Les pourparlers d’Oslo et le syndrome généralisé du manque de préparation

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La semaine prochaine, à l’occasion des 20 ans des accords d’Oslo de septembre 1993, les médias vont nous reparler de cette conférence et vont tartiner à l’infini sur cette “promesse de paix non tenue et le fol espoir qu’avait fait naître la poignée de main entre Itzhak Rabin, premier ministre israélien, et Yasser Arafat, président de l’OLP”, etc…

Je vous ressort donc ce vieux post de 2007 car, depuis des années, je me casse la tête pour essayer de comprendre pourquoi, non seulement à mon bureau mais partout en France, les choses merdent et n’avancent pas. Et je crois que j’ai trouvé la réponse dans une explication passionnante faite en avril 2006 à la BBC par Daniel Barenboim, intitulée “In the Beginning was Sound”.

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La (seconde) plus grande rencontre que j’aurai faite ici-bas…

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Je le savais depuis longtemps, mais j’y repense ce soir en relisant les Cahiers de Cioran — et c’est lui qui a évidemment raison :

“J-S Bach demeure quand même la plus grande rencontre que j’aurai faite ici-bas”.

“Il plane dans sa musique un souffle de l’au-delà” et il faut que le Paradis soit – ou du moins ait existé – autrement à quoi rimerait tant de sublime” ?

Musique :
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Mon Dieu, heureusement que ça existe !

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… je suis en train d’écouter ça… Mon Dieu, heureusement que ça existe…

Andreas Scholl – Philippe Herreweghe 1997 – Collegium Vocale Gent
Musiques…
Haydn, Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
Haydn, Ariana a Naxos
Structure et organisation le week-end (BWV 63)
Une joie qui m’attend dans l’éternité…

Les nuits sont trop courtes

Hier, comme j’avais failli faire une overdose de cantates de Bach pendant la journée (et, heureusement, il y a encore tout le dimanche et le lundi de Pâques), je me suis couché en écoutant Ariana a Naxos de Haydn par la sublime Magdalena Kozena. C’était tellement beau que je n’ai pas pu fermer l’oeil jusqu’à tôt ce matin… Oui, je passe mes nuits avec de très belles femmes :-)

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Je vois qu’ils l’ont mis sur Youtube :
Haydn, Magdalena Kožená Ariana a Naxos (1) et la suite ici (2)
[zut, ils ont supprimé les liens]

Et la version Ivana Lazar & Parlement de Musique – Teseo mio ben

Musiques…
Haydn, Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
Heureusement que ça existe … (BWV170)
Structure et organisation le week-end (BWV 63)

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Suze Rotolo – In Memoriam…

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NPR
Rolling Stone
New York Times
Time

Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !

J’adore André Suarès que j’ai toujours tenu pour le plus grand écrivain français (pour son éblouissant Voyage du Condottiere notamment mais pas seulement). Cette photo vous paraîtra sans doute un peu inquiétante mais ne vous y fiez pas. Je la mets ici parce qu’elle est vraissemblablement guère postérieure à l’époque où Suarès passait devant le conseil de révision des Armées en se présentant devant les autorités militaires avec sa grande cape noire, ses longs cheveux tombant sur ses épaules et, sous le bras, la partition de Siegfried de Wagner ! J’adore cette histoire et imagine que les officiers ont du s’étrangler en voyant arriver ce jeune homme passionné, à la fois sombre et diaphane.
Pourquoi diable est ce que je vous raconte cette histoire ? Ah oui, Wagner : hier, en lisant des textes de Milosz, j’ai découvert qu’il ne passait pas seulement des journées entières à apprivoiser les oiseaux mais qu’il leur sifflait des airs de Wagner ! Et, comme avec François d’Assise, tous les oiseaux arrivaient et se posaient sur ses épaules. «C’était surtout en hiver lorsque la neige recouvrait le parc que le spectacle était étonnant, raconte un jardinier ; On le voyait marcher tout seul, vêtu de noir, accompagné d’une centaine d’oiseaux de toutes les espèces.» (*)

Voilà la grande découverte qui me ravit littéralement : Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux de la forêt de Fontainebleau : il leur chantait du Wagner !

Le Voyage du Condottière de André Suarès
François d’Assise et mes petites soeurs les hirondelles
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Autres oiseaux…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

(*) Citation de Janine Kohler, Présidente de l’Association des Amis d’Oscar Milosz

J’appartiens au monde d’avant la pomme !

