Besoin d’un peu (beaucoup) de repos …

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Encore des journées pas très faciles… Déjà fin août et pas encore pris un jour de vacances. Fatigue immense et le plus dur c’est qu’avec alzheimer le le pire est encore à venir… Ce blog va donc sans doute s’arrêter …

Quelques phrases de Cioran qui me tient (agréablement) compagnie le soir. Les deux premières de lui, l’autre citée par lui…

“Le paradis perdu, – mon obsession de chaque instant”.

“Il est évident qu’ici-bas je ne suis pas dans mon élément”.

“Who has not found the heaven below Will fail of it above”
(E. Dickinson)

(“Qui n’a pas trouvé le Ciel ici-bas le manquera là-haut”). Autrement dit : le ciel est la récompense de ceux qui l’ont trouvé déjà ici-bas. J’ai peut-être une petite chance alors ? …

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“Et l’ombre recula de dix degrés”…

ombre2.jpg Maman parle de moins en moins à cause d’alzheimer mais on continue à se ballader main dans la main sous les platanes de l’avenue. En rentrant, j’écoute l’Historia di Ezechia de Giaccomo Carissimi (1605-1674), tirée du livre d’Isaïe (ch. 38). Le prophète vient annoncer sa mort prochaine au roi Ezechias qui implore Dieu pour obtenir sa guérison ; ce qui lui est promis par la bouche d’Isaïe. Le roi sollicite alors un signe de Dieu qui lui accorde un prodige, témoin de sa toute puissance : l’ombre projetée sur la cadran solaire du palais recula de dix marches sur celles qu’il venait de descendre, comme si le temps remontait en arrière… Moi aussi j’aimerais bien que le temps remonte de quelques marches !

Ésaïe 38
4 – Puis la parole de l’Éternel fut adressée à Ésaïe, en ces mots:
5 – Va, et dis à Ézéchias: Ainsi parle l’Éternel, le Dieu de David, ton père: J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, j’ajouterai à tes jours quinze années.
6 – Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d’Assyrie; je protégerai cette ville.
7 – Et voici, de la part de l’Éternel, le signe auquel tu connaîtras que l’Éternel accomplira la parole qu’il a prononcée.
8 – Je ferai reculer de dix degrés en arrière avec le soleil l’ombre des degrés qui est descendue sur les degrés d’Achaz. Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés où il était descendu.

Voyager dans un plat à oeuf …


Ce soir je me suis fait des oeufs. Au dos de mes plats en aluminium, il y a de jolies petites cigognes qui m’ont donné envie de me tirer. Si je n’étais pas bloqué à Paris avec maman et alzheimer, et si j’étais une cigogne, je m’envolerai immédiatement vers le soleil. Peut-être vers le bosphore : planer au-dessus de Sainte-Sophie … atterrir au bout de la Corne d’or ? … Ou plutôt vers l’Espagne : voir miroiter la méditerrannée de haut, survoler des immensités de champs de blé, entendre Albéniz et Granados tout là bas en bas dans les petites villes blanches ? … Peut-être même allonger le cou jusqu’au sud marocain : Erfoud … les flamands roses aux portes du désert ? … Ce qui est bizarre, c’est que moins je bouge et plus le détail le plus infime m’est une invitation au voyage : un simple plat à oeuf et hop, je suis parti !
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La cigogne n’a pas seulement un long bec rouge. Elle a une âme !
Je voyage aussi dans mon assiette et dans le temps

Les dictionnaires font de la non-assistance à pesonne en danger

desespoir.jpg Comme je ne dors pas, je cherche DESESPOIR dans le petit Robert, comme ça pour voir. Ils disent que c’est le contraire de l’espoir. Je vais donc voir à ESPOIR, ils disent que c’est le fait d’espérer. Je vais voir à ESPERER, ils disent que c’est “considérer ce qu’on désire comme devant se réaliser”

