J’aime bien Hammershoi, et ce dos…

hammershoi1
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et aussi celui là…
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Ichtus

Je passais devant la Conférence des Evêques de France tout à l’heure et je me disais que leur logo était plutôt bien foutu : le poisson, la planète, la croix, le bleu de Marie… Je trouve que pour une fois ils ont été bien inspirés. Sans doute l’Esprit saint…

ΙΧΘΥΣ, ἰχθύς

Mon autoportrait, là, sur le trottoir de l’avenue…

C’est marrant, tout à l’heure, je marchais dans l’avenue et, tout à coup, pof, il y avait ça devant moi, sous mon nez : mon autoportrait !

soupirail2.jpg

Clin d’oeil à “North by Northwest”

Je n’avais pas vu, à l’époque, cette pub de McCann-Erickson Roumanie pour le Dakino Film Festival d’octobre 2007. Amusant clin d’oeil-cliché à l’inoubliable et immense film d’Hitchcock, “North by Northwest” (“la Mort aux trousses” en français) avec Cary Grant, la belle Eva Marie Saint, James Mason…

Tiens, comme je l’ai en DVD, je vais le regarder ce soir. Je ne m’en lasse pas : ce sera sans doute la trois cent quatre vingt quinzième fois ! (désolé je sais pas où il faut mettre les tirets entre les mots).
Annonceur: DaKino (Dakino Film Festival: Rescue) Agence: McCann-Erickson Roumanie, Directeurs artistiques : Adrian Botan, Alexandru Dumitrescu, Andrei Tripsa, Ionut Pascu, Photographer: Carioca. Original en entier ici.

J’aime bien ce mur…


J’aime bien ce mur… il dit beaucoup de choses je trouve

© Alan Cook, son site

Mon imagination me perdra ! (suite)

J’ai un vrai problème dans la vie : je ne vois jamais ce que je dois voir. Par exemple, aujourd’hui, je travaille dans un logiciel où il y a des petits markers rose. Je les vois sous la tête de lecture, pas le moindre problème. Et, tout à coup, pof, je vois des cabines de plage ; et hop je suis à Dauville ou dans une station balnéaire… J’entends les mouettes, ça sent bon les embruns et je n’arrive plus à me concentrer. Pas croyable de ne pas pouvoir contrôler son imagination. Et en plus il fait un froid de canard : vraiment pas un temps à se baigner !


Mon imagination me perdra (1)
Mon imagination me perdra (2)
Les voyages imaginaires dans mon assiette
Au moins ça me fait des vacances au bord de la mer

L’art, quand il nous tombe directement du ciel

Quand, une fois par an, il y a la “Nuit des Musées” les gens vont voir les tableaux au Louvre… Moi le matin je lève les yeux et, miracle, il y a un grand ciel de Poussin au-dessus de ma tête. C’est magique l’art quand il nous tombe dessus, directement du ciel, juste à la verticale du temps…

Le ciel, je ne sais pas ce que c’est,
mais c’est ce que je salue chaque matin
et je me sens mieux lorsque je l’ai fait”

(Yasushi Inoue)

Autres bouts de ciels …
Le ciel comme … issue de secours !
Un petit balcon dans le ciel…
Penser à mettre le ciel dans une enveloppe
Qu’est ce qui nous ouvre le ciel
A riveder le stelle…
Il faut que le hasard renverse la fourmi…
Le ciel dans le caniveau
Regarder le ciel en bas…
J’aime les nuages qui passent
Le jour n’est pas plus beau…

L’arrivée prochaine de l’homme bionique ?

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Dans son commentaire sur mon post précédent Erig disait : “un truc me gêne : peut être la vague idée des débuts de l’homme “bionique”… Entre les puces RFID sous la peau, le génôme modifié et les très prochains implants téléphoniques, que restera-t-il de la création?”
Très souvent, à mon bureau ou dans la rue, j’ai vu des gens qui annonçaient l’arrivée de cet homme bionique : ils marchaient déjà, parlaient, pensaient, riaient comme de véritables robots. C’est effrayant de le voir marcher ainsi, complètement insensible à tout. Allons-nous vivre (bientôt) dans un tel monde ?

Il y a tout de même des gens extraordinaires !


