Les dominos tombent à toute vitesse !

Ce week-end, dans le petit square au pied de l’Eglise, un magnifique parterre couleur dragées de petits myosotis bleus … Je fonce chez Monceau Fleurs et, évidemment : “Oh mais monsieur, c’est à l’automne qu’on les plante !”. Bon, je ne sais pas si vous avez compté le nombre de choses où on arrive trop tard dans la vie ? Vous n’avez pas commencé le piano à quatre ans et quand vous en avez quinze c’est trop tard. La forêt de chênes, pareil : si votre père n’a pas planté le gland, vous pouvez carrément oublier… Vous vous promenez à Sienne, vous tombez amoureux d’une jolie italienne et quoi ? vous n’avez pas appris l’italien il y a vingt ans et vous ne pouvez rien lui dire ? Terminé, pas de session de rattrapage, repassez dans une autre vie ! Le vaccin contre la rage ? vous avez intérêt à le faire dare dare (pourquoi ? à cause du chien qui risque de vous mordre dans huit mois pardi !). Quoi d’autre ? Eh bien plein d’autres justement ! Faut même se bouger vite fait car les dominos tombent à toute vitesse !

Pensez à faire la liste de ce qu’il faut commencer aujourd’hui pour ne pas le regretter dans dix ou vingt ans ! Mais attention de ne pas anticiper trop. Moi je courre depuis bien avant ma naissance ! Bon, allez, je commence la liste de ce qu’il faut faire tout de suite pour ne pas le regretter…

(1) la jolie fille qui vous a souri tout à l’heure au Rostand à 14:34 et à qui vous n’avez pas osé demander son numéro de portable : trop tard pour la vie !

(2) Le gigot chez Picard surgelés, c’est évidemment longtemps avant qu’il aurait fallu penser à le sortir. Mais vous n’avez pas pu lire la notice qui est congelée sur le gigot qui est dans le congélo qui est dans le frigidaire …
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J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes !


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J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes. Trois secondes pour remonter le temps. 3 secondes pas plus, mais à répétition. Et qu’il me confie la mission, comme à un ange, de parcourir le monde pour intervenir trois secondes avant les erreurs que les hommes peuvent commettre. Arrêter le bras des gens pile au moment où ils vont commettre l’erreur fatale, ce genre de truc…
Ça ne me ferait pas seulement une belle carte de visite “d’envoyé spécial ailé” ; ça me ferait surtout du bien de remettre un peu d’ordre dans toute cette détresse du monde. Oui, je sais, il y a du boulot.. Et moi-même, pour vous dire, je ne me sens pas très bien, mais bon, je veux bien essayer… Continue reading

“Ma mère avant la justice” – évidemment !

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Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.”

Oui, je sais, Albert Camus disait cela à propos de l’Algérie :

“J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément dans les rues d’Alger par exemple, et qui peut un jour frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.”

J’ai relu aujourd’hui cette phrase célèbre (qui lui a été reprochée par des ânes) et je la trouve magnifique. Je ferai aussi passer ma mère avant la justice. Evidemment ! Et avant pas mal d’autres choses qu’Alzheimer a malheureusement déjà pulvérisées (santé, vie professionnelle, vie tout court…).

La mère de Stefan Zweig

Les curés n’osent plus sonner les cloches mais on a les clochettes autour de l’église !


Pas de doute, on est début mai : les Paulownia sont à nouveau en fleurs autour de l’église Saint François Xavier : magnifiques grappes de clochettes mauve clair et bleu héliotrope à gorge crème tachetées de pourpre… Dieu est grand ! Comme chacun sait (et si vous ne le saviez pas je vous le dis, ce qui est un des modestes avantage de ce blog) le Paulownia tient son nom d’Anna Paulowna, fille du tsar Paul Petrovitch Ier. L’espèce, originaire de Chine, parut en angleterre en 1823 puis à Paris en 1834 (jardins du Muséum d’histoire naturelle) et maintenant au coin de la rue, juste en bas de chez maman. Tous les ans à la même époque, les Paulownia (il y en a bien une cinquantaine et je donnerais la Légion d’honneur et le nom de la place à celui qui les a plantés pour le bonheur des générations futures au lieu de cet obscur abruti qui n’a rien fait d’autre qu’être président du Conseil municipal de Paris) je disais donc que ces cinquante Paulownias sont, pour maman et moi, une source d’enchantement, un but de ballade et un prétexte à faire, tous les jours que Dieu fait, un pélerinage émerveillé autour de l’église. On tourne autour comme en procession, on regarde les enfants jouer dans le bac à sable… C’est notre façon de rendre grâce à la beauté et à la diversité de la Création. Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

(Oui, je sais, j’en avais déjà parlé à l’époque mais je viens de refaire la photo alors je reposte. Tant pis pour ceux qui ont de la mémoire. Moi je n’en ai plus et Maman non plus (Alzheimer nous a détruits et dévastés l’un et l’autre). Et puis ce blog tourne en rond alors il est normal que tous les ans à la même époque je parle de la même chose : les paulownia fin avril, les calendriers de l’Avent à Noël… Normal finalement : ça s’appelle radoter. Je pourrais même tenir toute l’année rien qu’avec leurs fameuses “Journées” bidons et si totalement débiles-mentales que la seule liste me rend totalement fou. S’ils voyaient mes journées à moi !