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Bon, vous allez dire que je radote parce que j’en parle tout le temps ( mais Adam et Eve me tapent effectivement sur le système) et j’ai un problème avec la Chute ; vous savez, celle de la pomme et du serpent…

J’appartiens au monde d’avant ! Et c’est justement ce que j’adore dans la Création de Haydn ; je peux l’écouter en paix parce que d’abord elle traite de tout ce que j’aime dans la vie et ensuite que tout se passe AVANT la Chute.

La première partie correspond aux quatre premiers jours : création de la lumière, du ciel et de la terre, de la terre et de la mer, du soleil, de la lune et des étoiles (je vous l’ai dit, exactement tout ce que j’aime !). La deuxième partie concerne les cinquième et sixième jours (création des animaux et de l’Homme). La dernière dépeint Adam et Eve dans le jardin d’Eden, juste avant la Chute…

Je ne vous raconte pas le bonheur que ça s’arrête AVANT la cata ! Avant que ces deux abrutis ne nous foutent dans une merde noire. La suite vous la connaissez, vous l’avez tous les jours à la radio ou dans les journaux : des drames et des abominations sans fin, une vraie catastrophe qui donne envie de se tirer (ailleurs ou une balle).

C’est pour ça que je me réfugie dans la Création de Haydn. C’est ma patrie ! Clair que j’appartiens au monde d’avant la pomme !
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Onze petites minutes d’extraits sur YouTube sous la direction de William Christie

Pour le duo d’Eve et d’Adam placez le curseur à 6:17 (c’est à la fin de la vidéo). Il est magnifique de fraîcheur et de beauté :

– Adam : Der tauende Morgen, o wie ermuntert er !
– Eve : Die Kühle des Abends, o wie erquicket sie !
– Adam : Wie labent ist der runden Früchte Saft !
– Eve : Wie reizend ist der Blumen süsser Saft !
– Eve et Adam : Doch ohne dich, was wäre mir
– Adam : der Morgentau
– Eve : der Abendhauch…
La rosée du matin, la fraîcheur du soir, les fruits ronds, le parfum des fleurs… que voulez-vous, je suis peut-être un peu fleur bleue mais plus ça va et plus je me dis qu’il n’y a rien de mieux dans ce monde de cinglés dans lequel nous vivons. Comme le dit Uriel dans le dernier récitatif, “les hommes seraient heureux à tous jamais si de fausses chimères ne les incitaient pas à désirer davantage que ce qu’ils ont”.
Je n’ai strictement rien à ajouter !
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Le curriculum de Dieu…
Dieu est grand
Adam et Eve me tapent sur le système
La main de Dieu
Peut-être que Dieu en a marre
Les horaires que j’aime…
j’aimerai bien que Dieu m’accorde 3 secondes
On ne tourne pas le dos à Dieu
Les “installations” de Dieu
La Création (Ghiberti)
Dieu surveille les pommes depuis le début de la Création ?
Texte de la Genèse
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Musiques…
Haydn, Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
Haydn, Ariana a Naxos
Heureusement que ça existe … (BWV170)
Structure et organisation le week-end (BWV 63)

L’ADSL devrait être remboursée par la Sécu !

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Avant, quand j’avais mal au crâne, je prenais du Doliprane ; maintenant je vais sur YouTube et j’écoute Cristobal de Morales en regardant la partition défiler tout doucement… Cet affichage de la partition est une belle idée de Lorena Margot, une jeune argentine de trente ans qui met plein de musique en ligne sur YouTube.
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PS. je pense que l’Etat comblerait très vite le trou de la Sécu en offrant l’ADS plutôt qu’en accumulant les remboursements d’antidépresseurs, de tranquillisants, de neuroleptiques, de psychostimulants ou autres hypnotiques qui creusent le déficit de la Sécu. Il suffirait d’instituer un sytème de bonus-malus dans le genre : “vous renoncez à vous faire prescrire un arrêt-maladie pour une déprime bidon et la Sécu vous offre l’ADSL !” Et vous verriez que, comme par miracle, les Français ne seraient plus malades !