Il y a tout de même sur terre des gens extraordinaires : comme Oscar Pistorius, le sprinter sud-africain, amputé des deux jambes, qui a récemment gagné le droit de concourir pour le 400m, à Pékin en août prochain, avec les autres athlètes valides. Bravo !
AFP

Vidéo ici

Merci Eudes de m’avoir fait penser à lui rendre hommage.

on n’attend pas tous la même chose dans la vie…


J’aime bien cette carte. La petite fille prie pour rendre grâce mais sa petite chienne impatiente fixe l’oeuf avec une seule idée en tête : qu’on passe vite aux choses sérieuses et qu’on se décide enfin à l’ouvrir cet oeuf à la coque ! C’est souvent comme ça dans la vie : on n’attend pas tous la même chose, ni avec la même impatience …

Suspense, Charles Burton Barber (1845-1894)

Ces hommes qu’on ne peut pas ne pas entendre…


Je lisais ce soir ce magnifique texte de C.F. Ramuz :

“Il y a des hommes qui parlent et il y a des hommes silencieux.
Les hommes silencieux copient les hommes qui parlent quand il leur arrive de parler.
Ils n’ont pas l’habitude de parler ; ils se servent pour s’exprimer de phrases toutes faites.
En gros, et pour simplifier, il y a les hommes de la ville et les hommes de la campagne : ceux qui expriment des idées qu’ils n’ont pas, ceux qui n’expriment pas les idées qu’ils ont.
Ceux qu’on ne peut pas ne pas entendre et qu’on voudrait bien ne plus entendre ; ceux qu’on voudrait entendre et qu’on n’entend jamais.
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Ces produits cosmétiques qui tuent les animaux

Je trouve cette campagne d’Animal Liberation à la fois belle et intelligente : “chaque année 6 millions d’animaux sont tués pour tester des produits de beauté. Boycottons ces produits cosmétiques qui impliquent qu’on tue les animaux !”

Agence: Ideaworks, Australie, Directeur Artistique : Kevin Bathman, Photographe: Cris Cordeiro, Retoucheur: Andre Matkovic

Je suis un gueux du Moyen-Age qui mange des racines !

Je me suis rappelé, au déjeuner, les premiers livres que la grande historienne Régine Pernoud écrivait pour en finir avec le Moyen-Age. Elle y rappelait l’indigence des connaissances générales sur ces immenses siècles qu’on qualifiait alors de “sombres”, “obscurs”, “noirs” et “ténébreux”. La bétise de l’enseignement général sur cette période était tellement crasse à l’époque que l’opinion était persuadée que les gens du Moyen-Age n’étaient qu’un ramassis de gueux obscurs (alors qu’ils construisaient des cathédrales) et tellement indigents et miséreux qu’ils en étaient réduit à “gratter la terre” et à …”manger des racines”…
A midi, j’ai également mangé des racines et elles étaient fort bonnes. Je suis donc un gueux du Moyen-Age. Et ce soir je me ferai sans doute des poireaux ou des carottes. Que voulez-vous, je suis un serf stupide : je mange des racines !

La bonne odeur de la pierre taillée

Mesurer sa vie en matins

Dieu a bien choisi sa gamme Pantone


Je ne devrais même pas le mentionner tellement c’est bête. Mais en me promenant hier soir, je me suis dit que Dieu® avait bien fait les choses et surtout très bien choisi sa gamme Pantone©. Faire le ciel vert et l’herbe bleue n’aurait pas été particulièrement beau. Donc tout est bien comme c’est. Comme il est dit aux premiers jours de la Genèse : “Il y eut un soir, puis il eut un matin… Et Dieu vit que c’était bon”. Je le trouve aussi !

Rendre à César ce qui appartient à César !
Même les flamands roses sont mieux roses

Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !

J’adore André Suarès que j’ai toujours tenu pour le plus grand écrivain français (pour son éblouissant Voyage du Condottiere notamment mais pas seulement). Cette photo vous paraîtra sans doute un peu inquiétante mais ne vous y fiez pas. Je la mets ici parce qu’elle est vraissemblablement guère postérieure à l’époque où Suarès passait devant le conseil de révision des Armées en se présentant devant les autorités militaires avec sa grande cape noire, ses longs cheveux tombant sur ses épaules et, sous le bras, la partition de Siegfried de Wagner ! J’adore cette histoire et imagine que les officiers ont du s’étrangler en voyant arriver ce jeune homme passionné, à la fois sombre et diaphane.
Pourquoi diable est ce que je vous raconte cette histoire ? Ah oui, Wagner : hier, en lisant des textes de Milosz, j’ai découvert qu’il ne passait pas seulement des journées entières à apprivoiser les oiseaux mais qu’il leur sifflait des airs de Wagner ! Et, comme avec François d’Assise, tous les oiseaux arrivaient et se posaient sur ses épaules. «C’était surtout en hiver lorsque la neige recouvrait le parc que le spectacle était étonnant, raconte un jardinier ; On le voyait marcher tout seul, vêtu de noir, accompagné d’une centaine d’oiseaux de toutes les espèces.» (*)

Voilà la grande découverte qui me ravit littéralement : Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux de la forêt de Fontainebleau : il leur chantait du Wagner !

Le Voyage du Condottière de André Suarès
François d’Assise et mes petites soeurs les hirondelles
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Autres oiseaux…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

(*) Citation de Janine Kohler, Présidente de l’Association des Amis d’Oscar Milosz

Le rouge-gorge de Milosz frappe à la fenêtre gelée…

Deux phrases trottent dans ma tête en ce moment. Similitude ?

La première de Oscar Vladislas de Lubicz Milosz :

Si l’impossible attendu si longtemps

Frappait à la fenêtre, comme le rouge-gorge au coeur gelé,
Qui donc se lèverait ici pour lui ouvrir ?”

et la seconde de Rainer-Maria Rilke :

Si je criais,
qui donc entendrait mon cri parmi les hiérarchies des anges ?”

Wer wenn ich schriee…
Le poème de Milosz en entier
Le canari de Milosz
Le canari de Kazantzaki


Oui, je sais, l’image et la phrase de Milosz ne sont pas vraiment de saison mais peu importe : toutes les saisons sont belles !

Le canari de Milosz s’est envolé !

Il y a des soirs, comme ce soir, quand les choses deviennent particulièrement intenables, où je sens qu’il va m’arriver quelque chose comme une crise d’apoplexie ou une crise cardiaque ou une crise de nerfs, en tout cas une crise. Quelque chose dans le genre de ce qui est arrivé au grand poète et ami des oiseaux, Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz : le 2 mars 1939, juste avant que n’éclate la guerre mondiale qu’il pressentait, il s’effondrait mortellement après s’être fâché contre son canari qui ne voulait pas rentrer dans sa cage. Le médecin concluera à une embolie.
Mon canari à moi, c’était la paix de l’âme. Et je n’arrive plus à le faire rentrer dans sa cage. Et sa cage, voyez-vous, c’était ma tête. On verra les conclusions du médecin légiste. [mais bon, n’appelez quand même pas la police.Le café ne fait plus d’effet; je vais me coucher et m’occuperai du canari demain

Nikos Kazantzaki aussi avait un canari sur la tête !
/
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Autres oiseaux…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

Mon autoportrait en petit singe enchaîné…

Quand c’est l’hiver et que la nuit tombe tôt, il est évidemment plus facile d’être enfermé que lorsqu’il y a du soleil et que les gens sirotent des menthes à l’eau à la terrasse des cafés… Mais bon, c’est comme ça et je me console d’être un petit singe enchaîné en regardant la belle huile sur panneau de chêne de Pieter Bruegel l’Ancien. On a les autoportraits qu’on mérite disait ma grand-mère.

A force d’être bloqué à l’intérieur à cause d’Alzheimer, je pense d’ailleurs très souvent à ce que Glenn Gould disait de l’enfermement qu’il considérait comme un test de sa propre mobilité intérieure.

Je n’ai jamais bien compris ce souci de la liberté tel qu’on l’entend dans le monde occidental” disait-il. “Pour autant que je le sache, la liberté de se déplacer est généralement liée à la mobilité ; et la liberté d’expression le plus souvent à l’agression verbale socialement tolérée. Ainsi, être incarcéré serait le test parfait de sa propre mobilité spirituelle et de la force qui nous permettrait de choisir une option créative pour échapper à la condition humaine”. 