Bon, j’arrête ; c’est carrément nul ce ping pong qui renvoit à d’autres mots. Il faudrait inventer des dictionnaires qui donneraient des réponses au lieu de délayer les questions. Je ne sais pas, moi, par exemple à ASSOIFFE, au lieu de dire “qui a soif”, ils écriraient : “buvez donc un verre d’eau” ou quelque chose d’utile. Et à “Désespoir” ils donneraient quelques idées pour en sortir au lieu de dire que c’est le contraire de l’espoir…

Mais bon, je reconnais que je dois être passablement éreinté par alzheimer pour écrire des trucs aussi débiles. Tiens, à “éreinté”, je vois qu’ils disent “très fatigué” – ce que je sais – alors qu’ils devraient dire : “essaye plutôt de dormir un peu mon pauvre vieux, et ça ira peut-être mieux demain !”. Finalement, je me demande bien à quoi ça sert de qualifier les choses au lieu d’aider à les changer ?

Si un clochard dit à quelqu’un : “j’ai faim”. Il n’attend pas qu’on qualifie sa question en répondant :“ah je vois, mon brave, vous avez donc une sensation qui, normalement, accompagne le besoin de manger” (Petit Robert) mais qu’on lui donne un truc à me mettre sous la dent ! J’ai tort ? En tout cas je fatigue, c’est clair !

A mon bureau aussi il y a des gens qui pensent comme les dictionnaires : au lieu de changer les choses qui ne marchent pas, ils passent des plombes à vous expliquer pourquoi elles merdent. En gros quand une ampoule est naze, vous voulez qu’on la change non ? Eh bien à mon bureau ils vous expliquent pourquoi elle est pêtée ! perce que ceci, et parce que cela….. Mais changer l’ampoule, ça non, c’est pas possible. D’ailleurs, si vous voyez les ampoules qui ne marchent pas, c’est que VOUS êtes négatif et pas constructif ! Gloups.

La beauté de l’univers et l’abstraction musicale

>mahler.jpg Plus ça va et plus je m’aperçois que m’extasie sans jamais me lasser devant la beauté de l’univers, des saisons, des ciels, de la lumière, des arbres, des fleurs, des oiseaux etc… et aussi de la musique (quand les compositeurs y ont mis ce qu’il y avait de plus beau dans la Création. Les autres auraient mieux fait de s’abstenir de jeter des notes inutiles sur une partition). Tiens, ça me fait penser à ce chef d’orchestre dont j’ai oublié le nom qui, montant un jour dans le chalet que Gustav Malher avait dans la montagne au-dessus de Vienne, s’extasiait devant la pureté du ciel, la couleur des gentianes et la fraicheur des cloches des vaches dans l’air argenté… et s’était entendu répondre par Malher avec une impatience bougonne: “Mais, bon sang, dépéchez-vous donc Walter (tiens voilà son nom me revient, c’était le grand chef Bruno Walter), ne perdez donc pas votre temps à regarder la nature, j’ai tout mis dans ma musique ! Allez, venez, dépéchez-vous nous avons à travailler”. J’adore qu’on parle comme ça.

Gustav Mahler (1860-1911), à l’époque où il dirgeait l’Opéra Royal de Vienne

Le fou est mort, vive le Fou !

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Le monde est devenu fou et, surtout, il est dirigé par des cinglés – mais vraiment graves. Faut que je trouve dans le dictionnaire la racine grec du mot que je cherche car il faut absolument le créer s’il n’existe pas encore. Je connaissais la Monarchie (d’un seul), l’aristocratie (de la noblesse), l’oligarchie (du petit nombre), la démocratie (du peuple), la gérontocratie (des vieux), la ploutocratie (des riches), la bureaucratie (des bureaux)….

Mais comment appelle-t-on le régime qui est celui dans lequel le monde vit en ce moment ? Celui qui est dirigé par des cinglés ?