La magnifique musique de Cristobal de Morales
Les partitions de Margot Lorena (mozart, haendel, purcell etc

Virevoltant comme deux petits papillons…

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Hier soir pour me dénouer les nerfs, j’ai regardé longtemps les mains de Grigory Sokolov jouant “les Maillotins” de François Couperin. Regardez-les : on dirait deux petits papillons virevoltant d’une touche à l’autre ! Deux minutes vingt-deux secondes de pur bonheur !
Merci Lydie et Enes pour le DVD !


2′:22″ sur YouTube

Structure et organisation le week-end, désordre et désorganisation le lundi matin

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Je sais maintenant ce qui me pose problème le lundi : c’est que pendant le week-end j’écoute des fugues de Bach ou des cantates et que lorsque j’arrive au bureau le lundi matin – ou que j’écoute la radio pour savoir ce qui s’est passé – je ne retrouve plus rien de la splendide architecture et de la belle organisation de ces pièces totalement magnifiques. Par exemple hier j’écoutais la cantate BWV 63 “Christen, ätzet diesen Tag” composée pour le matin de Nöel. Elle est totalement jubilatoire, et pas seulement parce que les mouvements sont organisés selon une incroyable symétrie qui trace au-dessus d’elle un véritable arc en ciel musical. Si je vous fait un petit dessin dans photoshop, vous voyez très bien la symétrique avec les deux choeurs en ouverture et au final; ensuite, venant de l’extérieur, les deux récitatifs (alto et basse); Et ensuite les deux duos qui se rapprochent un peu plus du centre. Et pile au centre, au sommet de l’arc, un récitatif pour ténor et continuo au milieu duquel (donc au centre même de la cantate elle-même) Bach a placé une phrase répétée deux fois se terminant par le mot “Gnagen” – la grâce de Dieu par laquelle survient le Christ – grâce qui scintille donc pile au point d’incandescence de la structure et au coeur de la symétrie… Bon, ce n’est évidemment pas uniquement cette structure et cette symétrie qui me plaisent car la cantate est totalement joyeuse et d’une incroyable beauté. Mais le lundi matin – ou quand j’écoute ces de journalistes incultes économiquement et qui se complaisent dans le dérisoire, quand je retrouve le bordel des français, le manque d’organisation, l’approximation et le système D, la bouillie de leur jugement, leur conformisme et leur langue de bois, que voulez vous, ça me pulvérise le cerveau. Faudrait peut-être que j’écoute de la petite chansonnette le dimanche; je serais moins dépaysé au bureau le lundi matin.

Ici sur YouTube dirigé par Philippe Herreweghe
Paroles de la cantate
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Musiques…
Haydn, Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
Haydn, Ariana a Naxos
Heureusement que ça existe … (BWV170)
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Autres aspects de la vie au bureau (mais dans les médias c’est pareil) …
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Enfin de l’air dans les suites de Bach !

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Je n’ai pas l’habitude, dans ce blog, de faire de la publicité pour des disques. Surtout des Six Suites pour violoncelle seul de J-S.Bach que j’adore depuis que je suis tout petit et que je n’avais jamais entendues jouer de façon aussi inspirée. Ni par Fournier, ni par Casals, ni par Rostropovich, ni par Maisky, ni par Yo-Yo Ma (bon, ça fait pas mal de ni-ni célèbres mais, c’est vrai, à part Bylsma, je n’écoutais plus ces versions des grands maîtres). Et puis là, j’ai découvert l’interprétation lumineuse de Jean-Guilhen Queyras et c’est tout simplement magnifique de phrasé, de musicalité, de rythmes, de respirations, d’articulations.. Enfin il y a de l’air, de la respiration et de l’élgance joyeuse dans ces magnfiques suites. Et l’instrument (un Gioffredo Cappa de 1696) sonne et chante comme une viole de gambe. C’est souple, ça ondule… Ondulatoire et jubilatoire… J’avais entendu Queyras rapidement sur Radio Classique et me disais que son disque allait être difficile à trouver ; mais en allant à la FNAC hier, j’ai vu qu’il y en avait des piles et que c’est un disque archi connu et semble t-il massivement acheté. Tant mieux. Cela ne me gène pas d’arriver en retard quand c’est pour avoir un petit moment de bonheur.

