Des ailes pour planer au-dessus de la vie

martinet2Bon, je dors super mal en ce moment. Je meurs de sommeil mais je n’arrive pas à fermer l’oeil. Faudrait que je puisse dormir le jour, comme les martinets qui dorment en volant.

Tiens, voilà, c’est exactement ça : faudrait que je sois un martinet ! Je profiterais des courants d’air chauds ascendants, mon vol serait rapide et vif, je montrais jusqu’à quatre mille mètres, je pourrais parcourir 900 km en une seule journée, je partirais fin juillet pour traverser la méditerrannée – ah le beau miroitement bleu et les minuscules petits voiliers blancs tout là bas en bas – je dormirais en volant et je ne reviendrais qu’à la fin du mois d’avril… J’habiterais sous le toit d’une jolie maison, ou dans un beau clocher, mon nid serait construit avec des plumes… et surtout, je dormirais en volant !

Quand je pense que les hippopotames dorment debout dans l’eau. Beurk.
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Des nuits de 14h24…
J’ai tellement sommeil !
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Autres oiseaux…
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

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Dernières nouvelles du cyclope

Bon, j’ai vu mon ophtalmo aujourd’hui qui dit qu’en plus de l’implant “froissé” à l’oeil droit, je présente maintenant “des troubles vitréens qui sont responsables d’une vision fluctuante en raison de gros flocons vitréens passant dans l’axe de la vision. Etat oculaire rendant impossible le travail sur écran”. Arrrgghhhhh ! “L’amélioration se fera, dit encore l’ophtalmo, “après quelques semaines (3 à 4 mois).”
Donc j’arrête tout et vais me coucher ! “Trois à quatre mois”… Non mais je craque carrément ! Et à mon bureau je fais quoi si je ne peux pas voir pas les détails à un pixel près? J’peux tout de même pas faire des sites web avec de “gros flocons vitréens qui passent dans l’axe de la vision” ! re-Arrrgghhhhh !

Il va m’arriver ce qui est arrivé à Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz : le 2 mars 1939, il s’effondrait mortellement après s’être fâché contre son canari qui ne voulait pas rentrer dans sa cage. Le médecin concluera à une embolie.
Mon canari, c’est la paix de l’âme, que je n’arrive plus à faire rentrer dans ma tête !

L’Autruche, moi ça me met de bonne humeur !

autruche.jpg Au déjeuner, tout à l’heure, il y avait un type avec une très jolie noire qui prenaient un café. Lui avait fait des tas de voyages dans les pays lointains : népal, viet-nam etc. Elle, sans doute pour le convaincre qu’elle n’était pas nulle, lui racontait qu’elle avait aussi visité beaucoup de pays en europe: “l’Italie, l’Espagne et l’Autruche”… C’est bète mais des trucs comme ça : l’Autruche, moi ça me met de bonne humeur pendant des heures !

Oui, oui, je sais ce n’est pas bien d’écouter ce que disent les gens à la table voisine.

La chambre jaune

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Il y a quelques temps, quelqu’un vivait dans cette pièce… il devait y avoir une table, un lit, des tableaux ? peut-être des jouets ou bien était-ce une salle de bain ? Combien d’histoires dans cette chambre jaune, suspendues pour quelques heures encore dans le grand nuage de poussière des démolisseurs : des jours, des nuits, des jeux, des larmes, des rencontres, des séparations, des rires… Un jour peut-être, la pièce dans lequelle je suis en ce moment sera suspendue en l’air au quatrième étage. Le type du bulldozer ne pourra pas savoir que j’y ai joué du luth, que des hirondelles jouaient dans la cour, que ma petite chienne jouait sur le tapis et que mes yeux me jouaient des tours et que la vie n’était pas un jeu d’enfant…

Les yeux des gueux et la rosace de Notre-Dame

oeil.gif Ce n’est pas intéressant, je sais, mais mon oeil droit est de plus en plus flou, l’opération de la cataracte ne s’est donc pas si bien passée et mon ophtalmo dit que l’implant qu’ils m’ont mis est “froissé” et que s’il ne se “déplie” pas, il faudra sans doute réopérer pour mettre un nouvel implant. Argggghhhh !
Cela me fait penser à cette lettre de Vincent Van Gogh :

“Je préfère peindre des yeux humains plutôt que des cathédrales, si majestueuses et si imposantes soient-elles – l’âme d’un être humain – même les yeux d’un pitoyable gueux ou d’une fille du trottoir sont plus intéressants selon moi”.