Pendant longtemps j’ai pensé que je pourrais être fou du roi. Même dans une République, “Fou du Président”, ça m’aurait fait une belle carte de visite !
CVisiteFouDuRoi
Mais plus ça va, plus je me dis que cette fonction n’était plausible que dans un monde normal : celui où les dirigeants du monde sont à peu près équilibrés et où on avait donc besoin d’un fou – juste un !

Mais, aujourd’hui, les proportions sont inversées : on a carrément à faire à des bandes de cinglés et “fou d’un fou” ça n’a plus aucun sens. Faut donc se tirer, vite fait, avant qu’ils déglinguent tout ! Je renonce donc solennellement à mon poste et à mon beau chapeau à clochettes : fou du roi, moi ? jamais

(NDLR). Ce post a été rédigé en août 2004 – donc rien à voir avec des événements récents ! Mais je ne me rappelle plus ce qui m’avait valu cet emportement… Peut-être une déclaration de Bush ? d’un politicien français ? je ne me rappelle plus.
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Que la République arrête de mentir !
Manier la démocratie avec des pincettes
J’en ai marre de vivre en kakistocratie !
Ils se prétendent démocrates et ont peur du Peuple !
Démocratie, médiacratie et médiocrité tout court !
Leur relance si ça marchait ça se saurait !
La démocratie représentative et les perles aux cochons

J’aime les nuages. Les nuages qui passent…

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Aujourd’hui c’était mon anniversaire…

“Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
– Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est restée jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages. Les nuages qui passent… là-bas…là-bas les merveilleux nuages !

L’Etranger, Le Spleen de Paris – Charles Baudelaire

Merci à Mom pour la Correspondance Durrelll-Miller et les merveilleux bouquets dans les vases chinois, Candice pour les Quatuors de Haydn, Philippe pour les contes zen et les bouteilles de Pomard… Benoit pour le pot surprise avec Anne, Véronique, Vanessa, Yannick, Philippe, Laurent, Céline, … Sylvain, Corinne et Julie pour le Croze-Hermitage… Muriel pour ta fidélité… Julia, Dominique, Michèle, Franck, Marlène, Evelyne, Xavier et tous les autres pour vos gentils coups de fils, … Merci aussi aux nuages de la rue de Babylone (hier à midi) et à la pluie qui tambourine sur mes vitres (ce soir) … Le temps est déglingué… Maman et moi sommes déglingués à cause d’alzheimer, et pourtant il faudra bien aller jusqu’au bout ? Au bout de quoi ? …
Les nuages passent… là-bas…là-bas les merveilleux nuages…

Nostalgie des temps heureux…

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Quand j’étais petit, pendant les grandes vacances, je me balladais dans les chemins… il y avait d’immenses gerbes dans les champs de blés, des bleuets, des coquelicots… on taillait des branches de noisetiers, ça sentait bon les soirs d’été. On croisait des troupeaux de vaches et de moutons dont les clochettes tintaient. L’air était chaud et plein du crissement des sauterelles et des cigales…Aujourd’hui, [ce post date d’août 2004] je suis à Paris avec maman qui ne dit presque plus rien à cause d’alzheimer, il y a des manifestations dans l’avenue et les seules petites bêtes des champs que je vois sont celles qui se balladent dans les assiettes en porcelaine qu’on utilise tous les soir pour le déjeuner et le dîner… En fait, ça me fait plaisir de les voir : elles me rappellent les soirées d’août où on s’étendait sur le dos dans l’herbe fraîche, un épi entre les dents ; cherchant les étoiles filantes pour faire un voeu… Tous les jours, en quelques secondes, cette minuscule petite bête se promenant sur une assiette m’ouvre sur l’infini : je pense à Rimbaud, je pense aux champs d’orge de Boaz dans la Bible, dans le livre de Ruth… et aussi à ce haïku de Osaki Hôsai :

Sur la pointe d’une herbe
devant l’infini du ciel
une fourmi

Bonheurs…
Je ne voyage pas seulement dans les assiettes mais aussi dans mon plat à oeuf et aussi dans le temps


Quelques bouts de nostalgie

Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Mesurer le temps et sa vie en matins
Nostalgie des temps heureux
Nostalgie des petits villages
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