Ecouter la Suite n°3 sur YouTube (8 minutes)
Le site de J-G. Queyras
A la FNAC pour 20 euros (trois CD dont un DVD documentaire sur l’enregistrement de la 3e suite)

Le Paradis entrevu dans l’embrasure de la porte

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J’adore les gens qui partent à New-York en vous disant : “rendez-vous dans un an à 19h30” et qui, après un crochet par Varsovie, vous attendent au rendez-vous, pile à l’heure, à 19h30. Hier soir, au Théâtre des Champs-Elysées, c’était pour la 7e de Bruckner dont l’Adagio géant, avec ses vagues désespérées, a été on le sait composé dans le pressentiment de la mort prochaine de Wagner. Un jour, raconte Bruckner, je rentrai chez moi très abattu ; je sentais que le Maître n’avait plus longtemps à vivre ; et l’Adagio en ut dièse me vint à l’idée…
“Avec cet Adagio décrivant l’inconsolable devant l’idéal inatteignable, m’a dit Eudes en sortant, Bruckner nous conduit aux portes du Paradis”…
Je l’ai effectivement entrevu un court instant dans l’embrasure de la porte…. Merci Eudes pour cette lumière fulgurante. C’était un très beau cadeau !

Les petits sparadraps d’Alfred Brendel…

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Hier soir j’ai relu quelques “Je me souviens….” de George Pérec.
Moi je me souviendrai … des doigts totalement recouverts de sparadrap d’Alfred Brendel… J’aurais passé les meilleurs moments de ma vie à écouter les deuxièmes mouvements des dernières sonates de Joseph Haydn (surtout les n°34, n°48, n°49, n°50 et n°52, n°20…) que j’avais mis bout à bout sur des CD pour pouvoir les écouter littéralement en boucle. Elles ont défilé dans ma tête pendant des années. Et encore aujourd’hui (où j’ai moi aussi des petits bouts de sparadrap partout dans le cerveau à cause d’alzheimer) je ne me lasse pas de les écouter (sur un iPod maintenant). Et parfois même, quand il y a du soleil le matin au Jardin du Luxembourg, je les confonds avec l’automne…

J’appartiens au monde d’avant la pomme
Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur
Musiques…
Haydn, Ariana a Naxos
Heureusement que ça existe … (BWV170)
Structure et organisation le week-end (BWV 63)

Presque le Paradis

Sur Radio classique, ils viennent de passer Kathleen Ferrier dans le quatrième des Rückert-Lieder de Mahler – Ich bin der Welt abhanden gekommen… Voix totalement déchirante, étonnante paix métaphysique… Je déprime en ce moment, c’est clair.

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Ich bin der Welt abhangen gekommen,
mir der ich sonst viele Zeit verdorben,
sie hat so lange nichts von mir vernommen,
sie mag wohl glauben, ich sei gestorben !
Es ist mir auch gar nichts daran gelegen,
ob sie mich für gestorben hält,
ich kann auch gar nichts sagen dagegen,
denn wirklich bin ich gestorben der Welt.
Ich bin gestorben dem Weltgetümmel,
und ruh in einem stillen Gebiet.
Ich leb allein in meinem Himmel
in meinem Lieben, in meinem Lied.

—
[Me voilà coupé du monde dans lequel je n’ai que trop perdu mon temps; il n’a depuis longtemps plus rien entendu de moi, il peut bien croire que je suis mort ! Et peu importe, à vrai dire, si je passe pour mort à ses yeux. Et je n’ai rien à y redire, car il est vrai que je suis mort au monde et à son tumulte et je repose dans un coin tranquille. Je vis solitaire dans mon ciel, dans mon amour, dans mon chant].

La tête qui pivote

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Expérience très bizarre récemment avec mon iPod. J’écoutais la cantate de Bach “Wie Schön Leuchtet Der Morgenstern” et je m’étais trompé d’oreillette. J’avais mis celle de droite dans l’oreille gauche et celle de gauche dans l’oreille droite. … Et tout à coup panique, l’église avait pivoté dans ma tête, je n’étais plus assis face au choeur mais face au narthex…. Bon, vous me direz que ce n’est peut-être pas grave que les haubois soient à gauche ou à droite, mais panique musicale et architecturale tout de même. J’aime pas les torticolis musicaux.

J’aime bien tomber à la renverse :-)

Bon, ce n’est totalement pas le genre de musique que j’écoute le plus souvent mais je viens de tomber, sur la chaîne Mezzo, sur Ben Heppner (tenor canadien) chantant le Cid de Massenet (”ö firmament, azur, lumière…”) et je suis tombé à la renverse. Tomber à la renverse fait du bien parfois :-)

It’s a hard rain…

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En rentrant tout à l’heure, j’ai fait sous mon parapluie une photo de ces deux personnes … Et m’est revenue en tête cette chanson de Bob Dylan que j’écoutais à l’époque… Pas vraiment de raison ; à part la pluie.

