Une image vaut mille mots…

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C’est marrant mais j’ai des amis qui n’arrivent pas à piger ce que sont les flux RSS. J’ai beau expliquer que c’est pratique et que je ne peux plus m’en passer, ils ne voient pas très bien à quoi ça sert ni comment ça marche. Peut-être c’est très Français parce qu’aux Etats-Unis ça fait des siècles qu’ils utilisent des systèmes qui s’apparentent aux flux RSS. Et quand je montre cette photo d’une vieille boite aux lettres américaine, mes amis disent : “ah bon, c’est ça ? mais pourquoi est ce qu’on ne nous l’a pas expliqué comme ça plus tôt…”.
Je ne sais plus qui a dit “une image vaut mille mots” mais il avait raison !

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La neige en javascript c’est triste !

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Je ne sais pas si vous avez remarqué mais sur pratiquement tous les sites du monde ils font tomber des flocons de neige sur les pages web… Au début je trouvais ça plutôt cool et inventif ; mais comme ils en mettent partout et surtout qu’ils le font tous, je trouve que ça devient carrément nul. Quand j’étais petit, il neigait pendant des jours et des jours jusqu’à ce que tout soit recouvert de neige. On sortait les luges, on faisait des batailles de boules de neige, on construisait des bonhommes de neige avec des charbons pour faire les yeux et une carotte en guise de nez, quand on avançait dans la neige ça faisait “croutch, croutch”, on avait le nez tout rouge et on s’amusait comme des petits fous. La neige qui tombait du ciel c’était vraiment immense, carrément une expérience extatique. Maintenant il n’y a plus de neige mais ils nous fabriquent des plugins et des flocons en javascript ! [je voulais vous mettre le code ici pour que vous puissiez voir ce que c’est exactement que cette neige numérique mais mon éditeur html refuse car il pense que je veux faire tomber de la neige sur ce texte !]. Dieu doit se retourner dans ses nuages. Ma grand mère avait raison : où sont passées les neiges d’antan ?

Et si je veux “Inspiré et Mystique” j’achète quoi ?

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Bon, encore une nuit blanche à cause d’Alzheimer. Et ce matin, déroute totale avec un café différent des autres jours (je m’étais trompé en faisant mes courses vendredi et pris par erreur un “Mattino” rouge de chez Lavazza au lieu du paquet noir habituel). Du coup je prends la peine de lire ce qu’ils écrivent au dos du paquet et je vois que j’ai le choix entre “Puissant et Généreux”, “Authentique et Délicat”, “Intense et Eclatant” et “Rare et Suave” …
Mais où diable vont-ils chercher des trucs pareils ?
Et si je veux un café “Radieux et Rayonnant” je fais quoi ? ou “Enjoué et Facétieux”? ou “Lyrique et Chaleureux” ? ou “Extatique et Enflammé” ? ……….. Bon, c’est clair, je ne suis pas fait pour la société de consommation. Mais tout de même ils pourraient faire un petit effort pour mieux coller aux aspirations des clients je trouve ! Ce matin, c’est “Inspiré et Mystique” qu’il me fallait !

La mémoire de certains soirs de Noël …

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Switchie c’était ma petite chienne… morte il y a quatorze ans un soir de Noël. Même avec ma mémoire totalement pulvérisée, le coeur se serre comme si c’était hier… C’est curieux la mémoire… il y a des moments qui ne s’effacent pas ; et d’autres qui sont totalement pulvérisés…

Switchie in memoriam
Disparaitre dans un calendrier de l’Avent

Pouvoir poser sa tête, juste un moment …

christ_jean.jpg Pour ceux qui ne le savent pas, je leur dis: la maladie d’Alzheimer est une vraie merde. Il y a ce qu’on lit dans les revues (ou plutôt ce qu’on ne lit pas parce que si on savait vraiment ce qui va arriver on ne se lèverait même plus le matin), ce que les gens vous montrent à la télé (qui n’est pas la vraie vie) et ce que vous disent la famille ou les amis (qui ne peuvent pas s’empêcher de répéter inlassablement la même phrase quand ils vous rencontrent : “Mais tu devrais te renseigner tu sais, il y a des maisons pour ça non ?”) de la même façon qu’ils vous diraient que vous pouvez accrocher votre chien à un platane sur l’autoroute pour vous en débarrasser quand vous partez en vacances l’été)… Et puis il y a la vie quotidienne et là je ne vous raconte même pas tellement c’est triste et dur et inimaginable. Sans parler de l’exil intérieur qui vous coupe du monde… Si je n’avais pas lu cent fois Les Cent Mille Chants de Milarépa dans ma vie, je n’aurais jamais tenu. Le pire c’est de ne pas avoir eu une seconde pour reposer sa tête. Juste souffler cinq minute. Arrêter de s’occuper de la personne qui est malade et pouvoir juste poser sa tête un moment… Juste la poser ; juste un moment. J’y pense en regardant cette belle carte que vient de nous envoyer Anne pour Noël représentant le Christ et Saint-Jean (XIVe siècle, couvent Saint-Martin, Hermetschwil). J’ai l’impression que ma fatigue date aussi du… XIVe siècle !