Moins de gens au ministère de la santé et plus d’hospitaliers !

lourdes.jpg J’ai regardé aujourd’hui sur KTO un documentaire sur le pèlerinage des malades à Lourdes à l’occasion de la visite de Jean Paul II. Richesse d’un engagement au coeur de l’essentiel et émouvante leçon de partage entre ceux qui souffrent en gardant l’espérance et ceux qui les accompagnent – hospitaliers et brancardiers – avec une générosité de coeur et une ferveur étonnantes. Ils se mettent au plus près des malades, ils donnent tout, et déclarent humblement : “On ne donne presque rien et l’on reçoit beaucoup”. Bien sûr, il faut sans doute y être pour comprendre vraiment, mais tout de même, ça fait du bien de voir des gens comme ça. Et aussi des émissions comme ça : quand je pense à ce que TF1 diffuse à longueur de programmes, j’ai honte pour eux, leurs dirigeants débiles et leur entreprise de démolition. Bon, c’est dit, je retourne m’occuper d’alzheimer.

Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur…

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Dans deux jours c’est mon anniversaire. Cet après-midi, avec maman, je relisais donc des vieilles lettres d’avant ma naissance. Ils attendaient en fait une petite “Caroline” et n’ont pas du être déçus de la surprise ! J’ai aussi du mettre un certain temps à arriver et c’est sûrement de là que vient mon IMPATIENCE maladive, perpétuelle, ancestrale, congénitale : depuis le premier jour je dois essayer désespérément de rattraper le retard pris à la naissance et ça m’épuise. A l’époque, j’avais lu dans une revue de psychiatrie que mon comportement était typiquement celui des enfants qui ne savaient pas différer leur impatience. Forcément, pas une seconde à perdre ! C’est pas un psy qu’il faudrait que j’aille voir mais un pédiatre ! ça me rajeunirait.

Aujourd’hui – à cause d’alzheimer et de la mémoire qui fout le camp – je suis de moins en moins sensible à l’écoulement du temps : juin, août ? … même pas vu passer ! juillet ou mars, pas non plus. 2002 et 2004 encore moins… Je suis davantage sensible aux tonalités. Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur. Plutôt que les âges de la vie, Dieu aurait du nous attribuer quelques tonalités par lesquelles on passerait comme dans le clavecin bien tempéré. Certains arriveraient jusqu’à La bémol majeur et d’autres jusqu’à à Si mineur… Ce serait peut-être plus intéressant que de compter en années. S’asseoir sur une chaise au Luxembourg à côté d’une jolie fille : “Ah bon, vous êtes en ré majeur ? enchanté, moi je suis en si mineur ! Que la lumière est belle aujourd’hui…”. Mais bon, je ne vais pas chipoter sur la Création, elle est trop belle : Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
J’appartiens au monde d’avant la pomme
“Ne perdez pas de temps à regarder la nature, Bruno”
Je relève de la pédiaterie

Je suis toujours content quand c’est le taureau qui gagne..

corrida2.jpg Il y a un clochard qui vient parfois se réfugier sous une porte cochère devant laquelle je passe tous les soirs en rentrant. Il a ses piles de sacs plastiques, son litre de vin et il somnole avec un petit poste de radio contre son oreille. Ce soir, il avait ce sac jaune que j’ai trouvé magnifique. Je voulais le prendre lui aussi mais je n’ai pas osé. En tout cas je déteste les corridas et trouve donc ce picto plein d’ingéniosité. Et comme de plus en plus souvent je fais une crise d’allergie à certains politiciens et parlementaires divers, ce petit picto me donne également un peu d’espoir pour l’avenir de la démocratie… ;-)