“Oh, where have you been, my blue – eyed son ?
And where have you been my darling young one ?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, what did you see, my blue eyed son ?
And what did you see, my darling young one ?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a – bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand takers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall”.

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Le poème en entier …

Oh, where have you been, my blue – eyed son ?
And where have you been my darling young one ?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, what did you see, my blue eyed son ?
And what did you see, my darling young one ?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a – bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand takers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

And what did you hear, my blue – eyed son ?
And what did you hear, my darling young one ?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a – blazin’
I heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’
I heard one person starve, I heard many people laughin’
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a – gonna fall.

Oh, who did you meet my blue – eyed son ?
Who did you meet, my darling young one ?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded and hatred
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a – gonna fall.

And what’ll you do now, my blue – eyed son ?
And what’ll you do now my darling young one ?
I’m a – goin’ back out ‘fore the rain starts a – fallin’
I’ll walk to the deepths of the deepest black forest
Where the people are a many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
Where the executioner’s face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I’ll tell and think it and speak it and breathe it
And reflect it from the mountain so all souls can see it
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’
But I’ll know my songs well before I start singin’
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a – gonna fall.

BOB DYLAN
It’s a hard rain’s a gonna fall
Freewheelin’
Avril 1963

Moment de totale intemporalité…

beethoven_buste .jpg Moment d’éternité absolue tout à l’heure sur radio classique avec le quatuor n°15 en la mineur, Op. 132 par les Takàcs. Troisième mouvement carrément à couper le souffle que j’écoute totalement sidéré dans une impression de complète intemporalité… Du coup (merci Franckie pour le coffret), je ressort l’interprétation par le quatuor Végh et j’écoute en boucle depuis une heure ! De temps en temps, après des journées de merde, ça fait du bien d’avoir un électrochoc musical de cette nature. Sur les autres radios, ils doivent parler de meurtres, de crimes, de prises d’otages, d’assassinats, de voitures piégées, de terroristes, de meurtres d’enfants, de viols, de chaos en irak …

La beauté de l’univers et l’abstraction musicale

>mahler.jpg Plus ça va et plus je m’aperçois que m’extasie sans jamais me lasser devant la beauté de l’univers, des saisons, des ciels, de la lumière, des arbres, des fleurs, des oiseaux etc… et aussi de la musique (quand les compositeurs y ont mis ce qu’il y avait de plus beau dans la Création. Les autres auraient mieux fait de s’abstenir de jeter des notes inutiles sur une partition). Tiens, ça me fait penser à ce chef d’orchestre dont j’ai oublié le nom qui, montant un jour dans le chalet que Gustav Malher avait dans la montagne au-dessus de Vienne, s’extasiait devant la pureté du ciel, la couleur des gentianes et la fraicheur des cloches des vaches dans l’air argenté… et s’était entendu répondre par Malher avec une impatience bougonne: “Mais, bon sang, dépéchez-vous donc Walter (tiens voilà son nom me revient, c’était le grand chef Bruno Walter), ne perdez donc pas votre temps à regarder la nature, j’ai tout mis dans ma musique ! Allez, venez, dépéchez-vous nous avons à travailler”. J’adore qu’on parle comme ça.

Gustav Mahler (1860-1911), à l’époque où il dirgeait l’Opéra Royal de Vienne

Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur…

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Dans deux jours c’est mon anniversaire. Cet après-midi, avec maman, je relisais donc des vieilles lettres d’avant ma naissance. Ils attendaient en fait une petite “Caroline” et n’ont pas du être déçus de la surprise ! J’ai aussi du mettre un certain temps à arriver et c’est sûrement de là que vient mon IMPATIENCE maladive, perpétuelle, ancestrale, congénitale : depuis le premier jour je dois essayer désespérément de rattraper le retard pris à la naissance et ça m’épuise. A l’époque, j’avais lu dans une revue de psychiatrie que mon comportement était typiquement celui des enfants qui ne savaient pas différer leur impatience. Forcément, pas une seconde à perdre ! C’est pas un psy qu’il faudrait que j’aille voir mais un pédiatre ! ça me rajeunirait.