“I’ve never understood the preoccupation with freedom as it’s reckoned in the Western world. So far as I can see, freedom of movement usually has to do with mobility, and freedom of speech most frequently with socially sanctioned verbal agression, and to be incarcerated would be the perfect test of one’s inner mobility and of the strength which would enable one to opt creatively out of the human situation”

Bon, c’est à la fois du Glenn Gould (toujours un peu tiré par les cheveux) et une traduction (merci à Suzan by the way) et donc c’est au total un peu compliqué. Mais, pour avoir testé l’enfermement avec Alzheimer, je crois pouvoir affirmer que c’est assez juste comme test de sa propre mobilité intérieure…

La taille de mon univers
Un surplace de plus en plus immobile…
Immobilité et méditation…
J’aurais l’air de quoi si j’étais un oiseau ?

Pieter Bruegel le Vieux,
Les deux singes enchaînés
Huile sur chêne, 20 x 23 cm
Staatliche Museum, Berlin

Allez, ouste, dehors les vieux ! vous gênez !


© Bill Traylor

C’est marrant comme à propos d’Alzheimer les gens ne peuvent pas s’empêcher de répéter inlassablement la même phrase quand ils vous rencontrent : “Mais tu devrais te renseigner tu sais, il y a des maisons pour ça non ?”, de la même façon qu’ils vous diraient que vous pouvez accrocher votre chien à un platane sur l’autoroute pour vous en débarrasser quand vous partez en vacances au mois de juillet… (eux qui ne laisseraient pas leur chien ou leur chat une seule nuit chez le vétérinaire !). Pour les vieux atteint d’Alzheimer, pas de problème : y a qu’à s’en débarrasser ou les mettre à l’asile ! (Oops non, pardon, ils ne disent pas “s’en débarrasser” mais “placer dans une maison”… (ça fait plus magique). Ils n’ont jamais mis les pieds dans ces maisons, mais ils vous assurent tout de même que c’est très bien (avec des fleurs et des gens “très compétents” tu sais…). Mais le problème ce n’est PAS que ce soit bien ou pas bien (évidemment que c’est très bien), c’est la déchirante rupture de la personne malade avec tout ce qu’elle a aimé pendant des décennies : ses habitudes, ses meubles, ses affaires, les milliers de petits détails de la vie courante, la vie quotidienne, la vie tout court en fait ! Elle a déjà TOUT perdu (tous les souvenirs, tous les mots,…) et il faudrait encore lui arracher ses ultimes repères matériels ? Donc je ne dis pas que je ne serai pas obligé de le faire (même assez vite maintenant). Mais j’aurais au moins essayé de tenir. Pour retarder le plus longtemps possible : pour que la rupture terrible et définitive se fasse le plus inconsciemment, le plus doucement, le plus insensiblement possible… Si je les avais écoutés, il y a déjà quatre ans qu’elle serait “placée” … Quatre ans… Allez ouste les vieux, dehors, vous êtes gênants !

Outrenoir… au-delà du noir…. de l’autre côté du noir…

Hier soir, dans un documentaire sur Arte, Pierre Soulages disait ceci :

Enfant, je devais avoir quatre ou cinq ans, je me tenais contre le parapet du pont et il y avait des trains à vapeur qui manoeuvraient dessous dans un énorme panache de fumée noire qui obscurcissait tout le paysage. On ne voyait plus rien ; on était dans la fumée noire. Et progressivement la fumée s’en allait et les formes réapparaissaient et j’aimais beaucoup ça”.

Ce noir et cette suie des locomotives n’a strictement rien à voir avec le magnifique “outrenoir” de Soulages (qui désigne évidemment un tout autre champ mental que celui qui est atteint par la seule couleur noire)… mais je me demandais, en l’écoutant parler de cette fumée noire, ce que je verrai du paysage de ma vie quand l’énorme crasse noire que dépose Alzheimer® sur mon âme aura progressivement disparu… Qu’y aura-t-il outrenoir ? Qu’y aura t-il après le noir ?