Les gens prennent l’autoroute “A6″ et moi je prends “Luc 24″

Je ne comprends pas très bien pourquoi tous les week-ends, les gens éprouvent le besoin de prendre leur voiture pour s’agglutiner sur les autoroutes avec toutes ces âneries de journées rouges, d’embouteillages et de bisons futés…

Aujourd’hui, c’était parait-il journée noire sur les routes. Moi j’ai encore pris ma loupe à 200% et je suis parti me ballader dans cette incroyable petite ville du XVIe siècle peinte par le peintre flamand Herri met de BLES, (c. 1500 – env. 1550). J’ai passé un bon moment, sur la route d’Emmaüs (c’est le nom de la toile), avec le Christ, Cléopas et Luc (24.13). Les gens prennent l’autoroute “A6” et moi je prends “Luc 24”, c’est presque pareil. Sidérant en tout cas de pouvoir agrandir comme ça à 200% et rentrer dans des détails infimes à l’arrière fond qu’on devine à peine sur la toile elle même. Je saute dans la toile, je hume l’air frais du matin, j’emprunte un petit sentier de terre, et hop j’y suis. Je vais aller visiter cette ville là bas au fond. J’entends les cloches sonner, il doit bien y avoir des saucisses grillées à la rôtisserie de la place de l’hôtel de Ville (et ça me coûtera moins cher que le filet de boeuf au Rostand rue de Médicis)… Mais tiens, c’est quoi ce truc au premier plan ? Je me demande bien si ce n’est pas un pendu ? ça ressemble à un corps accroché à un gibet non ? Brrrr, Faudrait pouvoir agrandir à 300%. Je crois que je vais plutôt changer de toile. Trop dangereux ici. Je me tire !

Herri met de BLES, peinture sur bois, 34,1 x 50,5 cm. Museum Mayer van den Bergh, Antwerp

Le vrai visage de Léonard de Vinci

Siegfried Woldhek a scanné tous les œuvres de Léonard de Vinci (plus de 700). Puis isolé les portraits d’hommes (environ 120), enlevé ceux qui n’étaient pas de face ou de trois-quart ; éliminé ceux qui étaient trop vagues ou trop stylisés ; puis éliminé les caricatiures ou ceux qui étaient laids (car on sait par ses contemportans que Léonard était beau). Après ce tri, il reste trois candidats possible : le viel homme, l’homme de Vitruve (qui est à Venise) et le portait du jeune musicien (Pinacotèque de Milan)… Si on regarde en détail, ils ont le même front, les mêmes sourcils, le même nez, la même courbure des lèvres… Sont ils dans le bon ordre ? Oui : le jeune homme date de 1485, l’homme de Vitruve de 1490, et le vieil homme de 1513. Quel âge avait alors Léonard ? 33, 38 et 63 ans ; les dates correspondent. Les trois portraits sont donc de la même personne à l’âge que Léonard avait à la même époque. Comment être certain que c’est Léonard et pas quelqu’un d’autre ? Il faut une référence : la seule image de Léonard est une statue du David de Verocchio au Bargello de Florence pour laquelle Léonard a posé. Il suffit donc de comparer. Ce que fait Siegfried Woldhek en exactement 4:09 secondes. Immense !

La vidéo sur TED


Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard

Je suis contrarié, tu es (ils ou elles sont) contrariés (etc)

• Quand je vois quelque chose de tordu, si je ne le dis pas, ça me contrarie.
• Quand je le dis aux autres (que leur truc est tordu), ça les contrarie.
• Il faut donc que je la ferme définitivement. Mais c’est contrariant aussi !

© Serge Bloch

A mon bureau ils ne supportent pas les critiques

Babyfoot au XIIe siècle…

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Hortus deliciarum, Hohenburg, Mont Sainte Odile, deuxième moitié du XIIe siècle, folio 215.