19 décembre 1885

PS. Toute cette Correspondance avec son frère Théo est magnifique et absolument bouleversante.

Non, le conservateur du Musée Rodin n’est pas mort !

crs.gif ça y est, c’est fait, le conservateur du Musée Rodin a enfin coupé les branches qui menaçaient de faire tomber le vieux mur… (voir post de juin). Il aura tout de même fallu plus d’un an, plusieurs lettres et plusieurs mails, mais voilà, victoire, c’est gagné. Comme quoi quand on mord fort – et surtout longtemps – ils finissent par lâcher ! Cela me rappelle l’épisode de la compagnie républicaine de sécurité au Luxembourg il y a deux mois. Il y avait carrément, devant l’entrée du jardin, une quinzaine de camions de CRS juste sur l’arrêt du bus (l’arrêt de mon bus !). Je dis au CRS de base: “c’est trop pas bien ce que vous faites, vous devriez donner l’exemple !”. Et lui : “pas mon problème, vous n’avez qu’à le dire au chef là bas dans la première voiture”. Je vais donc taper à la vitre de l’officier (moi forcément pas peur car moi grand chevalier courageux et intrépide!) et le gaillard se déplie de sa voiture en rangeant les cartes qu’il avait sur les genoux. Je m’attendais à ce qu’il me dise “Allez vous faire foutre”, et il me dit très poliment : “vous avez tout à fait raison, monsieur, nous ne devrions pas être là – Je vais demander à la CRS de reculer”. Et talkie-walkie et brooom brooum brooum et les moteurs qui se mettent en marche, et toute la CRS qui recule ! Pas génial ça ! Et maman et moi nous sommes montés dans le bus comme si de rien était. Merci mon brave !

Quand le conservateur du Musée Rodin faisait la sourde oreille

Dormir la nuit …

jlllg44.jpg Jean-Louis t’as raison, ces derniers temps j’ai sans doute mis trop d’histoires à dominante “spirituelle” : anges, moines etc. Mais bon, il y a sans doute des raisons qui l’expliquent même si je ne peux pas trop en parler pour ne pas écrire le mot alzheimer trop souvent … En tout cas, j’étais content de ce bol d’oxygène avec toi et de ce petit vent frais de révolte que tu fais souffler (j’ai dans ma bibliothèque “La désobéissance civile” de H.D. Thoreau et vais le relire). Merci aussi pour l’histoire de ta montre ! Pour ceux qui n’étaient pas là : Jean-Louis a acheté très cher une belle montre, avec sonnerie et tout. Et comme il a perdu le mode d’emploi qui était d’ailleurs incompréhensible (genre japonais traduit du suisse en passant par le coréen du nord) il ne savait pas comment la règler. Et la montre sonnait toutes les heures. Toutes les heures du jour ça va encore mais toutes les heures de la nuit ! Tu as bien fait de t’en débarrasser Jean-Louis : t’as pas la vocation d’un moine appliquant la Règle de Saint Benoît et célébrant la louange de Dieu pendant les vigiles noctures ! (et encore la Règle de S.Benoit est moins dure que celle de S.Pacôme qui prévoyait un minimum de 36 psaumes par nuit !).

Le pouvoir de la foi…

lebel_glycine-2.jpg C’était un laïc qui avait une confiance totale en un moine d’un monastère de la montagne. Il le consultait en toutes choses et s’en remettait à lui aussi bien pour les affaires d’ici-bas que pour celles de l’au-delà. Ainsi, quand il était souffrant, il montait au monastère solliciter quelque remède pour se soigner. Le moine qui ignorait la médecine lui répondait invariablement: “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Comme sa foi était sans faille, il observait scrupuleusement la prescription et aucun de ses maux ne résista jamais au remède.
Un jour qu’il avait perdu son cheval, il alla demander conseil au moine. Comme toujours, le moine lui répondit : “Buvez une décoction de noeuds de glycines grillés”. Son coeur était trop confiant pour que ces paroles éveillent en lui un soupçon d’impertinence de la part du saint homme. Les glycines aux alentours de sa demeure ayant fini par disparaître au cours des années, il dut aller jusqu’au pied de la montagne pour s’approvisionner et c’est là qu’il aperçut au loin, dans un champ de luzerne à petites fleurs violettes, son cheval égaré. Tel est le pouvoir merveilleux de la foi.”

