Le miel aura un goût d’été…

abeille

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Le problème avec Claude Roy, c’est que lorsqu’on commence à relire ses poèmes on ne peut tout simlement plus s’arrêter. Il faudrait tout recopier… Je vous confie juste cette abeille car je file au Luco justement… Continue reading

Moi aussi, dans la vie, j’ai souvent pris le bruit du vent pour un bruit d’abeilles…

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Cet après-midi, je réécoutais sur France-Culture des entretiens de personnalités qui, presque toutes, confiaient qu’elles avaient eu la chance de faire des rencontres singulières et de croiser des passeurs étonnants qui avaient profondément modifié la trajectoire de leurs vies… Moi j’ai plutôt été un ours et n’ai pas croisé grand monde. Comme disait ma grand-Mère : on a la vie qu’on mérite :-)

Henri Thomas — qui avait choisi de vivre à l’écart des autres et avait avoué qu’il “aimait le délaissement” et qu’il “éprouvait aussi du bonheur à ne pas laisser d’empreinte chez autrui tout comme à éviter ses confidences” — écrit, dans une lettre à Jean-Jacques Duval :
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Vous n’avez plus de miel ? Mangez donc de la synergie !

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À mon bureau, à l’époque, on avait une structure assez légère avec plein d’abeilles qui partaient dans toutes les directions pour rapporter du pollen. Cela faisait du bon miel toutes fleurs : bleues, rouges, blanches, jaunes, mauves, etc… Et puis le temps a passé, et ils ont fait un organigramme digne d’un grand groupe industriel international : avec plein de boites, des départements, des pôles etc. Le truc ronflant qui vous pose un organisme vis à vis de l’extérieur. Ils ont fractionné, mis des cloisons, des chefs derrière chaque cloison et on a eu des abeilles uniquement chargées des bleuets, et d’autres uniquement chargées des coquelicots, chacune dans leur petit département avec leur propre ruche, leur propre reine et leur propre produit maison. Au bout d’un moment (je vous la fais courte) ils se sont rendu compte que ce système ne produisait plus de miel. Et ça dysfonctionnait tellement que des gens en costume gris sont arrivés pour faire des audits et voir où ça coinçait… Mais plutôt que de revenir au bon vieux système des abeilles-mille-fleurs, ils ont trouvé une meilleure solution : le séminaire. Où ils vont d’abord essayer de “valoriser la motivation des abeilles” ! (Et effectivement, je ne vous raconte pas, mais les pauvres abeilles dont les territoires se chevauchaient étaient totalement découragées : celles qui survolaient des fleurs rouges appartenaient malheureusement au département des bleuets ; et celles qui survolaient des fleurs bleues appartenaient hélas au département des coquelicots… Donc plus aucune ne ramassait de pollen et, naturellement, elles revenaient bredouilles à la ruche). Le séminaire va résoudre tout ça. (…)
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Habiter carrément dans le garde-manger !

>magnolia_abeilles.jpg Il y a, au coin de l’avenue, un immense magnolia grandiflora qui fleurit en ce moment : fleurs immenses et magnifiques dessinant une coupe arrondie dans lesquelles se régalent les abeilles. Je les ai observées un long moment : à l’abri de la pluie sous d’énormes pétales d’un blanc épais et crémeux, elles se roulent dans le pollen, carrément installées dans le garde-manger ! Mon rêve : être dans une maison comme dans les livres de mon enfance, en massepin ou en sucre d’orge et que je pourrais manger quand j’en aurais envie : manger les tables et les canapés en caramel, avaler les tableaux et les oreillers en sucre, peut-être même manger une ou deux porte ? (pourquoi pas si elles sont en chocolat blanc ?). Peut-être que je deviens cinglé ? Bon, à part cet aveu d’ogre boulimique (parait que c’est pour me calmer les nefs que je mange comme un malade en ce moment et vais devenir obèse) j’ai découvert que le nom de magnolia avait été créé en l’honneur d’un certain Pierre Magnol (1638-1715), médecin botaniste, directeur du jardin botanique de Montpellier et créateur du classement des plantes par familles généralisé ensuite par Linné (comme les magnolias existaient de toute évidence en Chine avant Monsieur Magnol, je ne sais pas comment on les appelait avant). Pendant que j’y suis, je vous signale également que j’ai appris par Jacques Brosse que le camélia devait son nom à Georg Joseph Kamel à qui Linné le dédia; que le Forsythya jaune fut créé en l’honneur de l’horticulteur William Forsyth, surintendant du Jardin des Apothicaires à Chelsea puis des Jardins royaux de Kensington et de Saint-James ; et que le fuchsia a été nommé en hommage au botaniste suisse Leonard Fuchs mort en 1565. Je n’ai jamais su comment écrire fuchsia; Maintenant que je sais que ça vient de Fuchs, je saurais désormais où mettre le “s” ! On en apprend des choses tout de même en regardant les abeilles, non ?