L’univers ne se doute guère de cette ambition de l’âme

“Il y a une sorte de force aveugle dans le monde. La matière est une énergie qui ne sait où elle va. La vie même ne vit qu’à tâtons. Pourtant si la pierre tombe, si la mer remue, si le vent court à de faux rendez-vous, on peut remarquer une espèce de prudence chez les plantes et pas mal de ruse chez les animaux.

Et puis, il y a les humains qui sont comme lancés vers une lumière. Leur jeunesse est une flèche qui part en direction du zénith. Mais c’est très fragile. Cette visée perpendiculaire demanderait une puissance énorme que rien ne peut fournir tout à fait. Il y faut une attraction d’en haut. L’univers ne se doute guère de cette ambition de l’âme.

Qu’il sente ou non l’élan de l’âme, l’univers joue son jeu, et l’âme n’échappe pas aux pesanteurs. L’âme pressent plus ou moins où elle va, mais elle n’arrive guère à se libérer de la compacité d’un monde où s’imbriquent la matière, la vie animale et les phénomènes grégaires. Continue reading

En cas de nécessité !

Mais moi, en ce moment, j’appuie quand ils veulent !

Avec Alzheimer, mon “cas de nécessité” c’est tout le temps : je peux presser à sept heures du matin, à dix heures, à onze heures, à midi, à deux heures, à quinze heures, à vingt heures… Toute la journée, jusqu’à minuit, je peux presser sur ce bouton.
Alors ce qu’il faudrait qu’ils disent c’est :
(1) ce qu’ils entendent par “nécessité” ;
(2) qui vient quand on presse (moi ce sont des anges dont j’ai besoin en ce moment).

Photo prise hier à la Salpétrière (j’ai failli presser pour voir ce qui arrivait : des gendarmes en uniforme ? de la mousse carbonique sur ma tête ? des psys avec des camisoles de force ?)

A propos d’aide en cas de nécessité…

“Et où sont tes ailes d’or, tes sandales rouges, ton glaive ?

– Le premier petit animal qui se présenta à la porte du Paradis fut l’escargot.
Saint Pierre se pencha et le caressa du bout de son bâton :
– “Que viens-tu chercher ici, mon petit escargot ?” lui dit-il ?
L’immortalité répondit l’escargot.
Pierre éclata de rire.
– “L’immortalité ! Et qu’est-ce-que tu en feras, toi, de l’immortalité ?”
Ne ris pas, répliqua l’escargot. Ne suis-je pas une créature de Dieu, moi aussi ? Ne suis-je pas un fils de Dieu, comme l’archange Michel ! Je suis L’ARCHANGE ESCARGOT, voilà !
– “Et où sont tes ailes d’or, tes sandales rouges, ton glaive ?
Ils sont au-dedans de moi. Ils dorment, ils attendent.
– “Qu’attendent-ils donc ?”
Le Grand moment
– “Quel Grand Moment ?”
Celui-ci répondit l’escargot.
Et le temps de dire “celui-ci”, il fît un grand saut et entra dans le Paradis.
Nous sommes les escargots. Au-dedans de nous dorment les ailes et le glaive et, si nous voulons entrer au Paradis, il nous faut faire le saut. Allons, vas-y, mon athlète, saute !”

Le Pauvre d’Assise – 1956 – Nikos Kazantzaki

Un texte de Kazantzaki que je trouve renversant de beauté
Toutefois, je vous assure que…
Parfumer les ragoûts à la Légion d’honneur

Les cloches, la nuit, à Sarajevo…

“Quand on reste jusqu’au matin tout éveillé dans son lit, on entend tous les bruits de la nuit à Sarajevo. Pesamment et sûrement, l’horloge de la cathédrale catholique sonne deux heures.
Une minute plus tard (soixante-quinze secondes exactement, j’ai compté), sur un timbre un peu plus faible mais pénétrant, l’horloge de la cathédrale orthodoxe sonne ses deux heures.
Un peu plus tard, la tour de l’horloge de la mosquée du Bey sonne à son tour, elle sonne onze heures, onze heures turques spectrales, conformément aux comptes étranges de pays situés à l’autre bout du monde !
Les Juifs n’ont pas d’horloge pour sonner et seul un dieu méchant sait quelle heure il est maintenant, selon leurs comptes différents, d’une part pour les Ashkénazes, d’autre part pour les Sépharades.

Ainsi, même la nuit quand tout dort, dans le décompte des heures creuses du sommeil, veille la différence qui divise ces gens endormis ; ces gens qui, à l’état de veille, se réjouissent et se désolent, jeûnent et font ripaille selon quatre calendriers différents et inconciliables et envoient vers le même ciel tous leurs souhaits et leurs prières en quatre langues liturgiques différentes. Et cette différence, tantôt de façon visible et ouvertement, tantôt de manière invisible et sournoise, ressemble toujours à la haine et se confond parfois tout à fait avec elle.”