Ichien Mujû (1226-1312) – Peinture (Ibéria Lebel “Théière et glycine”)

Quand je pense aux marcheurs de Compostelle…

walk.jpg Quand je pense aux pélerins qui dans la poussière de juillet marchent en ce moment sur les chemins de Compostelle ; quand je pense à tous ceux qui mettent leurs pas dans les pas de ceux qui, depuis le moyen-âge, accomplissent cette marche symbolique parce qu’ils ont compris qu’elle était une métaphore de l’aventure de l’âme elle-même ; quand je pense à tous ces pas dont le but est de décanter l’âme et la vie elle-mêmes, comme si le soleil ayant tourné qu’un quart de tour n’éclairait plus les mêmes réalités ni les mêmes certitudes ; quand je pense à ces marcheurs qui ont le ciel et la voie lactée sous la semelle de leurs chaussures….. et quand je vois ces touristes américains qui se multiplient actuellement dans les rues de Paris avec leurs engins électriques, j’ai envie de hurler ! Nous vivons une époque pathétique, et assurément la fin d’une civilisation. Tragique.

“Comment allez-vous” ou “How do you do” ?

Incroyable le nombre de gens qui tous les matins me demandent comment ça va. C’est le grand truc en France. Peuvent pas vous rencontrer sans vous demander comment ça va ; avec un point d’interrogation et une insistance qui en fait une vraie question. Alors qu’il faudrait précisément ne pas le demander mais au contraire le dire comme les anglais le font, très vite, discrètement ; avec juste une formule n’appellant pas de réponse. Moi je leur dit “bonjour” et ne leur demande jamais comment ils vont, parce que je trouve que c’est indiscret et totalement déplacé. Mais bon, c’est comme ça.

Je préfère de loin la formule des anglais : ils vous demandent effectivement How do you do mais ils n’attendent pas de réponse. Vous n’êtes pas supposé répondre mais renvoyer immédiatement, comme un boomerang, un même “how do you do”. L’avantage c’est que les deux demandes s’annulent en plein milieu et que personne n’a le temps de répondre. La classe. Alors qu’en France c’est la poisse : faut répondre. Ils vous laissent même le temps de répondre les vaches !

Bon, tout ça pour dire que ma réponse à la question c’est : “San Sebastian, Andrea Mantégna, c. 1506, Oil on canvas, 213 x 95 cm, Galleria Franchetti, Ca’ d’Oro, Venice”.
Voilà, ma réponse. Et comme ça c’est clair. Moi, si jamais je croisais un jour Saint Sébastian dans la rue ou au bureau, jamais je n’oserais lui demander “comment ça va” !

Mort de fatigue
“Accompagnant Alzheimer”

Heureux qui comme Ulysse…

bus_82_fille.jpg Tout le monde part en vacances et moi je reste à Paris. Heureusement le bus 82 vers le Luxembourg avait une très jolie conductrice ce matin. La vie devient tout à coup douce et fraîche et le voyage beaucoup trop court. Je rêve d’être Ulysse et que le bus fasse naufrage sur une plage de sable blond appartenant au roi des Phéaciens pour rencontrer Nausicaa… “Pour qu’Ulysse s’éveillât et vît la jeune fille aux beaux yeux (Odyssée, bus 82) Athéna, la déesse aux yeux brillants força le destin : la fille du roi lança une balle à une de ses servantes, mais elle la manqua et jeta la balle dans un remous profond. Toutes alors poussèrent un grand cri, et Ulysse s’éveilla. Terrible, il leur apparut tout couvert d’eau salée ; les servantes aux belles boucles s’enfuirent chacune de son côté. Seule demeura Nausicaa, la fille du magnanime Alcinoos qui resta face à face avec lui. Ulysse hésitait: supplierait-il la jeune fille au beau visage, en embrassant ses genoux, ou bien seulement lui demanderait-il à distance, par de douces paroles, de lui montrer la ville. Craignant d’effaroucher la jeune fille en lui prenant les genoux, il lui sembla que le mieux était de la supplier à distance par de douces paroles … Mais Nausicaa au bras blancs annonça : “Etranger, je bien suis la fille Alkinoos qui sur les Phéaciens possède force et puissance, mais tu es arrivé au Luxembourg, c’est le moment de descendre du 82”. Gloups…

Le poids de ce que l’on porte sur les épaules

pelerin.jpg Je tombe ce matin dans le Figaro sur ce témoignage de Jacqueline B. qui parle de son pélerinage sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle et des souffrances de ses pieds et de ce maudit sac qui lui sciait les épaules…

“Je ne demandais jamais à Dieu de soulager mon sac ;
Mais de me donner le courage de le porter.”