Aujourd’hui – à cause d’alzheimer et de la mémoire qui fout le camp – je suis de moins en moins sensible à l’écoulement du temps : juin, août ? … même pas vu passer ! juillet ou mars, pas non plus. 2002 et 2004 encore moins… Je suis davantage sensible aux tonalités. Je n’ai pas dû naître en août mais en fa mineur. Plutôt que les âges de la vie, Dieu aurait du nous attribuer quelques tonalités par lesquelles on passerait comme dans le clavecin bien tempéré. Certains arriveraient jusqu’à La bémol majeur et d’autres jusqu’à à Si mineur… Ce serait peut-être plus intéressant que de compter en années. S’asseoir sur une chaise au Luxembourg à côté d’une jolie fille : “Ah bon, vous êtes en ré majeur ? enchanté, moi je suis en si mineur ! Que la lumière est belle aujourd’hui…”. Mais bon, je ne vais pas chipoter sur la Création, elle est trop belle : Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

Les petits sparadraps d’Alfred Brendel
J’appartiens au monde d’avant la pomme
“Ne perdez pas de temps à regarder la nature, Bruno”
Je relève de la pédiaterie

Contrepoint, contre-ordre, contre performance …

charpentier.jpg Je rentre d’un concert Marc-Antoine Charpentier à Saint Roch. Le Judicium Salomonis et le Te Deum sous la direction (superbe) de Jean Tubéry qui pulse littéralement de choeur de chambre de Namur. Comme à chaque fois après une journée de bureau dominée par l’incohérence et le système D, je suis émerveillé par la rigueur et la précision de la direction des choeurs. D’un côté, harmonie et maîtrise du contrepoint portés à leur point d’incandescence par un chef imaginatif. De l’autre, incohérence, contre-ordres incessants, manque de méthode… C’est épuisant et pathétique de vivre ce contraste entre ces deux univers : travail d’équipe rigoureux d’un côté (avec le succès, l’émotion et la reconnaissance à la clé); incohérence et désordre de l’autre (avec l’échec au bout). Tragique manque de rigueur et de discipline. Et il ne faut surtout rien dire, au risque de passer pour un esprit négatif !

Un merle empaillé ne donnera jamais l’idée de son chant mélodieux

>hauser.jpg Kim avec qui je jouais des duos de guitare d’Albeniz avant qu’il ne parte aux USA et que j’arrête d’en jouer m’envoit ce mail de New-York : “nous sommes a NY! HUUUUUUUGE ! We have just spent a day at the Metropolitain Museum. EIGHT and 1/2 hours of it. Our feet are in terrible shape. At the museum they have a rather large section on musical instruments. We came across two guitars played by Segovia : his famous Ramirez made in 1912, and his Hauser which he played on for i believe almost all of his recordings from the 1930’s to 1967. They were these two beautiful guitars… but they were hanging there, dead, silenced forever… I felt so sad and disappointed to see them in a museum… what is the point? yes it is aesthetically pleasing, but its real beauty lies in its sound. nobody will play these guitars again. it was heart wrenching. Well, maybe i’m too sensitive about these things?”. T’as raison Kim et en souvenir de nos après-midi ensoleillées, j’ai écouté Granada et les Valses Poeticos par notre chervieux Julian Bream ! c’était le bon temps.

Le résultat magnifique de tous les échecs !

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Pour me remonter le moral après une journée déprimante, j’écoute Sophie Koch, éblouissante de beauté et d’intelligence musicale… Alors qu’elle fait une carrière internationale reconnue à Londres, Vienne ou Berlin où elle incarne régulièrement des rôles de premier plan, elle est méconnue dans notre pauvre France qui sent le moisi et n’arrivera décidément jamais à reconnaitre les siens, sauf s’ils sont nuls et/ou font de l’audience dans des stupidités en prime time. Elle est marrante et avoue que c’est une série d’échecs qui l’ont conduite au chant. “Une hypokhâgne, une tentative ratée pour entrer à Sciences Po, un DEUG de communication, une tentative ratée pour intégrer les choeurs de la Sorbonne, un DEUG de musicologie, un passage par l’Ecole de l’Opéra mais un échec au concours, et je me retrouve au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe Jane Berbié. C’est elle qui m’a tout appris depuis et m’a donné la sécurité de la technique. Le résultat de tous ces échecs est stupéfiant de beauté et de pureté (Richard Strauss, Mozart, Rossini, Thomas…). Ce soir je déprimais. Elle m’a remonté le moral ! Merci

… quand le cœur ne s’y attend pas.