Le recueil s’appelle “Titanic et autres contes juifs de Bosnie” ; L’auteur est Ivo Andric. L’éditeur Le serpent à plumes, la collection motifs. La nouvelle c’est “une lettre de 1920″ et c’est à la page 109 … Et je trouve ce texte sidérant.

“La poésie est le plus parfait format de la résistance !”

L’inadmissible précision de Google Maps

On dira ce qu’on veut de la puissance des technologies modernes, moi je continue à penser qu’elles vont beaucoup trop loin et mettent en péril notre vie privée. Par exemple là, je voulais voir ce qui se passait si je tapais mon adresse sur Google Maps. J’ai zoomé sur le quartier, et puis zoomé encore sur la rue et puis encore zoomé … et j’ai presque pu lire le livre que je tenais à la fenêtre ! Alors là je dis stop car trop c’est trop : un outil aussi précis peut même devenir dangereux dans les mains de cinglés.

Les livreurs de pizza vont pouvoir délivrer leurs missiles avec plus de précision
Le bateau in memoriam sur Google Maps

Je n’ai jamais connu la faim, ni la guerre…


Bon, je déprimais plutôt ce soir… Mais je me suis rendu compte
que finalement je n’avais jamais connu la faim, ni la guerre…
La vieille propriété de mon enfance a été détruite, mais pas par les bombes
J’ai toujours eu une propension étonnante à envisager le Pire
mais jusqu’à ces dernières années – avec Alzheimer qui emporte Maman et ma santé qui se déglingue – il m’avait épargné
Les dragons crachant du feu ne me collaient pas aux fesses comme maintenant
Je n’ai – heureusement – jamais marché sur des cadavres comme mon grand-père
ni vu partir des gens qu’on emmenait dans des trains pour ne jamais plus les voir revenir
Je ne suis pas allé à l’enterrement de mon père l’été dernier
mais parce que je ne pouvais pas laisser ma mère seule
Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, Continue reading

Si la bureaucratie nous traite comme des chiens, il y aura de la violence urbaine !

Ce matin je reçois une lettre recommandée avec accusé de réception. Une quasi lettre de menace de l’Assurance maladie intitulée “lettre d’avertissement – arrêt de travail non envoyé dans les 48h”. Suivent une quinzaines de lignes d’avertissement, de menaces de “sanctions” en cas de “récidive“, et d’indemnités “réduites de moitié”… (je vous la fais courte mais il y en a deux pages avec copie des articles du code de la sécurité sociale). Et c’est signé “le technicien chargé de votre dossier” (avec un nom que j’appellerai lundi matin – il ne travaille pas le samedi – pour lui dire ma façon de penser).

EDF et GDF, qui doivent avoir des gens bien élevés à leur tête, ont compris depuis belle lurette non seulement la politesse et le respect, mais également ce qu’est la “relation-client” ! Et, dans un cas identique, ils m’auraient sans doute envoyé une lettre très polie et courtoise me disant que c’est très certainement par erreur que j’ai oublié la réglementation et que la prochaine fois, n’est ce pas, je veillerai très certainement à ce que etc….

Mais de toute évidence l’Assurance Maladie fonctionne avec des consignes d’un autre âge. Et a reçu des instructions visant à menacer et terroriser le citoyen qui n’obtempère pas dans les 48h. Je ne suis pas un mauvais bougre, et je suis même plutôt un citoyen favorisé. Mais mon sang n’a fait qu’un tour ce matin en recevant cette lettre recommandée. Je ne dis pas que si j’avais eu une arme je serai aller tirer sur “le technicien chargé de votre dossier” mais je pense qu’il y a des gens défavorisés, vivant “dans les quartiers” comme on dit maintenant qui, dans quelques temps et si cette attitude violente et menaçante de l’Administration s’aggrave, seront prêts à foutre le feu. Je le dis comme je le pense : quand on n’a plus d’argent, qu’on doute de l’avenir et de son emploi et qu’on est malade (définition même de l’arrêt-maladie), je peux vous dire qu’il y a une petite goutte qui peut faire déborder le vase : c’est cette lettre de menaces recommandée avec accusé de réception. Le “technicien chargé de votre dossier” n’y est évidemment pour rien car il a reçu des instructions. Mais vous savez quoi ? Je pense qu’il faut qu’ils les changent ces instructions. Et leur style aussi ! Et vite fait. Sinon ça finira mal.