Souvent, dans la vie, on demande de réduire le poids que l’on doit porter. Jacqueline demande à Dieu plus de forces pour le porter. C’est différent et beau, non ?

Arriver sur l’autre rive…

Découragement et persévérence

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Hier soir, impossible de dormir alors je regarde Hélène Grimaud jouer Brahms. Elle dit :

“Souvent les gens pensent qu’ils ont fait fausse route alors qu’en réalité ils ne sont pas allé assez loin. Et je crois que c’est la pire des choses car plus tard on peut le regretter pour toujours. Par manque de persévérence – car les choses ne se révèlent pas en vous immédiatement – on pense qu’on n’est pas fait pour ça et on va se dirigier vers quelque chose d’autre. Alors qu’en réalité on était fait pour ça et la récompense au bout du chemin ; mais le chemin est long… J’ai donc persévéré et insisté beaucoup et, petit à petit, ça s’est révélé être la chose la plus naturelle qui soit, et il n’y avait plus de doute du tout”.

Rendre à César ce qui appartient à César

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Rien à dire ce soir (comme depuis le début d’ailleurs). Juste ceci en vitesse : en rentrant, je passe devant le Dôme des Invalides. Au second plan, la création du Roi Soleil (le magnifique Dôme). Au premier plan : la Création de Dieu: des petits trèfles… J’ai bien regardé sous les feuilles : pas la moindre signature sur les tiges, rien… Humilité absolue de l’artiste : Dieu n’a pas jugé nécessaire de signer son oeuvre ; La classe !

Ça me fait plaisir et je me rappelle que quand la sonde Pioneer était passée entre les anneaux de Saturne, la NASA avait pris des clichés, et que, là aussi, on avait pu voir que Dieu n’avait pas mis son nom à l’intérieur des anneaux. Pas de © ! Les vrais artistes ne signent pas leurs oeuvres. Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen.
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Pour se ballader…
Le Paradis est un état
Le curriculum de Dieu…
J’appartiens au monde d’avant la pomme !
Dieu est grand
Adam et Eve me tapent sur le système
La main de Dieu
Peut-être que Dieu en a marre
Les horaires que j’aime…
j’aimerai bien que Dieu m’accorde 3 secondes
On ne tourne pas le dos à Dieu
Les “installations” de Dieu
La Création (Ghiberti)
Dieu surveille les pommes depuis le début de la Création ?
Texte de la Genèse

L’infini dans la paume de la main
Fleuriste ? Mais on devrait dire Galerie d’Art !
Des rubans roses dans le vent du soir…
“Art citoyen” ?

Les chevaux c’était bien mieux !

14juillet-chevaux

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Commentant le défilé du 14 juillet, un abruti de TF1 (qui lit un prospectus fournit de toute évidence par GIAT industries) s’époumone à vanter les mérites du char Leclerc : “ses 56 tonnes, sa grande modernité, son agilité (de 0 à 30 km/h en moins de 6 secondes) son caractère évolutif, sa puissance de feu” … etc.
Maman regarde et dit : “moi je trouve que les chevaux c’était bien mieux !”.

Question à quelqu’un qui revient du pays natal

“Vous qui revenez du pays natal
vous devez avoir des nouvelles fraîches !
Est-ce que le prunier, quand vous étiez là,
était en fleur, à la fenêtre de chez moi ?”

Wang-Wei 701-761 Peintre, calligraphe, poète, musicien, bouddhiste
et économe de mots.

Des souris vertes ? Les scientifiques sont malades ou quoi ?


Rendez-vous chez mon ophtalmo. Dans la salle d’attente, sur la table basse, des revues… Je feuillete au hasard et tombe sur une photo bizarre avec un animal fluorescent.

La légende dit :

“les chercheurs de l’institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) introduisent dans des souris grises des gènes de méduses fluorescentes afin de comprendre leur fonctionnement”.

