct de regarder chez les gens et d’agrandir comme ça !


Il fait froid mais encore beau

Le manque de cuirasse mentale…

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Dans leurs batailles, les hommes d’autrefois portaient des cuirasses ; pas nous (on n’en supporterait même plus le poids). Il y avait aussi pour leur esprit une armure de pensées ; de surcroît, dès l’enfance, on les avait, judicieusement, aguerris. Notre cuirasse n’a plus que des défauts par lesquels tous les coups portent ; et nos pensées se retourneraient plutôt contre nous comme autant de flèches ou d’épieux.

Je lisais ce texte de Philippe Jaccotet cet après midi… Manque de cuirasse mentale, en effet… Et il faut pourtant se battre et ne pas y laisser sa peau. Contre Alzheimer… Et le reste… les dragons, le mal

Mon imagination me perdra ! (ou me sauvera ?)

Franck et Michèle sont en Corse où il neige. Les autres sont en vacances à la montagne (“à la neige” comme disent les enfants). Belles montagnes, air pur, neige sur les sommets, fondue valaisane le soir dans un beau chalet en bois… Moi je reste ici et je tiens compagnie à Alzheimer. Pas de vacances et des journées la tête dans Final Cut Pro et Photoshop où mon imagination me fait escalader d’autres montagnes qui ne sont pas mal non plus.
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Dans ses Cahiers, Cioran écrivait : “Par ma lucarne, je vois un bout de nuage éclairé par le soleil, sur un fond d’azur. Le Mont-Blanc n’est pas plus beau”. Je pourrais dire la même chose avec mes montagnes de Photoshop – surtout dans la couche alpha du bleu : le mont blanc n’est pas plus beau ! Finalement mon imagination me sauvera peut-être un jour.

Mon imagination me perdra (2)
Mon imagination me perdra (3)
Les voyages imaginaires dans mon assiette
Au moins ça me fait des vacances au bord de la mer

Entre le rêve et la réalité : quelques millimètres à peine

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Je ne dis pas que je m’attendais vraiment à ce que l’oiseau sorte de l’image et saute sur la fleur que je lui tendais… Mais bon, j’ai tout de même attendu un long moment. Juste au cas où ! Et le plus drôle est que s’il s’était vraiment envolé pour venir sur ma fleur, je n’aurais pas été vraiment surpris. Mais peut-être je fatigue grave à cause d’Alzheimer… Ou bien l’oiseau a vu que c’était un oeillet ? La prochaine fois j’essayerai avec un bouton de rose :-)

Mesurer sa vie en matins…

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Alzheimer ne pulvérise pas seulement la mémoire mais le temps aussi ; le temps et sa mesure qui fait que j’ai du vieillir de dix ans ces deux dernières années et que je n’ai plus jamais eu les longues plages de temps que j’avais auparavant pour faire ce que je faisais et qui était tout simplement … ma vie.

Dans un entretien, Balthus parle quelque part du temps et de sa mesure. Il dit qu’autrefois on mesurait les prés en matins. Un matin c’était la surface de pré que pouvait couvrir un homme avec sa faux en une matinée.

Je trouve cette expression tout simplement magnifique et sans doute suis-je un faucheur de ces époques révolues où le temps s’écoulait lentement au clocher des villages. Je rêve, le champ fauché, de pouvoir m’allonger sur le dos un jour d’été, avec de la paille dans les cheveux, écoutant le crissement des sauterelles dans l’herbe jaunie ; attendant avec les autres moissonneurs transpirant sous le soleil de midi que les femmes du village voisin nous apportent pour le repas les énormes miches de pain et la soupe de lard… Comme disait ma grand-mère : on a les rêves qu’on mérite.

Parlez des foins me fait toujours penser à cette belle phrase de Claude Roy
Et ce magnifique texte de C.F. Ramuz sur “Ces hommes qu’on ne peut pas ne pas entendre”……

Vichnou et la lenteur
Quelques bouts de nostalgie
Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Nostalgie des temps heureux
Remonter le temps en rentrant dans les tableaux
Nostalgie des petits villages
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

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