Hôtel Matignon, chambres à la journée…


La nuit dernière, j’ai fait un rêve totalement idiot qui montre que je commence à fatiguer grave. J’arrivais devant le 69 rue de Varenne avec ma valise, je sonnais à la loge des Gardes républicains, et je demandais une chambre pour deux. Eux d’un air condescendant me faisaient comprendre que je devais très certainement faire erreur, que je gênais et que, peut-être, si je voulais bien dégager, ce serait aussi bien…
Et moi – et c’est là que je vois que je suis d’une bétise crasse – j’insistais comme un âne :
– C’est bien l’Hôtel Matignon ?
– Oui
– Parfait, je souhaiterais une chambre pour deux
Et je m’entends même encore préciser,
– …”con la vista”…
Ça s’est carrément mal terminé. Ils ont appelé les gardes et on jeté ma valise dans la rue. Il y a eu une énorme détonation et je me suis réveillé en sursaut. Du coup je suis crevé.
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Quelques rêves
«Sturzkampfflugzeug»
La clé sous le paillasson !
Transformation imminente en dindon ?
Rêve chinois N°2
Planter des rudbeckias jaunes
Parfois rêver c’est dur…
Clac clac je vais te couper la tête !

Les paroles sont comme des oeufs…

C’est clair, il faut absolument que je m’arrête de me bourrer de chocolats du matin au soir. Mais, pour pousser à la consommation, ils mettent dans les papillottes des petits textes qui sont parfois très beaux et même assez justes : avant hier je tapais un texte sur ce blog, l’oiseau s’est envolé et pof, une réponse m’est revenue d’un blogger dans l’océan indien. Les paroles ont donc bien des ailes : elles sont comme les oiseaux de l’avenue sous mes fenêtres : ils se posent, font plier légèrement la branche et s’envolent à nouveau. Et ça fait “ding” dans ma messagerie (pas les oiseaux mais les commentaires sur mon blog). C’est marrant la technologie. Le problème avec les papillottes c’est que ça donne envie de continuer à manger lire

Autre papillotte

Une joie qui a explosé un jour comme une étoile intérieure…

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Encore un texte magnifique de Philippe Jaccottet que je trouve ce soir :

Je pense quelquefois que si j’écris encore, c’est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d’une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. (…)

Continue reading

Un repère pour les anges…


En passant devant les grilles du Luxembourg, je suis tombé en arrêt devant cette magnifique photo de la tour Eiffel dans les nuages… Ma photo de la photo est nulle mais celle qui est présentée sur les grilles est superbe : donc toutes mes plus vives excuses à Elodie Grégoire. Et un grand merci pour cette image que je trouve très inspirante et qui est presque un autoportrait (être un repère désespéré pour les anges avant de couler et de disparaitre complètement dans les nuages, je connais bien !)

Peut-être qu’ils n’ont carrément plus d’idées ?
Parfois je peux être bon public avec la tour Eiffel

C’est beau la confiance…

Il y a, dans le salon, une série de très vieilles gravures sur la vie de Guillaume Tell. Elles sont là depuis bien avant ma naissance, mais à force de les voir, je ne les regardais même plus. Depuis quelques temps (sans doute depuis qu’Alzheimer tire dans tous les sens de façon aléatoire – mais pas seulement) je me rends compte qu’elles m’évoquent le problème que j’ai avec la CONFIANCE. Confiance dans les gens ou les amis, confiance dans l’avenir ou dans le sérieux avec lequel les choses sont conçues et conduites… Pour être vraiment en paix, il faut pouvoir FAIRE CONFIANCE. Quand vous savez que votre avenir ou votre vie peut dépendre de gens (je parle d’hommes politiques, médecins, plombiers, ministres, garagistes, chirurgiens, agriculteurs, chercheurs, architectes, avocats etc) incompétents, imprécis, désinvoltes, peu consciencieux, approximatifs, légers ou bordéliques, ça ne facilite évidemment pas la sérénité… Sinon, quand vous avez confiance, même pas besoin de bandeau sur les yeux comme le fils de Guillaume Tell. C’est grand, c’est beau, c’est immense la confiance !

Ci-dessous, quelques liens juste pour se ballader dans se blog :
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Ecrabouiller le Mal ? Jubilatoire !

Comme vous le savez, je ne me lasse pas d’agrandir les toiles à 200%… Là je viens de découvrir ce dragon noir que la Vierge à l’Enfant de Geertegen tot Sint Jans est en train d’écrabouiller sous ses pieds. C’est marrant mais je dois avoir un problème avec le Mal et les dragons et les serpents : je ne vous dis pas le plaisir quasi jubilatoire que ça me fait de les voir écrabouillés comme ça. Entendre le craquement des os du Mal dont on brise les os, ah, quelle délectation, quel bonheur. Dans la Genèse 3.15 on parle de “Celui qui écrasera la tête du serpent”. Je veux bien me proposer à Dieu pour le job ! Surtout en ce moment où les dragons me courent après. Bon, je sais, ce n’est pas bien, je ne devrais pas dire ça. Faut avoir un peu de compassion pour les dragons tout de même… Mais vous savez bien que je ne ferais pas de mal à une mouche, ni à une grenouille.