Voilà ce que je propose : qu’on introduise des gènes de méduses fluorescentes dans les gènes des chercheurs de l’IGBMC, juste pour comprendre le fonctionnement de ces abrutis ! Au moins on pourrait les repérer la nuit ! Non mais ces gens sont carrément des fous dangereux ! Je vais téléphoner à Brigitte Bardot. Qu’ils laissent les souris tranquilles et qu’ils se boivent leurs cocktails eux-mêmes !

Que les scientifiques arrêtent d’emmerder les araignées
Que les ministres s’occupent des poules !
Que les gens arrêtent d’emmerder les grenouilles
Marre des souris transgéniques !

Jonathan et Julie, je pense à vous

Pas le courage d’écrire quoi que ce soit ce soir. Il y a des moments dans la vie où on voit bien que les mots sembent complètement vides de sens, qu’on a beau dire n’importe quoi, ça ne change rien à la vie qui s’en est allée… On reste là avec le coeur serré, les larmes qui brouillent les yeux et on a de la peine à respirer… Il sera comme les étoiles dans le ciel : on sait qu’elle ne sont plus là mais leur lumière continue de nous arriver et de briller dans nos coeurs ! J’vous aime bien, je pense à vous. E.

programmer un retour en arrière !

mode_emploi2.jpg C’est la catastrophe ! Hier soir je mets mes jeans dans la machine à laver, et ce matin, dans la poche arrière, je trouve ce que je voulais apporter ce soir à Robert, pour qu’il m’explique certaines fonctions avancées, réduit en bouillie, le mode d’emploi de mon appareil numérique ! Je fais quoi maintenant ? C’est pas normal qu’ils fassent des machines à laver où on ne peut même pas programmer un retour en arrière ! Y font quoi les industriels ?

Une petite suisse de poche

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Une amie de Genève m’a envoyé une grande boite de chocolats dont le couvercle est une magnifique carte en relief de la suisse. Tout y est : les montagnes enneigées, les lacs, les petits villages, ça sent bon l’herbe coupée, les foins, les vaches dans les alpages…. ah enfin j’entends les cloches dans le soleil ! Je suis bien content : cet été à Paris je vais pouvoir faire plein de ballades en suisse. Quand je veux : hop je sort ma boite, et je marche sur les chemins…. Magnifique cette petite suisse de poche. Petit bohneur portatif. Merci Christine !

La locataire du cinquième a perdu une cuiller en argent

dustbin.jpg L’ami mentionné à l’entrée précédente (“quel doit-être le niveau mental du blog moyen ?”) me précise ce soir, fort gentiment, que “raffinement et érudition ne doivent pas conduire a élitisme et parfois pédantisme. Et surtout que la culture, c’est à la fois la culture classique et lettrée, mais aussi la vie, les medias, la télé, ce que les gens recoivent et conservent et qui, apres des années, fait le tréfonds d’une culture populaire c’est-à-dire d’un peuple. Et qui mérite aussi consideration”.
Je suis d’accord, absolument d’accord. Mais je ne suis pas Roland Barthes et mon blog est une nacelle bien trop minuscule pour emporter le tréfonds de la culture populaire. Mais bon, je peux néanmoins narrer cet épisode que m’a conté à l’époque Claude Roy :

La concierge du 30 de la rue Saint-Paul cause avec les boueux qui cognent, bringuebadaboume, les poubelles que digère avec un gros ronronnement glouton la voiture à manger les ordures. La concierge voudrait qu’ils regardent, en vidant la poubelle, parce que la locataire du cinquième elle a perdu une cuiller en argent. Tâchez moyen de la ravoir, des fois qu’elle serait dans les ordures.”

Quel doit-être le niveau mental du blog moyen ?

myriam.jpg Un ami – qui est dans la pub, donc haut perché sur l’échelle de ceux qui scrutent les rêves des ménagères de moins de 45 ans – m’écrit hier que mon blog est “snobby et qu’il sent les esthètes décadents qui évoquent, entre deux tasses de thé, leurs émotions musicales, leurs vibrations du Luco (où il devrait y avoir un WiFi pour intellos”… etc. Bon, j’en ai pris carrément plein le museau ! Je n’imaginais pas que ma minuscule dose d’intellectualisme était déroutante à ce point !
A force de ne pas sortir de chez moi, je ne me rendais pas compte du niveau mental alentour, désolé ! Donc je plaide coupable : j’écoute Bach, c’est vrai, le wi-fi j’en ai besoin pour ne plus avoir tous ces fils sous mon Mac; je lis Dante et, pire que tout, c’est vrai, “j’écoute France-culture la nuit” ! Shame on me ! Je ne regarde pas assez la télé où l’indication du niveau mental admissible sur un blog moyen doit certainement être donné le soir à 20h45 ? mais bon, que voulez-vous, mon truc ce n’est pas le prime time.