Attention respect
L’outrenoir de Soulages
Des croquis inédits de Soulages
Youpi j’ai des lunettes faites par Soulages

Artsy’s Pierre Soulages page

Alzheimer peint tout en noir dans ma vie comme dans la chanson de Bob Dylan…

J’ai compté les mots qui disparaissaient… Il n’en reste plus

Voilà, Alzheimer® a presque terminé et gagné sa première bataille contre les mots. Maman, qui savait tant de choses, ne sait désormais plus rien. Les derniers mots qu’elle utilisait pour communiquer ont maintenant tous disparus (il en reste deux ou trois), remplacés par les terribles billes noires d’Alzheimer®. Plus de mots, juste du noir… Et je sais que ce n’est que la première manche d’Alzheimer® et que le pire est encore à venir. J’ose à peine imaginer. Je sais en tout cas que plus aucun miracle ne viendra s’agenouiller devant ma porte comme un chameau attendant qu’on le monte (un chameau bienveillant mastiquant un épi sec et souriant avec ses bons yeux aux grands cils). Voilà, je n’en dis pas plus. Je voulais juste donner quelques nouvelles du front à ceux qui parfois me disent qu’ils pensent à moi et me demandent comment ça va !

Je deviens traducteur ce ce qui n’a pas été dit
les plaisirs de la conversation
Le chat d’estelle
Mes jours avec alzheimer

Quelques petits bouts de silence, en vrac… Continue reading

“Toutefois je vous assure” …. etc


Hier au Luxembourg, je relisais des textes de Nikos Kazantzaki qui me bouleversent toujours tellement ils sont beaux… Et je suis tombé sur un passage où, à la fin des années 1920, il visite la Russie communiste en compagnie de Panaït Istrati : Kiev, Leningrad, Vladivostok… et il donne sa recette pour déjouer la propagande des autorités.

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Apprendre à dézoomer vite fait …

Il faut très rapidement que j’apprenne à dézoomer. Ceux qui me connaissent un peu savent que j’aime bien faire exactement l’inverse : agrandir les toiles des Musées avec une loupe à 200% ; ou agrandir les cartes comme un malade avec Google Maps… Mais ces derniers temps, c’est Alzheimer qui a zoomé un peu trop fort dans mon cerveau : il a tout peint en noir et agrandi la tache à 200%. Brrrrr, fait beaucoup trop sombre là dedans maintenant : faut que je dézoome rapidement pour retrouver un peu de blanc et de calme intérieur… Le seul problème avec Alzheimer, c’est qu’il ne vous laisse pas prendre du recul : ce serait trop beau… Et le yin yang il s’en moque comme de sa première chemise ! Bon, enfin bref, ce que je voulais dire c’est que j’allais peut-être essayer, ces prochains temps, de prendre un peu de…. recul. Sur ma vie. Et peut-être aussi sur ce blog… Dézoomer quoi ! Et sans doute l’abandonner. Arrêter d’écrire. Plus rien à dire n’importe comment. La vie est trop dure.

Agrandir à 200%
Agrandir avec Google Maps
Alzheimer peint tout en noir
Mon cerveau ou Dresde après le bombardement : pareil
Les journées avec Alzheimer

Bon, encore un dernier à 200% et après, promis, j’arrête !


L’original à la National Gallery à Londres fait exactement 82 x 60 cm. Pouvoir zoomer à ce point dans la partie centrale du miroir et les voir de dos avec le personnage en bleu qui apparaît, moi, que voulez-vous, je trouve cela tout simplement renversant. Cette toile est archi connue mais renversante. Même avec une loupe à la National Gallery, je ne verrais pas cela.

Jan van EYCK
Portrait des Epoux Arnolfini
(Giovanni Arnolfini et sa femme)
1434 – huile sur chêne

La petite pomme à gauche sur le rebord de la fenêtre des époux Arnolfini

Des rubans roses qui frissonnaient dans le vent du soir…

Tout à l’heure, en allant boire un verre au Rostand pour me calmer les nerfs après une dure journée (alzheimer ne respecte pas les jours fériés et ne fait jamais le pont), je traverse le Luxembourg juste avant la fermeture du jardin, au moment où le soleil tombe derrière les grands paulownias mauves entre les tennis et l’orangerie…