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Muriel qui a toujours un sens aïgu de l’à propos psychologique, m’adresse par mail le texte de ce magnifique air de l’Oratorio Il Trionfo del Tempo e della Verita de G.F. Haendel:

“Lascia la spina, cogli la rosa;
tu vai cercando il tuo dolor.
Canuta brina, per mano ascosa,
giungerà quando nol crede il cor”.

Laisse l’épine, cueille la rose ;
tu cherches à te faire mal ;
les cheveux d’argent que cache la main
se montrent quand le coeur ne s’y attend pas…

Une joie qui m’attend dans l’éternité…

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Vendredi dernier, concert à Saint-Roch avec le Collegium vocale de Gent et Philippe Herrewegue. Trois Cantates de Bach (12, 38 et 146), magnifiques et bouleversantes évidemment :

BWV 12 :
Weinen, Klagen, / Sorgen, Zagen, / Angst und Not…
Pleurs, Lamentations / Tourments, Découragement/ Angoisse et détresse.

et la BWV 146 :
Aus Trübsal und grossem Leid / Sollst du fahren in die Freud / Die kein Ohre hat gehöret / Und in Ewigkeit auch währt.
A travers douleur et grande peine / Tu dois voyager pour atteindre une joie / Qui n’appartient à nul lieu / Et attend dans l’éternité.

PS. Comme d’habitude, la même réflexion :
• Le dimanche : églises vides, musique lamentable, prédications dérisoires…
• Le soir : concert de musique sacrée, église bondée de gens qui payent leur place, et une transmission de la spiritualité qui touche au coeur…

Dans un cas, des prètres sans enthousiame ; dans l’autre des musiciens laiques mais passionnés. Or je pense que, paradoxalement, ce sont ces derniers qui transmettent le mieux la foi véritable en chantant les cantates de Bach ou les messes de Byrd, de Josquin ou de Tallis … Comment la hiérarchie de l’Eglise ne se rend-elle pas compte qu’en chassant la musique religieuse qui avait fait l’honneur et la grandeur de la civilisation chrétienne des derniers siècles pour la remplacer par des chansonnettes dérisoires, elle s’est condamnée à vider les églises. Voilà quelque chose que n’avait pas prévu Vatican II : des fidèles qui désertent les églises le dimanche mais reviennent le soir en semaine, allant même jusqu’à payer leur place pour écouter des chanteurs laiques devenus prédicateurs (un comble !) leur transmettre une forme de foi et de spiritualité … Mysterium bullaque gommi ! Pathétique.

Heureusement je me suis construit ma petite Arche de Noé spirituelle et fabriqué mon “kit musical de survie” pour temps de crise : j’emporterai donc sur mon Arche mentale toutes les passions et cantates et oratorios du Kantor, mais aussi les messes de Josquin des Prés, de Roland de Lassus, celles d’Alonso Lobo, de Christobal de Morales et de Jacob Obrecht, celles de Thomas Tallis, de William Byrd et aussi celles de Ockeghem et Palestrina … (oui, oui, mon Arche numérique est assez grande et j’ai de la place pour tous !). Tant pis pour le Vatican : je le laisse à ses guitares désuètes et ses églises vides… Il est trop bête. Entre Jean-Sébastien et François, je n’hésite pas une seconde. Et je choisis celui qu’on a appelé le cinquième évangéliste !


PS. Je suis protestant mais je suis le Pape sur twitter @Pontifex et je pourrais lui dire qu’aucun de ses tweet ne remplacera la réintroduction des cantates de Bach. Mais ça non plus ils ne l’ont pas compris. Je suis aussi le @DalaiLama mais lui c’est une toute autre histoire :-)

Heureusement que ça existe
Structure et organisation le week-end, désordre et désorganisation le lundi matin

L’espace de l’art et l’espace des loups

grimaud03_11.jpg J’écoute Hélène Grimaud jouer l’Opus 118-2 de J.Brahms et finis son livre Variations sauvages. A propos du Wolf conservation Center qu’elle a fondé dans l’Etat de New-York et des milliers d’enfants venus le visiter, elle écrit :
“Ce que j’aimerais leur transmettre ?
Comme le loup possède la terre et le poisson l’océan, comme l’oiseau possède le ciel et les dieux le feu, l’homme doit trouver son élément, le cinquième élément, le seul dont nous ne serons jamais exclus. L’art est cet élément, sans lequel nous errons, orphelins et malheureux, la vie durant ; sans lequel nous nous coupons de la nature et du cosmos parce que nous devenons sourds, aveugles, insensibles, désensibilisés. Je voudrais aider les enfants à reconnaître cet espace, leur espace, celui que les loups m’ont permis de retrouver, cette part de soi-même qui possède l’univers et, avec lui, le temps par la clef de la musique. L’espace de la santé essentielle”.