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Mort de fatigue
Et autres petits bouts d’Alzheimer …
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Ceux qui bougent le piano, et ceux qui bougent le tabouret…

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Dans la République dans laquelle je travaille (cette fois je précise bien République au sens large et pas “à mon bureau” car je ne veux pas que mes collègues pensent que je les critique), il y a deux sortes de gens :
• il y a d’une part ceux qui pensent qu’il faut rapprocher le piano du tabouret ;
• et d’autre part ceux qui suggèrent que rapprocher le tabouret du piano serait peut-être finalement plus simple…
Le résultat est évidemment le même mais l’effort est différent et surtout, (en tout cas dans la République dans laquelle je travaille), si on propose de tirer le piano, ça fait évidemment un projet beaucoup plus massif, c’est plus ambitieux que si vous proposez simplement de rapprocher bêtement le tabouret; ça prend des allures de grand défi, ça demande du temps, ça implique des équipes plus lourdes, faut nommer un coordonnateur, on peut rédiger des notes, consulter des agences, bref, ça a de l’allure et on vous admire. Mais tout le monde transpire, on s’y reprend à plusieurs fois tellement c’est lourd et finalement on n’arrive pas forcément à tirer le piano qui est peut-être effectivement un peu trop lourd…
Le pire (mais j’ose à peine le dire) c’est que je crois que je dois faire partie d’une troisième catégorie :
• celle qui pense qu’il n’y a peut-être même pas à bouger le piano, ni le tabouret ! Si on abat carrément le mur de la pièce d’à côté, le piano se retrouvera ipso facto au centre de la salle de concert ! Mais abattre une cloison, vous n’y songez pas mon bon ami : ça pourrait faire tomber du plâtre, et surtout modifier l’organigramme, ou nous obliger à travailler avec les gens de la pièce d’à-côté (et on les connait à peine), et puis il faudrait repeindre après… Impossible ! Conclusion : chacun reste derrière sa cloison car, dans la République dans laquelle je travaille, c’est la cloison qui commande :-) Envisager de bouger le tabouret est déjà très, très problématique, alors le piano, n’y pensez même pas ! Quant au mur, mieux vaut ne même pas l’évoquer sinon vous êtes considéré comme un dangereux terroriste et votre sécurité est compromise ! Dommage car avec mon système on aurait repositionné les choses pour les dix prochaines années au lieu de mettre du sparadrap sur des structures inadaptées.

Autres aspects de la vie au bureau…
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Des ultra-rayonnements de détresse qu’entendent les anges

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Rembrandt, Autoportrait, 1630, eau-forte et burin, 51 x 46 cm, détail (Amsterdam).

rembrandt__yeux_mini.jpg J’ai reçu de Hollande un magnifique CD de musique baroque, le dernier enregistrement de Fred, un de mes amis luthiste d’Amsterdam. Sur l’enveloppe, il y avait l’autoportrait de Rembrandt. J’ai regardé pendant un long moment ces yeux étonnants et pensé à cette phrase de René Char (Feuillets d’Hypnos, 1943-1944) :

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Les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri

Mes yeux poussent peut-être un cri identique en ce moment mais heureusement les gens ne les entendent pas. Et n’importe comment ça ne servirait à rien : la détresse d’alzheimer, seuls quelques anges pourraient l’entendre…et encore. Mais je ne peux pas en vouloir aux anges : ils ont beaucoup trop à faire pour l’instant sur la bordure de la galaxie !

Rilke parle de cette détresse dans sa Correspondance :

Enfin, il y a sûrement un degré de détresse qu’entendent les anges, des ultra-rayonnements de détresse que les humains ne perçoivent pas, qui traversent leur monde épais et ne peuvent faire retentir qu’au-delà, dans la lumière d’un ange, un violet sourd, douloureux, comme l’améthyste dans sa géode.

la détresse que seuls quelques anges pourraient entendre

Marre de dire que le capitaine du Titanic était “positif”. C’était un crétin !

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Cette histoire d’être “positif” ou “négatif” est ridicule et exaspérante. Il faut savoir si on a la main sur les situations ou pas.

Quand c’est juste une question de “psychologie”, je préfère évidemment vivre avec des optimistes !