Pendant que les joueurs du soir échangent leurs dernières balles, je tombe, dans l’allée Delacroix, sur une “installation” – comme ils disent maintenant – intitulée “Du vent dans les branches”. Au milieu d’un tas de trucs d’artistes prétentieux sans grand intérêt, ces magnifiques arbres à rubans inspirés (dit la notice sur le site du Sénat) des mâts qu’on trouve dans les monastères tibétains. La photo, sans mouvement, ne rend absolument pas compte de la douceur de ces rubans qui frissonnaient dans le vent quand j’y suis passé tout à l’heure dans la belle lumière du soir. Mais j’ai trouvé l’idée très intelligente. Sur chaque tronc et chaque ruban (ce qui est un peu too much à mon avis) est écrit : “être dans le vent est une ambition de feuille morte”. Une fois aurait suffit et c’eût été parfait de pureté, d’élégance, de discrétion et de légèreté, mais bon, c’est bien, je ne vais pas faire le difficile même si je préfère le concept original bouddhiste qui porte la prière des moines au loin… Et surtout le concept ultime : laisser les arbres tels qu’ils sont, sans ajouter le moindre ruban… RIEN, juste laisser les choses comme elles sont ! (telles que la Création les a créées : pas de catalogue qui va avec, pas de dédicaces de Dieu, rien. Juste l’émerveillement).

Je voulais naturellement mettre ici le nom de “l’artiste” mais il est écrit nulle part. Je suis allé voir sur le site du Sénat, qui accueille l’expo, et il n’y a qu’un nom qui fait la roue avec son égo : celui de Chantal Mennesson, présidente de la Biennale d’Issy, dont il est rappelé qu’elle a convié 40 artistes à s’exprimer autour du thème de cette neuvième édition, au Jardin du Luxembourg, du samedi 17 mai 2008 au dimanche 21 septembre 2008 dans l’allée Delacroix, à l’ombre des marronniers majestueux. Voilà, je vous ai tout dit !

Ils ont été abattus depuis
Et remplaçés par des savonniers de Chine

Les paroles, le vent et le grand citronnier
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“Installations de Dieu” et feuilles d’automne
Rendre à César ce qui appartient à César
Le Paradis est un état
L’infini dans la paume de la main
Que Dieu éteigne le soleil un moment
Fleuriste ? Mais on devrait dire Galerie d’Art !
Le Paradis est un état
Peut-être que le Bon Dieu…
“Art citoyen” ?

Imaginer ce qu’imaginent les aveugles…

Oui, je sais, c’est complètement idiot. Mais souvent, à cause de ma vue qui baissait, j’ai pensé aux aveugles et à ce qu’ils voyaient et pouvaient imaginer de la Création et de la beauté du monde…
Là c’est juste une pub pour le site Porn for the blind qui permet le téléchargement gratuit, spécialement pour les aveugles, de descriptions audio de séquences de films pornographiques. Assez bizarre tout de même ; mais pourquoi pas ?

Ecrire l’automne en braille

La différence entre la pluie et la neige…

ideogrammes
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Oui, je sais, il fait un soleil magnifique aujourd’hui ; mais je poste tout de même ce petit texte car si je ne le fais pas, d’ici cet automne j’aurai complètement oublié.

A gauche, l’idéogramme chinois représentant la pluie : des gouttes (les quatre petites virgules) tombant de la voûte céleste (le “U” renversé traversé d’un “T” qui indique le mouvement vers le bas.

Comme la pluie, la neige tombe également du ciel. Mais à la différence de celle-ci, la neige a une particularité qui enchante les enfants : on peut prendre les flocons/gouttes avec les mains et en faire des boules de neige.

C’est la raison pour laquelle l’idéogramme neige (xué), s’écrit avec le signe de la pluie, simplement particularisée avec une des formes du signe de la main. C’est beau non ? En tout cas moi je trouve cela magnifique ! Je vois les enfants se lancer les boules de neige avec leurs moufles rouges, mais bon, j’ai beaucoup d’imagination :-).

Tous les textes que je poste ici sur les idéogrammes chinois sont tirés du livre passionnant de Cyrille J.-D. Javary, “100 mots pour comprendre les Chinois“, chez Albin Michel, 16 euros.

Je dois avoir une boussole chinoise dans le coeur
Cadeau de mariage occidental ou liasses de billets chinoises

Cadeau de mariage occidental ou liasses de billets chinoises ?