Geertgen tot Sint Jans, Vierge à l’Enfant, 1480s, 26,8 x 20,5 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam

Geertegen tot Sint Jans sur Wikipedia

Et si on exigeait qu’ils nous rendent les dentelures des timbres ?

timbre_dentelures4
Plus ça va et plus je me dis que nous ne devrions pas nous résigner. Et signer collectivement une pétition au ministre des Postes afin qu’il nous rende les dentelures sur la Marianne qui est le timbre de tous les jours. C’était beau, c’était élégant et c’était artistique. Et en plus ces dentelures n’étaient pas leur propriété. Il faut donc qu’ils nous les rendent. On ne peut pas chaparder comme ça des dentelures aussi belles et s’imaginer que nous, les citoyens, allons accepter de nous les faire voler ainsi sans réagir. Il y a des mois et des mois que ça m’énerve mais ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pensé à la pétition. Je pense même qu’elle aurait du succès. Et puis, montrer qu’on s’attache aux détails, je trouve que ça aurait du panache ! ça aurait même belle façon comme ils disent à Genève. Allez, chiche, on le fait ?

PS. Tant qu’à payer des gens à faire des trous, je préférerais qu’ils en refassent des petits autour des timbres plutôt que des grands dans les comptes et les budgets publics.
PS2. Le problème c’est que je ne sais pas comment on fait une pétition (et je l’aimerais bien dentelée ;-)

Autres histoires de timbres
Des timbres avec le prix écrit dessus
Marre de la Marianne
Pauvre lion du Panshir

La bonne odeur de la pierre taillée et de l’avenir qui renaît


J’aime bien les chantiers et l’odeur humide de la pierre taillée. Et la beauté radieuse des lieux du XIIIe siècle qui remontent à la lumière après des siècles de bétise noire et d’indifférence crasse. Pendant plus de quatre siècles, sur les flancs de la Montagne Sainte-Geneviève, le Collège des Bernardins avait contribué au rayonnement intellectuel du Quartier Latin et de l’Université du moyen-âge. À la Révolution Française, les révolutionnaires en ont fait une prison (c’est d’ailleurs une vraie manie des révolutionnaires que de transformer toutes les merveilles de la Chrétienté en prisons : Fontevraut prison, Mont-Saint Michel prison, Clairvaux prison, Bernardins prison etc la liste est sans fin). Jusqu’à une date récente, le Collège avait été occupé par une caserne de pompiers (pathétique mais au moins le lieu fut-il entretenu ou presque puisqu’au moment de son acquisition par le diocèse de Paris, il menaçait ruine).

J’ai longé la rue de Poissy il y a deux jours avec Muriel (voir Jussieu et son défloquage de l’amiante) et j’ai vu qu’ils étaient presque au bout de sa restauration. C’est encore un chantier, mais l’ouverture au public est prévue pour l’automne 2008. Le collège des Bernardins renouera ainsi avec sa vocation initiale en redevenant un magnifique lieu de dialogue intellectuel et de rayonnement spirituel. Il sera également un lieu d’activités artistiques (expositions, salle de cinéma, auditorium) et de formation (il accueillera l’École Cathédrale et l’Institut de Théologie du diocèse de Paris). C’est l’architecte Jean-Michel Wilmotte qui a conçu l’aménagement de l’édifice et la création des nouveaux espaces avec un parti pris esthétique respectant, par le choix de formes simples et de matériaux nobles, la radieuse sobriété cistercienne.

Bref un peu d’air et de beauté dans ce monde de voitures et de pollution du boulevard Saint-Germain. Et un peu d’intelligence aussi dans un Quartier Latin qui n’existe désormais tout simplement plus : la vie intellectuelle y ayant été remplacée par les marchands de fringues minables du boulevard Saint-Michel et les boutiques innombrables – que dis-je, exponentielles – du vieux campeur de la rue des Ecoles… Un peu de spiritualité fera du bien car on manque d’air.

Nostalgie de la vieille Chrétienté du Moyen-âge…
Site du Collège des Bernardins
Sur googleMap

Et si on écoutait enfin les sourds-muets ?