Le temps, par exemple. S’il pleut en Bretagne, on ne peut évidemment pas y faire grand chose. Le pessimiste qui dira : “merde, y en a marre, on rentre à Paris” est idiot et gâchera tout le séjour. L’optimiste qui dira : “allez, on va manger des huîtres et quand on en sera au café le soleil sera revenu !” a bien raison et je pense comme lui !

Il y a aussi les exercices mentaux où il est bon de s’exercer à “penser positif” pour se mettre en condition psychique de réussir : par exemple Virginie qui joue au tennis me dit qu’elle pense mentalement “je vais mettre la balle dans le carré” quand elle lève sa raquette pour le service. Et elle accompagne même cette attitude “positive” d’un “oui…” retentissant au moment où elle frappe la balle pour être sûre que ça marche encore mieux ! C’est un bon exercice mental et ça aide à gagner : le négatif qui dirait “je ne vais jamais y arriver” n’y arriverait effectivement jamais. Et il casserait l’optimisme des autres, donc nul.

Bon, tout ça c’est évident — c’est de la basse psychologie — et on ne va pas perdre plus de temps avec ça. Ça n’a rien à voir avec certaines critiques que je fais au bureau et où je me fais accuser de ne pas être positif. Ou celles qu’on fait au Gouvernement et où il nous accuse de ne pas partager son “optimisme” !

Je ne critique pas parce que je suis négatif. Mais parce que leur truc est tordu !

Ce qui me fait enrager, c’est que je ne critique pas parce que je serais congénitalement ronchon, foncièrement grognon ou délibérément négatif. Mais parce qu’il y a un truc tordu qu’il faudrait absolument corriger très en amont des projets, un problème de méthode, ou d’organisation, ou de bon sens, quelque chose dans la structure de construction qui fait que si on ne critique pas (sous prétexte d’être impérativement positif), le truc ne marchera jamais à l’arrivée. Ou nous fera perdre énormément de temps à faire, défaire, refaire…

Ce n’est pas une question de psychologie. C’est un problème de fond et de méthode !

Ce n’est pas une question de psychologie. Le problème n’est évidemment pas de savoir si, psychologiquement, vous voyez la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. C’est un problème de fond et de méthode qui ne peut pas être résolu si on doit absolument dire que c’est bien quand c’est mal barré. Prenez un architecte qui vous proposerait un plan sur lequel il mettrait le garage au premier étage et la cuisine à la cave. Vous le critiqueriez et il vous répondrait : “mais arrêtez de critiquer, soyez donc positif” …. Vous ne laisseriez pas construire la maison comme ça sans réagir sous prétexte qu’il faut absolument être positif ou en extase devant des plans mal foutus ?

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L’image ci-dessus représente très bien les circonstances dans lesquelles, au bureau, j’ose émettre une petite critique sur les plans et la méthode. Et où on me vole dans les plumes en me disant “mais ne sois donc pas négatif Eric, fais comme nous : sois positif !” ! Devant un truc aussi mal conçu, comment ne pas émettre une légère critique sur la méthode de construction ? Mais si je critique, on me dit que je ne suis pas “positif” et on me jette dans les orties comme si j’avais une pathologie qui me faisait tout voir de façon négative ! Singulier non ?

Quand c’est bien conçu ça se voit. Et je suis le premier à applaudir !

Quand les choses tournent bien comme des fugues de Bach, je ne critique pas. Quand les gens de la NASA arrivent – par des tours de force d’organisation et de logique – à envoyer des sondes dans le système solaire, je ne critique pas. Mais quand le Titanic fonce sur un iceberg et qu’on me dit qu’il faut que je sois “positif”, là, c’est vrai, j’ai du mal à me retenir ! Il devait y avoir également autour du capitaine des gens qui critiquaient la direction. Et on a du leur répondre : “mais ne soyez donc pas négatifs ! Soyez positifs” ! [arrrghhh].

Ceci était évidemment un petit post-scriptum au post précédent :-)
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Titanic !
Vous avez dit Titanic ?
Ils me pompent avec leur histoire de verre à moitié plein


Autres aspects de la vie au bureau…
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En ne proposant plus rien je vais enfin être “positif”… Cool !