La charrue avant les boeufs

Souvent les gens me critiquent en disant : “tu mets la charrue avant les boeufs”. En fait je viens de trouver : mettre la charrue avant les boeufs ça a un nom, ça s’appelle tout simplement un bulldozer (bouteur dans la dictionnaire de l’Académie). Ils n’aiment pas…parce que ça avance ! et plus vite que la musique (ce qu’ils n’aiment pas non plus). Grrr !

Les paroles essentielles

Dans Illuminations, le dernier bouquin de Philippe Sollers rien, strictement rien, sinon cette citation :

“Les paroles essentielles sont des actions qui se produisent en ces instants décisifs où l’éclair d’une illumination splendide traverse la totalité d’un monde”.

Martin Heidegger, Schelling (semestre d’été 1936)

Zacharie Astruc que Degas appelait Zacharias Truc !

zacharie_astruc
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Café au Luxembourg avec Benoit dans la petite cabane aux oiseaux… Agréable impression d’être encore étudiant et bon moment passé à décrypter “Le marchand de masques” de Zacharie Astruc (que Degas, parait-il, orthographiait “Zacharias Truc” :-).

A propos, Benoît, j’ai vérifié et les noms qui nous manquaient étaient : Dumas, Carpeaux, Delacroix… Les autres sont effectivement : Corot, Berlioz, Faure, Balzac, Barbey d’Aurevilly, Hugo.

Quant à nos siècles préférés, étrange contraste en effet entre la génération Louis XIII que j’aime (Fouquet, le Grand Condé, Pascal, Richelieu, Louis Couperin etc) époque que je trouve superbement élégante, aristocratique et raffinée… et ce XVIIIe qui a ta préférence et que j’associe à la grosse santé charnelle, épaisse et sanguine de Louis XIV (Madame de Montespan, Vendôme – tous ces goinfres trop bien nourris et toutes ces dondons trop poudrées)…. Bon, j’exagère, forcément, mais j’ai passé une très bonne après midi avec toi. Ça m’a reposé et fait plaisir ! Merci Benoît !

Qu’est ce qui nous ouvre le ciel ?

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Hier soir, encore les moustiques. Comme je ne vois pas bien, je n’arrive plus à les écrabouiller. Alors j’écoute France-Culture la nuit et tombe sur un entretien entre Richard Millet et Pascale Lismonde (dont j’aime beaucoup la voix joyeuse). Richard Millet pose cette question très belle:

“qu’est ce qui nous ouvre le ciel ?”

Et il parle de la Neuvième symphonie de Anton Bruckner dédiée à Dieu (Dem lieben Gott). Importante cette question de savoir “ce qui nous ouvre le ciel” ? Moi je mettrais, dans l’ordre : la musique (dont les mouvements lents des dernières sonates de J. Haydn que j’écoute carrément en boucle !), la beauté de la Création (presque tout ce que Dieu a créé sauf les moustiques), la peinture (certaines toiles dont il faut d’ailleurs que je fasse la liste mais des Annonciations pour l’essentiel) la philosophie (taoiste), la littérature ? (oui bien sûr mais peu de livres m’ont finalement vraiment “ouvert le ciel” à part deux ou trois dont la Divine Comédie, les Haïku de Basho et le Tao te king (*), certains lieux magiques (en italie notamment mais peut-être aussi n’importe où), les saisons (toutes), la physique, les mathématiques, l’astrophysique (auxquelles je ne comprends rien mais qui sans doute ouvrent aussi le ciel à ceux qui les maîtrisent), certains parfums (les pivoines surtout), la beauté de certaines femmes (bien-sûr), la lumière (ah oui, je devrais la placer en tout premier tellement elle est belle le matin sur les croissants dorés mais aussi le soir, au printemps et aussi en été, et l’hiver quand il y a de la neige et en automne surtout)…. bon j’arrête c’est impossible de faire cette liste de ce “qui ouvre le ciel”. D’ailleurs il faut que j’ajoute les moineaux qui piaillent dans la cour ce matin pendant que je tape ces lignes. C’est sans fin… J’arrête pour ce matin. Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum ! Amen.

