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Tomber amoureux dans une gare de triage !

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Comme chacun sait, la gare de Laroche-Migennes est une gare de triage célèbre parce qu’elle fut longtemps un noeud ferroviaire et un véritable carrefour à la grande époque où les machines étaient encore à vapeur. Comme la gare était à égale distance de Dijon et de Paris, c’était là que se faisait l’échange des locomotives qui tiraient la langue et s’arrêtaient toutes là parce qu’elles qu’il fallait les réalimenter en charbon et en eau…

Bon, c’est ce que me racontait mon grand-père mais ce n’est pas la raison pour laquelle je vous en parle. C’est parce qu’hier Dominique m’a dit que Pauline avait un chagrin d’amour. Et que ça m’a rappelé ce que disait Jules Renard – quelque part dans son Journal.

Il disait qu’il fallait toujours emmener la personne dont on était fou amoureux dans un petit hôtel, dans une toute petite ville de province et si possible dans une chambre au-dessus d’une gare de triage. Et que si votre amour résistait à la laideur du lieu et au sifflement des locomotives, vous pouviez fonder quelque espoir sur sa solidité !

Je n’ai évidemment jamais suivi les conseils de Jules Renard mais chaque fois que je pense aux gens qui tombent amoureux je pense à la gare de triage de Laroche-Migenne. Pas très romantique je le reconnais !

NB. Jules Renard n’a évidemment parlé ni de gare de triage ni de Laroche-Migennes ; c’est moi qui le rajoute parce que je trouve que ça fait plus couleur locale et que ça m’amuse. Imaginez une sorte d’Hôtel du Nord poisseux dans un brouillard de charbon mouillé, de vapeur d’eau moite et de sifflement de locomotives suintant la suie… Bonjour la nuit ! Avec Arletty je me suicide carrément ; mais avec Audrey Hepburn je crois que le petit déjeuner serait radieux ;-) Finalement il n’est pas si bête ce Jules Renard : ça permet vraiment de voir avec qui on survit au quotidien. Ensuite – si ça s’est bien passé là – ce sera carrément le bonheur partout, n’importe où !

Hôtels de Laroche-Migennes si vous voulez essayer ! Mais ne dites surtout pas que vous venez de ma part ! Et lisez d’abord Jules Renard car si je me suis trompé ça la fout mal !

Sinon vous avez aussi l’Hôtel Matignon :-)

Wikipedia – la gare de Laroche-Migennes

“Le Programme en quelques siècles”…

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“On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera l’Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l’homme ;
On supprimera le nom de l’homme ;
Il n’y aura plus de nom ;
Nous y sommes”.

Armand Robin, Le programme en quelques siècles, © Gallimard

“Aimer son prochain comme soi même”…

tibetanbook.jpg Ce matin sur France-Culture, deux professeurs blablatent sur le suicide et l’amour du prochain. Et une fois encore je me rends compte que – décidément – je pense différemment sur ce fameux commandement biblique : “tu aimeras ton prochain comme toi même” . J’explique : tout le monde fait ce raisonnement que je ne partage pas : “puisqu’il faut aimer son prochain comme soi-même, il faut donc d’abord s’aimer soi-même ! sinon on n’aime pas bien l’autre”. Et la conséquence de ce raisonnement idiot – c’est ce que j’entends tout le temps dans les temples, églises, sur KTO et autres radios chrétiennes : qu’il n’y a pas de mal à entretenir sa fixation égocentrique et à enfler son amour de soi – bien au contraire – puisqu’on aimera ainsi l’autre d’autant plus qu’on s’aimera soi-même davantage !). Bon, pour moi c’est exactement l’inverse : ce n’est pas “aimer comme soi-même” qui sont les mots importants du commandement, c’est “l’autre-comme-soi-même”.
L’autre-comme-soi-même c’est très différent et c’est une pratique très connue du bouddhisme tibétain qui s’intitule Tonglen. Autrement plus bénéfique et qui nous mène beaucoup plus loin que le contresens à l’infini fait sur “tu aimeras comme toi-même ton prochain” !

Pour ceux que Tonglen intéresse, je recopie ici ce qu’écrit Sogyal Rinpoche dans Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort.

– se considérer comme identique à autrui
Un moyen puissant d’éveiller la compassion est de considérer l’autre comme étant en tout point identique à soi-même. “Après tout, explique le Dalaï-Lama, tous les êtres humains sont semblables, faits de chair, de sang et d’os. Nous voulons tous le bonheur et voulons éviter la souffrance. De plus, nous avons tous un droit égal au bonheur. En d’autres termes, il est important de réaliser qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes tous semblables”.

– se mettre à la place d’autrui
Lorsqu’une personne souffre et que vous ne savez absolument pas comment l’aider, mettez-vous sans hésiter à sa place. Imaginez aussi précisément que possible ce que vous ressentiriez si vous subissiez la même souffrance. Demandez-vous : “Comment me sentirais-je ? Quelle attitude voudrais-je que mes amis aient envers moi ? Qu’attendrais-je d’eux par-dessus tout?
Lorsque vous vous mettez ainsi à la place d’autrui, vous transférez directement l’objet habituel de vos préoccupations – vous-même – sur un autre être. Vous mettre à la place de l’autre et un moyen très puissant de desserrer l’emprise qu’on sur vous fixation égocentrique et amour de soi immodéré, et de libérer ainsi le coeur de votre compassion”.

Voilà qui nous mène beaucoup plus loin que l’incompris “tu aimeras comme toi-même ton prochain” !

Rencontrer la petite princesse avec des prunelles carrées ?

En fait j’y pense seulement ce soir en rentrant d’un dîner avec des amis : les seules petites princesses que je rêvais de rencontrer, c’est dans les galettes des rois que je les ai trouvées. C’est comme ça. Faut s’y faire.

La déception c’est tout simple, je vous explique
Je suis complètement idiot de faire confiance !

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