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Bon, je ne sais pas si c’est le Chablis ou la discussion avec Krim ce soir sur l’utilité des discours à l’ONU quand personne n’écoute plus, mais il est clair que les hommes politiques, les diplomates, les journalistes et les médias ont usé jusqu’à la corde tout ce qu’on pouvait dire avec des mots. Ils en ont fait des tonnes et créé des ravages en ouvrant le robinet à blabla du matin au soir, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Plus un moment de silence : ils parlent à n’en plus finir et jacassent tout le temps, sans interruption, partout : à l’assemblée nationale, à l’ONU, dans les commissions, dans les conseils, dans les hauts comités, dans les réunions, dans les journaux, au conseil des ministres, aux journaux télévisés… Partout ; ils parlent partout et tout le temps. Ils empilent les mots, et des mots sur des mots, et des phrases et encore des phrases sur des phrases, jusqu’à plus soif… Et moi ça m’épuise car on voit bien qu’ils n’ont même plus le temps de penser et de réfléchir.. Depuis des années, ils ont tout dit et le contraire de tout, à tort et à travers et dans tous les sens. Ils sont au bout de ce qu’ils ont à dire et n’arrivent même plus à convaincre personne.

Vous je ne sais pas, mais moi je suis carrément mort de les entendre parler. Je n’ai plus qu’une envie : apprendre le langage des signes. Comme ça je pourrai parler aux sourds muets. Peut-être EUX n’ont pas encore usé les mots jusqu’à la corde. Peut-être ce sont EUX les derniers qui ont encore des choses intéressantes à nous dire sur le monde ? Mais pour le savoir il faut évidemment que j’apprenne leur langue. Car on ne les entend ni à la radio, ni à la télé…

PS : Oui je sais… je sais que la bouche est faite pour parler ! Qu’ils parlent ne me gène pas ; mais la tête est faite pour penser. Et les oreilles pour écouter. Donc ce que je demande finalement c’est juste ceci : qu’ils écoutent davantage, pensent un peu plus, et parlent un peu moins ! Ne serait ce que pour entendre (c’était le début de ma conversation avec Krim ce soir) ce qu’avait à dire cette jeune fille de 13 ans à la tribune de la Conférence des Nations Unies en 1992 ? Personne n’a écouté, personne n’a entendu. Ils ont tellement usé les mots que maintenant tout le monde s’en fout. [Severn Suzuki, ECO (Environment Children Organisation) ONU, Rio de Janeiro, 1992]

Quelques petits bouts de silence, en vrac… Continue reading

La forme déjà contenue dans la matière…

cheval_marbre.jpg
Vous connaissez forcément l’histoire de l’enfant à qui son père montre la sculpture d’un cheval et qui répond :

“je vois bien que le sculpteur a taillé le cheval, mais ce que je ne comprends pas c’est comment il savait que le cheval était à l’intérieur du bloc de marbre“…

Moi c’est pareil. Je me pose le même genre de questions devant la beauté du monde. Je n’arrive pas à comprendre comment le grand chêne est à l’intérieur du gland, ni comment le printemps sort en fleur de toutes les couleurs des branches mortes de l’hiver, ni d’où sort le chant du merle qui me faisais tressaillir ce matin en allant chercher le pain, ni comment la lumière dorée et argentée a surgit un jour dans le monde, ni comment les neurones du cerveau font que le sourire de la petite fleuriste peut vous faire craquer… C’est plus fort que moi, je ne pige pas.

Et pour en revenir au cheval, je ne suis pas idiot, je connais Michel-Ange, j’ai lu Platon et Vasari et aussi l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci de Valéry mais cette question de la forme déjà contenue dans la matière j’avoue que ça me sidère littéralement. Que voulez vous, je dois certainement avoir le niveau mental d’un enfant de six ans. Mais bon, si ça me permet de m’émerveiller ce n’est peut-être pas trop grave ? Et tiens, tout à coup, ça me fait penser que j’avais un magnifique cheval de bois quand j’étais petit : blanc avec des pois gris et une vraie crinière de crins. Et des roulettes… Comment est ce que tout ces souvenirs du cheval sont encore dans ma tête ? La forme est dans la matière et le cheval est dans mon crâne. Va falloir que j’en parle à mon pédiatre

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D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Youpi, tout va mal !
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Les nazis, le banc et la vieille mère de Stefan Zweig…


Je suis en train de relire Stefan Zweig, qui avait laissé sa mère à Vienne où elle finissait ses jours dans une presque heureuse inconscience, et qui, à propos des mesures prises par les nazis, note ce détail terrible :

“Une des premières mesures prises à Vienne lui avait porté un coup très sensible : avec ses quatre-vingt quatre ans, elle avait déjà les jambes faibles, et quand elle faisait sa petite promenade quotidienne, elle avait coutume, après cinq ou dix minutes de marche pénible, de se reposer sur un banc du Ring ou du parc. Hitler n’était pas depuis huit jours maître de la ville qu’on prit un arrêté bestial interdisant aux Juifs de s’asseoir sur un banc – une des mesures qui visiblement n’avaient été inventées que dans le dessein sadique de tourmenter perfidement”.