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Mes posts sur “La vie au bureau mais pas seulement” s’interrompent définitivement. Les collègues de mon bureau (qui n’étaient pas visés) les ont en effet pris au pied de la lettre alors que je parlais, d’une façon globale, d’un dysfonctionnement global typiquement français (singulièrement dans l’administration) et en précisant bien … “au bureau mais pas seulement”. Mais hier ça s’est mal passé. Il y a 6 mois, j’avais proposé une réforme qui n’a finalement été admise qu’avant-hier… J’ai eu le malheur de m’étonner que cela ait pris six mois (une demie année), et paf, j’ai eu droit (encore une fois) au sempiternel couplet : “mais Eric, arrête donc d’être négatif”. Lorsque vous proposez les choses trop tôt, vous êtes donc négatif. C’est bon à savoir. J’abandonne donc et n’en parlerai plus. En tout cas finies les chroniques sur la vie au bureau sur ce blog. Et je ne proposerai plus rien non plus : pour avoir une petite chance de faire enfin partie du club glorieux, et surtout reconnu professionnellement, des gens “positifs”.


Et je ne suis pas idiot : je sais bien que tout le monde à mon bureau lisait mon blog : donc si j’avais voulu être méchant je ne l’aurais pas publié. (voir ma réponse plus complète ci-dessous au commentaire signé “anonyme”)
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Le genre de trucs dont je ne parlerai plus :
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Retour de séminaire en chien de berger !

berger_echasses.jpg Au bureau (mais pas seulement), c’est comme partout, il faut des bergers qui conduisent le troupeau. Je prends cette image des moutons, mais n’y voyez là aucun mépris : d’abord je les adore, ensuite j’en suis un, et enfin je dirais exactement la même chose pour des soldats de troupe s’il n’y avait pas de généraux, des abeilles sans reine, des ouvriers sans contre-maîtres ou des ministres sans premier ministre… S’il n’y a pas de chef d’orchestre ayant une vision claire de l’oeuvre et de son interprétation, les musiciens ne sont pas dirigés et la musique tourne carrément à l’eau de boudin. S’il n’y a pas de berger, les moutons se dispersent, chacun allant brouter là où ça lui convient le mieux… On peut naturellement interroger chaque petit groupe de moutons pour savoir dans quel sens ils préférerait aller, c’est sympathique, je ne dis pas, mais le troupeau n’existe plus et généralement l’absence de berger tourne mal pour les pauvres brebis ! En musique en tout cas, ou dans les entreprises, impossible d’avoir un projet cohérent s’il n’y a pas de ligne directrice clairement énoncée. Il peut d’ailleurs y avoir plusieurs sortes de bergers. Ceux qui guident et ceux qui, montés sur leurs échasses, observent de loin où sont les moutons qui divaguent… Le système en fait repose donc sur les chiens de bergers qui peuvent remettre les égarés dans la boucle et reformer inlassablement le troupeau. Si le berger qui est sur ses échasses n’a pas de chiens de bergers, il est quasiment impuissant : il voit que les moutons se dispersent mais ce n’est pas suffisant (regardez l’image : courir aux quatre coins du troupeau avec de telles échasses, ce n’est pas facile !). Oui, je sais, vous allez encore me dire que je suis autoritaire. Pas grave : je préfère un troupeau guidé qui rentre à la bergerie sain et sauf plutôt qu’un troupeau qui se disperse et se paume dans la nature parce qu’il ne sait pas bien où il va. A mon bureau ils disent que j’aboie tout le temps. Tiens c’est vrai ça : peut-être je suis déjà un chien de berger ? Va falloir que je regarde dans le Zagat où est le restaurant de canigou le plus proche : je me ferais bien un bon os de gigot à midi !

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Va falloir supprimer les témoins des courses de relais

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Dans une course de relais, chacun commence à courir avec un petit décalage, passe le témoin à celui qui est devant, qui le passe lui-même à celui qui est devant, etc… Et c’est comme ça que le témoin passe de main en main jusqu’à ligne d’arrivée. C’est comme ça que tous les projets avancent dans la vie.
A mon bureau (mais pas seulement), on a une autre technique pour les projets qui impliquent plusieurs départements. Il y en a un qui part le premier mais les autres ne suivent pas. Alors on s’arrête et on fait une réunion pour dire aux autres que c’est une course collective et qu’ils doivent également commencer à courir, qu’on ne peut avancer que s’ils font leur part du boulot en amont et transmettent le témoin à celui qui est devant…
Tout le monde repart donc mais exactement au même endroit sur la ligne de départ. On s’arrête et on fait une réunion pour préciser qu’il faut certes tous partir en même temps, mais en se décalant sur la piste (pour les projet du bureau, ce décalage dans le temps permet permet aux dossiers de bien avancer avant de passer à l’étape suivante).
Et on recommence : tout le monde se décale physiquement sur la piste mais tout le monde part à la même vitesse, donc personne ne peut passer le témoin à celui qui est devant parce qu’il est déjà beaucoup trop loin devant ! Donc on fait une nouvelle réunion pour dire qu’il faut s’espacer sur la piste mais avec une zone d’élan de 10 mètres pour le receveur, pour qu’il ait le temps d’acquérir une bonne vitesse au moment où on va lui passer le témoin (ou le dossier dans le cas du bureau).
Tout le monde s’espace donc et tout le monde repart avec léger décalage. Mais au bout d’un moment on voit que le témoin est dans la main du premier : il n’a donc personne devant lui à qui le transmettre… Alors on fait une réunion pour dire qu’il faut que le témoin soit dans la main du dernier qui doit le transmettre à celui qui est juste devant…
Et on recommence et ça peut continuer comme ça pendant des mois. Mais il ne faut surtout pas dire qu’on s’y prend mal parce que ce n’est pas “positif”.