Je continue à lire Cyrille Javary où j’apprends vraiment plein de choses. Notamment sur la forme que prend, en Chine, la coutume universelle du cadeau de mariage. Et que je vous copie-colle ici pour vous en faire profiter. “On n’offre pas un cadeau choisi sur une liste de mariage mais on offre une importante somme d’argent. Et ce cadeau n’est pas transmis discrètement sous forme d’un chèque glissé dans une enveloppe, mais remis directement lors du banquet de noces. Cela se passe d’une manière tout à fait ouverte et conviviale : entrant dans la salle de banquet, les invités se présentent à une table derrière laquelle sont assises trois personnes à qui ils remettent leur cadeau en liasses de billets les plus neufs possible. Une première personne compte les billets, puis en annonce à haute voix le montant qui est soigneusement noté sur un véritable livre d’or par la deuxième personne pendant que la liasse est recomptée par la troisième, et l’on passe à l’invité suivant. Etonnant usage, impensable en Occident où domine plutôt l’habitude de traiter l’argent avec une discrétion qui peut aller jusqu’à l’hypocrisie.
Les Chinois s’étonnent de notre étonnement. Ils pensent qu’il n’y a rien à cacher quand on investit dans les générations futures et que c’est une bonne chose qu’un jeune couple puisse disposer d’une somme d’argent permettant de démarrer dans la vie”.

Cyrille J.-D. Javary, “100 mots pour comprendre les Chinois“, Albin Michel, 16 euros.

Pourquoi la boussole chinoise n’indique-t-elle pas le nord ?
La différence entre la pluie et la neige

Je dois avoir une boussole chinoise dans le coeur

Pourquoi la boussole chinoise indique-t-elle le sud et non pas le nord ? Je suis en train de lire le sinologue Cyrille J.-D. Javary et sa réponse que je vous copie-colle ici est évidemment que “les boussoles n’indiquent ni le nord ni le sud car leurs aiguilles ne font rien d’autre que se placer parallèlement au flux magnétique terrestre qui court d’un pôle à l’autre. Ce ne sont donc pas les lois de la physique qui décident de valoriser l’une ou l’autre direction, mais les choix de la culture. La civilisation européenne a choisi de privilégier le nord, sans doute à cause des premiers navigateurs à qui le repère de l’étoile Polaire était familier. Mais pour les Chinois, le nord est la direction à laquelle il est préférable de tourner le dos; le sud, en revanche celle vers laquelle il est souhaitable de se diriger et d’installer la grande porte de sa maison”.

Que fait-on quand on a perdu le nord comme moi ? On rêve évidemment de filer dans le sud au soleil pour y installer la grande porte de sa maison. Je dois avoir une boussole chinoise dans le coeur !

Filer dans le sud avec les cigognes
Au Nord de l’Avenir…

Au-dessus de l’image de Owain Kirby, les trois idéogrammes de la boussole (zhi nan zhen) signifient littéralement l’aiguille (zhen) indiquant (zhî) le sud (nan)

In Memoriam…

Hier soir, réunion importante pour mon avenir professionnel. En sortant, au coin de la rue, j’ai vu, senti, imaginé, ressenti, cru voir ma tête comme ça :


Mais, curieusement, ça ne me faisait pas mal du tout ; je veux dire que voir ma tête posée comme ça, par terre, me procurait comme une sorte de détachement (c’est le cas de le dire) et de soulagement d’ordre spirituel. C’était indolore tellement ma tête était fatiguée d’avoir eu, ces derniers mois, à affronter tant et tant d’inertie bureaucratique et de mauvaise foi. Là, ce combat au moins est terminé. Je pense que Van Gogh a du ressentir quelque chose de similaire lorsqu’il s’est coupé l’oreille gauche après une violente dispute avec Paul Gauguin le 24 décembre 1888 (*). Couper l’oreille… couper la tête… même sentiment, comment dire ? d’immense soulagement intérieur et existentiel …

J’ai déjà connu ce sentiment

© PaulAlmasy

(*) Je vois que j’ai aussi un problème avec le 24 décembre : mort de switchie ; et dernière petite fenêtre des calendriers de l’Avent
Clac, clac, je vais te couper la tête !

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