* quelques autres évidemment dont ceux de Jorge Luis Borgès, Hermann Hesse, Kazantzaki (etc) Mais si je ne les mets pas dans la liste du haut, c’est qu’ils ne m’ont pas exactement ouvert le ciel – comme une secousse spirituelle et un coup de tonnerre existentiel.
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A quoi ça sert ?

Autres bouts de ciels …
Un job parfait pour moi : dérouleur du ciel !
Le ciel comme … issue de secours !
Un petit balcon dans le ciel…
Penser à mettre le ciel dans une enveloppe
L’art quand il nous tombe directement du ciel
A riveder le stelle…
Il faut que le hasard renverse la fourmi…
Le ciel dans le caniveau
Regarder le ciel en bas…
J’aime les nuages qui passent
Le jour n’est pas plus beau…

Les troubles de la vision binoculaire…

bird_cage02.gif Bon, le problème c’est que les troubles de la vision binoculaire se sont accentués avec l’opération de la cataracte (voir juin). Mes yeux ne convergent pas très bien et donc pendant que mon oeil gauche travaille pour lire un texte, l’oeil droit se prélasse dans la marge. Donc malaise pour lire et travailler. Dans ces cas là, on vous envoit chez un orthoptiste qui vous fait regarder dans des appareils bizarres où l’oeil gauche voit une cage et l’oeil droit voit un oiseau. Et l’idée, bien sûr, – enfin c’est ce que vous demande gentiment l’orthoptiste – c’est de faire rentrer l’oiseau dans la cage, histoire de faire travailler les muscles des yeux. Moi je ne peux pas ; je n’arrive pas faire rentrer les oiseaux dans des cages. Enfin je n’aime pas l’idée (car j’ai tout de même eu un chardonneret sublime une fois, mais c’est une autre histoire). Donc je sens que les séances vont être difficiles. Une fois, on avait voulu me faire sauter un lion dans un cerceau. Vous je ne sais pas, mais moi je considère qu’une civilisation qui met les éléphants dans des zoo et qui trouve drôle de faire faire du hulla-hoop au roi des animaux dans un cirque est une civilisation vulgaire.

Dès que je vois passer des rennes, je vous le dis
J’envie Tsang-Kie

Je ne sais pas différer mes impatience

pediatre2.jpg

Ce qui est clair c’est que je ne supporte pas d’attendre. Ni à des rendez-vous, ni surtout quand j’ai besoin d’une carte mémoire pour mon appareil numérique et qu’il faut parait-il la commander alors qu’évidemment je la veux tout de suite ! Je lis dans une revue de psychiatrie que mon comportement est typiquement celui des enfants qui ne savent pas différer leurs impatiences. Voilà c’est exactement ça, je n’arrive pas à différer mes impatiences. C’est pas un psy qu’il faut que j’aille voir mais un pédiatre. Tiens, ça me rajeunira !

Pourquoi faut-il que ce soit toujours Big Mac qui gagne ?

federico140.jpg Fédérico à qui je demande à déjeûner comment je peux travailler sur un portable au Jardin du Luxembourg avec une sorte de système Wi-Fi me permettant de me connecter sur internet en étant assis dans le jardin me répond : “Eric, il faut que tu ailles à l’aéroport de Roissy ; ils ont installé des bornes Wi-Fi; ou dans certains Big Mac…”
Mais je ne veux pas aller à Roissy ni dans un Big Mac ! j’veux travailler sur mon mac au jardin du luxembourg ! Pourquoi faut-il que ce soit toujours Big Mac qui gagne ? Si Bic Mac sait le faire, pourquoi est ce que le Sénat ne sait pas le faire ? Argggghhhhhh !
.[2003]

Regarder défiler les sashimi …

sushi.jpg

Diner sashimi avec Candice. Dehors il tombe des cordes. A l’intérieur, les plats défilent tranquillement sur un tapis roulant… Je prends au passage un Futomaki : anguille grillée, oeuf de saumon, concombre et shiso… Divin.

Il y a plein d’endroit où on devrait pouvoir s’asseoir et regarder les choses défiler tranquillement sur un petit tapis roulant : des livres, des photos, des colliers, des chaussures par exemple. On verrait passer des tas de choses qu’on ne voit jamais parce qu’elles sont rangées dans des boites ou sur des rayonnages. Mais bon, c’est sûrement une idée complètement idiote.

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