PS. Et j’ai oublié de préciser qu’entre le moment où le premier coureur était prêt pour la première course et le moment où (après les vingt réunions) on annonce que la course repart, tout le monde est découragé, plus personne n’a envie de courir et le premier coureur – qui s’était échauffé et était prêt à foncer – eh bien il est tellement écoeuré qu’il n’a même plus envie de courir !

–Autres aspects de la vie au bureau (au bureau mais pas seulement) Continue reading

Attention séminaire [loups indésirables]

Mardi au bureau, ils organisent un “séminaire”. Pour essayer de comprendre pourquoi nos projets sont plantés depuis des mois et des mois. Moi j’ai évidemment ma petite idée sur les raisons de ces plantages (qui ont tous la même cause) mais bon, il ne faut surtout pas que je l’exprime sinon – comme chaque fois – je vais en prendre plein les fesses : les loups ne sont jamais les bienvenus dans les séminaires. Ils ne savent pas être “consensuels” et n’aiment pas dire que le gigot sera bon quand les agneaux sont rachitiques parce qu’ils n’ont plus d’herbe à manger et que les bergers ne conduisent plus le troupeau.

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(Vous avez évidemment compris que le but de ce post n’était pas seulement de vous dire ce que je faisais mardi, mais de vous montrer ce magnifique loup polonais, tiré d’une affiche d’Andrzej Pagowski pour des pièces de Boulgakov et trouvé dans la belle revue L’Alpe que m’ont fait découvrir hier soir Monique et Jean-Louis). C’est aussi un beau cliché de moi à la sortie du séminaire :-)

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Comment réveiller (ou changer) les présidents d’université français ?

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Et voilà, ça continue : pendant que nos étudiants gaulois font la grève sur les campus et que les présidents d’université dorment comme des marmottes en laissant pourrir un système éducatif qui tombe littéralement en ruine, l’Université de Yale vient de lancer (comme sa cousine de Berkeley), un projet technologique révolutionnaire intitulé “Open Yale Courses”. Qui consiste tout bonnement à mettre gratuitement sur internet tous les cours destinés aux étudiants. Les enseignements de l’élite deviennent donc accessibles, en podcast ou streaming vidéo, à n’importe qui dans le monde. Cool non ? La philosophie des responsables de Yale : “Nous voulons que tout le monde puisse voir et entendre chaque cours comme s’il était assis dans la même salle de classe que nos étudiants à Yale !” Bravo! En France – où on prétend donner des leçons au monde entier en se gargarisant d’égalitarisme et de démocratisation – on ne fait rien pour amorcer la démocratie technologique : les présidents d’université continuent à dormir dans leurs oreillers de lustrine : les podcasts de la Sorbonne sont tellement indigents que je ne les télécharge même plus : Sorbonne-Savoirs n’en compte que six, le dernier datant de février, dont deux sur l’islam et le Jihad… ; Et Sorbonne-Controverses n’en compte que sept, le dernier datant de plus de six mois, dont deux sur… le nazisme ! Si c’est comme ça qu’ils prétendent entrer dans le XXIe siècle, défendre la culture française ou promouvoir la francophonie, ils s’y prennent plutôt mal ! Et, dans moins de cinq ans, la Sorbonne sera un terrain vague que les marchands de jeans du boulevard Saint-Michel pourront s’approprier. Pathétique !

site de Yale
Open Yale courses
J’avais déjà parlé ici de l’initiative identique de Berkeley...

Arrggh, mon poulet et ma salade à l’estragon sont cancérigènes !

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Faut carrément que j’arrête de m’informer ! Là, juste avant d’aller me coucher, j’ai écouté Philippe Verger, directeur de recherche à l’INRA. Et vous savez quoi ? Il m’annonce carrément que la noix de muscade (dont je me suis empifré pendant des années) est cancérigène et touche les cellules du foie quand elle est consommée de 5 à 20 grammes [Gloups ! mais j’en ai avalé des tonnes ces dernières années !] Et l’estragon, qui contient entre 70 et 75% d’estragole [et que je découpais soigneusement avec de ciseaux dans toutes mes salades] peut atteindre le foie et induire des cancers (l’estragole est en effet un carcinogène génotoxique). Si vous vous faisiez des poulets à l’estragon, je ne vous dis même pas ce qui vous attend ! Faites-vous plutôt des tartines à l’amiante, ce sera moins dangereux !