J’irai le dire samedi matin aux abeilles du Luxembourg !


J’apprends dans le Monde que l’insecticide Régent fabriqué par la société chimique BASF Agro – et mortel pour les abeilles – a été interdit et que le PDG de BASF était mis en examen. Il aurait fallu prendre cette mesure conservatoire depuis des mois et des mois pour éviter l’hécatombe de millions d’abeilles, mais comme toujours en France, on a attendu que la catastrophe soit irréparable pour réagir. Mais bon, quelquie chose est en train de bouger et c’est une bonne nouvelle. Ce week end j’irai le dire à mes copines les abeilles du Jardin du Luxembourg. Je ne parle pas bien abeille mais je suis sûr qu’elles seront contentes de pouvoir se réjouir avec moi.

Le ministre de l’agriculture annonce que, pour cette saison de semences, les vieux stocks de graines enrobées de l’insecticide mortel pourront néanmoins être écoulés. C’est marrant, j’avais entendu exactement la même phrase pour le sang contaminé. On avait alors aussi écoulé les vieux stocks de poches de sang mortel ! C’est drôle que la même phrase ne fasse pas tilt dans l’oreille du ministre ?

Virgile reviens, ils sont devenus fous !

Virgile, reviens, ils sont devenus fous !

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Je lis, dans le Monde de ce soir, que le Parlement européen allait (enfin) soutenir les apiculteurs dans leur combat contre l’insecticide Gaucho, responsable depuis des mois d’une véritable hécatombe de milliers d’abeilles. Le Régent – autre insecticide concurrent du Gaucho – décime également les abeilles (des analyses ont montré la présence en grande quantité, dans le tube digestif des abeilles mortes, de fipronil, la mollécule active du Régent). Des milliers d’abeilles meurent donc mais je n’entends pas parler d’un moratoire, ni même d’un refus explicite d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Pire, j’apprends que, pour traiter 25 000 décisions d’AMM par an, il n’y a que trois fonctionnaires, ce qui fait donc par fonctionnaire – je prends ma calculette – 32 décisions par jour ! Quand toutes les abeilles seront mortes les politiques auront des trémolos dans la voix et ils nous feront un “grand plan de sauvetage des abeilles” ! Mais il ne restera plus que des bourdons, des rats et des pigeons… Il n’y a déjà presque plus de moineaux….

13/10/2003 :: 13:57 – A propos de la disparition des abeilles au Nepal ou au Tibet, Anne-Marie Ducroux me parle d’une photo qui l’a touchée – et sa description me touche à mon tour – montrant des habitants qui, tous les jours, n’ont plus d’autre solution que … de pollenniser eux-mêmes toutes les fleurs, une par une, à la main, avec leur petit sac de pollen en bandoulière … Chaque fleur, de fleur en fleur, comme des papillons… Le coeur se serre.

J’irai le dire aux abeilles du luxembourg

Ruches en février – Les très riches heures du Duc de Berry
1412-16 Frères Limbourg, Musée Condé, Chantilly


Autres disparitions…
Disparition existentielle de Rilke
Disparitions des boites aux lettres…
et aussi
The Alphabet Fades Away
La disparition de l’écureuil
Disparition du peintre

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