Cela me serre littéralement la gorge…

L’impatience de Stefan Zweig

Post scriptum : Je profite de cette citation pour redire l’indignité des mesures anti-juives prises, dès 1940, en France par le gouvernement de Vichy himself. Continue reading

Pendant 15 ans j’ai mangé des flocons d’amiante au petit déjeuner ! (avec du miel en plus)


En allant dîner avec Muriel, on a longé Jussieu où ils sont en train de désamianter l’immense carcasse vide de l’université. Je me demande bien qui sont les pauvres gens à qui on impose ce défloquage épouvantable. J’ai toujours eu des doutes sur la vigilance et l’efficacité de l’Inspection du travail en ce qui concerne le respect des conditions minimales d’hygiène. Mais bon, j’espère au moins qu’on leur aura donné de bons masques de protection.

Cela m’a fait penser que, depuis que je suis haut comme trois pommes, j’ai avalé de l’amiante à tous mes petit-déjeuners pendant à peu près quinze ans. Dans ma famille, on a en effet toujours fait griller nos tartines sur une plaque en amiante. Je n’avalais donc pas seulement un peu d’amiante : je la mangeais carrément en flocons, en étincelles de feu, en paillettes incandescentes, en petits copeaux noircis qu’on grattait avec un couteau et qu’on recouvrait de miel ! Je ne vous dis pas la poussière d’amiante que tout cela dégageait. J’en ai froid dans le dos quand j’y pense rétrospectivement. Mais c’est évidemment trop tard. Et c’était super bon surtout !

Maintenant je mange ça
Ondes wifi, maman j’ai peur !
La question existentielle des endives et des laitues…
L’urgence de devenir végétarien

Le vieil arbre du Luxembourg en soins palliatifs


Hier, comme tous les samedis depuis des siècles, je vais au Luxembourg me ballader. Ecouter les oiseaux, voir où en sont les fleurs et les plantations, regarder les enfants jouer et les canards barboter dans le grand bassin, dire bonjour aux abeilles, passer vers les boulistes et les joueurs d’échecs. Et parfois discuter avec Vincent quand il va promener sur ses épaules sa petite fille aux beaux yeux bleus… Chaque fois, avant de partir par la rue Férou, je vais rendre visite à ce vieil arbre que j’aime bien et qui me fait penser à ma lutte contre Alzheimer. Le tuteur en bois, sur la gauche, c’est moi … Jusqu’à présent l’arbre a tenu. Quand ce blog s’arrêtera, on saura si le tuteur a tenu.

PS. Merci en tout cas aux jardiniers du Luxembourg. Contrairement à d’autres, ils font honneur à leur profession

Quelques autres arbres…
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Une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel…

ciel.jpg
Je suis en train de lire ce poème de Philippe Jaccottet…

Tout à la fin de l’hiver
il y a ceci encore de fidèle
autant que les premières fleurs :

une fraîcheur comme de neige très haut dans le ciel,
une espèce de bannière
(la seule sous laquelle on accepterait de s’enrôler),

une espèce de fraîche étoffe qui se déplierait
au plus haut, comment dire ?
indubitable ! bien qu’invisible dans le bleu du ciel,
aussi sûre que chose au monde que l’on touche.

Je ne sais pas, je ne sais pas quoi dire
sinon que cela semble, un soir, se déplier très haut,

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Tout est dans les proportions !

Parfois les choses prennent des proportions incroyables. Je ne parle pas d’Alzheimer mais des petits problèmes de la vie en général qu’on à tendance à monter en épingle. (Entre parenthèse je n’ai jamais compris cette expression mais bon) ; je disais donc que parfois on perd le sens des proportions et je regardais cette image en me disant qu’effectivement nous ne sommes pas grand chose dans l’Univers ou même rien du tout.

Incroyable non, cette minuscule Terre, petite tête d’épingle de rien du tout par rapport au soleil ? Et encore je n’ai pas la place pour vous montrer la taille d’Arcturus. Vous voyez la taille de la Terre par rapport au soleil ? Eh bien si vous donnez au Soleil la taille de la Terre, Arcturus aura la taille du Soleil. Complètement délire mais trop génial d’être au milieu de ces grosses boules. La Création est trop belle et Dieu est grand ! Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

Allez vite voir ici la série magnifique de ces visuels géniaux.

petites ballades en spirale sur l’univers répétitif de mes obsessions…
L’infini dans la paume de la main
Profession ? Messager des étoiles !
La taille de mon univers
L’ange voleur d’étoiles
Quelques étoiles

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