Conférence de Philippe Verger à l’Institut de France (sur Canal Academie)

En tout cas si je récapitule, j’ai des yeux qui ne voient plus rien, un foie détruit par la noix de muscade, un cancer de l’estragon, un autre de la prostate ; le cerveau n’en parlons pas… Pas réjouissant tout ça ! Sur le truc qui est accroché dans la cuisine, il y a tous les téléphones des urgences : urgences grands-brûlés, urgences centre anti-poison, urgences plomberie, urgences clés-perdues, urgence pompiers et ambulances ; mais je ne vois rien sur les urgences soins-palliatifs. Merde mais c’est que j’en relève presque maintenant avec tous les poulets que j’ai avalés !

A mon bureau, le fer à repasser banal est trop banal !

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Muriel, qui revient de Strasbourg avec un magnifique livre de Tomi Ungerer, me montre cette planche qui me fait penser aussitôt à ce qu’ils font à mon bureau (mais pas seulement à mon bureau). Par exemple ici, c’est le genre de fer à repasser qu’ils auraient inventé pour repasser vos affaires : ils mettent des mois à le construire, ça enfume tout, c’est lourd et ça ne marche pas… Mais si vous avez le malheur de leur proposer un fer à repasser banal, ils vous rigolent au nez, vous traitent comme un débile mental, multiplient les réunions …. et voilà les usines à gaz qu’ils inventent à chaque fois qu’on a un projet relativement simple à mettre en place. Ce que vous proposez est naturellement beaucoup trop simple et c’est vous qui n’avez rien compris. Eux ont une idée beaucoup plus intéressante et forte ! Et voilà exactement ce que ça donne. Et si vous avez le malheur de critiquer leur truc, ils vous répondent : “toi tu critiques, nous au moins on fait quelque chose “. Que répondre à cela quand on trouve vraiment que le rouleau compresseur c’est un peu nul comme idée ?
[je sens qu’ils vont encore me détester s’ils tombent sur mon blog] :-)
PS. Ah oui, j’ai oublié de dire qu’ils vont faire un symposium sur cette idée de repassage. Mais ils ne changeront pas le procédé qui s’avère être une excellent idée ; non, ils proposeront peut-être juste de diminuer la quantité de fumée (ou de la parfumer au jasmin ou encore de fermer la porte…). Mais le rouleau compresseur, ah non, ils vont le garder. Parait que ça déstabiliserait l’équipe si on revenait en arrière. “Eh coco, faut aller de l’avant !” (ou : “il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas”)

Tomi Ungerer sur Wikipedia

Autres aspects de la vie au bureau…
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L’ADSL devrait être remboursée par la Sécu !

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Avant, quand j’avais mal au crâne, je prenais du Doliprane ; maintenant je vais sur YouTube et j’écoute Cristobal de Morales en regardant la partition défiler tout doucement… Cet affichage de la partition est une belle idée de Lorena Margot, une jeune argentine de trente ans qui met plein de musique en ligne sur YouTube.
——
PS. je pense que l’Etat comblerait très vite le trou de la Sécu en offrant l’ADS plutôt qu’en accumulant les remboursements d’antidépresseurs, de tranquillisants, de neuroleptiques, de psychostimulants ou autres hypnotiques qui creusent le déficit de la Sécu. Il suffirait d’instituer un sytème de bonus-malus dans le genre : “vous renoncez à vous faire prescrire un arrêt-maladie pour une déprime bidon et la Sécu vous offre l’ADSL !” Et vous verriez que, comme par miracle, les Français ne seraient plus malades !

La magnifique musique de Cristobal de Morales
Les partitions de Margot Lorena (mozart, haendel, purcell etc

La Suisse c’est mieux, mais New York c’est bien aussi !

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Eudes se lève tôt le matin et se les gèle en faisant ses explorations à vélo de l’île Roosevelt juste en face de ses fenêtres. On y accède par un téléphérique, évidemment installé par des Suisses (de Zermatt ?). Il vient de m’envoyer cette photo du pont du Queens, entre une cheminée et le pylone du téléphérique. Je trouve ces enchevêtrements très beaux… Je préférerais bien sûr être sur des montagnes enneigées et voir des gentianes bleues mais bon, New York c’est beau aussi !