Arriver sur l’autre rive du fleuve avant de craquer…

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Magnifique exposition Albrecht Dürer à la Mairie du Ve arrondissement. Avec, notamment, les seize feuilles de l’extraordinaire Passion gravée publiée en 1513. Carrément renversante. Et aussi cette xylographie de Saint-Christophe que j’ai vue ce matin de façon disons renouvelée : en ce moment, à cause d’alzheimer, et comme Saint Christophe, je transporte quelqu’un sur mes épaules pour lui faire traverser le fleuve et l’accompagner sur l’autre rive… Je trouve le poids très très lourd… Mais le petit enfant que Saint Christophe transportait sur son large dos était bien plus lourd que n’importe quel autre passager qu’il avait pris jusqu’alors sur ses épaules. Son poids, peu commun, était dû au fait qu’il portait tous les péchés du monde. Baptisé dans le fleuve, Christophe acquis alors son nouveau nom : christo-phoros – qui porte le Christ…

PS. Le problème n’est pas tellement le poids (la gravité de la maladie) de la personne que l’on porte sur les épaules. C’est le fait, comme dans la fable de la grenouille et du scorpion, que vous sachiez que cette personne va vous faire couler. C’est ça qui est dur. Physiquement, psychologiquement, spirituellement, moralement…

Que faire quand il n’y a plus rien à faire ?

Mairie du Ve. Place du Panthéon. Jusqu’au 3 octobre 2004; Lu à sa : 10h-19h30; Dim : 11h-19h

Jamie, tu as un bébé en pointillé !

sommeil_balances.jpg Hier à 23:33, Jamie me dit : “pas de biberon avant quelques heures… Paraît qu’ils commencent à faire leur nuit lorsqu’ils pèsent 5kg : mais le mien fait 5,7kg…”
Mais moi non plus Jamie je ne fais pas mes nuits ! Je ne sais pas combien je pèse – la balance est bloquée sur 20 kg – mais si j’ajoute le poids des soucis, je devrais largement faire mes nuits ce qui n’est pas le cas. Donc à mon avis ce n’est pas une question de poids ! Si ton bébé ne fait pas ses nuits c’est que tu as un bébé en pointillé (voir première ligne du graphique).
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Les nouveaux-nés dorment en pointillé, c’est prévu, c’est comme ça. Que ça rende dingue la maman, c’est normal, c’est comme ça. Courage, encore quelques mois et ce sera cool !

Marre d’essayer de me distraire la tête

prairie_dog.jpg De temps en temps, en rentrant le soir, la journée a été tellement déprimante et identique à la précédente que je m’invente des panneaux dans la rue pour essayer de me dépayser. Et avoir l’impression que je voyage un peu plus plus loin qu’around the block comme ils disent en anglais. Ce soir j’avais en tête “attention, traversée de chien de prairie” histoire de respirer le grand air des prairies du Colorado. Et de m’éloigner un peu de l’Esplanade que je connais par coeur… Ne sachant pas si Prairie dog se traduit par chien de prairie ou s’il y a un nom spécifiquement français, je me lance dans une recherche laborieuse sur internet et apprends qu’ils ne sont pas de la famille des chiens mais des écureuils etc… des tartines de pages à lire… C’est toujours comme ça : j’essaye d’inventer un truc pour me distraire la tête et me calmer les nerfs et paf, ça fait un sac de noeud pas possible. Donc je vais arrêter d’inventer des trucs idiots et de me prendre la tête avec des panneaux qui posent trop de questions et me font devenir chèvre. Reste que si je voyais passer un chien de prairie ça me ferait plaisir ! prairie_dog_anim.gif

Des ailes (d’ange ?) pour planer au-dessus de la mort …

Muriel, qui a beaucoup de courage, me parle de son père qui vient de mourir et me montre une carte avec cette belle aile de Dürer, presque celle d’un ange… En rentrant chez moi, je feuillette les lettres de Van Gogh à Théo et trouve ces quelques phrases :

“Des ailes pour planer au-dessus de la vie!
“Des ailes pour planer au-dessus de la tombe et de la mort!”