“La France manque d’enthousiasme”

boulez2.jpg Dans le Figaro d’hier, interview de Boulez sous le titre : “Il n’y a plus d’enthousiasme en France !”. Plus d’argent non plus : à propos de l’oeuvre de Leos Janacek qu’il vient diriger à Paris, Boulez sort sa calculette et déclare : “la Sinfonietta coûte cher car il faut 12 trompettes!” Rendez-vous compte, une oeuvre pour 12 trompettes dont le grand chef français dit qu’elle “coûte cher” parce qu’il y a… 12 trompettes ! On croit rêver. Bientôt on dira que la Venus de Milo coûtait cher parce qu’elle avait deux bras ! Va-t-on arrêter de jouer le Requiem de Berlioz ou la Huitième Symphonie de Mahler parce qu’elle comprend 1.015 personnes ? (850 choristes avec un orchestre de 146 musiciens + 8 solistes vocaux + 8 trompettes et 3 trombones). Boulez a raison, si ça continue nous ne pourrons bientôt plus nous payer que des Sinfonietta à 2 trompettes ou des orchestres avec 1 harmonica ! Ce qui ne change pas : l’Etat-mauvais-payeur ! A propos de son Requiem (autre ensemble massif), Berlioz écrivait dans ses Mémoires : “M. de Gasparin (le Sarkozy de l’époque) me commande une messe de Requiem… On ne me paye pas ! Ma fureur, mes menaces. On me paye !”. Et vous voulez savoir ce que devient la nouvelle salle de concert à Paris? “C’est affligeant”, dit Boulez, voilà 20 ans qu’on en parle : toujours rien !”. Eh oui mon brave, plus d’argent, plus d’enthousiasme !

Découragement et persévérence

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Hier soir, impossible de dormir alors je regarde Hélène Grimaud jouer Brahms. Elle dit :

“Souvent les gens pensent qu’ils ont fait fausse route alors qu’en réalité ils ne sont pas allé assez loin. Et je crois que c’est la pire des choses car plus tard on peut le regretter pour toujours. Par manque de persévérence – car les choses ne se révèlent pas en vous immédiatement – on pense qu’on n’est pas fait pour ça et on va se dirigier vers quelque chose d’autre. Alors qu’en réalité on était fait pour ça et la récompense au bout du chemin ; mais le chemin est long… J’ai donc persévéré et insisté beaucoup et, petit à petit, ça s’est révélé être la chose la plus naturelle qui soit, et il n’y avait plus de doute du tout”.

Et le piano de Brahms ? oui évidemment !

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Le plus souvent, les gens associent le nom de Glenn Gould à Jean Sebastian Bach (dont je déteste les enregistrements ; c’est sans doute impressionnant sur la plan de la structure aux “rayon X”, mais ça n’a aucun sens musical comme le démontre, dès les premières notes, son Aria des Goldberg…

Ce qu’il a fait de mieux ce n’est pas Bach mais Byrd et Gibbons, les dernières sonates de Haydn, les pièces de Richard Strauss et le piano de Brahms (et encore, je préfère Julius Katchen). Voilà, c’est dit, je ne supporte pas vraiment Glenn Gould.

En tout cas il a dit parfois des choses tout à fait intéressantes – notamment cette phrase que je trouve magnifique :

“The purpose of art is not the release of a momentary ejection of adrenalin, but rather the gradual, lifelong construction of a state of wonder and serenity”.

En français ça donne :

“Le but de l’art n’est pas de libérer une soudaine éjection d’adrénalnine, mais c’est plutôt la construction progressive, sur la durée d’une vie, d’un état d’émerveillement et de sérénité”

C’est beau non ?

Mon Dieu, heureusement que ça existe !
L’émerveillement : pas seulement un court passage entre ignorance et connaissance…

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