Virevoltant comme deux petits papillons…

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Hier soir pour me dénouer les nerfs, j’ai regardé longtemps les mains de Grigory Sokolov jouant “les Maillotins” de François Couperin. Regardez-les : on dirait deux petits papillons virevoltant d’une touche à l’autre ! Deux minutes vingt-deux secondes de pur bonheur !
Merci Lydie et Enes pour le DVD !


2′:22″ sur YouTube

De mon terrier, je vois très exactement ce qu’a peint Bosch

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Il est clair que les lapins ont un sens aigu de la beauté, de la spiritualité et de l’extase mystique… Et que Hieronymus Bosch a donc très certainement été lapin dans une vie antérieure. Cela me frappe en rapprochant sa toile (à droite) de la photo que je viens de prendre du fond de mon terrier…

Hieronymus Bosch (1453-1516) Huile sur bois. Venise. Palais des Doges.

Je reconnais (je dois être un peu dérangé) que j’ai la manie des associations d’idées et des analogies

De mon terrier, je vois ce que Bosch voyait
Pouvoir décrire la lumière… si un jour elle disparaissait ?

“Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites-vous ?”

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Il y a des mots du dictionnaire qu’on utilise assez rarement dans la vie. Et puis le temps passe et tout à coup, paf, le mot s’applique parfaitement à ce qu’on vit et on prend peur. Par exemple “aporie” (vous savez cette sorte de situation où toutes les issues sont bloquées : si vous sortez par la porte vous êtes mort et si vous sortez par le fenêtre vous êtes également mort)… Vous n’utilisez pas souvent le mot ? moi non plus. Mais avec la progression d’alzheimer, je découvre ce que c’est que se trouver en pleine aporie : si je dois enfermer maman dans une maison, je me jette par la fenêtre tellement c’est triste. Et si je ne l’enferme pas, je me jette tout de même par la fenêtre tellement je n’en peux plus… Vous voyez, le vocabulaire est bien fait, tout est prévu, même les pires cas de détresse. Vous êtes en pleine aporie et comme il y a un mot pour ça, vous n’avez même pas l’impression que c’est grave (“Ah mon cher ami, vous êtes en pleine aporie, mais comme c’est amusant ce mot !”.). La seule chose qui me console c’est qu’au pire de l’absurde, ça ressemble presque à un koan japonais. Mais dans le bouddhisme zen, les koans ouvrent au moins la voie au satori et j’en suis loin ! Ou bien c’est la fenêtre qui est trop proche…
Voici un exemple d’aporie : le moine Xiang’yan dit : “Imaginez un homme sur un arbre accroché par les dents à une branche. Ses mains ne peuvent pas saisir la branche du dessus, et ses pieds n’atteignent pas la branche du dessous. Quelqu’un lui demande, “Pourquoi Bodhidharma est-il venu de l’Ouest ?” Si l’homme ne répond pas, il fait défaut au questionneur. Mais s’il desserre les dents pour répondre, il tombe et se tue.
[“L’homme perché sur l’arbre” extrait du Wumen guan (La passe sans porte)]
Allez, je vous laisse et je continue à serrer les machoires : faut encore tenir !

Les journées avec Alzheimer…

Le prochain prix Nobel de mathématiques sera un singe !

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Je découvre, sur le site du Figaro, cette vidéo de 28 secondes qui me remplit de joie : des chercheurs japonais ont mis en concurrence des singes et des étudiants pour un exercice de mémorisation rapide : ils doivent toucher, le plus vite possible, par ordre croissant, des chiffres compris entre 1 et 9 qui apparaissent un court instant sur un damier de 40 cases. Les primates en sortent largement vainqueurs. J’adore !

Sur Dailymotion

Clac clac je vais te couper la tête !

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Avant je rêvais tout le temps et maintenant presque plus. Bizarre mais bon, c’est comme ça : la machine à rêves a sans doute été déglinguée par l’alzheimer de Maman et je ne sais pas comment la réparer (la machine à rêve, parce que maman, même Dieu ne peut plus rien faire). Hier pourtant, j’ai rêvé que j’étais poursuivi par une énorme écrevisse-crabe-homard. Méchante et rouge de colère. J’entends encore, comme si c’étaient des sabots sur des planches en bois, l’horrible “clac clac” de la grosse pince qui s’approchait … Absolument pas comme sur cette peinture de Vladimir Clavijo-Telepnev où la bestiole est rieuse et symathique. Voilà la pince de crabe que j’aurais aimé avoir dans mon rêve; j’aurais eu moins peur ! Mais bon, comme disait ma grand-mère : “on n’a que ce qu’on mérite !”…

© Vladimir Clavijo-Telepnev, The Claw, 2005

Quelques rêves
La clé sous le paillasson !
«Sturzkampfflugzeug»
Transformation imminente en dindon ?
Rêve chinois N°2
Hôtel Matignon, chambres à la journée…
Planter des rudbeckias jaunes
Parfois rêver c’est dur…