(12 septembre 1875)

“Une lettre de mon père m’a appris ce matin la mort de l’oncle Jan. Une nouvelle de ce genre nous incite à répéter : Seigneur, attachez-nous intimement les uns aux autres et que notre Amour pour Vous rende ce lien de plus en plus solide”. [1er septembre 1875]

“Je lutte avec une toile commencée quelque jours avant mon indisposition ; un faucheur, l’étude est toute jaune, terriblement empâtée, mais le motif est beau et simple. Je vis alors dans ce faucheur l’image de la mort (…). Mais dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui inonde tout d’une lumière d’or fin”… [septembre 1889]

Courage Muriel… Tu sais qu’il n’y a pas que les anges qui ont des ailes pour planer au-dessus de la mort. Et que ta vie continue d’être inondée de cette belle lumière d’or fin…

Albrecht Dürer – Aile. 1512. Aquarelle et gouache sur vélin. Graphische Sammlung Albertina, Vienne.

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D’autres anges…
L’ange de l’histoire de Klee
J’aime bien ces anges…
L’ange voleur d’étoiles,
Sûrement j’exagère
Wer wenn ich schreiee
L’ange des ruines de Dresden…
J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes !
Pourquoi Fra Angélico a t-il peint ce trou ?

Les simples de Dürer
Une chauve-souris de Dürer
Les petits tonnelets de Dürer
Le magnifique lièvre de Dürer…

La peinture numérique ne sens pas assez la térébenthine…

peinture_01.jpg Au bureau, on est en train de faire un nouveau site web. Comme on est super en retard, on repeint la CSS à la hâte : il y a donc un peu de stress et beaucoup de déception, mais bon, c’est comme ça. Ma grand-mère disait : “il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur” mais je n’y arrive pas : il y a trop de trucs que nous n’avons pas eu le temps de peaufiner parce que nous nous y sommes pris comme des manches. A propos de manche, par comparaison, le couteau sans lame auquel il manque le manche de H-G Lichtenberg fait figure d’objet authentiquement complet. Oui, je sais, j’exagère toujours un peu, mais bon, il manque tout de même trop de trucs que nous aurions pu faire avec un peu de méthode. Mais ce qui m’attriste le plus, c’est qu’on a tout repeint et que ça ne sent pas l’odeur de peinture fraîche… J’aurais tellement aimé que ce nouveau site sente bon la térébenthine. C’est nul ces peintures numériques. C’est joli mais ça ne sent rien.

Complexe d’Oedipe et Confrérie de Saint Jacques…

carnet_noir.jpg Je devrais reprendre les bons vieux carnets noirs que j’utilisais à l’époque bénie où j’avais le temps d’aller faire des recherches à la vieille BN… Aujourd’hui tout est numérique, j’uploade mon blog et tout le monde peut lire les pages débiles que j’arrache au néant de ma vie… Il n’y a évidemment que des personnes bienveillantes et adorables qui regardent amicalement sur mon épaule mais bon, si j’arrête d’écrire, elle pensent que je suis mort ou déprimé (ce qui est vrai). Comme disent les politiciens, je vais donc encore une fois (oui Jamie, oui Génaëlle, vous avez gagné) “cèder à la presion amicale de mes amis”… reprendre ce foutu blog et poursuivre mes âneries quotidiennes. Dans le petit carnet noir que je viens de prendre en photo, je vois que j’avais noté à la dernière page : “si une femme est enceinte et qu’elle fait le pélerinage de Compostelle, à la naissance l’enfant est membre de la Confrérie de Saint Jacques car il est considéré comme ayant fait le pélerinage”. Voilà, comme c’est l’été mais que je suis mort de fatigue, c’est exactement ça qu’il me faudrait : qu’une jolie pélerine m’emporte avec elle à Compostelle !

Bon, je sens que c’est encore un truc que je n’aurais pas du dire… rapport au vieux Sigmund, au complexe d’Oedipe, à la régression, à l’envie de retourner dans le sein de sa mère et et bla bla bla… Mais vouloir renaître c’est déjà mieux que vouloir mourir non ? Je progresse donc !

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