Mode d’emploi pour désamorcer les critiques

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A mon bureau (mais pas seulement) j’ai eu l’occasion de réfléchir ces derniers temps à la question du désamorçage de la critique. Donc voici, en avant-première mondiale, ce qu’il faut faire en cas de problème quand vous avez un projet planté et que vous ne voulez surtout pas qu’on vous critique.
Phase 1 : vous prenez d’abord un air décontracté (pour vous, le problème n’est pas un problème, c’est juste un sujet.) et vous refusez de reconnaître la prétendue gravité de la situation en changeant les mots qui la qualifient. Par exemple si le truc est planté et ne bouge plus, vous dites qu’il est en pleine phase de “redéploiement” ou de “montée en régime”… N’importe quoi mais qui désamorcera les premières critiques sémantiques. Vous savez, le genre “c’est à moitié plein et pas à moitié vide” (ça marche encore). Ne sous-estimez pas l’importance de cette phase 1 qui évite la dispersion des premières rumeurs malveillantes (et d’ailleurs ne dites surtout pas que le truc est planté : il est évidemment “en phase active de déploiement”.
Phase 2 : vous brandissez des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Vous lâchez un peu de lest sur le fait que votre truc met certes du temps à démarrer mais vous donnez aussitôt trois coups de massue en disant (a) Que de tout temps les choses ont pris du temps, donc pas d’affolement, on est seulement dans la première phase d’un processus (insistez bien sur le mot “processus” qui vous donnera un peu de mou sur la durée)… (b) Que c’est bien pire ailleurs (vous trouverez bien un exemple avec des gens nuls dans une autre boite, une autre administration ou un autre pays. Et vous conclurez en disant: “mon pauvre ami, tu ne critiquerais pas autant si tu voyais ce qui se passe ailleurs …” (sous-entendu: à côté d’eux on est des génies). (c) Et enfin vous annoncez qu’on a déjà bien avancé (et que donc ce n’est pas le moment de critiquer puisque ça va bientôt (re)démarrer). D’ailleurs si j’étais vous je n’utiliserais pas le verbe “démarrer” parce que les gens voient tout de même assez vite si ça démarre ou non. Utilisez de préférence le verbe “redéployer”. ça fait aussi bien et les gens ne voient pas de quoi vous parlez. Ouf, fin de l’étape 2 (accrochez-vous car j’en ai 9 comme ça !).
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Tomber dans un calendrier de l’Avent et y rester !

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Dans ma famille, depuis que je suis tout petit, pendant toute la période de l’Avent, on ouvrait tous les matins, une à une, les petites fenêtres des calendriers de noël, jusqu’au 24 décembre… La Chrétienté n’est plus à la mode et les calendriers d’aujourd’hui sont très moches, avec des chocolats et autres fadaises commerciales. Mais, de mon temps, c’était des petites images merveilleuses de villages sous la neige, toutes plus jolies les unes que les autres. Toute ma vie je me suis dit qu’un jour j’ouvrirai une petite porte et, hop, que je passerais de l’autre côté, à l’intérieur du calendrier… Continue reading

Est ce que l’école tue la créativité ?

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Le rêve du web, pour moi, c’est de pouvoir regarder des conférences comme ça ! On va me dire que je fais encore du pro-américanisme primaire, mais je considère qu’il y a belle lurette que des institutions françaises (Sorbone, Collège de france, Universités, grandes écoles etc) auraient du se bouger un peu le cul pour nous offrir des plaisirs comme celui-la : réunir des gens exceptionnels et diffuser leurs conférences sur le web. Ce serait bon pour la tête, bon pour la langue française et bon pour la diffusion de la culture française (si elle existe encore). Ce n’est pourtant pas sorcier : si les américains le font et si BMW sponsorise pourquoi est ce que nous ne le faisons pas et pourquoi Peugeot ne sponsoriserait-il pas ?

Bon j’arrête ma critique contre les gaulois parce qu’ils ne bougeront pas et je vous invite à tout laisser tomber pour écouter cette conférence jubilatoire de Sir Ken Robinson sur le thème : “Est ce que l’école tue la créativité ?” Et aussi celle là : How to escape education’s death valley Ecoutez tout, jusqu’à la fin (Death Valley)…
Et ce court poème A short poem from W. B. Yeats

By the way, TED ce n’est pas un prénom. ça veut dire : Technology, Entertainment, Design. Parce qu’au début, en 1984, ces conférences réunissaient surtout des gens de ces milieux. Mais depuis le spectre s’est profondément élargi. Et c’est très bien.

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